‹ L'Italie (volume 3)Chapitre 26 sur 41 · MASSA DI CARRARA, LAYENZA · texte numérisé non relu

MASSA DI CARRARA, LAYENZA

meilleur poëte , ami d'Annibal Caro , harmonieux imitateur de Pétrarque , et qui, avec l’amour platonique obligé, sut comme lui trouver de nobles chants sur les malbeurs etl oppression de l’Italie ; le second tombeau , indiqué trop simplement par une brève inscription contre le mur , est celui du grand Castruccio Castracani degli Antelminelli , souverain de Lucques et de Pise , mort à 4 7 ans , l’admiration et la terreur de lltalie au quatorzième siècle, une des plus fortes natures d’hommes qui aient été créées, après lequel l’existence de sa patrie , un moment si brillante , semble même disparaître , et dont Ma-

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cbiavel , qui a romanesquement et incomplètement écrit son histoire , a dit qu’il eût surpassé Philippe en Macédoine , et Scipion à Rome.

M. Bouchet, artiste remarquable, qui a vu l’Italie en amateur éclairé, et qui a bien voulu enrichir cet ouvrage d’un grand nombre de dessins , nous a communiqué la vue d’un palais, dont le bon goût atteste de nouveau celui qui se décèle à chaque pas dans l’architecture de l’Italie (PI. 25o). Ici s’est glissé une erreur dans la disposition des gravures : les vues de ce palais et de la place Saint-Michel auraient dû se trouver ensemble sur la planche a5o.

MASSA X>X CARRARA, IAVENZÂ.

De Lucques je me rendis promptement à Massa , capitale du duché de ce nom. Cette jolie ville, située près delà mer , et entourée de montagnes, m’a paru le soir d’un effet charmant, je ne puis oublier sa place publique, c’est un beau quinconce d’orangers qui étaient chargés alors de leurs fruits mûrs et dorés.

J’ai visité dans la montagne les fameuses carrières de Carrare; le marbre, que l’on est habitué à rencontrer au milieu des merveilles de l’art ou de la nature cultivée et parée , se retrouve ici au sein de la nature sauvage. Des eaux limpides courent et se précipitent parmi tous ces blocs et ces nombreux débris , d’une blancheur éblouissante ; car le nohle minéral a déjà tout son éclat dans lamine, et il n’a pas besoin , comme l’or, d’être épuré et poli pour briller. La vue de cette montagne de marbre, qui porte le beau nom de

ISIonte Sacro , et que la clarté de la lune rendait encore plus resplendissante , me causait une impression singulière. Je me rappelais tous cesbustes, toutes ces statues d’empereurs et de grands hommes, exposés à l’admiration publique dan^ les pays de l’Europe, et d’une part la pensée de la g'oire , de l autre la vue de ce marbre destiné à la perpétuer, étaient des alimens bien propres à nourrir mes méditations.

A quelque distance de Massa on trouve Lavenza , dont on a représenté le château ( PI. 25a ).

Autrefois ce port s’appelait Aventia , d’un mot qui signifie arrivée. On charge maintenant à Lavenza les marbres de Carrare, qui de là sont expédiés dans toutes les parties de l’Europe.

Carrare se ressent bien des richesses minérales dont la nature a pourvu ses

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