‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 124 sur 227 · Letl., III, 230. — 2. Lelt., UI · texte numérisé non relu

Letl., III, 230. — 2. Lelt., UI

à son gré, qu'une ébauche. Il accusa Titien, auprès du prince, le taxa d'avarice, d' « avidité pour accroître la quantité, pourtant assez grande, des deniers par lui possédés^ ». Mais le ton s'adoucissait, avec le maître, qui avait su faire pleurer Bembo, émouvoir Paul III, en leur transmettant le souvenir de TArétin. Il exprimait, timidement, quelques réserves sur l'ouvrage dont la touche large avait déplu à ses préjugés. Mais il passait assez vite. C'est, au demeurant, un de ces beaux portraits à effet, puissamment construits, tels que Titien excellait à les faire, aussi nombreux qu'on le pouvait souhaiter, et aussi brillants.

Titien, que Rome avait séduit par ses grandeurs un peu voyantes, avait exprimé le regret de ne s'y point être fixé vingt années auparavant. L'Arétin défendit ses deux causes favorites, la prééminence de Venise et la supériorité du moderne sur Tancien. Cette querelle des Anciens et des Modernes, qui a fait un si gros bruit, et si stérile, avait un champion dans l'Arétin, moderne à outrance : « Des Anciens! Buonarroti ne leS vaut-il pas? En quoi Raphaël ne les égale-t-il point, en même temps qu'il les surpasse pour la peinture? » Suit une avalanche de conseils et d'admirations qui font honneur à l'intrépidité critique de l'écrivain plus qu'à son goût et à son discernement artistique. « Je me fais fête de vous ouïr

i. Lett., III, 238. Voir à TAppendice Toriginal publié par Gaye.

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