‹ L'Italie et l'empire d'AllemagneChapitre 4 sur 5 · X^mi, ep. 2). n · texte numérisé non relu

X^mi, ep. 2). n

(2) FamiL, mss., 1. XXIII, ep. 2.

(3) tt Si is noiit, teniet qui volet ; quid refert undè redeat libertas ? redeat modo... Incipe, vêtus est verbum multis itineribu(s Romam petl... »

(d) « Intelligis, Cœsar, non quœ dixi tantu * , sed qu«e dicere volui.... * Sat odii jampridem pro veritate contraxi. Stu.dû) inintlcos quœrere non simplex ameutia est..... MUti jpoeœ et posteritajLi insuper fideli officie functum..'... *«

Vers le même tempsirafilsDaqait à rEmpereor. Cbaries IV, dans sa joie, oublie ses habitudes de pararoonîe. Il distribae autour de loi de riciies présents, et etiToie aœ coupe d'or à Pétrarque; en même temps, et poor la seconde fois, il Tinvite à se rendre aoprès de loi, en Allemagne; Pétrarque saisit l'occasioo : c Qœi sera l'effet de tant de lettres que je vous ai écrites, répond le poète à l'Empereor? Vous m'appelez au delà des Alpfô ; moi , je toos appelle en Italie. Vous m'offrez, je ne le nie pas^ un plaisir plein de séductions ; moi je vous convie à la vertu éi an devoir. »

En 1363, nouveOes instancf» de l'Empereur; cette fois Pétrarque n'y tient plus : a Vous avez vaincu, 6 César ! votre bénignité a Eût disparaître les périls dua long voyage, et les hésitations d'un e^it qui vieillit. J'altoidais, je différais, je me disab en moi-même : il oubliera sans doute et ses ordres et ma promesse. .. Mais commoit fermer l'oreille à la voix de l'Empereur , qui m'appelle pour la troisième fois !... Vous m'appelez de noovean , je pars. Pnissé^je vous trouver prêt à visiter le pays qui vous invoque sans relâche ! N'oubliez, ô César! ni votre gloire ni votre Italie, ni l'Empire. »

Pétrarque quitta en eifet Milan (11 mai 4362), et se dirigea vers l'Allemagne. Vainement Boccace lui reprochait ce départ, a comme s'il voulait traîner à sa suite les Muses chez les Sarmates. » — « Refuser ma présence à l'Empereur, répondait le poète, ne serait-ce pas orgudl et rébellion, plus encore, une sorte de sacrilège (1 J ? i»

Les aventuriers tenaient la campagne et infestaient les routes. Pétrarque s'embarque sur le Pô, et arrive à Padoue; mais là de graves nouvelles parviennent au poète. Le roi de Naples venait de mourir; Innocent VI était atteint d'une maladie mortelle. L'attente d'événements considérables, surtout l'éventualité d'un prochain conclave retinrent sur le sol italien celui qui allait être la voix de l'Italie redeman-

(t) « Cssari nostro farerem mei preseotiam denegasse, non saperbûe modo sed rebeUationis aut sacrilegii cajiudam videretur (SemLyh 1, ep. 4).»

dant au nouveau pontife le rétablissement du Saint*Siége dans la ville éternelle.

Hais si Pétrarque abandonne son projet de voyage en Allemagne , il ne renonce pas à rappeler à Charles IV le rôle que créait à l'Empereur l'illusion de son patriotisme et à lui redemander. la résurrection de la grandeur italienne : « Je crains, lui écrit-il de Venise, où il a cherché un refuge contre les agitations de la terre ferme , je crains que de si fréquentes obsessions ne paraissent ou orgueil ou démence. Je parle cependant; mais ma voix fatiguée s'échappe à peine de mes lèvres ; ma langue se glace, ma plume s'arrête : tant de prières rejetées , tant de supplications méprisées, tant de soupirs poussés en vain I Mon cœur seul peut parler encore. Tu m'écouteras, bien qu'épuisé et presque mort : car c'est lorsque je parais me taire, que ma voix s'élève plus haut, que je t'appelle nuit et jour, que je te supplie, que je t'implore. » — « Fatigué de prières , continue en termes passionnés et bizarres l'adorateur de César , l'amant murmure à peine le nom de l'objet aimé. Pour nous il reste une seule chose : t'offi ir le culte muet qu'on offre à une divinité, mais à une divinité qui nous est contraire et qui ne prend point souci de nos malheurs. toi, glorieux César I reçois nos importunités d'une oreille clémente et d'un esprit plus clément encore ; ne t'irrite point contre ceux qui tlnvoquent : grand et doux est le nom de César ; il est redoutable aux peuples et aux rois, mais pour nous, de plus, il est salutaire. Souffre que nos lèvres en savourent la douceur.. . César ! ton Italie t'appelle, et elle t'appelle avec des cris si ardents , qu'ils toucheraient^ je ne dis pas son prince, mais les rois des pays les plus reculés de l'Inde. Elle t'appelle , dis- je , ton Italie : César, César, mon César, où es-tu? Pourquoi m' abandonner ? Certes, si je n'étais enchaîné par une double mer et retenu par les Alpes, depuis longtemps j'aurai volé vers mon César, audelà du Danube (Ides de mars, 1363) (1). »

(1) « Hoc unum superest, ut te in animo habeamus numinis instar, sed

adversi et nostras miserias non curantis Clarum ac suave nomen est

Caesar..... Sine illud in ore nostro dulcescere Tuate, Gœsar, Italia

Tocat* Idque tantis clauioribus ut non principem modo suum sed Indo

Qoékldes m» aprèB^BTcir écrit cette lettre de poUliqiie él^;iaqiie, et ton joms poussé par les marnes eq)énaioes,Pétranfue adressait pour la dernière feus à CbarlesIV Feiqire^ sion desesTOBos : « Lève-toi, ô César! som les amyénes da Dien qui ne t'a pas en tbîii confié son eoqnre ; lève-toi, et tandis que to le peo^ aociHqilis la nckAe nûssioD fiffirée trop lafK^bBÊÊÊp^ avac cette Tignenr qui arrache le snocèsL Une issue magnanÔBe fera oublier la laipeur da dâioL*.. Éooote-iiioi, César, poursuit le poète , se faisaai aaivès de remperear l'interprète des deaseîiis d'ea haut, aoi cbélif, moi zâé pour ta f^oire. De tontes tes ndbesses et des q»leo* deurs de l'Empire, mijoiirlliieterestiaiarîfiD^rieDqîéce qa'ao tîtsi^ bien ta awas ooBqns pov ia vie étemelle de l'âme et pour llmoKirtalilé de ton nom. Mais peut-il bien vivre cdni qui négfige les grandes dioMs pour lesqudles seulement il est né? Ta es né poor l'Empire, tâclie sublime; aeoomp&s-la avec fidéiilé... Que la grandeur de l'entreiNise ne t'effiraje pa& D n'est rien que ne puisse la majesté de FEmpire sooleDoe par la Providence, apjmyée sur la justice. Que si le ciel te refusait le triomphe de tes desseins, mieux vaut mourir dans un glorieux eSàri que dans un lâche repos : là fat la grandeur de tes aïeux de divine mrâioîre (4).

mm rages ultioioi ant motori — Gertè cip>, oici louBobilit forem, et dexira beraqoe mari gemûiD, à tttao antem Atpibut ciivamiepU, ipia jampridem meom Gsmcm lon^ moi Danabiam petiimem (FamiL^ L XXm, ep. 15). ■

(1) « SoOîcitam ac qieranteik. .^ è coDcltt opibut tais aique imperii nil tibi sapèrent, oisî quantum ad stemam aoûme vicam, et nomiois immortalem ^oriam benè TÎTeodo qajesieris. Benè aatem vivere non potest qui ad qaod miom et snmmnm et maximam natas est negligit. Tu ad imperium natas es, amplom excelsamqae opas. niud âge ildeliter, benë si Yixisse fis viderL.. lUod aggredere, nec terei terreat magoitudo,

Nihil est qaod imperii majestas non posât. Qaod si fonan negatos

tibi cœlitas reram finis, tameo glorioso in acta qaàm in qaiete langai a mon molto mdiàs maltoqoe felicios opinor. Et hoc est qaod divas memoriœ ayis tois gloriosam foiu Ecce César, et nunc et saepe olim non blanditiis sed vero stadens dixi anxië qaod in animo mep fuit Qaod ne frustra diierim, Deam precor, et te.Vale* decus et gaadiam et spes nostra (Ep. 2i,LXXm, mss.).»

« Maintenant, dit en terminant Pétrarque^ maintenant comme toujours, tout entier à la vérité et non à la flatterie, j'ai dit ce dont mon cœur était plein. »

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