‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 223 sur 227 · Acte I, scène i · texte numérisé non relu

Acte I, scène i

FELISMANT.

Entre tous ces amans le prince de Ferrare Avec un grand cortège est venu dans ces lieux. Il a pour confîdent un homme ingénieux, Le fameux Aretin.

ALCIDQR.

Cette jeune princesse, Le souffrant dans sa cour, fait tort à sa sagesse. Il est connu partout pour un grand libertin.

FELISMANT.

On peut diversement parler de TAretin, Parmy les débauchez, comme parmy les sages, Il a fait admirer ses difTercns ouvrages ; Les derniers qu'il a faits sont polis, sérieux, lien a composé même de fort pieux :

A de certaines gens le nommer est un crime, D'autres le font passer pour un esprit sublime : Et le feu duc d'Urbain (sic) le chérissoit si fort, Qu'il est bien dans sa cour encor après sa mort, Il a des protecteurs, et son adresse est rare : Mais pour en revenir au prince de Ferrare....

(Le Courtisan parfait, I, i, p. 3-4.)

L'Aréiin paraît dès la deuxième scène dans le premier acte.

FREGOSE

J'ay du respect pour elle.

l'arétîn.

11 est fort asseuré.

Vous êtes dès long temps son amant déclaré- Mais je ris de bon cœur de vostre inquiétude, Car cette façonnière est une fausse prude, Qui fait de la timide, et n'appréhende rien.

FREGOSE

Vous la connoissez mal.

l'arétîn.

Je la connois fort bien :

Aux amans aveuglez on en fait bien accroire, Mais je connois Lucie, et jescay son histoire.

FREGOSE

Moy, je sçais qu'Aretin est fort peu complaisant, Qu'il ayme la satyre, et qu'il est médisant....

l'arétin. Je n'ay pas plus que vous Tesprit de médisance.

Il habille cependant les femmes pour le mieux. Il exprime, chemin faisant, cette maxime :

Toute femme qu'on aime est un friand morceau.

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