‹ L'ItalieChapitre 11 sur 56 · II. r · texte numérisé non relu

II. r

r en face, à la maison de Câpre tta jcber, chercher une pile de bois unes chênes qui étaient secs deplus d'un an, et que dame Gi*

, femme de Capretta , m'ayait s. Les premières brassées à peine Êes,j'en rempB« le foyer, parce eette espèce de chêne fait un feu rif que tousles autres bois.»

pendant peu à peu le gâteau coms à se liquéfier , grâce à une série lOœoTres ({ue Gdlini commande, 'oyant que , malgré 1 opinion de Qorans, j'avais pour ainsi dire resé un mort, je repris ma vigueur >int de ne plus sentir ni fièvre ni te de mourir. Tout à coup surune détonation , et une grande le, comme un éclair, brille à nos Tous, et moi plus que les autres. Fûmes frappés d'une terreur extra* aire. Le fracas et la lueur cessés, commençâmes à nous entre-regnr* ^ous vîmes que le couvercle de la aise s'était brisé et soulevé , de

que le bronze en sortait. J'orai aussitôt douvrir l'orifice de moule ; je fis en même temps frapur les tampons du fourneau , et il que le métal ne coulait pas avec >mptitude ordinaire, et que tout bois avait passé à ce grand feu , y prendre tous mes plats, mes les , mes assiettes d'étain, environ cents , je les mis l'un a près l'autre it mes c«'inaux, et j'en fis jeter parmsle fourneau. Alors tous mesous , voyant le bronze devenu parfaint liquide, et le moule s'emplir, se itàme seconder et à m'ohéir avec is^e. Je leur commandais tantôt une s, tantôt uneautre; jeles aidais et écriais : « O Dieu ! qui par ta puis- ; ressuscitas d'entre les morts et as glorieux dans le ciel !».. En sorte

pli t. Je me jetai à genouxet je remerciai le Seigneur de toute mon âme. Je pris ensuite uneassiettée de salade qui étciit là sur une mauvaise table, je mangeai de grand appétit; et je bus avec tous ceux qui étaient prcsens ; puis j'.dlai au lit sain et joyeux, car il étiiit deux heures avant le jour, et je me reposai aussi tranquillement que si jamais je n'eusse été malade. Ma bonne servante, sans que je lui eusse rien dit , m'avait préparé un bon chaponneau bien gras.

Quand je me levai, c'était l'heure de dîner; elle m'aborda gaiement en me disant : « Eb bien, où est donccet homme qui se sentait mourir ? Je crois que ces coups de poing et ces coups de pied dont vous m'avez bourrée celte nuit , dans votre rage de damné, ont épouvanté la fièvre, si forte qu'elle fût , et qu'elle s'est enfuie.» Tous ces braves gens qui me servaient, revenus de leur frayeur et remis de leurs extrêmes fatigues, allèrent acheter de la vaisselle de terre pour remplacer les plats et les écuelles d'étain , et nous dînâmes tous joyeusement. Je ne me rappelle pas de ma vie avoir fait un repas de meilleur appétit ni plus gai. »

Quel talent de narration ! quelle verve ! comme ce petit drame palpite d'intérêt !

Je me rappelle qu'en quittant le Persée, je voulus, par reconnaissance pour Cellini , aller voir ce Ponle-f^ec^ chioj pont vieux où les orfèvres de l'époque et lui-même exposaient leurs merveilles. Que les temps sont changés ! Les boutiques y sont encore ; mais aujourd'hui, pas un travail, pas une pièce que notre Odiot daignât ])lacer dans son étalage de la rue Vivienne.

Ma promenade ne fut pourtant pas perdue; car j'eus roccasion dadmircr le pont de la Trinité, chef-d'œuvre

5a ' X^TALIE.

d*élégaiiM et de l^^èreté (PI. 9), eon- ne forment qu'an»

•truit en f 558 par TAounaDato , et le premier modèle de ce genre d'arches à Toûte surbaissée, dont notre pontd'Iéna offre une belle copie. A chacune de ses deux extrémités sont quatre statues représentant les quatre saisons. A un anjjle du quai , une .sombre maison en fortmsse étale sa masse terrifiante courqnnée de créneaux. J'éprouvai le sentimeot de plaisir qu'avait éprouvé avant moi M* Ddéduxe, de trouver là, au lieu de soudards prêts à assommer le passant comme en i3oo, un café où IW me servit une limonade et une glace que j'aurais pourtant désiré meilleures.

Maintenant que me voici un peu rafraîchi , portons nos pas vers la. ca* thédrale ou dU^me (PI. lo). Voulexvons juger du style que parlait la ré* publique de Florence vers l'an 1294 , Uses le décret suivant :

« La haute sagesse d*un peuple d'illustre origine exigeant qu'il procède dans les choses d'administration de manière à ce que la prudence et la iragnanimité de ses vues édateùt dans les enivres qu'il fait exécuter, il est ordonné à Amoifo di Lapo , chef-mattre {capo^'Oiaestro ) de notre commune , de tracer un modèle 00 dessin pour la restauration de Santa-Reparata, lequel porte l'empreinte d'une pompe et d'une magnificence telles, que l'art et la puissance des hommes ne puissent rien imaginer de plus grand ou de plus beau; et cela, d'après la résolution prise en conseil public et privé , par les personnages les plus habilesde cette ville, de n'entreprendre pour la commune aucune œuvre dont l'exécution ne doive répondre à des sentimens d'autant plus grands et généreux, qu'ils sont le résultat des délibérations d'une réunion de citoyens dont les intentions

looté. » On se evoirait aux beanx jdBb

d'Athènes.

Amoifo dit Lapo ae mit à rceunt.

Après des traTOUiL qui dorèrent cçot soixanteans, etqnifiarenteoiiJUiilâSQe-.j cessivement par Giotto, Gaddi, Oqpgna, Filippi tt-Brondlesco, Téghii se trouva ce qu'elle est aujoufd'hoii terminée à rint^rieuTt mais manquai de façade. C'est de nos jours que la fr> brique delà par^W^ vient de fii||s| élever près du porteil lea staUujp o^i^ lossales d'AnMwg» et 4^ Bnmdlescçi^

L'aspect 4mi ivprs énormes dn i^m^ revétns richeiimpi jm divers maibreii rappdle , dH'BÎ. lMfclQ>®9 ^ %nfk Iatâra9x4«^ Vjeim ineôb^ P^^^"'* de bois préQfintet «iedi^mM» cpuleofit • Bfalgré cçtte .vm comme T^^i^i est aases îadoibre, l'aspect graTS^^H temples du nord s'y retronve plua ^ danslea églises ordinaires d'Italie. tSim son ensemble 9 l'intérieur est trop nu, inconvénient qui frappe d*autant plus, que l'édifice m'a semblé habitu^ement vide de fidèles.

La partie la plus étonnante est. la coupole, ouvrage d'autant plus merveilleux que le dôme est double, et qu'il fut élevé sans cintres , sans noyau, sans armature , et avec le seul secours d'un échafaud très ingénieusement imaginé par Brunellesco, qui avait conçu l'idée de cette grande machine, et qui conduisit le tout à fin par des procédés, pour lesquels la tradition de son art le laissait sans ressources.

A croire les Florentins, qui ne manquent pas plus qu'un autre peuple d'esprit national, Michel-Ange aimait si fort ce dôme, que, partant pour aller faire celui de Saint-Pierre à Rome,. il alla prendre congé de lui , et lui dit : Adieu ^ mon cuni, je y ois faire ton pareil^ mais non pas ton égal. ;

mÊ^^.„-^»\

FLOEENGB. 5i

autre hcmmage de Ifidi^ABge premier tndocteiir de nbloD, le dicf

is le clioîz qa'il fit deh place où it reposer,à l'cgliae SanCa-Croce, la mort. D voulut qoe.de mo au, les portes der^iieonvertes, Lt apercevoir le chef-d'œuvre ▼ait imité.

u ne lira pas sana plaisir un vnd .artiste éch^ippe à Araolfo, dans luvement d orgueil bien pardon- L opinion du temps attribuait nblemens de terre à des eourans louterraios ; Amoifo fit creuser lits profonds dans l'intérieur de e, afin d'en prévenir les eflRsts.

li préservé des tremUemens de dit-il en s'adressant à son moit , Dieu te préserve de la !.

Doupole , à peine terminée , fit à Paul Toscanelli, médran, lu premier gnomon que l'astromoderne ait exécuté : Fessai fut tp de mattre. Le rapprochement Ûptiqne , et peut-être laS^issele la coupole , l'avaient mis hors rîce vers l'an 1757, époque où il >aré.

18 la chapelle de la croit, ne les pas de vous faire montrer un a de marbre blanc, lequel est i parles rayonsdu soleil, quandle u solstice d'été ils traversent un -atiqué dans la l«in terne du dôme.

>moo,ou la plaque par laquelle lt les rayons du soleil, est élevé f pieds au-dessus du marbre, sur se font les observations sur uité de Téclip tique et les mouis apparens du soleil, is vous ferez montrer sous ces » solennelles le tombeau de Bru- :o et son portrait en bourgeois »rence. Giotto^ le restaurateur de iture, repose à côté. Un autre au renferme Marsile Ficino,le

de l'académie plalenicienne fondée par CAme de Médicis, et dianoine <le la cathédrale; les chanoines n'ont pas tons été comme celui que servait Gil- Blas. Le monument de Pierre Famèse, général florentin, est très-beau. On le voit dans un has-rdief , la <lague au poing, éperonnant on mulet; son dieval avait été tué. Sur son ignoUe monture il gagna la victoire.

• Près d'une porte de la nef latérale jai contemplé avec attendrissement une naïve peinture, d*auteur incertain.

C'est le Dante debout, en robe rouge, avec une couronne de laurier par-dessus son bonnet, et tenant un livre ouvert à la main. D'un côté est une sorte de représentation des trois. parties de son poème, et de l'antre une vue de l'ancienne Florence.

. Au treizième siècle les églises furent parfois témoins de drames horribles; en voici un : la conjuration des Pazai et de quelques autres familles contre les Médicis. J'ez trais de Machiavel ce passage, parce qu'il est curieux en détails de mœurs d'une époque qu'on se pbitt souvent i nous représenter comme profondément religieuse :

«Ils choisirent donc, pour assassiner les deux frères, l'église cathédrale d^ Santa-Reparata (nous avons vu, dans le décret de i'i94i '^ cathédrale porter ce nom, quelques écrivains prétendent que c'est à cette époque qu'elle le changea pour celui de San ta- Maria del Fiore qu'elle porte actuellement; leur assertion est démentie par cette citation de Machiavel. La conjuration est de 147B, et, comme on voit, le nom n avait point encore chancre). Un cardinal étiit leur complice, et le pape, sans se mé]er à la conjuration, eut été cependant bien aise de la voir réussir. Les conjurés voulaient que Giovan Baltista

te triTALIE.

se ehafgeAt de frapper Laurent ; Fran-' d'une cniratse ou de qndqoe antre dé-

ceaco de Paui et Bernardo Bandini frapperaient Julien. Batliata refusa, soit que les relations qu'il avait eues avec Laurent eussent touché son âme.

fense pareille.

» Julien et Laurent coiiuaissajeat -.

bien la haine que leur portaient l â Patii et l»desir qui les possédait dé 1

soit que quelqu'autre motif le retint. II ' ^rleur ravir rautorité qu'ils avaient dans

répondit qu'il n'aurait jamais le courage de commettre un tel .forfait^ dans une église I et de joindre aiwi'JQ sacrilège à la trahison , refus 4^1 lit manquer leur entreprise. Comme le temps les pressait, ils furent obligés de confier ce soin à messer Antonio de Yolterra et à Stefano, deux hommes que leurs habitudes et leur caractère rendai»t tout-à-fait inhabiles pour un semblable coup. Ces dispositions arré-»

tées, ils choisirent pour signal l'instant où le prêtre, qui disait la grand'messe, célébrerait la communion. Dans ce même moment Farcbevéque devait s'emparer du palais public et se rendre, de gré ou de force, la seifrneuriefavOi* rable, après la mort des Mé'licis.

» Tout convenu, ils se rendirent à l'église , où le cardinal et Laurent les avaient déjà précédés. Le temple était rempli de peuple et l'office divin commencé, que Julien de Médicis n'était pas encore arrivé. Francesco de Pazzi et Bernardo^ désignés pour le frapper, allèrent le trouver chez lui, et firent tant par leurs prières et parleur adresse, qu'ils le décidèrent à se rendre à l'église. C'est une chose vraiment remarquable que la fermeté et rinaltérable constance avec laK|uelle ils surent dissimuler tant de haine et un aussi épou*» vantable dessein; car en le conduisant au temple, pendant le chemin et dans l'église, ils l'entretinrent de bons mots et de plaisanteries déjeunes gens. Sous prétexte de lui faire des caresses, Francesco ne manqua pas de le ta ter de la main, et de le presser même dans ses bras, pourvoir s'il n'était pas revêtu

le gouvernement ; mais ils élàîest loin de craindre pour leur vie, penoadéi que si les Pazsi voulaient entrépmdre qudque chose, ils le tenterais^ par les voies légales et non par un sas* blable forfait : c'est pourqom , n'mjmi aucune inquiétude sur leur propre viSi ils feignaient d'éti« leurs amis. Les Wh sassins étant donc prêta, les uns si pressèrent auprès de Laurent , «e qÎM la foule qui remplissait le temple Imi permit de faire sans qu'il» éveillasscMl le soupçon ; les autres se mirent auprès de Julien. L'instant marqué étant arrivé, Bernardo Bandini , avec uneame courte et destinée à cet nsage, pères le sein de Julien , qui tombe après avoiv fait qudques pas. Alors Francesoo de Paxsi se jette sur lui, le perce de coupsi et, aveuglé par sa fureur. Il le frappe avec tant de rage, qu'il se fait luimême une large blessure à la jambe.

De leur côté, Messer Antoine et Stéfano attaquent Laurent, et, après lui avoir porté plusieurs coups, ils ne lui font qu'une légère blessure à la gorge , soit que leur manque de vigueur, ou que le courage de Laurent, qui se défen lit avec ses armes dès qu'il se vit attaqué, ou qu'enfin le secours de ceux qui l'entouraient ait rendu vains tous leurs efforts. Us se sauvèrent alors saisis d'épouvante et coururent se cacher ; mais on les découvrit bientôt: on les fit mourir d'une manière ignominieuse, et on tratna leur cadavre par toute la ville. Laurent, de son côté, entouré de tous ses amis , se renferme dan9 la sacristie du temple. Bernardo Bandini, voyant Julien expirant, frappe encore

Ncriy grand ami dêt HédicUy pdiusé toyens. La atolae da tuecone , da

par pne anliqne haine oa pour Tempes cher de secoorir Julien. Non conleiit ie ces deux homiddcB, il a'daaça vera Laurent pour sappiéHry par aoon coui^ge. et la promptitadc^ an coup qn'aTaient manqué ses complices par leur fain blesse el leur leoléur; mai^ Tajant trouTé réfugié dans la sacristie, il ne put csécuter son dessein. Au milieu di| tumulte, oecasioné par ces scènes terriUeSy et qui aurait pu faire /croire que le temple s'écroulait, le cardinal se ré» logia.à rantdi, où les prêtres eurent les plus grandes peines à le préserrer ^ jmqu'aa moment où la seigneurie, aprîs avoir tout apaisé, pnt le rame- Mr à son palais, n

Après un coup d'coil aœp quatre éfangéBstes du DanaieUoy nous sortinma de la cathédrale pour admirer le Campanile^ et répéler la phrase laodatiTe oonsAcrée, qui, pour la première fins, sortit de la bouche de Charles- Quint : Cat un monument à conserver dans uniiuL

Figures- TOUS une tour haute de deuY cent cinquante -huit pieds, incrustée & marbrés précieux, trayaillé9 en bas-reliefs et en groupes parfaitement sculptés. Cependant cet édifice date de i334, du temps où U sculpture n'avait pas encore d*éco1e , ni le dessin d'académie^ quand la nature seule donnait des lois. 11 est l'ouvrage de Giotto, d'un paysan qui laissa le troupeau qu'il conduisait dans la vallée de Fespignano pour travailler dans lejgTOssîer atelier de Cimabué, pour surpasser son mat Ire et se montrer également habile dans l'art de construire, pour devenir l'ami du Dante çt de Pétrarque, et mourir à Florence chaîné d'années, d'honneurs et debiens, chanté par les premiers de ses poêles et honoré par les meilleurs de ses ci-

chauve, par Donatello, rivalise avec l'antique pour la noblesse du style et l|!expression*

. Sur i|i même place est le baptistère ou église Saint- Jean. Le joyeux Debrosses prétend que .c'est un vieux temple de Mars, qu'on a métamor»

phosé en baptistère contre l'intention des fondateurs. Le fait est que c'est une construction du sixième siècle, et qui servit d'abord de cathédrale à la ville. On la dut à la reine Théoddinde, lorsque la Toscane était soumise h la domination des Liombards. Une multitude de ruines antiques, dit M. Valéry , of&ait .aux constructeurs dei pierres toutes taillées, des débris de chapiteaux et de colonnes. Ces nombreux fragmens, étrangers les uns aux autres, se montrent dans le baptistère, et l'on y reconnaît entre autres une pierre portant une belle inscription romaine en l'honneur d'Aurélius Yé-

rus.

L'édifice est de forme octc^[one et assez peu élevé. Il a trois portes en bronze, dont l'une, du côté du midi , est sculptée par André Pisano, et les deux autres de la main de Ghiberti , sont célèbres par la beauté de leur travail et l'admiration qu'elles causèrent & Michel -Ange, qui disait qiielles étaient dignes de fermer le paradis.

Elles furent décrétées par la seigneurie et les prieuré de la confrérie » après la cessation de lliorrible peste de i4oo, afin de décorer le temple du protecteur de Florence. Un . décret invita tous les artistes d'Italie à présenter des dessins de portes, qui fussent plus belles encore que celle exécutée déjà par AndréPisano. Ghiberti, jeune homme de vingt - quatre ans , sortit vainqueur des grands maîtres de l'art, Brunellesco et Donatdlo. La

dépense fut, dit-on, de4o,ooo seqnins, ^i feraient aujourd'hui plusieurs millions.

L'èntaLIement extérieur de ces trois portes est décoré de groupes de statues , qui ont rapport à la destination du lieu. Intérieurement le plancher est en mosaïque. A la voûte sont exprimées, aussi en mosaïque, des images de saints et la figure gigantesque de Jésus -Christ , qui a au moins vingt pieds de proportion. La mosaïque sur laquelle on marche n'offre que des ornemens. La décoration du reste de l'église est plus moderne, elle brille d'or de tous côtés. Les fonts de baptême sont placés près du mur, quoique ce monument prenne aussi la forme octogone intérieurement.

Deux colonnes de porphyre s'élèvent à la principale entrée. Elles ont été données aux Florentins par les Pisans, en II 17; et la chaîne de fer qui est suspendue à la muraille est un trophée de là conquête de Plse par les Florentins, en i36a ; c'était la chaîne du port de Pise. ^:

La plus belle réunion de villageois toscans que j'aie jamais vue, ce fut sur cette place du dôme , h un feu d'artifice qui se tire chaque année au samedi-saint, entre le baptistère et la cathédrale. Les femmes portent ordinairement le chapeau rond en feutre noir, avec une grande plume noire placée sur le devant; cette coiffure leur sied à merveille. Ce jour-là je suivis la foule avec un de mes amis : elle était telle, que nous y fûmes comme portes. Dans la nuit on avait disposé sur la place un grand coffre de forme ovale, plein de pièces d'artifice : à midi précis une fusée lancée de la cathédrale y mit le feu, et aussitôt toutes les cloches de la ville sonnèrent. Les grenades qui s'échappaient de la

machine enflammée vinrent i contre l'église et sur nous. On sep on se culbuta pour les éviter; nne joyeuse fête, de laquelle grand plaisir d'avoir pris ma pai promettantcependantd'apportei d'empressement pour l'année sui

Tout en nous acheminant v palais Pitti , je vais vous en app:

l'origine, telle que le secrétaire i rence la raconte, au livre Yll < histoire. Vers Tan 1460, pend; dernières années de la dominati Gôme, une scission se manifest son parti , ainsi qu'il arrive dai les partis vainqueurs. Le perse le plus influent de cette scissit Lucca Pitti, homme que Mac qualifie courageux et plein d'aï qui parvint à la charge de gonfa de justice, fut parla républiquen chevalier, et reçut de la seignei de Côme , ainsi que de la vill pressée à les imiter, des présen lues à plus de vingt mille ducab influence devint enfin si grande , ', l'historien, que ce n'était plus i mais messer Lucca qui gouven république.

« Il en conçut une telle présom qu'il fit commencer à Florence Ruciano, à un mille de la ville, édifices superbes et d'une magni£ royale : cdui de la ville surtout le plus vaste qu'un simple citoyi jusqu'à ce jour fait construire, reculait devant aucun moyen exi dinaire pour les terminer. Non-î ment les citoyens et les plus sii particuliers lui faisaient des pré et lui fournissaient les mate nécessaires à la construction , ma communes et des populations en Taidaient de leurs ressources, plus, tous les bannis, les assassin voleurs , tous ceux qui avaient em

FLOREXCE.

par leurs crimes lareDgcaiice publique, trooraient dans ces deux édifices un anle assui-é, ponrm qu'ils passent être utiles à la ooustmctioo. ■

Est-ce par ironie sanglante que Lod- CA Pitti , au lien d'éterniser par quelque belle inscription sa reconnaissance cnrers la république entière, on tout au moins enrers ceux de ces auxiliaires qm n'étaient ni bannis, ni Lé- RM de grands chemins , eut l'impolitesse bizarre de ne remercier qu'une honnête mule ?

Dans les ornemens du palais , un de cei animaux , sculpté en bas-relief sur nad»re noir, et placé là par son ordre, ittire encore aujourd'hui lattention deiTOjagears. L'original de ce portrait tnnûOa au transport des matériaux cnployés à la conslruction de l'édifice, aÎBâ que Texplique le distique suirant :

Urtirmm p lapides et marmara, hgma^ columnoi , Vexit , conduxit , traxU cf ist» tuitt.

Ble porta , tira, roi tara, meiu , liliére, pierres* ■nliTCiybais et colonnes.

Quelques années s'écoulèrent ; Pierre de Médîcis, après la mort de Côme, ressaisit le pouvoir d'une main ferme, et, au milieu de toutes ces révolutions, dit Machiavel, il n'y eut jamais d'exemple plus remarquable des vicissitudes de la fortune que Lucca Pitti , préservé de l'exil par l'humiliation la plus complète. On vit soudain toute la différence qui existe entre la victoire et la défaite, entre le mépris et la considération. Sa demeure, jusqu'alors fréquentée par la foule des citoyens , n'offrait plus qu'une profonde solitude.

Lorsqu'il paraissait dans les rues, ses amis et ses pnrens craignaient, nonseulement de laborder, mais même de le saluer; car les uns avaient perdu leurs honneurs, les autres une partie dejeurs biens, ct^tous étaient égale-

ment Ke&i«ct=s. Les cdiikes «upczbes qu'il aval: commexiccs turent aban* donnés par les onrriers; les ûveurs dont on avait été autretois prod&^ue envers lui se convertirect en outrages et SCS honneurs en opprobre . de nunicre que la plupart de ceux qui jadis lui avaient fait don de quelqu objet précieux pour ache Ler se 5 bonnes ^ùces, le lui redemandaient comme notant qu'un simple prêt* et ceux qui justju* alors l'avaient yozLé ju5qu'aux nues, l'accusaieTit d ingratitude et de via* lecce.

Xoas vx5ileroDS ce palais sous !a direction de M. Dclcciuzc, àquijj vais emprunter un fragment d'une de ses charmiinlcs leltres* qu'il est à regret* ter de voir c::sevelies dans ies fcuillcs tons de vieux journaux :

« Comme rtsîdence du souverain, comme morceau curieux darchitec* turc, et l'un des ilépôls les plus imporLins de statues et de tableaux , le palais Pitti, et les jardins Boboli qui y tiennent , foiment l'ensemble le plus beau et le plus curieux dans ce genre à Florence. Ce palais est situé de Taulre c^té de l'Arno, nu delà et dans la direction du Fieux-Pont. De la place sur laquelle est son entrée, il présente trois élajrcs de hauteur à peu près éfr*ilc : la largeur du dciuirr, moins crande, pyramide sur les autres.

De fausses portes h rcz-de-cbaussio et des fenêtres aux deux l'iaizos, le lout cintré, donnent à cet cdilice, bariolé de refends, un air de grandeur et de simplicité qui étonne p!u5; <[u'il ne séduit au premier moment. Deux ailes, semblables au rcz-dc-cliaussi'e , s avancent carrément devant le palais et en forment la place. La porte du palais est au milieu du monument : on entre par la gauche dans les jardins Boboli. Kn suiv.int ce dernier chemin, on fait le

iè

tour du flanc gauche de l'édifice , et l'on arrive à la façade intérieure qui donne sur le jardin. Deux ailes qui s'avancent sur le corps de bâtiment principal, et qui joignent par devant une terrasse qui s'unit au rez-de-chaussée par un portique de colonnes doriques, forment une cour dont trois faces se composent de trois étages : l'un est dorique, l'autre ionique, et le dernier corinthien. A droite, le palais n'est pas terminé; à gauche, on voit des constructions modernes qui , je le sup* pose, sont des appartemens particuliers, et plus loin les communs (i).

Devant la façade intérieure du château est figurée dans le jardin une arène demi-circulaire ; des gradins en pierre Tenlourent, et le cintre, planté régulièrement d'arbres, peut servir à donner des bals ou de grandes fêtes.

» L'ensemble des jardins Boboli a la forme d*un clavecin, dont la plus grande dimension court parallèlement au palais. Une grande allée, qui coupe l'arène, monte ensuite vers le sommet d'une colline, sur la gauche de laquelle est un pavillon, et au delà des n urs un petit fort. En tournant sur la droite, on saisit d'un seul coup d œil toute la longueur du jardin, sur laquelle est tracée une immense allée toute garnie de statues en marbre blanc, et interrompue à plusieurs endroits par des vasques de la même matière, faites pour recevoir les jets de l'eau. Des deux côtés de cette allée |sont des bosquets

(I) Cette conr est tellement petite que pour regarder le palais, en queiqu endroit que Ton se mette, il faut lever la tête d'une manière incommode. Les Italiens affectent souvent de faire les cours étroites pour donner de la fraîcheur aux appartemens. J avoue que, sans respect aucun pour l'œuvre d'Ammanato, regardée commç Tun des meilleurs morceaux de larchitecture moderne, je fus tenté de trouver à tout cela une physionomie triste, et un peu de Tair d'entrée d'ane prison.

coupés de promenades régnlièi dont l'épaisseur va en diminuai l'extrémité du jardin , qui , de c fait la queue du clavecin. Lucc en avait fait faire les dessins a nellesco. L'ouvrage ne fut avan sous un de ses descendans ; et , Gôme P'., qui en fit l'acqu en 1 549 de Bonaccorso , petit- Lucca , et l'embellit, ce lieu i:

cessé d'être la résidence des d Toscane , qui tous ont contribi rendre plus beau et à y amaf chefs-d'œuvre les plus préciet arts.

» Le palais Pitti et lesjardins sont évidemment le type qui a s modèle pour bâtir Versailles < siner son parc ; et la mauvaise p terie que je vous ai faite demièi sur les pruneaux de Tours, \ei bons de Bayonne et les fromaj Parme, qui ne sont point faits d pays dont ils portent les non viendra moins frivole en vous :

reconnaître que nos châteaux , < tout nos jardins à la francaist d'invention italienne. Ce jard Florence a tout-à-fait intérieui l'apparence du parc de YersailU grandes allées droites ornées c tues, les terrasses soutenue des murs, les bosquets dessii étoiles, sont les mêmes; et si voi suivi avec attention la descriptii je vous ai donnée du palais Pitti retrouverez encore dans la dispi de son plan une ressembl«ince pante avec celui du château d< sailles, seulement il est retourné ce dernier, la cour de marbre ailes en avance sont du côté de 1 et la grande façade du côté du tandis qu'on avait fait lecontrîi palais Pitti. Cette résidence ne pas fort belle déjà par elle-mém<

6o L'ITALIE.

deux fois; on en cite un qui lest mune; on en bâtit les muraillca jusqua quatre. L*ne de ses lettres, datée de Mantoue, nous apprend que pour connaître la détresse , le grand poète n'arait point eu besoin de quitter la cour.

c J auniis srand besoin, dit-il, des bauts-dc-cbausses que m*avait pi-omis la signom Tarquinia, car je nai pas de quoi cbanger. Un pourpoint de moire, dont le prince sérénissime ma fait cadeaUfCt le jupon, quoique neufs et tout brodés, feront triste Cnure d'ici à quinze jours, et, n'ayant pas d'argent, je ne sais comment faire. »

Les manuscrits de Machiavel sont renfermés dans six boites qui , indépendamment des diverses pièces de sa main , contiennent les lettres ori:;inales et les instructions dont il fut chargé par la république, ainsi qu'un grand nombre de lettres à lui adressées par des personnages importans. M. Valéry nous apprend que, lors de son nétrerqu'un jour mystérieux, d^u séjour à Florence, il vit vendre h lord enceinte. Un grand puits est pri Guilfort trois volumes de ces autographes pour le prix de 72 livresr sterling, il est impossible de -mettre plus de bonne grâce à faire les honneurs d'une bibliothèque que le bibliothécaire actuel, le zélé M. Molini.

Kous venons de voir le palais, demeure des souverains, depuis que le pouvoir s'est perpétué sur des bases solides à Florence. K 'oublions pas celui du Bargcllo(cesl le nom du chefde la justice), ou bien encore du Podesta, qui fut la première résidence des chefs de la république naissante.

La première ordonnance, portée au nom du peuple lors de la révolution de i25o, enjoignit aux nobles d'abaisser leurs tours jusqu'à la hauteur de 5o brasses. Les matériaux que fournit la dcmolilion de ta ni de fortifications privées furent employés à la défense com-

ville dans le quartier au midi de 1' En même temps on fonda le pal Podesta : c'est là qu'on éi bres du gouvernement, qui ji avaient habité des maisons pfv qui ne s'étaient ,rt unis cpie églises. Son entrée prindj mée,etron voit encore sur la pjl lions, Temblème delaTilledèJ Il nifre extérieurement à pçâ] mêmes dispositions que le chio, à cela près qu'il est encore, et que ses crépcans breux frappent davaDta|;e.L|i est également surmonté d'i porte par laquelle on y eolreÉI la rue del Palaszio. S'il y.a un.

Florence, qui doive nous traiu en idée vers le treizième siède^ sûr c'est celui4à. Une éaorm< carrée, dont les murs ont^p^ nélres et sont très-hauts, ne lai

porte (PI. 12); et, sur la g monte le long d'un mur éleVé calier massif d'un gothique-pari à rilalie, et couvert d'untoîtd pente lui est parallèle (1). Sous < jusqu'aux marches, la muraille crustée de tables de pierre si quelles sont gravés les noms, pi et qualités de tous les jurisconi qui bien ou mal ont rendu la dans ce lieu. Les plus ancieuM de i4oo et tant. Le monuraen de ia5o,cta été construit sur h sins d'ArnoIfo di Lapo. Aujot on a établi là les prisons et le de justice. J'avouerai que l'inl de ce palais , si terrible à Texte

(i) L'artiste , ponr ajouter à Y effet , a i i1.n<s son JesNin les c:istuines du treizicm l'il'.tsion est coinplête, on peut se croire vieux Florentins.

MkMia hirtl^

tj

FLOABJfCB.

tout est bbaflUà k ébaiis , et l'air circule de tous côtés. Les portes des diffénotcs chambres doonent sur des biil- COD5 en saUlie , dont plusieurs étages r^neot duos uoe^ande cat^e de pierres wlides et épaisses. L'ensemble aurait peut-être obtenu de ma part moins d'ioclul^eoce, si j'avais été condamné à l'habiter comme prisonnier.

J'oubliais d'ajouter que là aussi se Iraurent ies bureaux du fisc. A côté B la porte par hiquelle on entre dans Kiux, e>t une lame de bronze e dans un carreau de marbre ^<loot les extrémités sont en aciec it qvî a deux brasses de longueur, terres pondant à quatre anciens pieds d«Roitio,duC.tpitoIc, C'est là la seule nesurc linéaire connue et prescrite par lu loi dons loule la Toscane, où HDcicnneitient chaque ville, bourg, etc., lyùt tel poids et ses mesures partitnlvsr*. L'uniformité des mesures est un liic»l'{ût dont le pays est redevable au. griDit^uc Léopold.

M. Pelccluze présente nyeo raison r^Un» actuelle de Santo-Spirito , du SuiQl*Etpnl { PI. i3) , construite sur le* (Jcsûiis de Bruncllesco, comme le modèle du style intermédiaire entre tdui d'AruoIfo di Lapo et celui du BraBiMate, qui un peu plus tard donna twt de lustre à l'architecture dite de ta renaittance. Ce beau monument, dit-U , dont le portail n'est pas tcrmioéf forfiie la crois latine , est surmonté d'un dùme, et bâti en pierre brune.

LAnt^est divisée en troisparties,dont dtACUQC, desdeus côtés, forme un long portique soutenu par des colonnes corinthiennes d'un seul morceau , et noiet entre ellei par dea arceaux en plein cintre. L'entfj>1ement , %uré sur le chapiteau de chaque colonne, peut ne pas être d'un goût bien pur , mais

il. donne à ces colonnades une ntre &^ ganee. Au-dessus des corniches rignent de longues galeries ; le mur est percé an grntdet oaiMéei larges.; Jt Mule dis|p9nti<Hi gothique, daDS:oet édiOce, Maire cette nef, dont le pk£ond,«it,en eharpente traTaillée comme de la ne. nniserie Mugnée. Dans le fond on déconvre les deux graodea arobivoltcs m nùlieM desquellet s'élère la .cwpole.

Dessous est un petit temple en marbre pour recevoir le tabei^cle et-J'autel, Cette dernière ptwtion, plus moderne, jura avec le reste du monumont, et est no deseiempies du jualbeur^uele-luxa , porta. aux, arts. Ge petit dtais est, du pba naMcrai» goùt..I«'^8e, bAlia en piiBrro ofcacilMi'inaiB pure dé st^e, correcte de detsia, estunadmifableou' nage d'archilectare; toutes Les chapelles, quine sont quedegraudesiniches ■dùiJites aux- deux grands Mues ^ sont ornées aTec soin , et dans pliiaieurs de céUea qui sont ,au fobd on rmuinine des ouvrages defilottoet defironsino, et un Christ nort de Jcande Boitte.

Le ehoor^t le nattre-auld «ut d'une xa» magmficeBce. La saeristit , viri" taUe temple da dessina Cronaca, n'est pas moins admiiaUe. .

. Cette é^e en ramplace çne qui périt en i47> < ^" ^ accident qui peint l'esprit et les moeurs d'une époque, n faut lire le passage suivant de Machiavel :

« Les niaun corrompues acquirent on nouveau degré de corruption par Texemple des courtisans du . duc de Milan, lorsqu'il vint, en 1^71 , avec le duchesse et toute sa cour , Jt Florence , pour remplir, à ce qu'il disait, un VOBU qu'il avait formé. On le reçut avec toute la pompe convenable à un aussi grand prince et à un ami aussi puissant de la république. On. vit alors ce que notre ville n'avait jamais vu : oa

était dans le carême, temps auquel rÉglise ordonne rabstinence delà chair dans les repas , et toute la cour du duc , sans respect pour Dieu et pour son Église, ne se nourrissait que de viande. Parmi le» spectacles nombreux qu'on célébra en Thonneur de ce prince , on représenta dans l'église de San-Spirito la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres ; et les feux dont on se servit pour cette représentation ayant occasioné un incendie qui consuma toute l'église , la multitude se persuada que Dieu lui-même, indigné contre nous , avait voulu donner cette preuve de son' courroux. Et si ce prince trouva FIot rence remplie de courtisanes en proie aux voluptés , et souillée par des mœurs opposées à l'esprit d'une république, sa présence ne fit qu'ajouter au mal : aussi les bons citoyens pensèrent qu'il était urgent d'y mettre un frein ; et une nouvelle loi mit des bornes au luxe des vétémens, des fu^ nérailles et des festins. »

Que dites-vous des idées de Macbiavel en économie politique? Tant il est vrai queles sciences ne peuvent marcher que pas à pas et lentement. Le vigoureux génie auquel on doit le Prince partageait, au sujet des impôts, les préjugés de son époque.

Voici pourtant une église, Santa- Maria-Novella^ Sainte-Marie-la-Neuve ( PI. i4) 9 dont la façade est terminée , ce qui n'est pas fréquent à Florence ; et même cette façade , construite sur les dessins d'Alberti , est fort belle ; et de plus elle offre deux curiosités astronomiques : un cadran célesle destiné à mesurer la grandeur de l'axe céleste compris entre les tropiques,méridienne la plus ancienne de l'Europe, etl'armilîe ou sphère céleste de Ptolémée.

On les doit au père Ignace Danti , dominicain et cosmographe de Côme P''.

Cette façade, les murs du couve les deux obélisques de marbre (i' ses sur des tortues de bronze , for un ensemble qui a beaucoup de c tère.

J*en demande pardon aux âmes ' ses ; mais ma première pensée, ei nétrant dans l'intérieur de l'églisi pour Boccace. Je me rappelai la \ qui sert d'introduction au Décamc et la rencontre que l'écrivain fit ce lieu d'une bande d'aimables et je conteurs. Mon imagination Ina bientôt la fenêtre haute , avec vil coloriés, sous laquelle les sept j dévotes étaient assises en cercle, qu'après avoir dit un Pater ^ elles \ mencèrent à se lamenter sur les i momux et physiques de la pesU désolait leur ville natale. Boccace blit la vertu de ces dames en les d y^Jïtî fuyant y comme elles auraien la mort\lés exemples déshonpiétes nés par les ouvres. Une d'elles Tape venant dans son costume lugubre a ter à l'office divin; il s'approche, en leur résolution d'abandonner la • pour la retraite sûre et champéti la ville de Schiffanoia ( aujourd'hi villa Palmieri, à peu de distanc Florence, sur les* bords du Magne et se mêle alors timidement au cercle pour lequel son Décaméron composé.

Ce vénérable édifice est encor grande partie tel que Boccace l'a peint. 11 a été terminé en 1 35o. Mi< Ange en faisait le plus grand cai disait qu'il aimait Marie - la^ Pi comme une fiancée. L'architecte ; ici d'artifice; les arcs des nefs voi diminuant par degrés : ce qui a effet de les faire paraître plus gra

(i) Notre planche n'en représente qu'un le point de vue d'où Tcglise est prise Ta ainsi.

comme si on les Toyait en perspective, son amour-propre, et qui lui servait

Je regardai, avec plus d'intérêt et de respect que d'admiration, 1 ancienne et célèbre image de la Vierge de Cimabue, qui fut le signal de la renaissance de l'art à Florence. Scm apparition excila un enthousiasme prodigieui. Elle fut portée par le peuple, en triomphe et au hrui t des fanfares, de l'atelier du peintre a la place qu'elle occupe encore aujoutxihui.

J'éprouvai le même intérêt pour le grand crucifix qui est au-dessus de la porte d'entrée. C'est un des premiers ouvrages de Giotlo. Il est à regretter que les fresques des peintres grecs, qui servirent de maîtres à Cimabue, soient à peu près détruites. Peut-être eut-on mieux fait de veilleràleur conservation que de leur donner pour compagnie, dans la chapelle souterraine où elles se trouvent, de vieilles planches qui servent pour les gradins dans les solennités.

Les peintures du chœur et de plusieurs des chapelles, par Ghirlandajo, sont curieuses en ce qu'elles donnent , dit*on, les portraits de plusieurs personnages historiques. Dans la vie de la Vierge, Jean et Laurent de Médicis l'aocien seraient représentés sous la fî?ure de saints et de docteurs , conservaut les costumes et la tournure de l'époque à laquelle ils vécurent. Ces fresques , auxquelles certains auteurs prétendent que Michel-Ange a mis la main , rappellent le temps où, âgé de quatorze ans, il travaillait dans latelier de Ghirlandajo,et,au 1 ieu de payer son maître, recevait déjà de lui une rétribution de dix florins par an. On prétend aussi que les soldats d'un martyre ae sainte Catherine, par Bugf^iardi , furent dessinés par l'enfant suhlime, afin de tirer d'embarras l'auteur du

d'objet habituel de risée. Les tombeaux des deux cardinaux Guidi ont été exécutés à Rome sur des dessinsde Mîchel« Ange , dans la maturité de son talent de statuaire.

Il paraîtrait que de tout temps les huissiers ont eu maille à partir avec les peintres , si Ton s'en rapporte à la vengeance qu'Orgagna tira de l'un d'eux dans son tableau de l'enfer. Le personnage qu'il y a placé avec un papier au bonnet , n'est autre que l'huissier de la commune , qui avait saisi les meubles de l'artiste.

Le couvent de dominicains, dépendant de Saînte-Marie-Nouvelle, est adjacent à cette église. Il a été fondé par ces riches moines, en i^iSg, sur les dessins de deux religieux , fra Sisto et fra Ristoro, et la première pierre a été posée par le cardinal Latina. Le monastère est très-spacieux et très-beau.

Aujourd'hui, qu'il n'e^ plus question d'inquisition, ces bons frères, qui cumulaient jadis la procédure criminelle et l'apothicairerie, n'exercent plus que la dernière de ces deux missions sur la terre. Lady Morgan, qui s'était vu refuser l'entrée de cette retraite, dont nul pied de femme ne doit fouler les parais intérieurs^ aura sans doute moins regretté de n'avoir pu visiter deux portraits célèbres, la Laure et le Pétrarque , lorsqu'elle aura lu dans M. Valéry que l'authenticité de ces portraits est, avec très -forte raison, contestée. Parmi les portraits des plus célèbres dominicains, celui de Savonarola attira le plus mon attention.

La/b/irfma, apolhicairerie et parfumerie à la fois, est Tune des branches les plus productives des revenus de ces frères. En frappant à Tune des portes latérales du couvent, on fait arriver un

tableau , peintre médiocre , ridicule par fraticino^ ou petit page encapuchonné,

VITALIE.

âgé de dix à douze ans, plein de grâce et d'agilité» Il conduit les acheteurs au magazzinoy à travers une suite de pièces magnifiquejs, ou les crucifix et les .madones I les yases de porcelaine et les ornemens d'or moulu, oQrent un mélange du sacré et du profane tout-à-fait singulier. Le magasin est une vaste et élégante pièce, de laquelle on a la vue du jardin , des cloîtres et de l'intérieur du couvent. Elle est entourée d'armoires à vitraux où les eaux cordiales, les conserves aromatiques, sont .mêlées aux cosmétiques et aux poudres odoriférantes. Je me souviens de jolis petits livres de prières servant de pelottes, de missels en coffrets de toilette. Cependant le frère lai, humble, modeste et posé, préside à ce nid d'aromates^ pesant sa poudre et mesurant son eau de violette. Son capuchon , sa robe, son cordon, son rosaire, forment contraste avec son emploi mondain.

Un sourire venait sur mes lèvres, qui s'est arrêté, quand je me suis rappelé le temps où les couvens étaient les dépôts des lumières. C'était alors un usage assez commun chez les moines de charmer les loisirs de leur retraite, en se livrant à quelques occupations qui les rattachassent au monde. Ils choisissaient généralement des objets d'utilité, et dont la distribution put servir à des actes de bienfaisance. La préparation des drogues médicinales remplissait leur but; les couvens pauvres imaginèrent naturellement de couvrir leurs frais de fabrication , en débitant aux riches des cosmétiques, que leurs talens de chimistes leur permettaient de confectionner mieux que personne.

UAnunziata , XAnnonciade^ église favorite des miracles et de la mode, fondée par les seivites de Marie, i scr^i di Maria y est une des plus célèbres

de la Toseane, Sur la place qui la cède est la statue équestre du gr duc Ferdinand !*'• Tacca la fondit le bronze des canons pris aux 1 parles chevaliers de Saint-Étienni lit sur la sangle du cheval cette ins tion : Dei tnetalli rapiti al fiera Té du métal ravi au Thrace farouche souhaiterait plus d'animation da cheval et dans le cavalier.

L'église a la forme d'une croi; n'a qu'une seule nef. La tribu:

la coupole en forme de rotoi sans fenêtres ni ouverture , sont effet extraordinaire. Alberti en d les dessins; le marquis de Mani Louis Gonzague, en fit les frais.

Voyez- vous, me disait un de amis florentins, cette première cb le , à main gauche en entrant, qui plendit d'argent, d'or et de pierr< c'est la fameuse chapelle della^Sù sima" F^irgine-Annanziata^ const par ordre de Pierre, fils de C père de la patrie ; l'autel est en a: massif; la tête du Sauveur, sur Ta est d'André del Sarto. Tous les ( mens qui décorent cette chapelle dus à la dévotion de quelques px pieux delà chrétienté, et surtou Florentins, qui ont toujours e grande vénération l'image de la de Jésus -Christ, peinte à fres en i25o, par Bartolommeo. Jadis eussiez vu suspendus à cette voûte nombrables ex-^o^o. C'étaient soi d'énormes mannequins couvert riches habits , et représentant d':

très personnages. D'habiles artist dédaignaient pas quelquefois de vailler à ces figures. Cellini fit ui Alexandre qui se balança là-haut long- temps; un jour la corde laquelle il était attaché se romp y avait quelque danger à venir pri ce lieu. Aujourd'hui la voûte est n

FLOIBNGE.

«t k personne du fidtfe n'est plus

Dans l'église mÊodemiséé il reste à idmirer des onrnges d'AUori, de Volterrano , etc., et nne œurre plus ré* cente, les bas^diefs du tabemade qui sont de Thorwaldsen.

Dans la chapalle deUa^Ferfpne^U Soceonoj delà Yierge-de-Bon-Secours, construite aux firais et d'après les dessins de Jean de Bologne , cet artiste a exécuté lui-même , à plus de quatre- Tingts ans, les deux génies tenantdeux ilambeaux éteints que Ton voit Assis sur son tombeau.

Mon esprit national seul me décida à accorder un n^rd à une statue de

saint Rocb, en bois de tilleul, par un scolpteur français nommé Jann.

Cest dans le magnifique doltre , du dessin de Cronaca, qu'il faut aller cber* I dier la ilfaclone cfo/ aSeicco ^ la Vierge ' m sm: , chef-d'œuvre de grâce , de nar torel et de pureté , d'André dd Sarto.

Michd-Ange et Titien n'ont pas été ks plut froids de ses admirateurs. Le ttint Josepb, qui^s'appuie sur un sac de Mé, m valu au tableau le nom par lequd en le désigne. On raconte une autre origine de ce nom. André, diton, dans un moment d'extrême. indigence, aurait ofiert aux moines de ce courent de leur peindre une Madone pour un Sac de blé.

Au mois de mai , le plus bel Ane qu'on peut trouver dans la ville est , m'a-t-gn raconté , chargé d'huile , de fruits et de vins , et conduit processionnellement , à travers Téglise , k la cliisse de la Vierge , où ces ofirandes sont reçues en grande pompe.

L'Annonciadeest fr^uentée par les dévots et dévotes du bon ton. Les bons pères iSen^i di Alaria sont les élégans monastiques de Florence. On les rencontre dans les plus briUans salons.

Leurs jambes nues , leurs pieds ' couverts de sandales, leur robe de bure, ne les empêchent pas de s'asseoir à la table des plus grands seigneurs florentins. Leur cordon et leur rosaire prennent place à cdté de la décoration de l'ordre de Saint-Etienne, ou la croix de Marie-Thérèse, dont leurs hôtes sont parés.

Mon Florentin, qui était delà famille des Puoci , ne me laissa pas quitter cet édifice sans me mentionner combien il avait dû de sa magnificence à cette illustre famille. Le portique avec ^t^ curieuses fresques^ dont plusieurs ont été peintes par André dd Sarto , leur protégé, a été bâti à leurs dépens, ainsi que la chapelle de St.-Sébastien, riche en statues, tableaux et monumens de marbres. Trois cardinaux y ont leur sépulture.

Cellini fut aussi enterré dans cette église. Le document suivant, extrait des archives de l'académie de dessin de Florence, donne les détails de cette cérémonie:

c Le 1 5 février 1 570', messire Benvenuto Cellini , sculpteur , a été enseveli d'après ses ordres dans notre chapitre de TAnnonciade. La cérémonie s'est faite avec un grand appareil; toute notre académie et toute la corporation des artistes étaient présentes.

On se rendit à sa maison; on se rangea en ordre , et tous les religieux ayant défilé, quatre académiciens prirent le cercueil que Ton porta dons l'église de l'Annonciade, en changeant alternativement les porteurs comme d'ordinaire; et là les prières d'usage ayant été dites , les mêmes académiciens reprirent le cercueil et le portèrent dans le chapitre, où l'on continua les cérémonies du culte divin. Un religieux monta en chaire ; on l'avait chargé , la veille de l'enterrement, de prononcer en public l'oraison

Bsire Benrenulo, en au développetneDl des forces, et qui, depuis loni;-temps, est tombé en désuétude uiusi que la paurac, deux par-

lire de sa \ie, de ses lellcdisposilion d'âme I laquelle il mourut.

I fut très-satisfaite de sa fît baulein''Jit l'éloge, pie qui s'eETorçait d'enpitrc pour voir messire . ieler de l'eau bénite sur ïntendre louer ses grandes y avait un très-grand nom- I lumières et de bougies dans le

' . Je vais noter les cierges qi

jonna aux académiciens. Les coi.

eurent cbarun un cierge d'une e ; les conseillers, les secrétaires et irierSjCbiicun un dcbuitoiiccs; urvoyeur, un d'une livre; les autres membres cliacuu un cierf:e de quatre onces, et il y en eut cinquante.* Cette cérémonie était l'expression du regret général qu'inspirait la perte d'un si grand artiste. Mais personne en particulier ne s'occupa d'élever un monument à sa mémoire. 11 n'eiiiste ni pierre lumulaire ni inscription qui indique l'endroit précis où reposent ses cendres. Ce dernier trait de son histoire n'est pas le moins digne d'observation.

Toutes les illustratioDS florentines n'ont point eu ce malheur; l'église Santa-Croce, Sainte-Croix, le Panthéon de la Toscane, en fait foi.

En avant de cet édifice est une place que son étendue et sa régularité

tis de jeunis gens,

1 unironne de couleur dillercnle pour chaque parti , s'cflorçaienl de lancer avec le pied, au delà d'une limite fixée, un ballon de moyenne grosseur. Le parti qui parvenait à faire franchir au ballon la liniile défendue par l'autre remportait la victoire. Les combattans devaient '■ au nombre de cinquante-quatre et idedix-ljuitàqu.'irante-cinqans.Oa Imettaitparmi eux que des militaires et des gentilshommes. C'est là qu'aa milieu du treizième siècle . a la suite d'uu combat plus sérieux, se formal'iltat populaire de Florence. C'est là queles bourgeois vainqueurs des nobles, après avoir déposé le podestat, s'organisèrent eu vingt compagnies avec chacune un chef et un étendard , et créé' rent au sein d'une émeute une coostilutiou quidura dix années.

On doit au gnind-duc Léopold d'avoir rendu cette place plus belle et plus commode, en faisant substituer à la palissade des bornes et des bancs en pierres de taille , oii les promeneors viennent s'asseoir et prendre le frais dans les belles soirées de l'été.

A l'extrémité ouest, une fontaine publique, décorée de marbre, fournit une eau qu'on m'a dit avoir une réputation de salubrité.

Je regardai avec intérêt la façade du

rendent extrêmement propre à servir Pa\azzo dell'y^ntella , qui a été peinte "à fresque par plusieurs artistes estimés. De belles figures d'animaux attirent surtout l'attention.

Quant à Santa-Croce, son aspect présente l'aspect d'une montagne de briques qui attend son revêtement , et peut-être attendra long-temps. Que de bons livres se sont passés de préface , combien de belles églises peuvent se

de théâtre à des courses de chevaux , à des carrousels, à des mascarades, à des batailles simulées et à toute espèce de spectacle public.

Elle était autrefois entourée d'iuie palissade, et la jeunesse de la ville s'y exerçait au célèbre jeu du calcio , du coup de pied. Dans ce jeu, qui était un exercice ^mnastique très-avantageux

de portail! Depuis i5i4celleore en outre la perte de son clole la foudre ruina. J'aperçus au : la rue voisine, le basemeut d'un içant que les mar^uiDiersde la te ont soo^é u.i peu tarda lui p.

ind je fus au milieu de ees deux de piliers octogones, qui divisent ■Sleenceiiite en trois nefs, et dont |>ileaux sont surmon Lés d'arcs en u^u, dans ce temple nu, sorast^re, éclairé par de euperbea gothiques , je reconnus le g^ re et puissant du grand archilarépoUiqueflorenticeÂroolfo .lien fournit ledessîo en 1394; . restaurée depuis, arec -da ■tioDs, par Vasari. , ■ premier mouvement fut de lO tombeau du Djnte ou plutdt rie C comme le iait observer urnené ; mais l'usage vicieux -

la république de Flon i vait

Imité îivec tant de rifiuei /ea

illustre , eut l'idée de réparer ses torts «Dïers lui : la recon naissance coûte moins vÎB-à-vis des morts. Dés l'année 1396 elle avait rendu le décret , espérant obtenir le précieux dép'lt de Ûarenne; mais celle-ci connaissait trop bien la videur du trésor.

De nouvelles instances et un nouveau décret , dit M. Valéry , sont datés de l'année i/f^O- Enfin en iSij), une autre demande fut encore adressée k Léon X par les Florentins. Parmi les signataires est le nom de Micbel-Ange, admirateur passionné du poète, avec lequel son génie à lui avait tant de rapports , et à la mémoire de qui il avait consacré de beaux vers. L'apostille qui accompagna sa signature est d'une simplicîtésublime i/o, Michel- A gnolo^ scuUore, il medesimo , a vottrasantUà supplico , offerendomi al divin potta iJn, et le savant critique lui- fat-e la tepultura sua condecente e m tout en grondant, s'y est con- loco onorevote in questa città. Moi, le même Michel-Ange, sculpteur, je supplie votre sainteté, m'oSrant à faire au divin poète sa sépulture convenable, et en lieu qui fasse honneur à cette ville.

J'emprunte à M. Ginguené le passage suivant : ■ Le Dante était d'une taille moyenne -, dans ses dernières années il marchait un peu courbé, mais toujours d'un pas grave et plein de dignité. Il avait le visage loni;, le teint brun , le nez grand et aquilin , les yeux un peu gros, mais pleins d'expression et de feu, la lèvre inférieure avancée, la barbe et les cheveux noirs, épais et crépus; habituellement l'air pensif et mélancolique.

Plusieurs médailles frappées en son honneur, qui ornent les cabinets des curieux , et un grand nombre de portraits, tant en marbre que sur la tode,

.Bien me prit de n'avoir cédé 1 désir d'hooorer le grand hoin- :1e taleutdu sculpteur, M. Ricci,

moderne, ne s'est pas élevé à sbauteur de sa tâche.

}ante est représenté assis sur le E la tombe, sa pose annonce la lion. D'un côté la Poésiepleure, tre rilidie montre ce vers de la

Comédie : Onorate Callissinio

boiijrez le plus grand poète, ix ilu vers est ce qu'il y a de

malheureux dans toute cette

surplus ce monument récent, '. Etienne Rie i, professeur ac-

sculpture à l'académie de Flon'est qu'un cénotaphe. Comme

monde lésait, les cendres du sonlàRavenne.

nt la fin du siècle où il mourut.

qui se trouvent à Florence , sont trèsressemblans entre eux, et annoncent tous le même caractère. Ses manières étaient nobles et polies. La hauteur et le ton dédaigneux qu'on lui reproche n'étaient point naturels , et s'il les eut , ce ne fut du moins que depuis ses malheurs : une persécution injuste peut produire cet efiet dans une âme élevée.

» Il étudiait et travaillait beaucoup, parlait peu, mais ses réponses étaient pleines de sens et de finesse. Il se plai^ sait dans la solitude , loin des conversations communes , sans cesse appliqué à augmenter ses connaissances et à perfectionner son talent. Il était sujet à des distractions fréquentes, surtout lorsqu'il était occupé de quelque étude. A Sienne étant entré un jour dans la boutique d'un apothicaire , il y trouva un livre qu'il cherchait depuis long»

temps. Il se mit à lire appuyé sur un banc qui était devant la boutique , et avec une telle attention, qu'il resta immobile à la même placç depuis midi jusqu'au soir. Il ne s'aperçut même pas du grand bruit et du mouvement occasionés par le cortège d'une noce, ou selon Boccace , d'une fête publique qui vint à passer dans la rue. »

Le même Boccace, à propos du teint du Dante, raconte cette anecdote : « A Vérone , où son poëme et surtout la première partie, \ Enfer ^ avait déjà beaucoup de réputation, et où il était lui-même généralement connu, parce qu'il y séjournait souvent depuis son exil, il passait un jour devant une porte où plusieurs femmes étaient assises. L'une d'elles dit aux autres à voix basse ^ mais pourtant de façon à être entendue de lui et de ceux qui l'accompagnaient :

« Voyez-vous cet homme-là , c'est celui qui va en enfer, et en revient

quand il lui platt', et rapporte c terre des nouvelles de ceux qui s bas. » A quoi une autre femme r dît avec simplicité x « Ce que doit être vrai ; ne vois-tu pas c il a la barbe crépue et le teint c'est sans doute la chaleur et la qui en sont cause. » Dante, i qu^elle disait cela de bonne foi, i tant pas fiché que ces femmes e de lui une semblable opinion, et passa son chemin. »

Le Dante de M. Ricci, ne m'a ment rappelé le pénitent pro ment ému qui remonte de l'enfi l'illuminé dont les regards déco le Paradis. J'y ai reconnu tout a le théologien ergoteur qui vinl ris , fréquenta l'université et y i une thèse vivement disputée : c stance d'autant plus à remarqw Paris était alors pour cette scie théâtre le plus brillant de !'£ En i320, U soutint aussi à V dans Téglise de Sainte-Hélène, • une nombreuse assemblée de do une thèse célèbre sur deux élém terre et l'eau. De Duobus ele terrœ et aquœ.

Devant le marbre d'où le st n'a su tirer'qu'un «souteneur de là , d'où il devait faire jaillir un 1 de génie, je me suis senti moi] que je ne l'avais été devant le blo< me que l'on m'avait montré pré cathédrale, et que l'on nomme du Dante ^ parce que, dit-on, i coutume de venir s'y asseoir que cette tradition ancienne puii accusée de fausseté, la rue, dit trouvant beaucoup plus étroiti poque où vivait le poëte.

Je m'étais senti plus d'émoti core un jour où ma promenad vait amené non loin du dôme je m'étais enfoncé dans la ville

iiat chapelle iidiée à Saiol-ALir- contrairea aus svslèmes c 11». .-linsî eoduré une loocue et bu

Derrière est ud impasse au fond dui)ad,sur la droite, od aperroitlesvestig«s d'une de ces tours carrées si nombreuses k Florence. C'est la maitoa qu'habitait le Dante. La face en est armée de çranrfes pierres saillantes au milieu desquelles les voisins, qui étaient du même parti, dans le temps " " ' Gibelins, établis-

planches, d'oii ils >ups de

pénilence.et une pênifile int I

tion dans les cachots de l'inquis où pour consolation du moins ti eut la visite d'un bomme digne de l'apprécier, Miiton, il fut banni à Florence, Perdu pour le monde, plongé dans un triste abandon, ses jeu» se tournèrent encore vers le ciel, où il avait lu les plus sublimes vérités, et ils se fermèrent pour toujours. Il mourut pauvre , exilé, dans ia disgrâce de son

pierres. souverain et de l'Éi^lise. Ses crimes

Ea quittant le mausolée de ce grand étaient : l'invention du télescope,

bomme, pour qui Florence avait été, l'observalion des pbases de Vénus,

liiuique lui-même Vadil ,paryi mater l'examen du mouvement du pendule , une mère de peu d'amour, o

rcncaatre le mausolée de Galilée, élcvt

des Guelfes et tl aient des ponts ei assommaient leurs

vérification de la théorie des cieux, en un mol l'amélioralion de la condition humaine en étendant la sphère des connaissances.

Arrivons au lieu où repose la cendre de Machiavel , qui , déposée à

'époque de la plus grande corruption dngoût, et qui ne s'en ressent que trop. Son buste est ce qu'il y a de moins mauvais dans la composition entière. Daus la mauvaise exécution Sainte-Croix, fut près de trois siècles

trois illustres t actuel ne fut élc

de ce monument, peut-être faut-il v Doe allé-^orie, peut-être a-t-on voulu rappe\eT<fueGaliIéenaquit deux jours avant la mort de Mie bel- Ange , c'està-dire deui jours avant la mort de la sculpture, qu'il ne devait être accordé qu'a Cauova de faire revivre eïi Italie.

Personne n'ignore, dit iadv Morpn, comment Galilée, pour avoir enwi^é le svstème de l'univers tel qu'il ïTïit été découvert par Copernic, ce otenant familier à l'cnfioce elle-même, fut déclaré par l'ini]uisitioa coupable d'avoir avancé une iocXriiic hérétique lians la foi et fausse

philosophie. Condamné à une mort fois l'histoire et la politique, estd'u Wnble pour avoir dit que le monde goût médiocre , sans doute pour contitoomait autour du soleil, il y échappa nuer jusqu'au bout le troisième exemladéclaraDt publiquement et à genoux pie d'une reconnaissance tardive et ^ le monde ne tournait pas, et en mai servie dans son inspiration. L'idée [««estant qu'il ne troublerait point de Machiavel , représente balançant le fwrfre jocid/ par de telles innovations poids d'une épée par celui d'un rou.r. 1. 6

sans recevoir d'honneurs et de distinction. Dans l'histoire de l'humanité, sous chaque grand nom on peut lire presqueloujoursune victime dei'ingratitude des hommes: en voiride suite oplcs. Le tombeau vé qu'en 1787, et, , ce fut le nom d'un Anglais, d'un pair, lord Kassau Clavering, comte Cooper, l'éditeur de ses ceuvres in-4^, qui fif;ura en tête delà souscription, composée de Florentins et approuvée par Léopold. Une figure emblématique, que le cicérone affirme tenir d'une double nature et être à la

^bnA^

fm xe mofmk ée mo Iboltr aiin et je wmm oonnattre li dlc p'aaia pat honte de pM taiter teajoan itec cette rigueur.

» Le soir Temi, je la'en retourne au JegU et j'enlce du» 910a ealHiiet, Je

edépoHîUe tm h porte de ces habits j$an souillés de poussière et de Imie 9 je ane rpvMf dluîhits de cour ou de mon costume ; et , habillé d'une ana- Bîère cumvfudhleije pénètre dans Tanli^ue sanctnaire des gnnds hommes dis tcuBps passés. Accueilli par eux fiffclMivitéetbîcnTeillance) je me repris de celle noprritnre, qui seule est fidte povr asei, et pour laquelle je saia od* Je ae rougis pas de m'enlrele- «rufec enz, de leur demander compte de Jteore estions. Us me répondent arec bonté, et pendant quatre heures j'idwippe à tout ennui , j'ouUie tous MS ebêgriaf , je m crains {dus la pau* ynàé, et la mort ne saurait m'épouvan- Iffr. ffi ine tiwuporte en eux tqut entier. Et couime Dante a dit : U ^ j a psînt de adence si Ton ne retient ce qeerflu a entendu; j'ai noté tout ce qui, dsM leur conversation , m'a paru de qudqn'importance, et j'ai composé lia opqscide de Principatibus , où je ne plonge autant qjie je puis dans les profisodeurs de mou sujet , recher^ diant quelle est Tessence des pouvoirs, èà combien de sortes il en existe, com- Vient on les acquiert, comment on les naintiept, et pourquoi on les perd; et si mes rêveries vous ont plu quelf oefoif , celles-ci ne doivent pas vous être désagréables* » Plus loin se plaipiaat de ce qu'on ne l'emploi^ pas et que ses taleus sont condamnés à l'oubli: ■Quanta mpn ouvrage, s'ils prenaient U peine de me lire, ils verraient que, Icsquinxe années que j'ai été occupé df l'étude des affaires, je ne lésai em-

^mir fn'fflf ployées ni à dormir ni k jouer. Chacun

devrait tenir à se servir d'un homme qui a déjà acquis , aux dépens des autres, l'expérience qu'il possède. On ne devrait pas non plus douter de ma fidélité, car si jusqu'à ce jour je l'ai scrupuleusement gardée , ce n'est pas aujourd'hui que j'apprendrais à la tra* bir : celui qui pendant quarante-trois ans a été fidèle et honnête homme, et tel est mon Age actuellement, ne peut changer de nature. Et le meilleur ga-^ rant que je puisse donner de mon hon^ neur et de ma probité, c'est mon indigence. »

Rentrons à Santa-Groce et visitona le tombeau de Michel -Ange. Mort à Rome à quatre-vingt-dix ans, il devait étrci par ordre du pape, enterré .à Saint-Pierre ; mais Côme de Médicis , jaloux d'une telle conquête, le fit en^ lever de nuit et transporter à Florence ; il fournit les marbres de la sépulture.

Le détail de ces funérailles révèle la rivalité qui existait, dès cette époque, entre les deux arts de la sculpture et delà peinture:

« On députa deux peintres et deux sculpteurs pour aller recevoir les dépouilles mortelles de ce grand homme.

Au nombre de ces artistes fut messire Benvenuto Gellini (c'est le premier acte où l'on voit donner le titre de messire à Gellini). Les restes de Michel-Ange furent déposés dans l'église Sainte- Groix où ils sont encore aujourd'hui.

On avait fixé le jour de la cérémonie au 18 juin, mais elle ne put avoir lieu avant le 1 4 juillet. Dans cette occasion les peintres ayant eu le pas sur les sculpteurs, les anciennes querelles qui avaient divisé les artistes recommencèrent avec plus de chaleur. On écrivit avec acrimonie de part et d'autre, oubliant que Michel -Ange lui-même

avait ordonnédecessercesdisGUSsioDs, colo Ta peint en beaux vers dans

qui faisaient perdre plus de temps qu'il n'en fallait pour exécuter de beaux ouvrages. Le caractère inflexible et orgueilleux de Cellini , et la baule estime qu'il avait pour son art, devaient l'entraîner dans la lice. C'est alors, en efiet, qu'il écrivit son discours sur la prééminence de la sculpture sur la peinture (i). »

Ces querelles entre deux classes d'artistes, qui procèdent dans leur imitation de la nature par des moyens si difiérens, sont encore loin d'être éteintes aujourd'hui. Il en est de même au surplus entre les prosateurs et les poètes.

Le reproche à faire au tombeau de Michel-Ange^ composé de trois statues d'habiles sculpteurs, Giovanni dell' opéra , de Cioli et Lorenzi , c'est que chacun d'eux a plus songé à l'effet parti*culier de sa statue qu'à l'effet de l'en* semble. Il va sans dire que ces trois statues sont nécessairement larchitecture, la sculpture et la peinture.

L'intérêt qu'éveille la vue de ce monument s'accroît encore, quand on se rappelle que devant lui le génie de Victor Alfieri aimait à venir s'inspirer. C'est là que pour la première fois il avait senti dans son cœur s'allumer la soif de la gloire. Il voyait le génie donnant l'immortalité à l'obscurité plébéienne, et il résolut de suivre la route brillante de la renommée , de confier le nom d'Alfieri à de plus hautes destinées que celles que le blason piémontais lui avait préparées.

Plus tard , sur le déclin de sa vie , il était revenu souvent y méditer. Fos-

(i) Extrait de la vie de Benvenato Cellini^ traduite par M. D. D. Payasse, a vol. in-8., ûg-, Paris , i833. Cette traduction est laite d'après le manuscrit autographe noavelleinent découvert.

dentés rêveries : « Et à ces nuabres Yîo-» tor vint souvent s'inspirer. Indigné contreles dieux de la patrie, silencieux, il errait là oùl'Amo coulait le plus soli» taire, contemplant avidement et lei champs et le ciel; et comme aucun aspect vivant ne calmait son angois^ se, il s'arrêtait ici, sombre et portant sur le visage la pâleur et l'espoir de la mort. «

Sa tombe est entre celles de Michd- Ange et de Machiavel. Noble placé!

répétai-je avec lady Morgan. On lit en latin : « A' Victor Alfieri , né à Asti , Alofse, de la maison priucière de Stolberg, comtesse d'Albany. »

Le poëte en avait composé une tou-* chante pour sa noble amie, pour s»

dame comme il l'appelait : la mié^ donna.

«Ici repose Aloïse Stolberg, com«-' tesse d'Albany, illustre par ses aïeux ^ célèbre par les grâces de sa personne 9 par les agrémens de son esprit et par la candeur incomparable de son âme.

Inhumée près de Victor Alfieri dans le même tombeau , il la préféra pendant viogt*six ans à toutes les choses de la terre. Mortelle, elle fut constamment servie et honorée par lui, comme si elle eût été une divinité. »

La note qui accompagnait l'épi taphe était aussi belle de simplicité:

« Ainsi j'ai écrit, espérant, désirant mourir le premier; mais s'il plaît à Dieu il faudra autrement écrire; inhumée par la volonté de Victor Alfieri , qui sera bientôt ^seveli près d'elle dans le même tombeau. »

Aujourd'hui Aloïse repose sous les mêmes voûtes que son noble ami .

M. Simond, qui d'habitude n'est pas louangeur, s'exprimait ainsi en parlant d'elle en 1827 : " ^^^ étrangers sont très-curieux de voir la comtesse d'Al-

FLOR veuve ic Charles Edouard,

(les prioces 3ii£:l:)i5 déchus du

que J'oD suppose être aussi En secoDi3cs noces du Sh.iksellla)ie, Alfieri. Elle conserve malgré sonate, de la fratcbeuret autéi S.-I tnille esl majestueuse , inîéres ourerles et franches ; md est sa langue maternelle, le parle fort bien le français et eteoleod l'anglais. Veuve d'un die n'est pourtant pas ultri- :, et, quoique femme, sesopi- :dîtiques sont modérées. Elle rAngleterre, et a demeuré en

où elle se trouva au commen-r le la révolution. La société rencontre chez cette dame est ^ et en grande partie compomgers.*

«nbeau d'Aliteri fut l'ceuvre va, qui paya cet hommage de I tsUentà la mémoire de deux Itnt il avait eu l'amitié. Un è toscan ne manqua pas de me 'est la tombe de Sophocle par . Le moDument est beau ; mais

a souvent fait mieux; les criorélendcnt qu'ici sa sensibilité a développement de tout son C'est l'Italie couronnée d'un ■ de tours ijui i>leure sur une léraire. Dans un médaillon nu ubuste est le portrait dupoëte ;

iniai;e des traits spirituels et

fsde^rorii^inal.

mbeau de la comtesse est l'reu-

artistc français, M. Percier ; isne de la rùpulation de l'ar-

lu bénitier une inscription, fort E et à peu près efiiicce, indique Iture d'un Bonaparte; c'était

d'un nom colossal qui s'inscrii à côté de grands noms.

nom était destiné à aller en

EMCE

croissant, ^celui de Bu. porté

par un neveu de Michel- , n'était

pas réservé à la m<!me progression.

L'êrudit neveu a laissé, me dit-on, soixante volumes manuscrits sur les antiquités grecques et latines. Excellent homme, il faisait mon métier, il décrivait du moins des monumcns, faute d'en savoir créer ainsi que son oncle !

Je saluai encore souscesvoijtesquel^ ques illustrations de second ordre : un Arétin, qu'il ne faut pas confondre avec 800 homonyme de sale mémoire , et qui écrivit , non des ordures et des satires atroces, mais'' une grave et patriotique histoire de Florence, et fut biographe de Cicéron , du Dante et de Pétrarque ; Lanzi,' à qui l'on doit une excellente histoire de la peinture en Italie; Nardini, célèbre joueur de violon; Filicaia , dont le nom rappelle de beaux souvenirs de vertu > de génie et de patriotisme, et le plus noble chant qu'ait inspiré l'amour de l'Italie, etc. En sortant de Santa-Croce et redescendu des hauteurs poétiques sur la terre , In réflexion que Biron a confiée à sa correspondance me revint en

■ L'église de Santa-Croce contient beaucoup d'illustres nénns. C'est le Wcstminster-Abbcy de l'Italie. Je n'ai admiré de ces tombes que ce qu'elles renferment. Celle d'Alfieri est lourde, et toutes me semblent surchargées.

Que faut-il de plus qu'un buste, un nom, et peut-être une date? la dernicre pour les ignares en chronologie tel que moi. Mais loiilcs ces allci:ories et apothéoses sont choses infernales et pires que les longues perruques des tétcs anglaises plantées sur des corps romains , dans la statuaire des règnes de Cliarlcs II, de Guillaume et d'Anne. "

Le cutttqol de SâiBte-Groix, PHÛe Laurent) oui fonné deux

iU:

ànenf da keut en bes^ et fini Uen entretena, fbnne on oontieste marquant arec rextérienr de T^égliie. Là, ne disai-je en entrant, Sizte-Q°û^t a longtemps Técn simple moine, oonsacnmt son temps à l'étude et à 1» duplicité, jouant Finfirme et se'préparant à étonner le GonclaTe par sa terrible exdUn mation sortie d'une poitrine si fortes Je suis pape. Clément XIY y a rempli TofiBee de lecteur^ Aux rdigieux conventuels de Saint -François, qui lludbitent, fut assigné autrefois, par Urbain IV, le tribunal de linquisi*tion, qui obtint de la république des exécuteurs et des prisons particulières, où r<m était enfermé au moindre soupçon d'bérésie; un seul témoin suffisait pour faire condamner.

Aujourd'bui l'hérétique anglican y pénètre, non cbargé de liens, mais déliant sa bourse pour le frère lat qui lui raconte toutes ces histoires. Il admire dans le premier doltre la chapelle de la famille des Pazzi , élevée sur le dessin de Brunellesco (PI. i5),et ornée d'ouvrages en terre cuite vernissée de Lucca délia Robia , et d'anges en pierre par Donatello. Dans le réfectoire du second cloître est une cène, œuvre de Giotto.

L'église de Saint-Laurent (PI. 17), a été érigée en i6a5 sur une ancienne fondation (l'oratoire Saint-Laurent), "par Jeaoïdei Medicîj vieux marchand républicain , qui trouvait dans sa piété un moyen d'employer le superflu des richesses, que son industrie et la prospérité du commerce national lui avaient permis d'accumuler. L'architecte était son intime ami et son concitoyen Brunellesco. Ce Jean fut le père de ce célèbre Cosme qui reçut le nom de père de la patrie.

Les deux fils de Jean (Cosme et

tinctes de la w»yî*^a* de Blédicis :

de Cosme terminée aux deox pap«« Lion X..et Clément VU, et cdle ûe Laurent qui a fourni les ducs de Toseane. Le premier, qui prit le titre de grand'* Aœ fut GcMme P*., souvent confondu avec Cosme le père de h patrie.

L'église est simple , imposante et gothique; elle rappidleadmiraUement l'époque à laquelle on l'a élevée et son digne fonda tear, dont le monument par Donatdloest un modèle de grke et de simplicité.

La sacristie, observe lady Morgan, a un autre caractère, et marque une antre période de la fortune de cette maison. Léon % en ordonna l'érectioo à Michel- Ange, et cet artiste la commença aux dépens de Clément Vil- Ces deux papes la destinaient à deffnir un monument sépulcral pour leur famille. Les tombeaux de Julien et àe Laurent sont une muw» ^rigoureois édose sous le puistant daeni de Mi' chd-Ange. On admire survie .premier ses deux figures colossales représentant leyoïcr et la nuit. Une vigueur hardie, rude , se déploie dans chaqiie membre, dans chatrue muscle de laetatue da jour. Celle de la nuit ressemble à la tristesse qui sommedle.

Le quatrain qui lui fut adressé , et celui par lequel répondit le étatuairepoëte, se trouvent dtas tous les livres sur lltalie.

«La ntiit que tu vois sommeiller dans cette délicieuse pose fut sculptée dans ce marbre par un ange, et bien que sommeillant elle a vie ; éveille-la si tu ne me crois pas, elle te parlera.»

Képonse : « Il m'est doux de dormir, et plus d'être marbre , tant que durent le deuil et la honte ; ne point voir, ne point) sentir, m'est une grande félicité;

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FLORBNGS.

ac m'éveille donc poînl; dfe giiœ, pariebas. »

Entre ces deux figures s'âève la fUtae de Julien.

Le monument de Laorantporte deux figures, emUèmes de ranrae et du crépuscule, snpeibes aussi, et que domine celle du prince. G^le dernière statue est si pleine de vie , que chaque TÎsiteurest étonné, comme le futChai^ les-Quint, de ce qu'elle ne se lèye point pour parler,

La Vierge tenant son fils dans ses bras, vis^-yis de lautd , est encore une œuvre de ce prodigieux génie* Quel malhetir que de tout cela les deux statues des princes soient les seules achevées! L'autel et les candélabres ont aussi été travaillés par Michel- Ange.

La chapelle ducale de St.-Laurent marque une troisième époque dç Thistoire des Médicis , et contraste éomplétement avec la rude simplicité de Téglise fondée par Jean, etavecVadroirable sacristie commandée par Léon.

Le premier des grands*ducs de ce nom, le premier Médicis qui prit, et par le fait et par la forme , un pouvoir souverain sur son pays, Gôme I". , résdut d'élever pour lui et ses descendans une sépulture qui surpassât en magnificence toutes celles connues jusqu'alors. Vasari fournit le dessin qui fut exécuté sous le règne de Fer> dinand I*'.

L'Italie n'a rien de plus somptueux que cette chapelle , qui cependant est loin d'être de bon goût. Elle est de forme octogone et d'un ordre composite. Des pilastres de jaspe s'élancent de leur base de marbre; leurs chapiteaux sont en bronze, et surmontés de corniches de beau granit d'Elbe et de jaune antique. Les écussons des armoiries sont en pierres pré*

\. Les tombeaux 'sont en granit égyptien, en jaspe vert de Corse et en jaspe varié de Sicile , et ils suppor* lent là lourdes effigies d'une gratt<deur passée, dont les couronnes reposent sur de coussins ornés de rubis et de topaaes , et sculptés dans la Galcé» doine orientale. On voit des fragmens de porphyre et de granit étonnés de se trouver mêlés à la poussière asurée du lapis lasuli et aux parcelles brillantes de la nacre.

N'avea-vous pas cru lire la description d'un palais de fée 7 Le grand-duc Ferdinand conçut un instant , dit-on , le projet d'y placer le saint-sépulcre, que l'émir Faccardin Ebneman , venu à Florence en 161 3, et qui se disait descendu de Godefroy de Bouillon, lui promettait d'enlever de Jérusalem.

Le tombeau de Dieu au milieu des tombeaux de sa famille, ce n'était pas précisément un mouvement d'humilité chrétienne.

Dix à douze années sont , à ce qu'on assure , encore nécessaires pour terminer cette chapelle. Les dépenses restant à faire sont évaluées h près de six millions.

Dans le dottre de l'église San-^Lo" renzo , élevé d après le dessin de Brunellesco , on trouve la statue de l'historien Paul Jove, puis un escalier qui conduit àla bibliothéqueLaurentienne, un de ces foyers illustres dans les annales des lettres, et qui passa longtemps pour le plus riche de l'Europe.

Nous ne saurions prendre, pour nous y introduire, un meilleur guide que M. Valéry.

L'édifice , commencé] par) Michel- Ange, a été terminé par Vasari.

L'intérieur de la salle est d'une architecture régulière et sage. Les vitraux, coloriés et d'une extrême élégance, répandent un jour mystérieux

l'élude. Suivant l'usage , ics manuscrits sont posés

à plat sur des pupitres auxquels ils tiennent par une petite chaîne. Les bancs placés devant et entre les quatrevingt-huit pupitres pour les travailleurs,qui n'y sont pas trop à leuraise, rappellent des mœurs littéraires d'un autre âge. La Laurenticnne, qui n'eut long- temps que des manuscrits, en compte environ 9,000. Le catalogue des manuscrits grecs, latins et italiens de Bandini, travail de quarante-quatre années, est un vrai chef-d'œuvrede métLode, d'exactitude et de cri tique. 11 en est de même des catalo^es des manuscrits orientaux et héhreus.

Le Virgile du quatrième ou cinquième siècle est le plus ancien manuscrit de Virgile, Il n'y manquait que les prem.ières pages; elles out été miraculeusement retrouvées à la bibliothèque du Vatican.

Les Pandectes.

dit-o

siège d'A-malf! par les Pisaus, en 1 1 35, sont les plus anciennes connues, et peuvent être regardées comme l'orii;!ual de toutes nos Pandecics. Apportées à Florence en i4o6, elles furent placées au Palais-Vieux ; elles n'étaient montrées du temps de la république qu'avec de grandes considérations, en allumant des cierges et en se mettant à genoux. Aujourd'hui un volume ouvert est exposé sous verre , l'autre est serré ; et la faveur d'en toucher les feuillets est accordée avec obligeance et discernement par messieurs les bibliothécaires.

Deux manuscrits de Tacite sont d'une date fort ancienne quoique contestée.

Une copie AuDecameron, par un ami de fioccace, a acquis une valeur inappréciable depuis la perte de l'original.

Un PluCarque du neuvième ou dixième siècle est d'une conservation extraordinaire.

Un manuscrit de Longus est devenu célèbre par In tache d'encre de Paul-Louis Courrier, faite par efourder/e, selon une déclaration de sa main jointe au manuscrit,

La copie des Lettres J'amilières de Cicéron , de la main de Pétrarque, d'après l'ancien manuscrit qu'il avait le premier découvert dans la bibliothèque du chapitre de Vérone, ainsi que la copie des lettres à Atticus, prouvent le culte qu'il av.iit voué à l'orateur romain. Ces copies sont encore remarquables sous le rapport calligraphique et comme main-d'œuvre. La reliure n'est que du temps de Côme. La vieille couverture en bois de ce volume, si souvent pris et repris par Pétrarque, l'avait, par des chutes fréquentes, tellement blessé à la jambe, qu'où faillit la lui couper ; le métier d'érudit était alors rude et presque meurtrier.

C'est à la Laurenticnne que fut découverte, à la lin du dernier siècle, la

lettre

lerbedu Dante

1 latin

à un religieux de ses parens , par laquelle il refuse , après quinze années , d'acheter, en faisantamende himorable, son retour dans son ingrate patrie.

Cette lettre n'est point autographe, on ne connaît rien de l'écriture du Dante.

J'ai examiné le manuscrit des tragédies d'AlHeri. Peu d'auteurs ont autant travaillé leurs ouvrages.

' Un des plus élégans et des plus authentiques portraits de Laure est celui d'un antique manuscrit du Canzonière qui, s'il n'a point été peint d'après l'original, a peut-être été fait d'après le portrait contemporain de Simon Memmi. Celui de Pétrarque, avec une couronne de laurier par'des-

FLOHEITGE.

io» 800 capuchoD, est beaucoup moins gradeux.

Un doigt de Galilée est exposé dans un bocal au milieu de la salle. Ce doigt avec lequel il avait montré les fstdlites de Jupiter, cette vénérable relique de la science , fut dérobé du tombeaudesonmartjràréglise Sainte- Croix par l'antiquaire Gori.

Depuis le voyage de M. Valéry, une salle nouvelle a dà recevoir une précieuse collection des premières éditions des classiques grecs et latins formée par M. d'Elci de Sienne.

Nous allons dire un adieu aux églises de Florence par une course à celle deSt.-Marc, de.rarchitecturede Jean de Bolc^e , et remarquable par qudques excellens tableaux et statues.

C'est une épitapbe quelque peu fastueuse que <^e qui orne le tombeau de Pic de la Mirandole. Il y est dit , dans un dystique latin : « Cy glt Pic de la Mirandole. 'Pour les détails, demandez depuis le Tage jusqu'au Gange et peut-être aux Antipodes. •

Mais il faut reconnaître que ce jeune prince, mort h trente-deux ans, fut un véritable phénomène. Sa science prodigieuse avait approfondi toutes les croyances égyptiennes, hébraïques, chaldéennes, grecques, latines, arabes , cabalistiques. On prétend qu'à dix-huit ans il savait vingt-deux langues. A vingt-quatre il soutenait des thèses de omni re scibili sur toute chose que l'on puisse savoir. A la tête de ces ouvrages se trouvent i,4oo conclusions générales sur lesquelles il était toujours prêt à disputer. Quelques élémens. de géométrie et de sphère étaient danscelte étude immense, dans ce lourdfardeau dont cette vaste mémoire avait réussi à se charger, la seule chose qui eût de l'utilité , tout le reste ne sert qu'à faire voir l'esprit du

temps. C'est le précis des ouvrages d'Albert, surnommé le Grand; c'est

un fatras des questions ineptes de l'école ; c'est un mauvais mélange de la théorie scolastique et delà philosophie péripatéticienne. On y voit qu'un ange est infini secundum quid dans tous les sens; que les animaux et les plantes naissent d'une corruption animée par la vertu productive, etc.

Dans le couvent de cette église un dominicain vous racontera comment Jérôme Savonarole, l'ancien prieur, ce sombre ennemi des Médicis, s'y enfermait toutes les fois que Laurent, dont la famille avait fondé cette retraite , y faisait une visite ou paraissait dans le jardin.

Une chapelle est construite dans Tenceinte même des petites chambres qui formaient autrefois ces cellules ; au dessus de la porte d'entrée on lit en latin : « Le i^énérable père Jérôme Sai^onarole , homme apostolique , a ha-bité ces cellules.

11 était né à Ferrare, d'une famille noble. Dans les troubles qui agitaient Florence il embrassa le parti qui était pour la France contre les Médicis. Il prédit que l'église serait renouvelée, et demandait un conseil pour cette réforme et pour la déposition du pape.

Il s'adressait à cet effet à l'empereur Maximilien et à Ferdinand et Isabelle.

Excommunié par Alexandre YI, il continua ses prédications. Alors le pape et les Médicis se servirent coutre lui des mêmes armes qu'il employait.

Un franciscain fut chargé de soulever un parti opposé dans la populace ; ce parti se porta à des actes violens , à une attaque du couvent de Savonarole ; les magistrats , favorables au parti Médicis, saisirent cette occasion de rétablir Tordre, et Savonarole fut arrêté. 11 passa du chevalet de la tor-

i;iTA

lier , jusliGanl ce mot que uiaTel nvait dit a son sujet -. ■ Les prophètes qui n'ont pniot il armée finissent toujours m:il,jelui conseille d'en avoir une. •

Voulez-vous quelques lignes du secrétaire florentin , qui me pjiraîssent fort curieuses pour la morale de l'époque?

• Si 1.1 fortune est tellement propice à un homme tcitueiLc, qu'elle le prive de ses rivaux par une mort naturelle, il peut alors monter sans opposition nu faite de la gloire , puisqu'il peut faire éclater sans obstacle une venu qui ne saurait plus oITcnser personne. Mais, quand il n'a pas ce bon- Leur, il faut qu'il cherche à se défaire de ses rivaux par tous les moyens; et, avant de rien entreprendre, il doit n'en épargner aucun pour surmonter cette difficulté. Quiconque lira la Bible dans le sens propre, verra que Moïse fut contraint, pour affermir ses lois et ses institutions, de massacrer une foule d'individus qui , par envie seulement, s'opposaient à ses desseins. Le frère Jétôtne Savonarole était convaincu de cette nécessité. Cependant jl ne put parvenir h la surmonter, parce qu'il n'avait point l'autorité nécessaire , et qu'il ne fut point compris par ceux qui le suivaient et qui en auraient eu le pouvoir. »

Ne vous semble-t-il pas que ce passage , rapproché de la lettre que j'ai citée plus haut explique en entier Machiavel ? C'est un amant passionné de l'étude et de la vérité, sans nul besoin personnel , sans nulle cupidité. II veut le bien, la vertu, quels que soient, il est vrai , les moyens par lesquels on ypeut arriver; mais enfin c'est la vertu qu'il veut. II y a loin de là aux calomnies atroces qui l'ont poursuivi pendant sa vie et plus encore après sa mort.

LIE

Dans une 'le ses lettres , Machhj donne des détails curieux sur les i dicatîuns de Savonarole.

■ 11 commença son discours par 4 prédictions effr-ijantes et des raisou- □emens tout puissans sur quiconque ne les approfondit pas, avançant que ceux qui avaient embrassé son parti étaient les medleurs citoyens, et qu'd n'avait pour adversaires que les plus vils scélérats.... Il fît des fidèles deux troupes, dont l'une, composée de ses partisans, combattait sous les ordre»

(le Dieu, et l'autre, commandée parle diable, offrait la réunion de tousses adversaires II dit que par les persécutions les hons croissaient en esprit , parce que l'homme s'unit davantaiie à Dieu lorsque l'atlversilé l'enTÎronne, et qu'il puise de nouvelles forces en s'approchant davantai^e de son moteur ; c'est ainsi que l'eau chaude, lorsqu'on la met près du feu, devient houitlante parce qu'elle se rapproche

de l'aident qui encite la chaleur

Se servant du passage de l'exode où Moïse tue un Égyptien ; l'Ej^yptien, dit-il, ce sont les mécbans, et Moïse le prédicateur qui les tue. O Égyp~ tien! s'écria- 1- il, je veux te donner un coup de poignard. Et il commença alors à déchirer les livres et les prêtres, et à les traiter de manière que les chiens n'en voudraient pas manger. »

La parole du réformateur avait tellement de puissance, et il avait un tel ascendant sur ses concitoyens, qu'il fit une année renoncer au carnaval.

( Concevez-vous des Italiens qui renoncent au carnaval!) A la suite de ses prédications sur le retour aux mœurs austères de la primitive église , c'était à qui de ses sectateurs s'empresserait délivrer aux flammes, sur la place du vieux palais, livres, ta-

FLORBirCI.

Umox y instnuMDt de mnsiqiM, cartes «I dés.

Un jeune bomme da plus beau ta* lent , Baccioy surnommé iUla Porta , |Mirce qu'il . ayait son atelier près de Tune des portes de la TÎlle , à la suite d'un de ces sennons , eut borreur des séductions de la peinture, et jela dans un de ces bûcbers ce que scm atelier reofermait de tableaux voluptueux, n prit dès lors Fbabit de SaintrDominique , et fut depuis connu dans les arts sons le nom de fira Bar^» uJoméOyO}! plus simplement Xtfrate^ le frère*

Hichd-Ange lisait arec plaisir les ooTrages de Savonarole. Goromines, juge si profond, et qui Fayait risité dans son cobTent réformé de Saint-Marc, le réputé bon homme. Un pofite platonicien , Jérôme Beniyieni , était wm disciple ardent, aussi bien que Pic de la Mirandole, qui se proposait de parcourir le monde , seul , pieds nus et prêchant TEvangile. Deux autres disciples, dont les noms ont péri, trou- ▼èrent en leur sein assez de ferveur pour partager la torture et le bûcher de leur maître. Plus d'adresse et moins de fougue, et le mouvement était imprimé sérieusement à une révolution religieuse; la politique, et surtout l'intérêt des Médicis, 1 arrêta court. La foi ardente de Savonarole trouva un obstacle plus terrible dans l'indifférence en matière <1e religion de la part des hommes d'état que dans le clergé paissant qu'i) attaquait, comme le prouve cette anecdote :

Il déGait un jour, en plein sénat, un moine qui lui ét.iit opposé, de passer avec lui par les flammes, pour éprouver par le jugement de Dieu de quel côté était la raison. L'un des sénateurs opina qu'il valait mieux faire cette épreuve dans un cuvier plein

d'eau, qu'elle serait moins périlleuse, et le miracle non moins édatant en laveur de celui qui en sortirait sans être mouillé. Cependant l'épreuve du feu fisiillit avoir lieu , entre un disciple de Savonarole et un cordelier qui s'engagea à prouver par cette épreuve que le prédicateur était un scélérat. Le peuple, avide d'un tel spectacle, en pressait l'exécution ; les magistrats furent contraints de s'y prêter. Les champions comparurent devant une foule innombrable; mais quand ils virent tous deux de sang-froid le bûcher en flammes, ils tremblèrent l'un et l'autre, et leur peur commune leur suggéra une commune évasion. Le disciple ne voulut entrer dans le feu que l'hostie à la main, ce à quoi le chevalier déclara ne pouvoir jamais consentir, et l'aSreuse comédie préparée en face de la Loggia j devant le Palais-Vieux, se termina aux approches de la nuit par une pluie violente qui éteignit le bûcher et dispersa rassemblée.

Je me rappelle que le cœur tout ému de l'histoire tragique du réformateur, je sortais de Saint-Marc, quand, au détour de la place je me trouvai en face de plusieurs pénitens en robe noire, qui, le visage caché sous le capuchon , portaient un brancard sur lequel gisait un pauvre diable blessé.

Qu'est cela? demandai -je à un homme qui regardait du seuil de sa boutique. Des frères de la Miséricorde , répondit-il . Tout à Theure a sonné la cloche du Dôme et ils sont accourus, n s'agissait de transporter à l'hôpital des maçons qui sont tombés avec un échafaud.

J'appris aussi que la confrérie de la Miséricorde fut fondée vers le milieu du XIII*. siècle. Son institution , commune à toutes les villes de la Toscane, vint après les pestes qui ravagèrent Floren-

cjui la composent (et a plushauteclasseea •^uueot, ctiacun son tour, o( it des blessés et au ser-

vice 0 laux i c'est une garde oa-

titmaU Dienfaisance. Ladocliedu Hàme il-elle à sonner, tout à coup vous ■« s' échapper discrèlement du

salon qiici4u' un de ceux qui causaient avec TOUS. Au rappel de la charité , il a couru revêtir son uniforme relii^ieux, qui dissimule l'inégalité des rangs, et auquel un cliapelet esl suspendu. Le point de réunion, le corps-de-garde, est la chapelle de la confrérie, située au centre de la ville , près de la place du Dôme.

Je me souvins alors que le catholicisme n'avait pas toujours été détourné de son but par les mauvaises passions de l'humanité , et avait fait mieux que de dresser des bûchers ; que le moyenâge lui avait dû plus d'une institution admirable de dévouement et de charité, que la religion seule avait encore imaginées, et pour l'observance desquelles elle seule jusqu'iri avait pu parler assez haut dans le cœur de l'bomme.

Je suivislebrancard jusqu'à l'Mpilal Sainte-Mari e-Nouvelle , le plus ancien des grands bôpitaux de l'Italie et l'im des plus beaux de l'Europe. Il fut créé par Folco Porlinari , généreux citoyen de Florence, et le père de cette Déatrice, que le Dante a chantée après l'avoir honorée d'un amour grave et pur comme celui que l'on porte à la sagesse et à la vertu. H est impossible de voir un établissemeot mieux tenu.

Il en est de même du petit hàpital du monastère de Saint-Jean-de-Dieu , auquel le philanthrope Howard a conflacré un éloge. Il comprend l'ancien palais Vespucci , habitation de l'heu-

LIE

Florejitîn qui donna son nom | Nouveau-Monde. On lit en latii la porte, une inscription dont le i esl : j4 jimeiico f^espucci , ptitriâ de Florence, qui par l'jimérique découverte a illustré son nom et celui de la patrie, et ajouté des contrées à la terre , dans CE palais f'espucci jadis habité par un si noble possesseur, les pères de Saint -Jean-de-Dieu reconnaissants , l'an 1719.

Sagace et persévérant Christophe Colomb, ce n'était pas assez de l'enlever la consolation de donner ton nom à une découverte qui fut pour toi la source de tant de maui ; il fallait te voir contester jusqu'à l'iionneur de l'avoir faite !

Laurent le Maiinifique s'entendait à protéger les arts. Il avait rassemblé en assez ^rand nombre des statues, des baS'Fcliefs et des tableaux des meilleurs maîtres. Lorsque Pierre son âls fut chassé de sa patrie en 1 .J94 ' '■' *''^'~ lection fui vendue à l'enchcre et dispersée. L'un des premiers soins de la famille, en revenant au pouvoir, fui de racheter tous ceux de ces objets que l'on put relrouver. Côme l"., dans le but de réunir dans un même local les différentes branches de l'administration, avait fait construire le bâtiment actuel des Uffizii des Offices. Aujourd'hui les fonctionnaires sont relégués dans ime- partie du rezde-chaussée et du premier étage; le deuxième est consacré à un musée, ou, comme dit l'itinéraire florentin, à un grand emporium ou grand marché des arts.

L'édifice forme trois côtés d'un parallélogramme, est d'ordre dorique, et bâti d'après les dessins de Vasari. Ses arcades ou portici sont occupées par de petites marchandes , comme nos galeries du Palais -de- Justice; maisles'

FLORENCE. 8i

^jeta exposés cii Tenté sont plus fié- en deux: on a placé dans ce quel ap-

gans. On peut dite que «les boutiques sont exdusÎTement Tetnplies de marchandises françaises et anglaises.

La première anite de pièces du bâtiment renfenne la trésorerie ^ les archives et la fameuse bibliothèque Ma^ gliabecchi, du nom de son fondateur, mais immensément enrichie depuis lui parlesbiMiothéqnesdes couTens supprimés et par les précieux et rares manuscrits de la famille Strozzi. Là

pellerai l'entrée ( dit le Guide de Florence avec une coquetterie charmante), les bustes de tous les princes qui ont fondé ou enrichi la galerie : c'est Un trait d'esprit et de justice à la fois; ils semblent réunis pour faire tous ensemble aux étrangers les honneurs de leurs palais et des restes de leur puissance. »

Après donc mon salut à ces honorables hôtes, et un autre salut, dans le

seroit le premier Homère que Flo- . second vestibule, à quelques emj^rence, la 'première, eut la gloire d'im- reurs romains, qui sont là en compa-

primeren i^8B. L'exemplaire est sur beau yélin, offert et dédié à Pierre de Hédicis', orné des armes de sa famille, exécutées dans un superbe cadre et de riches miniatures. Vingt feuillets manquent et sont remplacés par des feuillets manuscrits imitant assez bien l'ancienne impression. Cette bibliothèque possède encore le premier line imprimé à Venise en 1469- Ce sont les lettres familières de Cicéron.

On souhaiterait plus de magnificence dans l'entrée de l'escalier de la galerie, qu'il faut chercher de porte en -parie sous les arcades; mais on doit songer que ce musée a toujours été propriété particulière des souverains, et que l'architecte n'a pas eu mission de s'occuper de l'entrée du public. Quant aux grands-ducs, ils èu" traient d'abord par la communication qui existe avep le vieux palais; et depuis qu'ils habitent le palais Pitti , deTautre côté derAmo,un corridor a été construit qui, longeant des ha-' bitations particulières et traversant « l'Amo sur le vieux pont, va correspondre à leur demeure.

Cependant l'escalier de marbre qui conduit à l'attique renfermant la galerie est beau.

« Le vestibule est comme partagé

gniede très-beaux cbiens-loup, d'un sanglier d'une vérité admirable , et d'un cheval superbe ( ce que le Guide de Florence trouve peut-être aussi un trait d'esprit et de justice delà part de M. le directeur du musée), j'arrive dans la galerie.

Trois corridors : deux de 43o pieds , et celui qui les unit de 97 pieds de long forment le corps principal' de ce temple des arts : la largeur n'est que dé 1 1 pieds et la hauteur de aô. Vous Toyez d'après ces proportions que le nom corridor , qui est le mot officiel , est bien justifié.

Les cabinets latéraux, pour les diverses écoles anciennes et modernes, sont des chapelles votives dédiées chacune à quelque déité particulière.

Les fenêtres sont d'un seul côté des corridors , et les plafonds sont richement peints. De chaque côté on voit des bustes, des statues , des sarcophages ; au-dessus de ces antiques les tableaux des maîtres des écoles italienne et toscane sont distribués en séries chronologiques : on commence par les tableaux anciens. Ce sont pour ainsi dire les pièces justificatives de l'histoire de la peinture de Vasari, et c'est pourquoi il avait supplié Côrac V\ de ne pas.

les disperser.

ai

L'ITâUE.

« Dans les corniches des trois corn*»

dors , d'un c6le comme de l'autre , commençant à l'entrée delà galoie, on ▼oit représentée (je copie mon Guide de Florence) une série de cinq cent trente- trois portraits, très -intéres* santé pour l'histoire, et fort curieuse a connaître. Cette série en question contient des souverains de plusieurs pays, des pontifes et cardinaux, des plus fameux capitaines et d'hommes illustres dans les sciences, les lettres et les beaux-arts. Nombre de portraits ont du mérite par la manière dont ils sont peints, quoique la partie de la peinture ne soit pas ce qui rend importante cette nombreuse collection de portraits. »

Ce n'est pas moi qui infirmerai le jugement. Toutefois j'ai éprouvé un grand plaisir à voir à la fois rassemblés sous mon regard Saladin et Louis Xiy, Catherine de Médicis et Roxdane, qui n'a pas du tout un nez retroussé : demandez après cela de la vérité aux traditions populaires en fait d'histoire.

Je n'abuserai pas de vos momens en vous promenant de statue en statue , de tableau en tableau* Je ne vous demande que la permission de tous introduire dans la fameuse Tribune, le saint des saints de la galerie.

Venez y contempler la merveille de laquelle Thompson a dit : La statue mollement penchée qui charme tuni"

v^ers.

A son sujet lady Morgan fait une réflexion très-piquante : il est difficile pour les petites femmes, dit-elle, de passer devant elle sans jeter un grain d'encens^ ou sans adresser une prière à cette déesse mignonne , que sa taille de quatre pieds onze pouces leur fait regarder comme une madonna del conforto , une madone de reconfort.

U appartient , «joute-t-elle ave mmns d'esprit , à ce siècle d'antîidéalisme de voir la Vénus toi comme l'assiette d'émeraude de G dans les mains impitoyables < science; de voir juger si sévèn cette belle tète qui en a tourne d'autres , et soutenir enfin q déesse de l'amour, avec une tétc blable, ne pourrait être qu'une i (Gall etSpurzheim ontenefiet p:

ce blasphème). Mais, Vénus aprè n'était pas destinée à jouer le n bel esprit; et les disciples de h noiogie peuvent se consoler de la vaise conformation du front, c mirant ce pied au sujet duquel D dont la foi n'a jamais chancelé, que trouué seul, il eut été à lui st monument.

Pauvre Vénus ! avant le mépr phrénologues, il t'avait fallu su scepticisme des artistes. Cocb Lessing se sont déclarés tous contre l'antiquité de la tète; h droit est donné à un sculpteui deme, le gauche à un autre; on daré que le^ pieds avaient sub sieurs fractures. Cependant il es solant d'apprendre que tout U est évidemment antique , à fexa de quelques petits morceaux di torse et ailleurs -

Rentrons vite dans le ton ad tif , et répétons avec Denon : < cendue du ciel, l'air seul a près fluides contours : pour la premièi son pied vient de toucher la te de fléchir sous le poids du plus c et du plus élastique de tou corps. »

« La Vénus de Médicis, a dit Winkelmann , ressemble à une » qui s'épanouit doucement au I» du soleil. Elle semble quitter c » qui est rude et âpre, comme les

qui adéjà plu d'é»

lue et dfl pÛiitiida que colin le jeone filhu m Mftmnfmr Win* un, voilà qoi est lûen eoqnet I pour un dbbé.

^l'.ir^

Il leur nilnritéi if mi oe qn'in- nos da pdaû Pitti, reodiërit noore

•or rezproMion de Fantiqne ; auasi lnmf«*t*eUe encore plat d*amateurt d'an certain genre.

A côté de cette œuvre admiraUe du •tatuâire Clëomène , fila d'Apollodore d'Athènes, ainsi qu'il est gravé dans la base (i), figurent quatre autres chefs* d'œuvre antiques : le Petit Apollon peut être le plus parfait modèle de lldéal gracieux ; on a dit à ce sujet que si les statues pouvaient se marier, la Vénus ne pourrait trousser unpartipius sortaUe que lui. Le Rotateur , statue d'homme accroupi aiguisant un cou»

teau : nous en possédons une copie en hronxe à la porte du palais des Tuileries (messieurs les antiquaires en ont fait d'abord l'esclave qui découvrit la conspiration des fils de Tarquin , ou cdle de Catilina ; aujourd'hui ils en font le Scythe , qui , sur l'ordre d'Apollon, se prépare à écorcher Marsyas ) ; le groupe des Lutteurs^ où , à côté de la vigueur et de l'expression, se trouve au plus haut point la science des dé* tails anatomiques; le Faune, chefd'œuvre de vivacité et d'enjouement sauvage , dont la tête et les bras ont été restaurés par Michel-Ange.

En Tableaux, la Tribune possède six Raphaël. On s'est attaché à rapprocher ses trois manières , ce qui permet au

(1) Suivant plasienrs critiques , cette inscription n*6St qu'une fraude, la partie du socle on elle se trouve étant visiblement une pièce rapportée. D'ailleurs les caractères qn on a cherché à imiter du grec antique ne le sont pas assez exactement pour qu'on n'y reconnaisse pas des fautes. Ce doute aur le véritable nom de Tauteuv laisse un champ libre aux conjectures. Les uns pensent que cette Vénus est celle de Phidias , que Pline admirait à Rome dans le portique d'Octavie; d'autres y reconnaissent la Vénus de Gnide » œuvre de Praxitèle et décrite par Lucien ; enfin , il en est qui prétendent qu elle nous offre la Vénus de Scopas , et que le dauphin et les petits amours caractérisent la manière de ce maître.

>cc ranM retire éUnudiyâikmi fé^beaolé.

eepcndant je ne puis résister à » de poser k cAté de tout cet enopinion de M. Simond, que je «. Au snjet de la Vénus, je re* €mi seulement que depuis Prazi- Lsqu'à CanoTa, les artistes, par ion de Taiitique , se sont ac*

à loi donner le sentiment de lepoor toute expression. Âpolt tout nu comme elle , mais il dt rien on il n'y pense pas. Elle nme, soit; mais die est déesse, k-dire|^un être idéal à qui Ton se d*autres sentimens que ceux femme ordinaire. De deux choses

on la déesse a le sentiment de 5, ou bien elle ne Fa pas. Si sa (tie en souffre, qu'elle mette un . n est absurde à die de se pro- ' ainsi nue sous les yeux de 'Olympe, dans un état de souf-

qu'il lui serait si facile de s'épar^ Mil ton avait d'autres idées d'une rtelle.

. • • No v^l

eeded , virtue proof, no thougkt infirm red hn eheek

oîle ne lui était point nécessaire ; verirable , aucune pensée faible ne fiii- •nter la rougeur sur ses jouet. (Paradis

is l'attitude de la Vénus il n'y a

e la pudeur de théâtre ; c'est ain-

ce sentiment serait joué à l'O-

Canova,dans sa trop belle Yé*

Yiiitear de comprendre ea un instant tout le progrfs que fit en si peu de tenps rimmortel artiste. Regardez d'abord le portrait d une dame florentine, Magddeine Dont, demi-figure, assise, avec des Iwifucs aux doigts et une croix attacbee au cou avec un ruban. Deux gaintes f'4ti»»ï//ej , peintes sur bois, TOUS rap|MfUeront 1 école du Pérugino «1 I^^n» du disciple déjà placé si f^a an^v^^sus de son mattre. Dans le saint Jiestn au désert, si inspiré, vous fyHVM^Mtlrcx sa troisième- manière. La ^^^iMiiNf* et le portrait de Jules II «/«l dr «on style le plus sublime.

('u tableau rond représentant une >>i%4>«l«» Vttmille est de Michel -Ange , V4 \\\\\ sait de quelle r.ireté sont ses I^Mtsiux de chevalet; on y trouve le ^V4U<i lier de son auteur, mais peu de ^vJkor, On niconte, au sujet de cet ou- \rra(;o fait pour Agnolo Doni , genlilliommc florentin, que le tableau ierminé, le peintre en demanda soixanlt)-dix écus. L'acheteur se récria, sur quoi Michel - Ange en demanda cent quarante, que le pauvre Doni , tout hduteux, s*emprcssa de payer dans la rraîutti de voir encore augmenter le prix.

Des deux Venus du Titien, c est à tort que Tune est regardée comme le portrait de sa femme. Algarotti prétend que Tautre est la rivale de la Vénus statue. On lit dans les mémoires de Ryron : « J entendis un hardi Breton dire devant ce tableau, à la femme à laquelle il donnait le bras : Eh bien, %*oilU qui est rvvltcmcnt iri's^*au , en rrriVf'. Obsrrvalioa qui, comme celle de riiolo dans Joseph Andrews sur la ocTiilude do la mort, élait prodigiensemrnt juste. »

\ ionnenl après un Charles -Quint «i/irc\% son ahdicution , de Vandyck , Urnutiadv »fiv'rrt/if la tHe de saint

Jean, par Léonard de Vinci Corréges, un exquis Paul Véro:

des plus beaux André del Sa Il vous faudra avoir , eomi épuisé par de longues et fn visites votre admiration , p( votre œil distrait, en retombai pavé de marbre de la tribune çoive que, malgré son grand n'est pas d'un goût digne de qu'il occupe. J'en dirai autant nemens en nacre de perle do revêtu le dôme; car j'ai oublié dire que la Tribune est une forme octogone et de vingt-et-i de diamètre, qui s'élève en f coupole, et où la lumière est oc mieux ménagée.

Avant d'entrer dans les auti nets particuliers , remarquons nion de bustes antiques d'en romains et de leur famille, réi plus complète qui existe. Te originaux , les artistes les étudie fruit ; ils y apprennent à juger grès, la décadence et les diver delà sculpture aux différentes i de l'histoire romaine.

Au milieu des statues anti voit le Bacchus de Michel -An, ne dépare point cette collectioj jadis acheté comme tel par un < seur. L'artiste l'avait enterré p santerie, et son triomphe le dé Bacchus est exalté et non pas parle jus de la grappe, qu'il cl voir pressée dans la coupe qu de sa main droite. Son front e ronné de lierre et de vigne; ui petit satyre, caché sous la p chèvre qui sert de draperie a s'efibrce de recueillir les goût s*échappent de sa main.

Les deux cabinets consacré:

cole toscane sont très-riches. J dé le souvenir de la fameuse 1

FLORBNlCE.

9 de Léonard de Vinci. Le leenre Pierre, mm père, ra^ -on, iMnuiéte BOtaire de Flo-' li , était tiis^fier du talent de le pria de peindre on bouclier paysan qui demeurait près de gagne. Quand Léonard préit ouvrage, le bon bomme reborreur. Ce boodier était la Méduse, de laquelle Galéas doc de Bflilan, donna depuis ats ducats. Les reptile^ dont De tête est coiffée doivent leur Le Térité à Tétude approfondie ïnne peintre aTait faite sur des ivans. Quand le bouclier fut on trouva son cabinet rempli ilans les plus nuisibles des maies taillis. Je recommande aussi curiosité un portrait de cette BiancaCapello, dont la vie fut m, et dont la mort fournirait ;édie. M. Valéry remarque que ait, baut en couleur, s'accorde rec les babitudes bacbiques de me remarquées par Montaigne, le yénitieune oQre plusieurs œuTre de ses premiers maîtres :

ne, Véronèse, Titien, Cara- ^intoret, etc., etc.

tableaux de Fécole française s plus faibles de leurs auteurs, istingue un Poussin ; et comme :urieuz, les portraits de madame igné , de J.-B. Rousseau , d'Aide la comtesse d'Albany.

)le flamande offre beaucoup de élèbres, mais pas de nom capir ai rencontré avec plaisir le t du réformateur Zwingle et e Thomas Morus.

3le hollandaise est fort riche, collection singulièrement heuest celle des portraits de peinlèbres de tous les pays , chaque t exécuté par l'original même.

Vous y remarquerez avec intérêt, le portrait de Ganova ; ce grand statuaire peignait quelquefois pour son amu* sèment : la date de cette œurre est de I792*

Voulez-Tous ( comme le fit Canova dans l'intérêt bien entendu de sa gloire ) retourner de la peinture à la sculpture, faites -vous conduire dans la salle de Ifiobé. Vous y verrez la scène tragique de la malheureuse famille qui expira sous la flèche de Diane, parce que Niobé avait eu Torgûeil de se comparer à la déesse. Homère doi^ie douze enfans à Niobé. Le groupe conservé en présente quatorze, ce qui , joint à la mère et au pédagogue, forme un ensemble de seize statues, n faut remarquer que Tune d'elles , la seconde à gauche en entrant, est évidemment une Psyché, et qu'on a beaucoup de doutes sur une autre eneore.

Toutes ne sont pas du même auteur ni d'un égal mérite, mais quelquesimes sont sublimes.

 Rome, où ces statues, au sortir de la fouille^ vinrent orner la villa Médicis, elles étaient disposées sur les différens plans d'un rocher factice, de manière à figurer la scène. Ici elles sont rangées méthodiquement autour d'une salle, ornée trop magnifiquement peut-être de stuc, de peintures et de dorures. En plaçant ces chefs-d'œuvre, on a plutôt songé à la place convenable aux études qu'aux effets pittoresques, et l'on a eu raison.

Quand vous aurez admiré dans le cabinet de l'hermaphrodite la délicieuse statue qui lui donne son nom , tournez votre regard sur ce buste colossal d'Alexandre, autre merveille de l'art antique. J'ai conçu sur-le-champ que le porteur d'une telle figure ait trouvé à se faire passer pour le fils d'un dieu.

Quittez le tyran sublime pour aller dans la salle des inscriptions saluer un mortel moins beau , mais qui châtiait les tyrans , Brutus. Cette tête à peine ébauchée et déjà pleine de vie , et d'un si grand caractère, a commencé à s'animer sous le ciseau de Michel-Ange.

Pourquoi ne Ta-t-il pas achevée ? probablement par un de ses caprices accoutumés, quoique le dystique suivant qu'on lit au bas donne un autre motif :

Diim Bruti effigiem sculptor de marmore ducit In mentem sceleris venii et abstinuit.

L'artiste tirait du bloc Feffiçie deBratns, le forfait lai revint en pensée, il s'abstint.

A ce lieu commun un Anglais, et il était lord, Sandwich, a vigoureusement riposté :

Brutum effecisiet sculptor, sed mente recursat Tanta viri virtut f tistit et abstinuit,

L*artiste allait achever Brutas ; tont ce qii*a- Tait été le héros lui revint en pensée , il s'arrêta et s'abstint.

Au-dessus du Brutus se voit une tète de faune , dont l'histoire bien connue a été rajeunie d'une manière charmante par lady Morgan.

« Dans l'année 1490, de précieux antiques étaient rassemblés dans les cours et les jardins de la Casa Medici ; c'était une sorte d'atelier public où les artistes florentins avaient permission de venir étudier et travailler. Un jeune homme , il comptait seize ans , et avait contracté un engagement de trois ans, moyennant vingt -quatre florins, pour travailler dans la boutique du peintre Ghirlandaïo, vint comme les autres contempler ces prodiges de l'antiquité. Dès ce moment adieu la boutique et les florins du patron. Un des sculpteurs,fr«ippé de l'assiduité de ce jeune homme qui paraissait intelligent, lui

fournit des matériaux pour s'esi Il commença à copier la tète m d'un faune, réparant ce qui manqi modèle , et produisit un chef-d'c Il était encore occupé à la ter lorsqu'un promeneur s'arrêta à 1 dérer le travail de l'artiste , < étonné de la perfection du prc d après la jeunesse du second. Il pressa de demander le jeune ga; son père, et lui donna une pla< table et un appartement dans « son. Le promeneur était Laur< Magnifique , le jeune homme Michel- Ange, et la tète du fau un des trésors du musée de Flore

Ajoutez que la bouche du fau pic, quoique vieux, avait uni choire bien garnie ( le modèle mutilé dans cette partie , et il fallu imaginer la bouche). Laur en riant la remarque qu'aux viei il manque toujours quelque dei prodigieuse intelligence du jeui tiste eut bientôt fait son pro cette critique } ce fut l'aSaire de ques coups de ciseau.

Le classement des inscription) cette salle est ingénieux. La pr< classe est destinée aux dieux et 1 ministres ; la deuxième aux Césj troisième et la quatrième aux c et aux magistrats de Rome; h quième aux spectacles; la sixièn guerriers; la septième aux déoc tions par lesquelles les anciens Ro désignaient leurs morts ;Ia huitièi mariages ; la neuvième aux \ chis; la dixième aux tombeau chrétiens; la onzième aux épigi ou noms des trépassés; la doi aux mélanges; après celte dai voit deux classes d'inscriptiom numéro : une grecque et l'autre de diiïérens argument*

Dans la salle des brosses anti<{

» Ce cabinet est un monument d'une époque malheureuse de l'histoire des arts. Il marque cet instant où le goût public décline avec l'esprit public , où le caprice de seigneurs puissans , secondé par une richesse démesurée , donne au talent une direction fantasque, et l'éloignant de plus nobles desseins , substitue la protection privée àl'encouragement national.

« Lies six armoires sont ornées de huit colonnes d'agathe et de huit en cristal, dont les bases et les chapiteaux sont parsemés de topazes et de turquoises. Elles contiennent des vases de rubis, des urnes faites d'une seule et parfaite chry^ solithe , des coupes d'émeraude et des jattes d'onyx , des empereurs romains et des dames romaines , dont le front d'améthyste répand le véritable lumen pufpureum de l'amour et de la beauté.

Mais les objets les plus curieux sont saint Pierre et saint Paul en jaspe , un chevalier combattant couvert d'une cotte de maille en diamans, un chien de perles avec une queue d'or et des pâtes de rubis , le duc Gôme II en or émaillé , priant devant un autel de pierres précieuses, et une châsse de cristal représentant la Passion. »

J*allais oublier de mentionner, dans une salle consacrée aux tableaux de maîtres italiens, d'admirables tables en pierres fines et gemmes de manufacture de Florence , qu'on appelle opéra di ' commesso , ouvrage en marqueterie.

Celle octogone , placée au milieu , a demandé pendant vingt-cinq ans le travail de vingt -deux ouvriers. C'est le plus riche de tous les ouvrages de ce genre. H y a des topazes, des onyx, des agathes, des lapislazuli, etc. On prétend qu'elle a coûté 4o, ooo sequin8,plus de 400,000 francs.

Roland de la Platière parle ainsi de cette industrie aujourd'hui tombée ,

mais qui était encore de mode lo son voyage :

« Une industrie particulière à rence est le travail et l'incrustatioi pierres dures en fait de tables bleaux , etc. Tout se polit à Tém^ se scie avec la même matière à 1 d'un archet très-délié. On emploie ces pièces de rapport ou de pi; toutes sortes de pierres dures , de phyres , de granit , beaucoup d ag très-variées; des marbres anciei communs de toute espèce et de couleur, delà nacre et jusqu'à de doise, quand sa nuance convient exécute des ouvrages d'im long tn d'une extrême patience et d'un { prix ; avec tout cela c'est plutôt u faire de manœus^re que d! artiste.

» Allons , m ecriai-je le jour où mon dernier adieu aux Ujffîzii, \ei rentins ont raison d'être fiers d( galerie ; elle est encore sans rivale l'univers. C'est un noble monume leur ancienne suprématie intellec sur toutes les nations de l'Europi

Te mp rappelle aussi ce que B; qui n'était pas d'un naturel pc l'éloge, en a dit dans ses mémoir

« J'ai visité les deux galerie Vénus éveille plutôt l'admiratioi l'amour ; mais il y a des sculptu des peintures qui, pour la pre fois , m'ont donné une idée de ce q gens entendent par leurs extases < jargon , et de ce que M. Braham a] enthousiasm , enthousiasme , su deux arts les plus artificiels de t(

Plus heureux que Byron , il s* avoir connu plus habituellemcnl thousiasme , M. de Stendhal, plume a su l'analyser d'une m; vraiment spirituelle.

tf Absorbe dans la contemplati la beauté sublime, je le voyais de je le touchais pour ainsi dire. J

ja inoic îale des cinq classes de

notre InsuLul.

L'académie de ia Crusca a du moins Bur notre académie des lettres un arantage, c'est d'avoir terminé son diction* naire, que toutefois le célèbre Montî (avec un peu d'exagération, il est vrai,) (lualiiîc de : yilissîmo, xchijbsisiimo , barbarissimo amassa lîi iingua, l'amas de mots le plus i£;noble, le plus ftale et le plus barbare. Pauvres académies!

leur destin en tout pays est d'être immolées aux quolibets: il faut bien que la canaille iotellectuelle se ven^^e de l'arislocratie des beaux esprits.

Voulez-vous voir un autre palais plus cbcr encore à ceux qui aiment des souvenirs de gloire? Faites -vous conduire dans la ci'a Scala au palais HucceUai.

Le nom de cette famille vient, diton, de la teinture appelée oricello , tournesol, introduite à Florence par Sernard Jiuccellai à soq retour du Le- Tanl, d'où il rapporta d'immenses richesses. Quelques-uns prétendent qu'il apprit dans ces contrées le secret de cette teinture) d'autres soutiennent qu'il fut le premier à découvrir dans le tournesol la propriété de chani;er son vert en violet au moyen de l'urine. Ce qu'il y a de certain , c'est que les Florentins ont été les premiers à en faire usage. Bernard possédait des jardins connus sous le nom d'arti aricellari,el dont la beauté était célèbre dans toute l'Italie. Léon Alberti, le restaurateur de la bonne architecture en Europe, les embellit de bosquets plantés -avec goût, et j ménagea des promenades couvertes d'ombrages épais, à la manière des Grecs.

C'est là que Bernard recueillit une foule de frajrmens précieux de l'anti' quité, et {[Ue, par uo noble emploi de att riclKSses , il aimait jt receroir la

foule' des étran^rs curieux de venïf admirer sa demeure; c'est là qu'il r^ tablil l'académie pintonique à laquelle 1a mort de Laurent le Mairnifique, son ami, avait porté un coup funeste. Il mourut, mais ses Gis conservèrent les mêmes goûts et se plurent h réunir sou» les ombrafies qu'il avait plantés, les savans, les artistes et les citoyens le* plus éclairés. Machiavel, surtout, se lia d'amitié avec Je jeune Cônic Ruccellai , qui était pOUr ainsi dire devenu son patron. 11 est impossible de lire sans émotion l'éloge plein de sensibilité qu'il a fait de ses vertus et de son caractère au commencement de son Art de la guerre. Ce jeune citoyen, <|ue sa patrie devait trop tôt penlre, était resté inârme des suites d'une maladie d'enfance ; il ne pouvait marcher, et c'était dans une brouette ou dans une litière qu'il se faisait porter au milieu de ses magnifiques jardins, pour y jouir de la fraîcheur et de l'entretien de ses amis.

On distiniruait parmi eux Laurent Strozii ,7-oaohio Buonttelmoti te , Bap* tiste délia Palla, Louis Alamanni.

Machiavel, plus Igé qu'eux, éclairé par une longue connaissance des hommesqu'avaient encore fortifiée ses profondes études, leur prodiguait dans des entretiens pleins d'intérêt etdegr*vité les trésors de son esprit.

Ce fut en sortant de ces jardiné que deux jeunes patriotes laissèrent tomber une liste de conspirateurs contre les Médicis , étourderie qui les conduisit à l'échafaud , et Machiavel à la torture. Ce dernier était-il du complot?

c'est ce qu'on n'a jamais pu savoir; aucun tourment ne put trinmpber de sa force de caractère, en lui arrachant un aveu ou une adhésion & l'acte d'accusation.

La dimension de ces jardiui est, je

FLOAfiNtiË. gt

encore la ttiéme que ddua le prin- de md propre main. Je recommande

mon âme à Dieu , à sa miséricorde in^ unie y le suppliant en toute humilité de ne pas lui refuser au moins , à défaut d*autre bien , d'aller au lieu où est Ca* ton d*Utique et les autres hommes i^erttieiue gui ont fini de même. »

Ame généi'euÉe et trempée K Tantit|tie, j'ignore quelle place te futacèordëy^ là^-baut , tnai^ ici-baâ ^ dans le (M\iT de tout Lômtne de bien, ta mé-

lopinières pourï j(u|ilÂ^M et VM aiotre est ati niteau de celle du dernier

« à robinetH^I» l0tti«f t ieriiii&é deé irieut Roipainé.

C'est eb rhorineuf delà victoire remportée en 1537, à Montemurlo, sur ce Strozsi et les patriotes émi|^rés qui re-* TeÂaîent en armes, que Came I*'. fit élever un monument sur la place de la Trinité, au lieu même où il avait reçu la nouvelle (pi. 16). Le pape Pie IV lui fit tout èicprès l'envoi d'une magnifique colonne de granit oriental qu'il prit dans les ruines des tbermes d'Antoine. Came la fit surmonter de sa statue actuelle de porphyre , représentant là justice; le choix était heureux. La statue, une fois posée, paraissant trop grêle à l'oeil , on a imaginé de raOubler d'un ridicule manteau de métal.

Heureusement pour Florence elle a Aiieux qUe cette statue pour l'ornement âe.seb rués, ne fôt-ce (sans rappeler les teerveilles dont nous avons déjà parU) que le superbe groupe d'-fferàulè tuûnt le centaure Nessus , œuvre de Jean de Bologne , placé sur une fontaine qui lui sert de base à la descente du Port-Vieux , au milieu d'un étroit carrefour.

Secouons maintenant la poussière du moyen -âge et allons récréer vos yeux , que l'éclat du marbre et de la dorure a peut-être fatigués, parles rians aspects de la promenade des Caséine ^

jue malquil doi\^e s'ensuiv^re ^ eu' laiteries qui appartiennent au grand-

d à mon âme^ de terminer ma uie duc.

mais rien ne reste de leur an-* e disposition, excepté la grotte îs conspirateura s'assemblèrent) esqucs en sont très -peu efiàcées.

it aux bosquets entremêlés d'in^ Lions et de mMueietift àû temps ,' nt rrai|dacia attfoftni*]idl par dea M gothiques, dès fèmples Krecty qnéducs, dea gfoiîek Aa'il^eèv • habiolca en uâtfatitrev ww

in soleil coucbant peint sur lee ; Les pàssesseorii' àetuèla âppetm]mun jardin an^glais. nestrest^y m on voit, qad^(a*s Wdcheâ en lé '* f- '.

) palais Ruccellai 'iMte anjoilr*' le nom de palais Stroiii ftidolfi , branche de cette fameuse famille, itroixi , long-temps rivale de celle Médîcis. A cette époque, où lesf •ies et la haute considération dont •aient les Strozzi engagèrent le lie à donner au plus illustre le ti-»

le messire^ ce citoyen répondit:

; nom est Philippe Strozzi; je suis larchand florentin et rien de plus / qui me donne un titre m*insulte. a monument sublime est le testat du vieillard héroïque; dernier en de la liberté florentine , testa*' L tracé dana sa .prison , au moment i frapper d'une épée qu'il y avait uverle.

dl Dieu:, libérateuré^^Pour échap^

lu pouvoir de mes cruels ennemis

leur torture injuste et horrible

'^ussirait peut-être à arracher de

quelques paroles préjudiciables à

honneur^ à ma famille et à mes

innoccns^ moi, Philippe Strozzi,

'ésoluj de la façon qu il se pourra^

J nus une ile bordée d'un qui stationnent devant le plais des

pui ii; ..lugnone et de l'autre par Caséine, après avoir remarqué l'élé-

1 /Liûo, dans lequel ce torrent se jette, gante parure des dames de Florence,

L'ensemble a la forme d'un clavecin on peut en pliilosoplic seretirer à tra-

dont la petite extrémité est du cûtê de vers la prairie, parcourir les bois et

la ville. Lorsqu'on y arrive on trouve rentrer dans 1r ville en suivant la route

des allées divergentes qui dessinent le qui longe l'Arno. Ce fleuve est un peu

tour de l'ile. Vers le milieu de ce vaste sec dans la belle saison, cependant ses

lin, tout planté d'arbres fortbeaux, bords sont fort agréables. Les Cascine

dae prairie au milieu de laquelle qui le bordent de l'autre côté sont fort

i parqué un troupcaude vacbes. Sur gracieuses, elle couvent et l'église de

" ~ " ■ -■ - ■ San-Min

le côté est le Palazzo délie Cascù

lais des laiteries, lieu destiné à rc-

'oir le souverain, lorsqu'il veut se

oser et se rafratcbir. Au delà de la

irie est un bois percé d'allées en

de, au milicuduquel sont des laite-

.jes. Parfois la futaie devient plus rare

et on trouve des prés délicieus. Cette

promenade est ravissante. On conçoit

que les Florentins en tirent vanité et

en fassent aussi constamment usage.

ï qui les couronne sont un point de vue charmant , surtout à la cbule du jour.

Le tbéâtredelaPer^o/a, ce qui veut ^ dire de la Treille, du nom de la rue où il est situé, estle premier de Florence. 11 passerait pour prodigieux à Paris, il n'a rien d'extraordinaire pour le })ays. Il est administré par trente nobles qui ensont propriétaires, c'est-à-dire qui le soutiennent par une redevance Irès- Cbaque soir, vers les sis ou sept heures, forte chaque saison. On les appelle les les voitures se dirigent de ce côté, et le immobiles , elle théâtre a pour devisegrand-duc ne manque guères d'y venir, un moulin à vent avec ces mots : Il est

Le premier de nos poGtes lyriques Jlxe en son mouvement . présens et passés, M. de Lamartine, Le soir même de mon arrivée , du après avoir, yicndaiH son séjour à l'am- fond d'une loge ou petit s.ilon où j'étais bassade de Florence , abandonné aux . en viSHe selon l'usage , je décourris à babiolesdiplomatiquesdes instansque travers tes demi-ténèbres de la salle 1.1 poésie a dû vivement regretter, ne deux belles compatriotes que j'avais manquait pas un seul jour de se rendre l'honneur de connaître. Franchissant aux Cascine. 11 choisissaitle milieu de escaliers et corridors, j'arrive à la porte la journée , l'heure de la solitude. Sans de leur loge. Un grave abbé en sortait , £trenullement connu delui,quedefois donnant la main à une sorte d'Oriental j'ai pris plaisir à me trouver à sa ren- aux moustaches attachées par un fil :

contre! 11 était pour moi Pétrarque c'était l'abbé N qui , entre les deux

promenant ses rêveries amoureuses actes del'opéraet pendant qucle ballet sous l'ombrage, et mon orgueil national s'accomplissait, venait de présenter était flatté! cette fois le Pétrarque madame Pizzaroni encostumed'Arsace était Français, aux aimables Françaises que je cher-

Les Cascine ont cet avantage qu'on chais. Per Baccho ! m'écriai-je, cette peut y trouver à volonté ce qu'une fois il n'y a pas à s'y tromper ; je suis grande ville oUre de pi us attrayant , ou bien en Italie.

la solitude et les plaisirs champêtres. 11 m'eût été aussi impossible de ne

Après avoir circulé entre les voitures m'y'pas croire le jour où j'assistai à une

I de chevaiu iawv»)

faTori de tontes les villes it^ien-

Le bargo di ogmiSanti^ le fan-

de tous les Saints, et leProlo t couverts de inonde entasse sur dcons de bois. C'était vers les eures du soir en juin, et la grande ir était -tombée.

bruit sourd, qui s'éleva du fond rêne, annonça que les chevaux tt, en remontant vers le point de ;, être ev posés d'abord à la cu-

des assistans. On fit en effet sons les yeux de la foule assemnia de ces animaux chargés de lesomemens de plumes, et numé- , a et 3. Us allaient à pas lents , e de l'empressement que l'on t à les voir et à les approcher; I voulant communiquera son voiconjectures sur le vainqueur. A ■s ce moment donnerait lieu à rtnre de bien des paris; l'Italien ins cupide, dans sesjeux il songe îsir, non au lucre. £lnfin les che* vont être lâchés. Près d'eux la it libre; mais à mesure qu'on en is loin , la foule des curieux se et forme un angle rentrant, dont met est prêt à s'ouvrir pour laisisser les coureurs. Derrière la se referme à l'instant ; c'est un flottant qui court aussi rapideque les jouteurs. La course ter- , je fus curieux de voir quelle e attendait le vainqueur. Il mar- ;enu par son maître, entouré d'arà figures noires , et précède par roupe d'enfans presque nus qui ent un grand drapeau jaune, ais combien il est difficile déjuger nent des mœurs d'un peuple, et dant je crois pouvoir me ranimer iscience de lavisde M. Stendhal, plus que moi vécu à Florence, et ur les mœurs italiennes, a donné

FL0I9MCE.

diverti/Ma- en pliweurs

de tes ouvrages

des observations si fines'et si piquantes.

s En arrivant de Bdogne, ce payp des passions, commentn'étre pas frap* pé, dit-il en un endroit, de quelque chose d'étroit et de sec dans toutes ces têtes florentines?

"* » L'instinct musical me fit voir , dès lepremier jourdemon arrivée, quelque chose Hinexakable dans tontes ces figures ; et je ne fus nullement somdalisé le soir de leur manière sage et décente d'écouter le Barbier de Séville.

s Souvent assis au-dehors de la ville, j'ai remarqué de fort beaux yeux ches les femmes de la campagne ; mais il n'j a rien dans ces figures de la douce volupté ni de Tatr susceptible de passion des femmes de la Lombardie. Ce que vous ne trouverez jamais en Toscane | c'est l'air exakable , mais en revanche de l'esprit, de la fierté, de la raison et quelque chose de finement provoquant»

» Le Florentin est le plus poli des hommes, le plus soigneux, le plus fidèle à ses petits calculs de convenance et d'économie. Dans la rue il a l'air d'un commis à i ,800 francs d'appointement, qui , après avoir bien brossé son habit et cire lui-même ses bottes , court à son bureau pour s'y trouver à l'heure précise. Il n'a pas oublié son parapluie ; car le temps n'est pas sûr, et rien ne gâte un chapeau comme une averse.

Afin queritalieofirtttousles contrastes, le ciel a voulu qu'elle eût un pays absolument sans passion^ c'est Florence.»

Toutefois il s'empresse de rendre hommage aux agrémens, a l'esprit de conversation , au ton de politesse aisée, au bon goût qu'il a rencontrés dans les salons de la bonne compagnie.

Il va même plus loin, il consacre au peuple cet éloge qui, au peu que j'ai pu voir, ma semblé vraiment mérité:

tf Les paysans de la Toscane forment ,

FIËSOLEy TOLTSRRA, SISlYIVi:, ARSZZO»

PISTOIS:, >Tc.

Fiesolc fut le berceau de Florence , comme le rappelle le Dante dans le cbant i5*. de son Elnferfpl. 18], où il guatiâe le peuple de Florence « peuple ingrat et méchant., qui, descendu jadis de Fiesole, tient encore de la montagne et du roc. > Aujourd'hui elle a encore d'intéreMant aes ruines, ses Mumairs , sa vue et les sculptures de sa cathédrale, ouvrages de Mino, el placées 30 rani; des chefs-d'œuvre de InfenaUsance.

Fiesole date de I.1 jJus haute antiquité, et était l'une des douze cités étrusques, célébrée par presque tous les anciens historiens, qui y placent.le berceeta de l'art de la divination, etja plus ancienne école dei augures. Chaque année on euvo^nitde Rome dix jeunes 'gens pris d.ins les familles nobles, pouf^ être instruits dans la langue étxusquc et y apprendre à lire dans I avenir. Cet usage rcmonti|it au temps deffôm*, etdaju-Ies occasions les plus critiqtftii'c'étaieBt.I.di augures de Fiesole que. l'on. ^.c(Huidtait de préférence.."'"..' \'.. ■^.•

EnJjbl4o!il'ldfSque Radagaise, roi des Goths, M jeta aur~ritâlic avec une armée innotnhrable de barbares, Fiesole seule devint une barrière contrelaquetle échouèrent leurs eOorts.

Florence, dans le principe, est une des colonies romaines fondées par les soldats qui avaient servi sous Sylla, sans doute pour surveiller la cité étrusque , K réunit aux Ficsolans sous les ordres de SlilicoD , général de l'empereur Honorius, et défit Radagaise.

Plus tard elle fut moins beureose; tombée au pouvoir des Goths, et reprise par les Romains, puis saccagée plusieurs fois dans les différentes autres invasions de barbares, elle ne dut pourtant sa ruine complète qu'à la jalousie de ses voisins les Florentins.

Ils voyaient en effet de mauvais œil les actions glorieuses des Fiesolans , et les hautes tours de cette ville leur portaient ombrage; ils oe rougirent pas, pour assouvir leur haine , de recourir à la trahison. Voici ce que raconte Valespini :

■ Voyant donc que Fiesole était trop bien fortiGée par l'art et parla nature pour être aisément réduite, les Florentins conclurent une trêve avec les habitans, cessèrent de guerroyer, les accoutumant parJààsetenirpeu surleurs gardes et à recevoiretàrendre des visites d'une TÎUe à l'autre «i toute confiance. Peu à peu ils profitèrent de la sécurité de leurs voisins pour mettre sur pied un grand nombre de troupes qui ne se réunissaient qu'en eadiette ; et lorsque tous leurs préparatifs furent terminés, sous prétexte de venir assister à la fétc de saint Romuald , ils entrèrent dès le matin , et par diflérens côtés, dans Fiesole, le 6 juin de l'an loio [ou, selon d'autres historiens, en iiaS). Quand ils se virent en force , et à un signal convenu qui devailéLre aperçu de loin, l'armée des Florentins, qui se tenait prête, escalada la montagne, s'empara des portes de la ville et se répandit dans toutes les rues, sans pourtant faire mal à ceux qui se soumettaient.

LITA I tu pris de toutes parts,

résistiince serait vaine, i mi leurs tnaisoQS, s'eufui-

reuL dans les campa;^nes ou s'enfermèrent dans la citadelle : le reste se soumit aux vniD([ueurs, qui saccagèrent et I les inaisuDs et les monu-

:, lise épiscopaic et la for-

! qui tenait encore.

* c laissa aux malheureux habitons jJté de s'établir à Florence ou en tout autre lieu (ju'il leur plairait de cLotsir pour retraite.

■ Cependant la citadelle était trèsforte, et plusieurs nobles Fiesolans s'y étant enfennés avec les meilleures troupes, résistèrent (chose dif- 6cile à croire) pendant cent quinze années à tous les elForts de leurs cnne* mis.*

Ces familles redoutables et respectées même après leur défaite, devint la souche de familles célèbres dans toire florentine. 11 suSît de nomles Pazzi , les Strozzi , les Guada- -., pour concevoir une haute opinion du caractère des anciens Fiesolans.

Ce mauvais procédé, entre voisins, comme M. Simond qualifie cet acte, eut entre autres résultats celui de fournir aux Florentins des matériaux pour embellir leur ville. Ils en tirèrent des statues et des marbres tr-availlcs pour orner leurs églises et leurs palais : Rome avait ainsi traité Corinthe et bien d'autres cités. Cependant partout où l'on fouille dans l'antique Fiesole , à travers les huit ou dix pieds de terre qui se sont accumulés on ne sait commentsurelle, on trouve encore des débris précieux. Il y a peu d'années encore ou découvrit la base d'un vaste amphithéâtre, et depuis lors les restes d'un temple dont on a fait ensuite une église.

La vue de Fiesole s'étend sur la plus

LIE

grande partie du célèbre val d'Arno. Il est tout ^ris d'oliviers , et les montai gnes de l'autre côté de la vallée sont éj;alement grises, mais c'est de Stérilité. Cependant, sans roches sourcilleuses, sans beaux-arts, sans eaux (car l'Arno lie celte hauteur ne semble qu'un , petit ruisseau}, il estencoreadmirable, 1 parcequ'ilestvaste cl vague, dit M. Simond, et surtout, ajouterai-je, parce qu'il repose sous le magnifique rid vraiment d'azur de l'Italie.

Les Cicérone du lieu semblent lort au fait des ruses du clergé païen ; il* montrent parmi les ruines d'un temple la cachette d'où le prêtre, qui faisaitlc dieu, avait coutume de rendre ses oracles , et le conduit par lequel passait sa voix. Tous ont des médailles et de* pièces de monnaie antique â vendre.

Redescendu dans la vallée, vouleivous vous former une idée du délicieux paysage des environs, lisez le passage suivant de CasLellan : Parti de Fiesole, il s'est égaré en chassant au pied de l'Apennin j il arrive dans un verger isolé où un p.ij'san et sajeuDcfiUelui donnent des cerises et de la galette (collation qui à elle seule m'induirait, moi, & refaire le voyage).

Le paysan lui indique ainsi le chemin de Pratolino , où il l'engage à visiter les jardins du grand-duc. Vous supposerez que Castellan a ajouté quelque pompe au texte de son Ciccrone, mais enQn le fond subsiste.

« Voyez -vous cette montagne ombragée de hauts châtaigniers, et au.

inilieu de la verdure briller les vitraux de celte vieille villa? Dirigez-vous de ce cfilé) vous laisserez le bâtiment sur votre gauclte ; un sentier est auprès.

Un ruisseau sourdit de dessous la pelouse : vous suivrez sa pente sinueuse, il vous servira de guide au travers de l'obscure ieuillcc; arrivé dans la prai-

FIESOLE. VOLTERRA, SIENNE, btc. 97

ne, il ralentit soD cours et se dirige vers grand-duc Gôme le mit auprès de son

Pratolino. Bon voyage, et Dieu tous garde. »

Les jardins de Pratolino ont eu une tdle réputation en Italie, et Thomme qui les avait créés en 1 569 , Bernardo , surnommé Buonialentij est si célèbre comme peintre, sculpteur^ architecte, ingénieur et mathématicien , que le lecteur me saura gré de faire causer ici Castellan à ce sujet.

« Les premières années de Bernardo furent marquées par im événement malbeureux qui devint néanmoins le principe de sa fortune, en le mettant à portée de développer son génie.

» Il était encore enfant lors de la fondation de 1 547 ; le quartier de Florence qu'il habitait fut détruit par les eaux, et la maison de son père devint le tombeau de sa famille. Le jeune Bernardo , préservé par une pièce de charpente , fat ensevdi sous un monceau de débris, sans être accablé; et pour que rien ne manquât à cette faveur singulière de la Providence , les murailles , qui s'étaient entr'ouvertes, permirent à l'enfant de faire entendre ses plaintes au dehors et de recevoir les alimens qu'où s'empressait de lui jeter. Un serviteur deCômede Médicis,qui se trouvait au nombre des curieux attirés par cet événement extraordinaire , courut en faire part à son maître. Le prince donna des ordres pour qu'on retirât le petit malheureux du milieu des ruines , et qu'on en eût le plus grand soin. Il se chargea ensuite de l'éducation du jeune orphelin , qui bientôt montra de grandes dispositions, surtout pour le dessin , qu'il apprit à l'école des Salviati , des Bronzino et des Yasari ; mais son goût le portant plus particulièrement vers larchilecture et la sculpture, il y fit de très-grands progrès sous Michel- Ange.

» U n'avait que quinze ans lorsque le

fils , le prince François , pour lui donner les premiers élémens du dessin. A cet âge il exécuta un crucifix en bois , de grandeur naturelle, qui fut admiré des connaisseurs et placé dans une église de Florence. Il étudiait aussi avec beaucoup d'ardeur les mathématiques; il dressa un petit théâtre mécanique pour l'amusement de son jeune élève, et inventa plusieurs machines ingénieuses qu'il eut plus tard l'occasion d'exécuter sur une plus vaste scène.

» Le prince avait un laboratoire où il se livrait à des recherches chimiques.

Bernardo le dirigea dans la plupart de ses expériences , particulièrement dans la fabrication des cristaux et d'une porcelaine en tout semblable à celle de l'Orient. Ils introduisirent aussi à Florence l'art d'incruster les pierres dures et de former par leur rapprochement des dessins imitant la mosaïque. Le prince aimait aussi à monter des pierres précieuses ; il trouva même le moyen d'en fabriquer de fausses dont l'éclat trompait un moment les connaisseurs.

» Le génie de Bernardo brillait surtout dans les jeux, dans les fêtes publiques , dans les feux d'artifice et dans les représentations théâtrales. C'est alors qu'il déployait les ressources de la mécanique en les cachant sous l'appareil de la sculpture et dé la peinture, de manière a. réaliser les prestiges de la féerie. Les fêtes qu'il imagina dans plusieurs circonstances servirent par la suite de modèle à celles de la cour de Louis XIV, et plus tard aux illusions de l'opéra, soit italien, soit

français.

» Nomme surintendant des bâtimcns civils et militaires, Buontalenti déploya les talens d'un excellent ingénieur. Il fut chariré de fortifier plusieurs villes d'Italie. Il jeta en fonte des canons dont

Fiin était si énorme et portait si loin , C'étaient en outre de petits cl

quon 1 appela scaccia diai^oli^ chassediaUes* Les I>oulets avec lesquels on le chargeait étaient creux et faisaient leffetdeshomhes dont ils donnèrent l'idée.

U isTenta en même temps les grenades.

Enfin cet homme universel construisit une quantité de palais et d édifices dont rénumération serait trop longue , en cela très-utileàson souverain qui avait un goût particulier pour hâtir. »

Ce que les curieux venaient surtout visitera Pratolino, c'étaient des grottes artificielles , mesquine et détestable parodie des merveilles de la nature, qui avait coûté des sommes énormes et ne servait qu'à attester le faux et mauvais goût d'une magnificence que plus tard Versailles fut destinée à naturaliser parmi nous.

Un des grands divertissemens dans la société des princes d'alors était de se tendre des pièges , de se faire ce que nos courtauds de boutique appellent des niches; la plus usitée était de s'asperger mutuellement. Cela se conçoit dans un pays chaud. Ces grottes avaient été construites dans ce but. Buontalenti y avait'prodigué les surprises et préparé nfille pièges pour les visiteurs. Tantôt un siège commode les invitait à s'asseoir, puis tout àcoup^ s'affaissant sous leur poids, les précipitait au fond d'un bain. Plus foin un escalier semblait promettre de les conduire à quelque objet de curiosité; à peine avaient-ils posé le pied sur la première marche , qu'une détente parlait et .démasquait un jet d'eau qui les frappait en face ou par derrière. Ailleurs une nappe d'eau s'opposait tout à coup à leur passage ; ou lorsqu'ils s'y attendaient le moins, quelque monstre marin, quelque figure étrange s'agitait, roulait les yeux, ouvrait une énorme gueule et vomissait sur eux des torrens.

d'œuvre de mécanique , des auton auxquels l'eau communiquait le i vement. Montaigne, qui visita Pj lino , parle d'une roche « jetant de qui faisait mouvoir au dedans c grotte plusieurs corps , tels qu< moulins a eau et à vent , de pc cloches d'église , des soldats en s nelle, des animaux, des chasses et choses semblables. »

En un mot , figurez- vous , sur plus grande échelle , tous les colifî« da pittoresque artificiel^ qui em] encore aujourd'hui la campagne demi-arpent de nos épiciers retir ^ Aujourd'hui il ne reste à Prato de toute cet(e fausse splendeur, <} superbe jardin paysager et une s colossale , à laquelle on a donné le de Yjipennin ( pi. 19 ). Peu de 1 geurssc dérangent de leur route p< visiter , et c'est un tort de leur ] ainsi qu'ils peuvent s'en convaincr le dessin que nous en donnons M. Isabey père a bien voulu o pour nous son portefeuille etnou ser prendre ce souvenir. Son a si fin, si gracieux quand il s'agit i produire de ravissantes figures siennes, a su devenir énergiqi large pour retracer la face barbue vielle dieu.

^ Exhaussé sur une base, en appa irrégulière et déjà fort élevée, quelle on parvient par deux rampe suivent ]a forme semi-circulaire ancien bassin , ce colosse semble ai mier coup d'œil un rocher pyran sur lequel la main de l'homme i fait une ébauche sembhd)le à celle çue pour le mont Athos parlestat Stasicrate ; mais bientôt ony reco le génie d'un élève et d'un digne ( de Michel-Ange.

C est en eiFet Jean de Bdogne

/•raW,».'. r,.i^^.t« r.i,:->.

/'/M/ti/lHii /.f ^*i/rtCA- /','flVfHtÙt-

FIESOLE, VOLTERRA, SIEMNE, etc.

inspiré pnr les écritscles anciens, amis en Œuvre l'idée qu'il* se fonûaient et qulls nous ont laissée de leur Japit«r pIuTicux , comme l'atteste ce rers de TiboUe:

l* gtMOa altézi îitToqse Ispiter pluvieux.

Ce nom conriendiait mieux au colosse dont nous parlons, que celui del'ÂpennÎD tjiû a préralu. Ia pose est simple cl bâle; le dieu, accroupi, s'appuie sur une main, et ^ç.'l'^'^tre retient sous un roclier ua monstre maria qui ïomi! une bdfe nappe d'eau : on ne voit du moaslre que hi tële.

Celte œuvre estdustyle le plus grandiose, et le caractère de 1^ tétc est parfaitement assorti au sujet. Pourajotiter à l'effet , OD avait dispose autour delà Ictc une sorte de couronne forméepar lie petits jets d'eau (jui retombaient sur f es épaules, elruissel.int sur te tout, là

revêtues d'un mortier ou ciment qui a acquis la dureté du marbre, mais qui pouvait, lorsqu'il était frais, se modeler aisément et recevoir les formes convenables : il a fallu un beureux mélange des.r^és de la statuaire et de celles de la construction.

On raconte a ce sujet que plusieurs élèves de ïeàadé Bologne, employés à une- manipulation si dijfërente de celle qui s'applique aux ouvrages d'une dimension ordinaire, y perdirent la justesse du coup d'œit fttTàdresse de la m'aiit , et que , rentrés ensuite dans l'atelier, l'habituide t^'ils avaient prise de travailler sur les muscles dé l'Âpeniiin leur fit gâter plusieurs' statues.

On dit même que Fun d'eux, aupa- Tavant fort haÛtej en' devint presque fou. • . * ' ■

'Vous péns'ez'bieu- qiiê jéne vous laisserai pas paa^ser près de Poggio- Cajaïio, autre' maison de plaisance j

faisaient briller d'un tclat surnaturel sans la petite' version obligée sur la cé-

lorsqu'elle était frappée des rayoni du lébre Bianca Capello, ' qui j mourut

' ' d'une maniere'si tragique : c'est mon

soleil.

Ce colosse est si bien eu barmonie avec tous les objets qui renvironuent, (ju'oD ne peut se rendre raisou ^e sa véritable grandeur qu'enje comparant avec les groupes de promeneurs qui passent auprès de la pièce d'eau ou sur fies rampes, et qui , vus à une certaine distance, ressemblent h des pyi^mées.

Ce n'est qu'en s'approcliant qu'on est vraimeat effrayé de la proportion de tes membres-, elle est tdle , Ha'en supposant le colosse debout, on ne s'éloignerait guéves de la vérité en lui donnant cent pieds d'élévation.

Dans l'intérieur du corps sont pratiquées des grottes, et dans la tête se trouve un belvédère auquel les prunelles serrent de fenêtres. Les extrémités sont construites en pierres et par assises ; le Ltodc est formé de briques

droit de voyageur.' Deux opinions existent sur elle t les uns là font cupide et intrigante , les autres jjimante et victime. Je me rangerai à: la seconde , d'alwrd parce que je suis porté à toujours bien penser des femmes , et ensuite parce que cette opinion a été la moins généralement exploitée. J'extrais par bribes de l'ouvrage de Sanseverino i C'était vers l'année rSja ou i5y3.

L inclination dominante des Florentins était tournée vers le commerce , qu'ils regardaient comme le soutien principal d'un état. Les Salviatî, famille noble et ancienne, avaient des comptoirs dans presque tous les pays, et leur coutume était d'y envoyer ceux d'entre les jeunes gens pauvres de Florence qui avaient le plus de capacité.

Un Salviati envoya donc à son comp-

toir de Venise un jtuoc garçon de Florence, bien élevé eld' une figure aj^éablcv il s'appelait Pierre Buouaventuri, sortait d'uae famille honnête, mais peu favorisée de la fortune.

Vis-à-vis <Iu comptoir où il demeurait s'élevait le paliiis du patricien Capello, dont la fille Biaoca était rcmarquable par sa beauté. Des œillades furent d'abord échangées, une vieille gouvernante amadouée, et Ig cœur de Biancu se prit : il faut remarquer pour cicuse qu'elle crut voir, dîuis le jeune commis, Salviati lui-même. Quand Buonavenluri la désabusa d'une erreur qui n'était duc qu'au ha&ard, leuc passion avait déjà trop de force pour permettre à Bianca de réfléchir sur les conséquences de l'inégalité entre les deux conditions.

Une nuit où Bianca, sortie furtivement de chez elle, était entrée dans la maison de son amant , un homme (c'était un fournier qui, scion l'usage, parcourait le quartier avant le jour pour avertir les femmes du peu|)!e de se lever et de préparer le pain qu'elles apporteraient au four} passe devant le palais Gapelio , et, voyant la porte entr'ouverte, croit bien faire de la refermer. Il lui suiEt de la tirer à lui, vu, disent les auteurs anciens, que la serrure était à la sarrasine; en sorte qu'une fois fermée on ne pouvai t l'ouvrir de dehors sans le secours d'une clef.

Cet accident décida de la destinée de Bianca; elle s'enfuit avec son amant. Uncuréqui avait été lemaitredcBuonaventuri, et que celui-ci reconnut à Pistoia , les maria sans aucun préliminaire, selon la coutume du temps, et les deux nouveaux époux se présentèrent à Florence dans la famille du mari.

La jeune femme y vécut quelques

mois dans une situation au-dessous de sa naissance, mais se montrant toujours gaie et contente, et ne sortant presque jamais, dans la crainte qu'elle avait des recherclics de ses parens de Venise ; car le père outragé avait porté plainte au conseil des dix , et le ravisseur avait été par contumace condamné à mort.

Un jour il arriva que FraïK^ois de Mcdicis, grand-duc de Toscane, allant en carrosse à l'éi^lise del'Annonciade, ]iassa sous les fenétresde Bianca. Celle-ci était à la fenêtre ; elle leva la jalousie pour mieux voir, et ses rei5ard8 rencontrèrent ceux du prince.

^ Marié jeune et selon les lois de la politique, François était uni à une princesse d'Autriche, plus vertueuse qu'aimable; aussi lui accord;ût-il encore plus de respect que d'amour ; son carrosse reprit fréquemment le même chemin pour le conduire à l'Annonciade.

Bientôt son cœur s'ouvrit à un certain Mandragone, frenlillioninic espagnol que Came son père avait placé jadis près de lui en qualité de mentor, et qui sentait le besoin d'égayer tant soit peu son rôle. Madame Mandragone, femme d'esprit, se cbargeadela négociation.

Huit jours oprès,Buonaventuri était installé à la cour, avec un poste considérable et bon nombre de pensions:

le mois n'était pas encore écoulé qu'il put se dire le princi pal favori duprince. Le vertueux couple Mandragone en enrage et crie à l'immoralité.

Voilà donc Bianca parvenue tout d'un coup à une brillante fortune; mais lien, disent les panégyristes, ne lui était plus suspect qu'un changement si subit. Le pauvre prince en était, assurent-ils, pour toute sa dépense en folle passion : démenti remarquable à cet

io4 L'ITALIE.

boutiques sont tournées], de façon que et on la nomme la bibliothèque^ parce

le peuple et les artisans peuvent l'entendre sans quitter leur travail ni sor-^ tir de leur place. Au moment de Télévation. on sonne une trompette pour avertir le monde. >

Ce qui caractérise surtout cette place est sa construction en forme de coquille, qui permet de la remplir d'eau à volonté. La fontaine qui l'embellit date environ de l'an i35o; elle est l'œuvre de Jacob de la Quercia, que l'on n'a plus nommé depuis que Jacob de la Fontaine. Autour de la Vierge figurent les vertus cardinales et théologales, et plusieurs sujets de l'Ancien Testament, notamment l'histoire d'Adam et d'Eve. Le tout forme un des morceaux les plus curieux pour qui veut étudier l'art à la première époque de la renaissance.

L'hôtel-de-ville, qui fait façade sur la place, est un assez bel édifice gothi- cutés sur les dessins de Jacob de la que , et renferme de vieilles peintures Fontaine, par Donatello, Ghiber li, etc.

qu'elle renferme une collection de superbes missels dont les vignettes sont des chefs-d'œuvre en ce genre. Tout autour règne une suite de fresques d'après les dessins de Raphaël; on s'accorde même à reconnaître dans une le pinceau du grand-mat tre. Mais ce que vous étiez loin sans doute d'attendre dans une sacristie , c'est un groupe antique des trois Grâces, exécuté en marbre blanc. Pourquoi cependant MM. les chanoines de la cathédrale! n'auraientils pas aussi bien que vous la passion des beaux-arts ? Les trois Grâces, nues et entourées de surplis etd'étoles , voilà un de ces rapprochemens bizarres qui caractérisent l'Italie.

Après vous être arrêté devant la jo-' lie façade gothique delà paroisse Saint- Jean (pi. a3), entrez dans l'intérieur pour visiter les fonts baptismaux

intéressantes pour l'artiste et l'amateur de profession.

Mais le plus beau monument de Sienne est une magnifique cathédrale (PI. ai), toute construite en marbre noir et blanc , et l'un des meilleurs morceaux d'architecture gothique qui existent en Italie. Quelques dessins, des mosaïques du pavé, d'une rare beauté, présentent parfois des nudités qui mettent les curieuses dans im assez grand embarras. On montre la chapelle Ghigi , qui est d'un joli dessin , et possède deux statues du Bernin, et deux tableaux de Charles Maratte.

L'église possède encore plusieurs autres belles statues, et les bustes des papes , sur une double corniche qui règne des deux côtés de la grfinde nef.

Une salle attenante à l'église est là dernière chose que Ion fait voir aux étrangers^ elle sert de sacristie {\A, 112)^

Une grande et assez belle fresque se voit dans l'église de l'hôpital; celle de Saint - Dominique possède un tableau du Pérugin.

Çà et là, sur divers points de la ville, quelques tours carrées élancées dans les airs, comme pour annoncer au loin l'ancienneté des familles , se font remarquer par leur prodigieuse élévation, proportionnée à la vanité de ceux qui les élevèrent.

Et à propos de vanité , il faut croire que c'était là le péché mignon des habitans de Sienne , à en juger parce que dit le Dante à la fin du chant 5*. de l'Enfer :

Orfugiammai

Gente si vanna , corne la Sanete* Certo non ta Francesca si amassai,

«Fut-il jamais nation si vainc qoela Siennoise^ La française nicmc ne Test pas autant, r

Au surplus, s'ils sont vains de la

FIESOLE, TOLTERRA. SIENKE, kTo.

iManté de leurs fanmes, ils ont raisoD.

Je luis de Taris de je ne sais quel Iti-

, séraire qui dit : c Sous ce rapport.

Sienne est une des villes les plus inté-

ressanles de l'Italie.»

On préLEDcI que l'air siiLlIl (lelaville d'AiiEzzo a élé favorable au génie. En eilét, elle a fourni des hommes distin- deux peintre esquissa sur le vase la

apoplectique de ce moine est trèsingénieuse. Il venait de peindre un vase de cristal plein d'eau, quand ce babillard entra dans le réfectoire. Pendant qu'il tournait autour de Vasari, en lui débitant toutes les nouvelles sottises qu'il avait ramassées, le malî-

fftés depuisMécène jusqu'à Pétiarqi

ftesL plus rcmarquablepursessouve-

nquep^irce qu'elle est actuellement.

^■place publique (PI. 24) serecom-

'B-jinr un ancien bâtiment nommé

i Loggia. II a êtéconstruit sur les des-

"e Vasari , qui était né dans cette

1 y a fait un théâtre et un-hôlel

rl'éleraelle douane. La cathédrale

Kipour Tncrite sa grandeur et ses fres-

Pquc5(Pl.a5). , .

Les moines du Mmt-Gassin avaient' azo un des couvens les plus riftet les plus magnifiques de leur Fermé pendant les révoluûères, il a été rétabli' de-

: doit avoir été superbe, les «sont hauts et apacicus. Le resservait de liihliothéque , comme nt plusieurs tablettes vides et dues qui y sont encore. CoLte Wlceque les voyageurs, et surn artistes, s'empressent de visip'ies murs peints à fresque on

réflexion de son large visage, et il y est resté i car les moines qui aimest aussi la plaisanterie, conune l'observe lady Morgan, ne voulurent jamais qi^im l!e&aç,4t malgré les plaintes de leur con* frère-'<wicatùré.

-"JeïheitbaiBla maison dePétrarqnê; q&el désappbititementte fut potir moi ; au lieu de ses antiques etTénér^es UuniîlleS,-de rencontrer un bAtiment tout neuf qui ressembleassez.bienàupé auberge ; une inscription placée sûr'là porte m'anQonça quelà avait été lacatà iPefraFcat^-màiBOnde Pétrarque.

'Les choses allaient mieiû du vivant piâme.du grand poCte, comme on peut . le- voir par ce -passage de Ginguené :

■ Bans un 'de ses retours à FI»* rence^ en passant par Arezzo,iièâ de sa naissance , où il fut reçu aVec touii les honneurs dus à son mérïte et à sa renommée, une dëscHoses qui leflatta le plus fut d'être conduit sans s'en dodler (il avait'été fort jeune emmené

par ses 'pareiu dans l'exil ) par les iicM«, en dépit du tenjps et de '^ncipàûx^dé la'vîUe'à la maison où 'té, les cbefs-d'œuvre de Vasa- :■ iï étai^-néj-et d^appiendre d'eux que Te ^^ !• sujet est le festin d'Assuerus. ■ propri^ire" a+àit voulu plusieurs ^uari, suivant la mode du siècle, a'é- fois y faire des cbangemens, mais que tait placé lui-mfime dans le groupe des la ville s'y était toujours opposée , courtisans du roi de Perse. Sa belle exigeant que l'on conservât daps le tête se reconnaît à une longue barbe même état le lieu consacré par sa naisd'un brun foncé et brillant. Il a aussi sauce. >

Le père de Pétrarque était notaire ,

et se nommait Pietro. Les Florentins,

qui aiment, ainsi que tous les peuples

du Midij à modi0er les noms pour leur

oière dont il a peint ta figure courte et donner une signification ^augmenta-

vé le portrait d'un des religieux du couvent qui, suivant la tradition, l'avait souvent fatigué de questions oiseuses pendant son travail. La ma-

ïà6

tite ou dimintitive , l'appelèrent Pcttaccoj Petraccolo^ jjarce qu'il était petit ; son fils fut appelé Franccsco di Pétracco. Dans la suite, dès qu'il com-^ mehça à rendre ce nom célèbre, on changea , par une sorte d ampliation , ce di Pétracco en di Petrarcha , et ce fut le nom qu'il porta toujours (i).

Pendant que nous sommes en Toscane et que nous ressassons nos souvenirs sur Pétrarque, vous ne (me refuserez pas de retourner avec moi dans le territoire de Sienne, au village de Certaldo , situé sur une charmante colline , et devenu immortel par le séjour et la mort de Boccace, si longtemps l'ami le plus intime dn grand poëte. Certaldo était le lieu d'origine de sa famille, mais lui-même n'y était pas né. 11 avait reçu le jour à Paris;

(i) La Ténération que nous ayons vue portée par lai à Cicéron , il la possédait peut-être à un plus haut point encore pour Virgile. Son Virgile était toujours près de lui. Il lui confia la note suirante en latin ; j'emprunte la traduction de M. Ginguené ;

« Laure , illustre par ses propres yertus et long-temps célébrée par mes vers , parut pour la première fois à mes yeux au premier temps de Inon adolescence, Fan iS^y, le 6 du mois dayril y à la première heure du jour ( c est-à dire six heures du matin), dans T église de Sairtte- Glaire d'Avignon; et dans la même ville, au même mois d'avril , le même jour 6 et à la même heure, l'an i348. cette lumière fut enlevée au monde, lorsque j'étais à Vérone, hélas! ignorant mon triste sort. La malheureuse nouvelle m'en fut apportée par une lettre de mon ami Louis. Elle me trouva à Parme , la même année, le XQ mai au matin. Ce corps, si chaste et si beau, fut déposé dans l'église des irères mineurs , le soir du jour même de sa mort. Son âme , je n'en doute ■ pas , est retournée , comme Sénèque le dit de Scipion l'Africain , au ciel d'où elle était venue. Pour conserver la mémoire douloureuse de cette perte , je trouve une certaine douceur, mêlée d'amertume, à écrire ceci, et je Tccris préférablemeiit sur ce livre qui revient souvent fods mes yeux , afin qu'il n'y ait plus rien qui me plaise dans cette vie , et que mon lien le plus fort étant rompu , je sois averti par la vue M^ente de ce* patoles , t% par la jQsIe appré*

son père , marchand florentin , \ été épris dans ses voyages d*une j Parisienne, et jamais Boccace n'a lé de sa mère, qu'il parait n'avoir • connue.

La maisoû de Certaldo , en br avec une petite tour, est entre!

avec soin. On a reconstruit l'est et décoré la chambre du poëte d portrait et d'une bibliothèque fc des éditions de ses œuvres. Les :

blés sont les plus anciens que l'o pu retrouver à Certaldo, ou faits mitation de ceux qu'on voit dai tableaux de cette époque. La 1; paraît vériltiblément ce qu'il y plus authentique, puisqu'elle fn trouvée dans la maison, et que lu reté de l'huile prouve son ancien La pierre qui , pendant plus de qi

ciation d'une vie fugitive » qu'il est ten sortir de Babylone , ce qui , avec le seconi grâce divine , me deviendra facile par li templation mâle et courageuse des soins ilus, des mâles espérances et des évén inattendus qui m'ont agité pendant le teraj j'ai passé sur la terre. »

Il y a de bien beaux sonnets dans Pétran y en a de bien touchans , ajoute le trado mais je n'en connais point qui le soient \ que ces lignes d'un grand homme slndii sensible , sur ce qui était sans cesse Tob son étude , de ses méditations , de ses tri doux souvenirs.

' Sa figure et ses avantages extérieurs très* remarquables dans sa jeunesse. Une élégante, de beaux yeux, un teint fleuri , da nobles et réguliers , le distinguèrent pan compagnons d'âge et de galanterie. Le Knn r ché qu'il avait pris de sa parure et les succè il avaitjouidanslc monde lui faisaient piti* son âge mûr. Il les avouait comme d< blesses ; mais peut-être , par une autre fait en parlait-il trop en détail et trop souven agrémens de son esprit , sa conversation fiante et animée, ses manières ouvertes lies , lui donnaient un attrait particulier, sûreté de son commerce, sa disposition k et sa fidélité inviolable dans les liaisoni c tic, lui attachaient invinciblement cens ce premier attrait avait aHé fois ipprocl t«i.

FIESOLE, VOLTERRA, SIENNE, trc

Ma, courrit son tombeau , a été reaeiilie et {lUcée dans cette mnison nec une în5cri[>tioo, aiosi que aoué lippreiMl M. Valerj.

Ce lombenu eiista d'abord aumilieu defétlise Sainl-/arques , ditepncore la Caiian'ca, parce f|U>lle avtiit ilcs chanoines firaolde son retenti. Contre le mur voisio elailsou épîtaphe, coiitposée par lai-mime en quatre vers hlias:

Bie (ai mattjaet»! citant ac oiin Jaamtii. Mrai Hittt mulr Dtam mtriiïi Oritata lalrerain Mmtatii ritir. Gatiler Ht^hartlai llU , hoiattrm/Jtaii, ttaJ/um/utlalMaptlill.

tSàu rttlt pierre sont 1» ceiidrps et lei oi il lnB. San itnp est devant Dica te*itiif des ■nilct dci trivans d'une vie mortelle. Son fàcrBiniiiD Borcdce, Cciuldofiit aapauieet b éattt poésie »oo étude. •

fierté. Son goût do des passions arait l,

plaisir tempéré par t de

Dans son âge ayai)céretudc resta et l'occupa tout entier. ■

Nous avons vu l'hisloire du cénolaplie, voici celle du tombeau. Pendant plus de quatre siècles il avail été l'iioniieurde CertalHo , et atliriiii de nom- Iireux vovnicurs il la Canonica, lorsqu'eni;83ilenfutrcliicparunerausse intcrp relation de la sape loi <leLéopold Contre tes sépultures d'église. La iiierre qui le couvrait fut brîst-cel jette comme inaiile dans le cloître voisin. On rapporte que le crJlne et les os de Boccnce furent alors exhumé!, ainsi qu'un tuyau de cuivre cl de plomb contenant divers parclieniins du m/!me siècle. Ces pré-

cieux débris, maintenant disparus, fu- En i5n3 on lui érigea sur la fa^nde *^°t long-letnps conservés parle recinléricure de 1 e-lise un plus magnifi- teurde l'église, lequel, dix ans apr^s,

<}HeéHo1nplie , »|ue la conslructiond'un ftffbeïlre n fait transférer récemment if est M, Valefy qui parle), dans une Julreparlie delà Cnnonica. Boccace y Ml teprésenté en buste, et tenant turia poitrine à deux mains un infol, surJe^uelest écrit /ï(^«"ie/-o«. Malgré tïcMiunie du temps et l'espèce de capucLon et de robe dont il est enveloppé, les tniits du visage sont naturels, espressifa, et môme assez gracieux. Il* paraissent s'acCorderaveele portrait qaa tracé Philippe Villacci , son sucouear à la châtre pour l'explication du Dante.

Sa taille était un peu forte, mais

fletée; la face ronde et l'éi

pinc

du nei

28 peu apTalie; Jes lèvres assez fortes, tnais belles et bien dessinées ; le bentMigracienzavec une fossette. Ses mnières étaieDtlibres et ensa^reante! ;

passa curé dans le val d'Arno supérieur. Tels sont tes faits que constate un acte du 3i octobre i8a5 , et certifié par huit h.ibilanâ de Cerl.ildo et la vieille servante du cUré. Comme le remarque Monlaii;ne, on peut voir dans le tcst.iment de tîofcace , «a quelle misère était réduit ce grand homme. Il ne laisse h ses parentes et à ses sœurs que des draps et quelques pièces de son lit 1 ses livres à un certain relîgieus, h condi lion de les communiquer h quiconque dont il sera requis. Il met en compte jusqu'aux ustensiles et aux meubles les plus vils ; enfin, il ordonne des messes et sa sépulture. On a imprime ce les tiimenl tel qu'il a été trouvé sur un vieux p.irclicmin Lien délabré. ■ De ta chambre de Boccace îe tous ferai passer sans transition au monas^ tère de Villa Ombrosa, Villombreuse,

n conversation t^ie , spirituelle et dont les bois dominent la route qui plôae d'agrétncBi. Son caractère franc Conduit de Florence .i Arrizzo. Trois HVItfCItlteilialt^ufllt paad'Unëtioble de$ plus puissantes institutions mo-

I se Bont élevées sur en colère, s'écriant vivement : S/^«t)/V,

H ,dans des situntions o nionaci, o lupi. Messieurs, ou des

) !es riclies vallées, au- moines ou des loups. Lupi, répon-

is t^r cr de l'Italie et la eauve- dit-on presque en masse , et les loups e Oc Ruuie. Ces trois monastères l'emportèrent.

: Yallombrosa, les C.imaldules et Aujourd'liui les moines de Yallommia. Le premier fut fondé par des Lrosa sont rétablis dans leur demeure, ;s bénédictins duns le onzième à la grande satisfaction des voyageurs pieux et romanesques.

Vallombrosa a bien quelques rapports avec notre grande chartreuse; mais c'est une chartreuse deTÂpeDDin, moins âpre que celle des Alpes, avec le ciel d'Italie et la vue de la mer. Les superbes et sombres sapins qui enviroo-

le second par le fameux saint „Jd, et le troisième était primi- :at l'humble retraite de saint is. idvenu des moines de Vallombrosa , avaot la révolution , était estimé à cent cinquante mille francs par an ,

somme très-considérable pour la Tos- naient l'abbaye sont depuis des siècles cane , et l'influence de leur ordre sur le plantés en quinconces ; ils oûrent ainsi peuple était proportionnée à leur in- une magnificence plutôt régulière et Jluence. Quand toutes les autres insti- symétrique que sauvage. Les eaux ont tutions monastiques furent suppri- été habilement dirigées, et le Vicano mées, raconte laJy Morgan, ondébattit est moins là un torrent qu'une belle dans un conseil où Bonaparte était cascade.

présent, si les moines de Vallombrosa Vallombrosa a été merveilleusement ne pourraient pas être conserves. La chîintée par les trois plus grands poëtes cause de cette hésitation en leur fa- qui l'ont visitée. L'Arioste a dit . veur était que les forêts profondes qui couvrent cette ckitnc des Apennins n'étaient connues que d'eux seules (la vente des bois forme une partie de leurs revenus), et que le mouvement de cecouvent et la constante résidence des moines, tendaient à détruire les loups, qui sans cela pouvaient se multiplier et infester les vallées. Si Vallombrosa était vendue comme propriété nationale à des cultivateurs , ces nouveaux propriétaires n'y auraient travaillé qu'en certaines saisons; aulieuqueles moines, qui avaient intérêt i\ demeurer dans des déserts aussi iroposaus, aussi propres à donner une idée plus frappante de leur abandon du monde, habitaient toute l'année au milieu de ces primé notre Lamartine dans la deuxièhois. La discussion fut longue et si me de ses Harmonies.

Esprit de l'homme, uo joarsnr ces cimes glacée*, Loin d'au luoDilc odieu ^el WuQlc t'emporU?

l'aUombroin ;

Uicca c betla , ni mtn rtligloia, M corteit a cAïunjuc vi viiu'a.

' I Vallombrenie ! c'est le nom d'ima ablMje riche , belle , et non moins pienie et coutoiie poor quiconque se présente, >

OuiKDO, et. 33, V. 36.

On lit dans Milton :

Thieir ai aulvniaal Itai/tt Ihal tlrv%r tie braokt In faUcmbroia, wAcn th» Zinnia» tkadct, 1 High ovtr-anh'd, imbawtr.

tÉpaii aotant qoe les fenilles d'antomne dont se cooTrent les raisseaai de 'Vallombrenseili ou des ombrages étrusijues s'enlacent en gigantesipies arceani. ■ Fakad., ch.' 1, •>. 3o3.

Voici à son tour comment s'est ex-

aigre, si peu raisonnable, qu'un des membres du conseil finit par se lever

FIESOLE, YOLTEEHA» SIENNE, btc.

TmêmJÊÊqa'aunmuÊÊÊthtméfUtmfmÊàmt QkI dunne on ^pdle koiMW à k fin f anéU ff

Ct forent cet ibréts , e» téièbnii cittt ond* t El ces arbres sans ditte • et cet locs immortals 9 Et cet instinct sacréqekfctiifnnnonveanmonde Loin des sentiers betlw qae fondent les nortds.

Outre ValIomhniMi , M. GaateUân visita le ParadisÙËO, ennitage qui en dépendait et qui aenrait oonune d'habitation d ete au prieur. Les détails de cette visite vous intéresseront peut-être.

Le rea- de -chaussée de Tennitage sert d'habitation à un véritable ermite qui y demeure toute l'année. U a un )istit jardin ; une source abcmdantejail* Ut an sommet de ce rocher et lui sert s srroser des plantes et des fleurs dont k culture est son occupation favorite.

Mais les ndges, qui s'accumulent de hame heure dans les gorges resserrées, mdent impraticable le chemin du couvent. Alors, comme enfoui dans cette profonde solitude, sans communication aucune aveo les vivaos, il trouve apparemment, dans la vie cour tsmplative qu'il a adoptée , un préser- Tatif contre l'ennui. On lui fournit les provisions qui lui sont nécessaires pour ce temps de réclusion , et, d'ailleurs, il a la ressource dans un besoin pressant de sonner la cloche de l'ermitage pour ' appeler k son secours. >

Un ouragan force un beau jour M. Castellan, et un autre peintre de ses amis, de chercher au milieu d'une de leurs courses un abri à Termitag

« Nous en agitons rivement la do* che; l'ermite ouvre, et nous nous réfugions^dans la partie qu'il habite. U fût du feu pour nous sécher, et nous oflire quelques provisions grossi èresque la fidm , excitée par un exercice vio* lent, nous fait trouver excellentes.

* Le lieu était sombre et tirait à peine du jour par une lucarne élevée.

La tète de l'ermite , éclairée seulement

parlaflanune du foyer, présentait un aspect si piquant d'effet et d'exprès^ sion, que nous eûmes le désir d'en ti« rer une esquisse.

9 Cet homme, quoique très-igé, paraissait encore doué d'une énergie prodigieuse. Sa tète , couverte de cheveux gris hérissés , son immense barbe, son nez aquilin, son œil extrêmement vif, et qui, sous un épais sourcil, brillait d'un sombre éclat ; en un mot , l'en* semble de sa physionomie lui donnait plutôt la figure d'un satyre que d'un anachorète.

» Ce ne fut pas sans peine que nous le décidâmes à laisser faire son portrait. Cependant il y consentit; et, prenant la position qui lui était habituelle, c'est-à-dire le corps un peu courbé, les mains jointes sur son chapelet, sa physionomie exprima alors le calme et le' recueillement religieux, convenable à un pécheur repentant.

Mais bicûtôt la conversation étant tombée sur la guerre qui désolait alors le nord de lltalie , sa tète se releva avec fierté, ses traits prirent le caractère d'une exaltation qui devint de plus en plus profonde ; ses yeux s'animant par degrés parurent jeter des flammes, et nous reconnûmes , sous le capuchon d'un anachorète, un brigand célèbre , Francesco Fomacciaio , qui avait fait long-temps trembler la Lombardieetla Toscane. « Faut-il que j'aie renoncé au monde, s'écria-t-il , aujourd'hui que lltalie est envahie ! A ma voix, à mon coup de sifflet, que de braves se lèveraient pour marcher sous mes ordres à sa défense ! » Ces mots furent accompagnés d'imprécations énergiques ; puis tout à coup se jetant à genoux, la face contre terre, il demanda pardon à Dieu de ce mouvement de colère mondaine, et resta longtemps prosterné sur le pavé. »

■iotcavait long-temps

ande rcdouLible que

avnit entln détruite.

' i|i] comme par miracle , il

'. voué a la vie de retraite et de

î. Une habitude de son ancien

er lui joua un mauvais tour. L'eau

ource était, pendant l'hiver, un

e réconfortant; il se procura des

urs fortes, dont il abusa au point

reoir la proie d'une combustion

apuntauée, difjnc fin d'un si terrible

péaitent !

Nous avons plusieurs fois parlé des IVlAnEMUKS, partie de la Toscane, distinguée du reste par une physionomie tout-à-fait particulière. Peu de voyageurs l'ont visitée; je n'en ai pas eu moi-mOme la facilité; mais Lullin de Cbàtcauvieux , homme impartial et observateur sagacc, en a laissé une description dont je vais reproduire ici les traits principaux:

«Après avoir quitté Pise, j'ai remonté, raconte-t-il , la rive de l'Arno jusqu'à Empoli. Là, j'ai quitté la trr.inde route de Florence pour prendre le chemin de Voltcrra et de Piombîno.

Ce cliemio , tracé par Léopold , est le seul qui conduise dans les Maremmes.

Dirigé avec beaucoup d'art sur la pente des coteaux , il n'a que neuf pieds de largeur; mais il est entretenu avec un grand soin et ressemble davantage à l'allée d'un jardin qu'à une grande route.

s Au delà de Castel-Fiorentino l'on entre dans les Maremmes. La surface du pays est sillonnée par de grandes ondulations semblables aux vagues immenses d'un profond océan , mais dont toutes les formes auraient été adoucies par le temps et le travail de l'homme.

De loin en li

loin j apercevais sur

les

sommités de vieilles enceintes de murailles dont les pans ruinés laissaient

découvrir des habitations; dles semblaient être protéi,'ées encore par quelques vieilles tours.

" Dans les vallons on voyait à grande distance l'une de l'autre des maisoni éparses ; elles n'étaient entourées ni de verdure ni de jardins , maisdemaigrcs , parcelles de terrain plantées de mai) ou de sorgho. Au-dessus de toutes l« sommités dominait celle où reposeot les antiques murailles de A'olterra.

i> Lesol neprésenfait partout qiiece queles Italiens appellent des maccAie, sur lesquelles s'élèvent quelques vieiu chi^nes que le temps ne remplace pas; car ces landes servent de pâture aux troupeaux , et toutes les jeunes pouces sont dévorées.

n Je me rappelle le spectacle que m'offrit sur la route une malheureuse mère , marchant à côté de deux de ses enfans couchés sur une de ces petites sédioles ( sorte de cabriolets ] en usage dans le val d'Arno. Ces deux pauvres petits avaient été mordus par un chien enragé , et la mère les conduisait à Voltcrra. Elle me dit que l'on i;ardait dans cette ville un clou de la vraie croix dont l'attouchement sur les morsures de ce genre en prévenait l'eQet. Je ne pus m'empécherde lui montrer quelque doute sur cette efficacité; elle m'assura que, de temps immémorial, ce remède était usité en Toscane. Je me permis de lui apprendre que la cautérisation était regardée comme un remède plus sûr encore ; mais elle ajouta alors , qu'avant d'appliquer la sainte relique sur les blessures, on la cbauiTait jusqu'au rouge. Ainsi , le secret de la cautérisation , si moderne dans la médecine, se pratiquait dès long-temps en Toscane.

■ Les habitans des Maremmes fixent leur décadence vers l'époque de la peste du i6°. siècle. Il paraît que ses ravages

FIESOLE, VOLTERRA, SIENNE, etc.

dctniisîrent une |:rande partie de ia armés de longues 1i nceSj et < population. Depuis, celte population d'habits de bure et de peaux ; ne s'est plus trouvée assez forte pour parées.

l'opposer h rioÛucDce du mauvais air. ■ La population attacbée j

( L'aEfailibssement de 1.1 population, pour l'année entière trouve h m délniisarit la concurrence, a fait de l'eiLpIoi tation du ^soufre, du tomber la propriété aux mains des de l'alun. ^ran^S seigneurs toscans ; dès ce moment l'activité prodaclivc en a été bannie sans espoir de retour. Les tenlaLires faites par Léopold pour essayer i^s colooies dans les Maremmcs ont toutes échoué. Le sol y est devenu sté-

rile ; il n'oSre plus qu'une argile pure, doDt la blaucbeur n'est tempérée que parle mélange du soufre qui s'élabore itec profusion diins cette région. On Toil sourdir de la terre ces sources sulfureuses ou solfatares dont l'aspect a qndquecbose d'eilrajant. Des flammes Ktijess'élèvcntiians des tourbillons de finnêc; les bords de ces petits cratères lool revêtus de bavures, au centre dcs- ^œDes bouillonne une eau livide.

■ Dépeuplé par la nature et tombé am mains de grands propriétaires oisifi el sans capitaux , il ne restait plus de moyen pour tirer parti du sol de ces coDlréeSj que de l'abandonner à sa prodoclion spontanée, et de lui donner (lour babitaos une population nomade qui n'y séjournât que pendant la sai- KiQ £.ilubre, et fit consommer par des animaux les plantes indigènes que la Diliire y fait croître. Des moutons , des cteraux, des vaches et des chèvres s'y alimeotent aujourd'hui par troupeaui, et subviennent au manque total lie l'éducatiou des bestiaux dans le val d'Amo.

» Les conséquences de cette économie ont été de créer un désert au milita de Illalie , et de le peupler, pendant la moitié de l'année, d'hommes à ^-sauvages, qu'on voit parcourir "s Mlitudes , comme des Tartares ,

» Dans le voisinage de Voltcrra, je fus supris de voir le chemin prendre une teinte blanche que le soleil faisait briller d'un éclat éblouissant. C'était de l'albùtredont on chargeait la route; tout le sol de cette montagne en est composé, et c'est de là qu'on extrait les blocs qui servent aux statuaires et aux modeleurs. Ce chemin , pavé d'albdtre, me semblait l'avenue d'un palais de fée, et me présentait je ne sais quoi de fantastique.

» Après avoir gravi pendant une heure, je parvins sur la montagne où l'on a bâti Voltebba. Cette ville n'offre plus à l'œil que des eouvens en man-

des

abandon]

quelqu.

i oliviers, d'antiques murailles et des palais mal tenus, qui rappellent cependant une ancienne splendeur. Là vivent environ quatre mille habitans, dont grand nombre fabricans d';dbâtrc.

« Cette ville est l'une des plus anciennes villes étrusques; et son enceinte est fermée par des murailles dont la structure a précédé de beaucoup les temps de ia fondation de Rome. On passe encore sous la porte qui fut bâtie dans ces temps inconnus; sa masse énorme .1 résisté aux élémens et qui plus est aux ravages de l'homme.»

Outre un musée curieux de vases et d'autres antiquités étrusques, Volterra possède de curieuses antiquités romaines.

La forteresse actuelle a été, dit-on, bâtie par la famille Médicis , peut-être sur les ruines de celle construite par l'empereur Othon. Au centre s'élève,

TOSCANE

TABLE DES PRINCIPAUX LIEUX Cil

ET

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