‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 66 sur 227 · VOGUE DE SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

VOGUE DE SES OUVRAGES

y souscrivaient; il demandait à Serlio de lui envoyer les traductions de la vie de la Vierge Marie, et de celle de sainte Catherine; il se plaignait de n'être pas apprécié par la reine de Navarre : « Je n'en ai rien tiré jamais, ni n'espère rien * ! »

Catherine de Médicis avait le goût meilleur.

Aussi TArétin composait pour elle des Ternaires interminables. Il leur faisait la publicité la plus grande : il les envoyait à ce Carnesecchi *, en ce temps monsignor et favori, et qui devait, avec Monti et Gamba, précéder au bûcher papal le malheureux Giordano Bruno. Tandis qu'il recevait du côté de l'Espagne la pluie d'or que dispensait un secrétaire nommé Spinosa, le rimeur diplomate flattait l'Italienne qui régnait en France; il tressait en son honneur « une guirlande des artistes italiens , digne de « l'aime Caterina , d'humanité miraculeuse exemple ». Il amenait, en ces trois cents rimes, Titien, Michel -Ange, Sansovino , Lione, Benvenuto, Vasari, Salviati, Sermoneta, Tintoret, Anichino , Danese , Meo , Serlio , tous ses amis , tous ses clients'; chaque génie devait louer une qualité de la souveraine, célébrer par le pinceau, l'ébauchoir ou le burin l'une ou l'autre de ses beautés.

La grave affaire de son déménagement * interrompit ses lettres durant quatre mois. Dès qu'il

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