‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 41 sur 227 · POPULARITÉ DE L'ARÉTIN · texte numérisé non relu

POPULARITÉ DE L'ARÉTIN

ment placée, en grandeur naturelle, sur les façades des palais ; je la possède, imprimée sur les boites à peignes, dans les ornements des miroirs, dans les plats de majolique, à l'égal d'Alexandre, de César el de Scipion. Et de plus, je vous affirme qu'à Murano certaines sortes de vases de cristal s'appellent les arétins. Et la race des chevaux rouans se nomme aréline, en mémoire d'un que me donna le pape Clément et dont je fis présent au duc Frédéric. Canal de VArétin, c'est ainsi qu'est baptisé celui qui baigne un des côtés de la maison que j'habite sur le GrCâUd Canal. Et, pour que les pédants crèvent plus encore de rage, outre que l'on dit le style arétin^ trois chambrières et servantes qui ont quitté de chez moi pour devenir dames, se font appeler les aréiines *. »

On a revu depuis cette même popularité de camelote, de haras, de voirie, de femmes galantes : presque tous ceux qui l'obtinrent étaient dignes de la partager avec l'Arétin. Mais jusque dans ces artifices inférieurs de la renommée, il fut un maître et un initiateur. C'est qu'aussi, connaissant son rôle, il avait, ainsi qu'il s'en vante, créé un genre. Il pouvait dire : « Les premières lettres qui aient été imprimées en notre langue sont de moi ' ».

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