LE SONGE
J’ai rêvé que j’allais en enfer
Et il était si plein, que je n’y trouvais place,
Et je voulais déjà revenir sur mes pas.
Mais j'y vis celle que j’avais aimée Qui bouillait dans une chaudière,
Et je m'approche d’elle pour la consoler.
LA POÉSIE POPULAIRE
Elle se retourne et dit : « Le temps est passé;
J’y suis tombée pour ne point t’avoir entendu,
Et je souffre maintenant parmi les ingrates. »
Mais revenons sur la terre, et tâchons de surprendre le peuple dans sa vie familière. Voici une Ninette qui file à sa fenêtre ; écoutons-la chanter.
l’amant honteux.
Passe et repasse sous mon balcon Un jeune homme gracieux, et avec son cœur Il me regarde tout passionné ;
Mais son amour s’en tient là.
Je veux voir maintenant ce petit honteux,
Si je ne lui fais pas au moins ôter son chapeau.
Puisqu’il se fait ainsi des scrupules,
Je veux avoir la tête dure, moi;
En me mettant à filer sur mon balcon,
Je lui ferai tomber mon fuseau sur la tête!...
Et, tandis qu'il rattachera le fil, ce mameluck,
Certes, il doit me parler, s’il n'est de stuc.
« Oh! Ninette, me dira-t-il, votre cœur Ne pourrait-il s’attacher ainsi?
— Pourquoi pas, répondrai-je, vous auriez tort d’en douter, S’il y a le nœud de sympathie ! »
Mais voici qu’il vient, l’imberbe mignon :
Mettons-nous à filer et prenons garde !
Quittons maintenant la rue, je vous prie, et entrons dans une maison napolitaine. N’y entre pas qui veut , la faveur est rare ; aussi les scènes d’intérieur ont-elles toujours besoin d’être justifiées, même dans les chansons.
LA POÉSIE POPULAIRE