LE PRINCE DE FERRARE
L*impromptu qu'Aretin avait fait pour Madame Et qu'il intitulait le Triomphe d'Amour, Est un sujet galant et propre pour ce jour.
EMILIE
Les vers sont bien tournez, et c'est un rare ouvrage.
LE PRINCE
Chacun fort aisément jouera son personnage, Car on le sçait par cœur, on Ta dit plusieurs fois.
FELISMANT.
On ne sçauroit jamais faire un plus heureux choix.
l'arétin.
C'est une pastorale, et Ton joûra sans peine, Ce jardin-cy sera fort propre pour la scène; Et comme les auteurs ont tous beaucoup d'esprit. L'affaire la plus grande est de changer d'habit.
Dans cette pastorale, assez plate et froide, l'Arélin paraît sous Thabit d'un Tyrsis, qui se livre à des badinages laborieux.
434 L'ITALIE DU XVl* SIÈCLE.
Les deux derniers actes sont occupés par des aventures où le tragique est un peu môle, mais sans force et sans art. L'Arélin conseille au prince de Ferrare un enlèvement, et le prince proclame que
Les crimes sont beaux qui nous rendent heureux.
Les stratagèmes échouent. Felismant se fait reconnaître, il est heureux. Depuis le milieu du deuxième acte, plus rien d'ulile n'est venu s'ajouter à ce cravon de TArétin dans le rôle du confident. Mais les premières scènes avaient montré que le xviio siècle, en France môme, pouvait concevoir l'Arétin tjj^ul autrement qu'un confident ordinaire et qu'un vulgaire comparse. Dans un rôle de second plan, sa personne est assez puissante pour marquer Taccent, l'importance, les traits d'un premier rôle.
Sonetto del Aretino.
Quegli occhi Re del ciel ch'à un guardo pio L'aime fan liete, e gli angeli contenti Volgi ne i miei quasi gelatî, e spenti Ch'alla sembianza sua pur son fatt'io,
Quelle sacrate mani con cui Dio E creasti, e partisti gli démenti Porgi à miei membri languidi, e dolenti insegna à sofferire al corpo mio.
Go i pie che di Pluton rupper le porte, E ch'hor' premon le stelle, sgombra homai Lungi da mi la mia perversa sorte.
Ma s'e'l fin giunto, quai prescritto m'hai
Meco le sue ragioni usi la morte
Poi piaccia a ti ch'io veiiga ove tu stai.
Bibl. 'de l'Arsenal, mss. 8583 (37 Ital.). Recueil de poésies italiennes (Rime diverse), T 252, r**.
Le nom a été biffé légèrement, mais reste lisible. La page a été coupée au coin. Ce manuscrit a subi quelques autres mutilations, notamment au f*^ 254, lequel contient au verso un sonnet qui pourrait être de rArélin, et que je cite encore à tout événement.