Lelt., V, 215. — 2. Lelt., V
VIEILLESSE DU PUBUCISTE. 415
leur, puisqu'il corrige le V° livre des Lettres : vienne le terme des « épreuves » et le Podestat le verra courir à lui *.
Et cependant, Thomme si recherché se sentait vieillir. La génération nouvelle le poussait, montait derrière lui; outre que le pape était négligent à répondre, quelquefois, un pygméc vulgaire, un Epigone tel que Doni recevait-il pas des chaînes d'or, tout comme le maître lui-même '?
La faveur impériale était encore la plus solide. Il importait de l'entretenir activement. Enea de Parme partait vers César avec un nouveau portrait et un nouveau volume de TArétin. Mais aussi, Tamiral de Castille lui-môme correspondait avec Messire Pietro '.
Tout a un terme cependant, même les recueils d'épistoliers, et le sixième de ces volumes qui forment une masse de quatre mille pages à peu près, et qui contient les lettres jusqu'en 1555, ce volume est le dernier. Une année s'écoula encore, qui vit TArétin vivre et écrire, après qu'il eut dédié ce sixième livre au « très puissant par les armes et invaincu duc de Ferrare ». Mais, l'homme une fois disparu dans la dernière convulsion de son rire, personne sans doute ne se soucia de ses reliques; les princes, qui n'achetaient plus ses« Kirieleison », le traitèrent comme un « inutile esclave », prirent au mot cet humble nom qu'il se donnait. Il doit
1. Lelt., V, 299-300. — 2. Lell., V, 310-312. — 3. Lett., V, 314-316.
assurément rester quelques bribes de ses dernières lettres, qui jaunissent au fond d'archives impériales ou ducales, dans les paperasses sacrées, asile presque inviolable.
Quoi qu'il en ait dit, TArétin ne fut jamais un de ceux-là qui « expriment les affections de Tesprit et de Tâme * ». Et surtout il ne le fut point dans ses lettres. Il ne va là qu'à fleur de peau, ne peint que l'extérieur de la vie ; c'est un chroniqueur, rien de plus. Il se vante « d'élever des colosses d'argent et de bronze, dans ces pages où sont sculptés le pape Jules, Charles empereur, Catherine reine, et Francesco-Maria duc ». Il n'a rien fait de pareil; mais, en remettant sous les yeux la vie réelle de ce temps, les princes avec leurs faiblesses, le maniement de tant d'intrigues, il est plus intéressant mille fois que s'il alignait des statues de commande et dos bustes compassés.
Il gardait sa verve, et sa foi dans lui-môme. « Soyez assuré, disait-il à un débutant, que nulle personne de noble intelligence ne persévère jamais dans la misère, à cause de l'excellence du talent, qui veut que succède un grand bien.... Le monde sait que je donne plus, que j'entretiens plus de bandes, que je trouve plus d'amis, et que Ton me fait plus d'honneur que si j'étais celui que je serai peut-être un jour '. » Universellement connu, ses ouvrages étaient traduits en français et les dames