AVANT-PROPOS
Les pages qu*on va lire ne sont pas destinées a augmenter le nombre des œuvres enfantées par la polémique.
Écriles dans le calme d'une étude désintéressée, lues à l'Académie des sciences morales (1) avant que la question italienne devînt, une fois de plus, pour l'Europe, une question de paix ou de guerre, elles conservent, sous leur forme nouvelle et au milieu même de circonstances si périlleuses, la i;raYité d'un travail exclusivement scientifique.
Ayant eu pour but de sonder les origines, cl, pour ainsi dire, de mettre à découvert les racines de difficultés trop profondes pour qu'un palliaiif suffise à en débarrasser TEurope, l'auteur de ces pages n'a prétendu qu'au mérîle modeste de présenter les éléments hîstoriaues du pro-
(1) Dttiis les séances des 18 «t jiy décembre lS5d.
— u — blême posé tout à coup à la raison des homnoTes
d^État.
Quoi que réserve l'avenir, ces éléments resteront demain ce qu'ils étaient hier.
Indiquer ce caractère de notre travail, ce n'est certes pas dissimuler les liens qui le rattachent aux intérêts et aux passions du moment. Bien loin de voiler ces liens, nous les constatons; car l'étude n'a fait que mûrir chez nous des convictions nées du spectacle même des événements, et développées au contact des hommes et des choses de la Péninsule.
U y a dix ans, huit jours avant la bataille de Novarre, et sous le feu même de Tune de ces crises qui, semblables aux explosions d'un volcan^ révèlent périodiquement à l'Europe les dangers que tiennent en réserve, pour elle, des questions toujours éludées, nous écrivions (1) .
<c Quand l'Autriche entretient dans la Lonibardie plus de quarante-cinq mille hommes, loin de tirer profit de sa conquête, elle se ruine pour la maîtriser. Or, après les événements de 1847, après la révolution de mars, après une lutte de
(1) L'Italie devant la France , page 82 et »uiv.
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cinq mois, en face du sentiment national mûri par une année d'épreuves plus rapidement que par dix années de repos, quel espoir de calmer les haines, d'endormir une insurrection permanente, de substituer, en un mot, l'état de paix à l'élat de guerre ?
« La Péninsule n'est donc attachée désormais aux flancs de l'Empire que pour l'épuiser. Entre l'indépendance à reconnaître et un système ruineux de compression, entre l'affranchissement et le^régime du sabre, il faut choisir aujourd'hui. Eh bien I au lieu de consumer ses forces dans une lutte sans espoir, l'Autriche ne trouverait-elle pas avantage à négocier sur ces bases :
•1^ Établissement d'une principauté indépendante sous le gouvernement d'un archiduc ; 2* Acceptation de la part des États Lombardo- Vénitiens d'une portion proportionnelle de la dette autrichienne ; 3° Traité qui favoriserait le. commerce autrichien. »
<c L'affranchissement de la Péninsule, est,
pour l'Autriche, non plus une question d'intérêt, mais une question d'amour-propre. Pie IX, au mois de mai dernier, l'invitait « à dépoSer de « sanglantes haines et à convertir en utiles rela^