‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 126 sur 227 · Lett., lïl · texte numérisé non relu

Lett., lïl

foi cynique, où les signes avant-coureurs de la sénilité se môlent à Taffectation d'une jeunesse éternelle * : il devait assez probablement ces illusions aux deniers qui affluaient de plus en plus entre ses mains et qui doraient sa cinquantaine.

Le sculpteur Paolo Geri, dit le Pilucca, lui envoya des vers, et se plaignit qu'on lui eût dérobé son secret pour tailler le porphyre comme le marbre. « Remettez-vous, disait l'Arétin, au temps, père des choses, et qui les révèle. » Le temps l'avait réconcilié avec Dancsc , qui travaillait à la Scuola del Santo de Padoue. L'Arétin préconisait, pour orner « le temple du saint, les œuvres coulées en bronze, et cette netteté, ce poli, si bien donnés par un burin diligent ' ». Il est visible qu'en bon Italien il aimait ce que Ton appelle dans les ateliers la sculpture « râtissée ». Tizîano Minio de Padoue ', élève du Sansovino, travaillait, aux côtés de Danese, à celte grille de bronze qu'il laissa inachevée; Danese ne devait pas non plus terminer le bas-relief qu'il commençait. Ce fut Tiziano qui lui transmit les salutations de l'Arétin. Danese n'ornait pas seulement les temples des saints : le temple de la divine Geronima Colonna d'Aragon^ ce livre publié à Padoue en 1558 pour imiter l'ouvrage consacré, trois années auparavant, à la Princesse que Raphaël avait peinte, cette guirlande louangeuse, contiendra un sonnet de lui *.

1. Letl., 111,252.-2. LetU, 111, 257-258.— 3. Vasari, VU, 515. — 4. On sait que Girolamo Ruscelli, publia en 1555, à Venise

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