LA LETTRE DE RUPTURE
Ce n'est pas dans son cercle intime que TArétin aurait pu entendre dire du bien de Michel-Ange. Sansovino n'avait-il pas, dès 1517, à propos du concours de Saint-Laurent de Florence, écrit une lettre grossière à son rival heureux *? Seul, Sebastiano del Piombo l'aurait soutenu, peut-être. Mais il était à Rome, et d'ailleurs, il finit lui-même par s'aliéner Michel-Ange, en donnant ce conseil absurde, de peindre à l'huile le Jugement dernier '.
Aussi la rancune amassée par l'Arétin fit-elle, à la fin, la terrible, la grotesque explosion que vint révéler une lettre demeurée longtemps inédite '. Michel-Ange y fut menacé par l'Arétin, qui rompait en visière : irréligion, luthéranisme, indécence *, larcins dans l'héritage de Jules II, toutes les basses infamies qu*un solliciteur rebuté peut exprimer de sa cervelle y sont amassées à la fois, « cela pour vous montrer simplement, conclut l'Arétin, que si vous êtes di'vino, moi de mon côté je ne suis point d'acqua ». Lettre unique, on l'a dit, par l'outrecuidance et la délirante ineptie ^.
culer que Daniel de Vol terra gagna le sobriquet de • bragheltano •.