PISE
ne cooitmction Greco^Araha'- »• L'eiprcssioD m avait fiiit souans que je pusse parvenir à la Bodre ; je fus forcé de la recon-* jusle , lorsque j'eus le monu^ levant 1rs yeui. Les colonnes me èrent la Grèce , la toiture le style
Mais les plus riches omemens sont les trois câëbres portes de bronze.
Leur beauté a donné lieu à cette tradition populaire , que ce sont les portes de l'ancien temple de Jérusalem. U faut dire cependant qu'un auteur italien parle d'une porte latérale en bronze, et je reconnus cette prodigalité . avec figures d'arp^ent, que Gorlefroy de le d'omemens qui se retrouve Bouillon aurait donnée à la ville de Pise
9ns les monumens de Pise^ et ^pelle la première époque de la
lit vers la fin du onzième siècle , blique de Pise venait de chasser fMÎns de la ville de Palerme, la lait rentrée chargée d'un riche on eut l'idée de le consacrer à m d'une magnifique cathédrale.
ilo, Grec d'orif;ine , jouissait dans les afts, d'une haute reie ; on s'adressa à lui pour des u Dans son premier projet , il é^gé d'exhausser son œuvre sur «.perron ; il s'y décida d'après id nombre d'avis qui lui arrivé- : toutes parts , et , assise sur une levée, elle gagna b aucoup en 6. Les travaux commencés en MHisle pontificat d'Alexandre II, terminés en 1 119, sous le ponle Gelase II, qui fit la consécraennelle, et dédia l'église àTAs- 3n de la Vierge, [uanle-quatre colonnes , réparcinq étages , entrent dans la sition de la façade. La diversité rbres et du travail, le manque onie dans les chapiteaux^ attesl'dles sont le produit de ditTétistes et de diflférens siècles. Plus uneautre ville d'Italie ^ Pise se rassembler des objets d'art enlux nations vaincues. Les conqu elle fit par mer lui procule moyen de faire transporter Qoml^re de colonnes.
vers l'an i loa : elle a péri dans l'inceçdie de 1 5g5, dont l'église eut beaucoup à soufinr. Avant cet incendie, les basreliefs des portes , exécutés d'après Bonanno, étaient au-dessous du médiocre, à l'exception de ceux de la porte qui regarde le clocher et se trouve dims la croix. Les bas-reliefs d'aujourd'hui sont d'une date plus récente , ils furent exécutés d a prè^Ies dessins et sous la direction de Jean Bologne^ par Francaville ^Tacca , Antonio Susini , Orazio Mocbi, Giovanni deir Opéra, FraDomenico Portigiani, et Gregorio Pagani. La porte du centre a vingtdeux pieds de haut sur onze c!e large ; de f&racieudes guirlandes de feuillages, de fleurs et de fruits forment l'encadrement. Ellle se divise en huit compartimens , où sont représentés diQérens mystères relatifs à la Vierge, avec plusieurs figures de prophètes et de saints, et quelques images symboliques. Les deux portes voisines sont d'un tiers moins grandes^ et représentent la Passion de Jésus-Christ. De Lalande signale , sur la plinthe d'une de ces portes, un rhinocéros très -bien modelé) faisant regard à un cerf; ce qui prouve que le rhinocéros était alors connu des Italiens. En France, avant 1749^ époque où la ména&^erie s'enrichit d'un animal de cette espèce , tout le monde, et même la classe instruite, s'accordait pour en rcj^arder l'existence comme fabuleuse.
Cent petites fenêtres à vitraux ce-
LITALÏE.
loriés donnent à Tintérieur une lumière assez faible , le caractère de Tédifice en acquiert une teinte plus religieuse et plus imposante. Son étendue est considérahle ; il se compose d'une nef et de deux bas-câtés portés sur qvOf^' tre rangs de belles colonnes, au nom«« bre de soixante-quatorze, dont soixantedeux sont de granit oriental , et douze de beaux marbres. Inégales entre elles, elles sont évidemment des débris recueillis de diflerens édifices; l'architecte^ pour le dissimuler autant que possible , a usé d'adresse. Il a parfois placé dessous de faux attiqucs, et exhaussé les chapiteaux et les abaques ( partie supérieure du chapiteau ) , de manière à rétablir Tbarmonie, au moins pour l'œil.
Un effet moins agréable, et que nul artifice ne peut corriger, est celui du plafond formé de charpentes de bois doré : magnificence qui ne vaut jamais celle de la plus simple voûte. Le pavé semble chargé de réparer le tort du plafond ; il est tout entier de marbre blanc, coupé, h larges dessins réguliers , par de belles bandes de marbre jaune. Au centre de la croix est une brillante mosaïque.
La disposition et le dessin des douze chapelles, réparties sur les flancs de la nef, sont attribués à Michel -Ange.
Elles furent exécutées par Stagio Stagi.
Aux côtés du maître -autel il y a deux superbes colonnes de porphyre , et quatre bons tableaux d'Andrca del Sarto , représentant saint Jean , saint Pierre, sainte Marguerite et sainte Catherine. Ces'dcux dernières passent pour les plus jolies figures de femmes sorties de son pinceau. La colonne proche du siège de l'évêque -est ornée
estimé ; les omemens de Tautre sont de Foggini. Le groupe d*aiiges , sur un fond d or au-dessus du tabernacle , est deGhirlandajo, le maître deMichd-* Ange. Derrière l'autel une Tentation d'Ev^e excita la critique de Deabrosses. « Le sculpteur, dit-il, a donné trèshors de propos une tête de femme av tentateur, puisque, de toutes les tétcs qu'il pouvait lui donner, celle-ci était la moins capable de tenter notre pre« mière mère. » Les stalles du chœur (sorte de mosaïque en bois introduite en Toscane à l'époque de Bninellesoo), méritent une mention.
Sur le côté droit de la croix est la chapelle |de saint Bcnier, dont le tombeau est l'œuvre de Foggini. Une statue antique, qui fut autrefois le dieu Mars , est aujourd'hui saint Épbèse.
Sur le côté gauche est la chapelle du Saint- Sacrement. Le ciboire d argent massif, et les bas-reliefs d'argent autour de l'autel , sont d'après les dessins de Foggini.
On a adapté , comme balustrade à la galerie qui règne au-dessus de l'entrée principale de l'église , des bas-reliefs de Jean dePise.Il est maladroit d'avoir placé cet ouvrage exquis à une telle élévation qu'il échappe à la vue. Ils avaient servi d'abord à soutenir lancienne chaire.
Aujourd'hui la chaire est supportée par deux petites colonnes : l'une est en porphyre; l'autre est d'une trèsbelle brocatelle orient.ile , et passe pour le plus beau morceau que l'on connaisse de cette espèce de marbre.
Sur le pilier de gauche, qui , au plus haut bout de la nef, supporte la coupole, on a placé la sainte A^nès y le chef - d'œuvre d'Andréa del Sarto : on Ta long-temps cru un Raphaël, par
des meilleurs ouvrages de Stagi, et , Mengs.
porte un ange de bronze grandement En ouvrages de sculpture j'ai re-
lAm extérieure était à peine terminée; le sèl# religieux et patriotique des Pisansy remédia : une contribution vo* lontaire, d'un florin par feu, mit bientôt à même de terminer le noble édifice. On a gravé sur Tune des colonnes , qu'il le fut en 1 1 53. La ville comptait ^lors treize mille quatre cents feux ; si' l'on met cinq personnes par feu, on trouve soixante - sept mille babitans.
En 1715 on n'en compta quedix-buit mille; on n'en compte aujourd'hui en* Tiron que seize mille.
L'intérieur du baptistère est beau :
les colonnes sont de granit, et ont été apportées de Sardaigne. EUles forment une espèce de bas-càté tournant. Ces «colonnes en portent d'autres qui soutiennent une coupole elliptique. Le centre est occupé par une grande cuve octogone de marbre, avec des rosettes sculptées sur les faces : elle est élevée sur trois degrés , et difiere de celles des autres baptistères, en ce qu'elle se divise en cinq cavités , dont la plus grande est au milieu et les autres sont au pourtour. A l'époque où le baptême se pratiquait par immersion, coutume qui fut abandonnée dans le treizième siècle, la cuve du milieu servait pour les adultes , les autres pour
les enfans.
La chaire , où l'on monte pour lire l'Évangile , est d'un marbre presque transparent. Soutenue par huit ou neuf petites colonnes de marbre et de granit oriental, portées par des lions , elle est environnée de bas -reliefs, qui représentent le Jugement dernier.
C'est encore un ouvrage de Nicolo Pisano , et l'un de ses plus estimés. Le samedi saint, jour où se renouvelle l'eau bénite, et par conséquent jour de grande afflucnce, le podestat devait envoyer un de ses agens avec des gardes , ayant mission spéciale de veiller
à la sûreté de cette chaire précieuse.
La porte principale et rarchitrave sont aussi ornés de bas-rdiefs et de sculp--: tures dignes d'attention ; la finesse de l'exécution annonce déjà l'aurore des beaux jours de l'école de Pise.
J'allais oublier de mentionner le célèbre écho de l'intérieur, et c'était de l'ingratitude ; car il ne manqua pas de me répondre, ainsi qu'il l'a fait et le fera toujours , en écho poli , à tous lo voyageurs passés et futurs. H répète, on ne peut plus distinctement,des noti entiers. Si l'on parle bas d'un côté de la muraille, l'on entend à l'autre eitrémité tout ce qui a été dit : c'est l'effet de toutes les voûtes elliptiques. Cell^ ci est en outre si élastique et si senore, que, pour peu qu'on frappe d'nne canne contre terre, le retentissement dure aussi long-temps que le vibremeat d'une cloche.
Il est possible que cet écho ait, par hasard, donné lieu à la découverte de quelque conspiration. Celte conjecture expliquerait peut-être une tra« di tion populaire que je tiens de la vieille du bateau dcLivouroe. « Vous verrez, m'avait-elle dit, le baptistère de notre belle ville de Pise. Il y avait autrefois une colonne où, quand il se tramait quelque chose contre letat, cela se voyait comme dans un miroir. »
Un des monumensie plus empreints du caractère pisan est Santa- Maria délia Spina (PI. VI). , ainsi nommée parce qu'elle reçut jadis une relique du plus haut prix, Tune des épines de la couronne de Jésus -Christ. Les écrivains italiens la qualifient de 7empicttOy Eglisctte. La richesse d'ornemens et le fini de leur éxecution dans des proportions incroyablement minimes, font de cet édifice une délicieuse miniature : elle passe pour le chef-d'œuvre de ce crenre en Italie,
PiSfi. 3»
68 tfaitait Livourne de Tille iode de l'enfer da Dante ! Ûnolia
,il derait traiter Santa-] ï mettre aous verre, comme 58 que Ton travaille à Dieppe.
X ai tuée sur le bord de TAmo, roit où autrefois existait un pelé le PoDte-NuoTO, aussi -t-elle d'abord Sainte-Marie -Neuf. Le terrain d'alentour en k peu exhaussé, ou peutdébordemens du fleuve ayant des remblais, elle se trouve lui enterrée de quelques pieds descend par plusieurs mar-
amen de l'intérieur et de l'exil est facile de reconnaître i compose de deux construcspoques diilérentes , ce qui se I reste confirmé dans de vieux its. La partie qui regarde l'est ird une simple chapelle. L'afdes fidèles dans ce lieu, en énération, engagea le sénat à iter, vers Tan i23o, la partie nd à l'ouest. Le nom des deux es est inconnu. Ils ont travaillé itjle du siècle où ils vivaient, tii-gothique et demi-moresque en Italie par des artistes orien«
latuettes nombreuses de Tarde la porte murée sont d'Anise et de Jean : elles ont de la . Dans l'un des deux saints rers l'Orient, Jean a représen*ère Nicolas.
oateurs de monumens trouveore à aie récréer dans la visite ^uè8. wlises. Je leur recomdan8'& casa Mecherini, une !u Guerchin. Près du palais des rs de St.-Étienne^ on montrait I encore la célèbre tour de la [ui servit de prison au comte Qui ne connaît le terrible épi«
fermé avec ses quatre fib dana un chot, par TareheTéque Roger, qui fut Jeter les defs dans TAmo et morar les portes ! La terrible peintoire de eetté agonie a long^tempa suffi pour étaUir en France la renommée du Dante.
Combien de mes honorables oompatriotes n'ont jamais lu de lui que Tépisodedu damné rongeant en enfer, et par représailles , le crâne de TarcheTéqne Roger; et l'épisode dans un genre op»
posé et si suave de Françoise de Rimini !
L'c^re des chevaliers de St .«Etienne était un ordre militaire et le grand or* dre de la Toscane, établi par CAme V*p en i56i , pour défendre la Méditerra* née contre les Turcs, et surtout lea côtes de la Toscane contre les piratea. Le costume se distinguait par une croix de satin rouge , à huit pointes , et suit la poitrine une petite croix d'or avec ruban couleur de feu. Lea chevaliers ^ au nombre d'au moins quatre cents, n'é» talent pas tenus au célibat , mais devaient prouver cinq degrés de noblesse de père, et en outre noblesse de mère et de grand'mère ;le noviciat consistait en un service de trois ans sur les galères de Tordre. A leur qualité était attribué le droit d'arrêter un citoyen dans les occasions de querelle , de tumulte ; il leur suffisait de dire : Per quanto stimate la grazia del gran duca^ an^ date in arresto ; si vous faites cas des bontés du grand -duc, allez-vous-en aux arrêts ; et celui à qui ils avaient adressé la parole était obligé d'obéir sur-le-champ.
Je vais citer la singulière fête qui se donnait tous les trois ans but le ponte marmo, pont de marbre. Les cispontins et les transponiins , c'est-à-direle peuple de deçà et celui de delà, la rivière se disputaient le pont, dans un combat
qui durait trois quarts d'heure. Les combattans se présentaient au nombre de neuf cent soixante , revêtus de cuirasses, portant en tête des casques dorés , et à la m^in des massues de bois, dont cependant il leur était défendu de faire usage : la lutte devait se borner à une vigoureuse poussée. On assure néanmoins qu'elle ne se terminait guèxes sans qu'il n'y eût plusieurs blessés, quelquefois même des morts. Certains poudreux pédans (la race en pullule même sous ce beau ciel ) ont eu la rage de voir dans tout cela un reste des anciens jeux de la Grèce et de Rome.
Ils ont imprimé que cette institution, noble copie des jeux Olympiques , ne datait rien moins que de Pélops, fils de Tantale, roi de Phrygie et fondateur de Pise. De moins audacieux en ont faithonneurà ^"éron. Quelques érudits, plus accommodans, n'y voient qu'un souvenir de la défaite de Musetto, roi deSardaigne, surce point derArno,en l'année ioo5.
On mentionne encore l'illumination de la St.-Renier, triennale, ainsi que le combat , et qui ne le cède, assure-t-on, qu'à celle de Palerme. Je n'ai pas eu l'bonneur d'en jouir; un Pisan, pour me consoler, m'engagea à relire dans TArioste quelque description de palais enchanté : c'est dans une de nos illuminations, me dit-il, que le poëte a puisé tout Téclat et la variété inouïe de ses fantastiques peintures.
Un capital mieux employé que les quelques milliers de scudi^ consumés dans une soirée en lampions et en lanternes de papier de couleur, est celui consacré par les Médicis à la ferme àeSan'HossorCy l'un des établi ssemens agricoles les plus remarquables de l'Europe. Peu de voyageurs en ont parlé.
L'excellent Lullin de Chàteauvieux , dont Genève a déploré depuis peu la
perte, en a donné une description pleine d'intérêt : son ouvrage à la main j'ai fait ce pèlerinage.
Entre Pise et la mer, des bouches da Serchio à celles de TAmo, les eaux ont délaissé une plaine de plus d'une lieue carré d'étendue, dont le sol mêlé de sable marin, était trop stérile pour être défriché. Il est couvert d'un gazon fin, et des chênes verts ont crû au mi* lieu de cette plaine qui constitue le domaine de San-ftossore.
On ne peut le parcourir qu'à cfae?aL On sort de Pise en passant auprès de la tour penchée, et on entre inunédiatement dans une avenue plantée d'ormeaux ; elle conduit au Casin ea maison de chasse. Déjà l'on est sur lei terres du domaine; des deux côtés de l'avenue s'étendent des prairies doot le foin sert à la nourriture d'hiver des animaux de la ferme; mais bientôt ces prairies viennent se perdre dans dei gazons plantés ça et là de chênes verts et d'églantiers. Les Itciliens désignent par le nom de Macchie ces terres sauvages qui sont à la fois des pâtura<;e8 et des bois. Peu après on arrive au Casin : c'est une jolie maison carrée, n'ayant qu'un rez-de-chaussée et un étage, et décorée de fresques représentant des chasses.
Il n'a tenu qu'à moi de me croire Gulliver tombé tout à coup au milieu d'une république fédéra tive de chevaux. Plusieurs troupeaux de ces animaux, entièrement libres et sauvages, broutaient ou galoppaient en hennissant autour de moi. Les jumens formaient diOérentes tribus, composées d'une vingtaine d'individus et gouvernées par un étalon. Ces tribus ne se mêlent jamais, ou bien il en résulte des combats qui ne se terminent que par la mort ' u chef de l'un des deux partis. Chaque tribu a son quartier de
FLORENCfi.
ige ; elles se sont partagé le tertans que les pâtres soient inlerre- ▼ec une équité qui ferait honneur lenteur et au cadastreur les plus igens.
18 loin est cantonnée une nation inm dix-huit cents vaches sau- , au poil gris ardoisé , aux formes Mes et hien pr ses, et le front de cornes immenses. Elles sont aises laitières; d'ailleurs il ne se* ^s facile de les traire : on sç coude leur enlever leurs veaux. On e elles-mêmes vers l'âge de sept t ans pour obtenir leur cuir et dbair : on annoblit cette tuerie en il une chasse ; elles succombent ment sous le fer des lances, ssdavage et non le trépas attend Mipeau d'environ deux cents chax, famille asiatique qui existe stte plage dès le temps des Croi- ; die y fut amenée par un grand r de Pise de l'ordre de St.-Jean.
y est plus remarquable qu'utile, qu'elle fasse tous les travaux de
l'exploitation du dotnaine; C'est là que les bateleurs de l'Europe viennent acheter, pour le modique prix de six ou sept louis, ces pacifiques phémn mènes, qui viennentsur nos places pu-' bliques disputer à l'ours et au singe l'adïniration des bonnes 'et des enfans.
n est impossible de tirer un meilleur parti d'un sol que la nature semblait s'être efforcée de disputer à la cupidité de l'homme.
A propos de cupidité, je terminenjf ce chapitre par un exemple du peu de modération que les indigènes de Pise^ apportent dans l'exploitation des voya« geurs. Cette ville, recommandable par la douceur de son climat, est pendant l'hiver un asile pour des malades qui accourent de toutes les parties de TEurope. Croiriez-vous que le plus mo»
deste médecin italien, qui se trouve heureux de recevoir de ses compatrio»
tes 3 pauls, c'est-à-dire 33 sous par visite, ne visite pas un étranger à moins de 7 à 8 francs.
FL0R£ N CSj#
tand je fis le trajet de Pise à Flo* I j'étais en compagnie d'un prosure des environs, homme éclairé, onné pour l'agriculture, et qui [onna quelques détails sur la Tos- »
i Toscane, me dit-il, comprend r^ons absolument distinctes:
10 Y au fond de sa riante vallée, i au milieu des montagnes un in dont Florence occupe le centre, iii se prolonge au midi jusqu'à one, et à l'occident jusqu à Pise*
Au voisinage de lamer, ce bassin, souvent très-resserré, s'ouvre en une vaste plaine, unie comme une glace et dé»
laissée parles eaux.
La rive droite de l'Amo est bordée par la haute chatne de l'Apennin; sa rive gauche s'étend jusqu'à la mer et aux frontières de l'état de l'Eglise. Elle n'offre qu'une surface inégale et tourmentée, d'un sol peu fertile, où l'air est en grande partie mal sain, et dont chaque sommité est couronnée parles ruines de tous les âges.
fLOaSKCE.
.. aoBie. Ici 1m fiintei tant inifbnim «t
t ntH, les fonMt UMm tmWaHt 1« I «Ms aux aulresi lepagfMga j taniUe Irajoun va dans oMidÉmbre obtcnra, il le Pouirin n'y âdMdt Jânudi pris le snjet de ses taUMfes. Cesl le séjour le ^u perfectionôépif la dvllisatieii» et eel ni où YbùaimB a aa le nieu approprier à son usage les forces naliTes de la créatioD. .
L'inaipiialion s'eflhde lorsqu'on ré- Uebit à la aouaii de capitaiis qui ont été répartis dans le nd d*Amo pour parvenir à imo tdle diiîsioo de la propriété, à la construction d'une quantité ti pvodi|{iease de fermés, et an perfeoit de tent eenatériel. Coosioutre les traranz isnnenses qttllnfidltt, poor ooonir le sol de ces ■ûUicrs de cimatut et de rigoles dont vous le Toyes ooapé dans Ions les sens, ladia la vallée était périofiqnement dévastée par me fedle de torrens qui se préeipilaient dis montagnes, chargés de piètres et d'éboulemens. Un.
Jour en les a encaisséi dans de fortes murailles de Iniques, une multitude de prises d'eau successives sont venues diviierebaqui courant principal , et tempérant aa violence ont fait profiter les terres d'alentour de rarrosement de ces iaux; vojes comme ces canaux se subdivisent à l'infini 1 il n'est pas un carré de terre qui n'en soit entouré. Et ces
taie dé tontes les commodité* de la vie^ une table plus que frugale, et une sorte d'apparence de dénûment. Tous ces ménages ne sont que métayers du manoir qu'ils habitent} ils acquittent au propriétaire la moitié en nature de toutes les récoltes. Une portion du sol n'a point été, comme en France, arrachée par une révolution radicale des mains de l'aristocratie, et jetée en vente à un prix assez bas pour que le paysan pût prétendre à devenir acquéreur. La propriétéestextrémementdiyisée, parce que le principe d'égalité s'est établi de bonne heure dans nos villes, -qu'une bourgeoisie nombreuse s'est enrichie et a été forcée de venir verser ses capitaux dans nos campagnes ; mats la population est restée partagée en deux classes qui ne se mélangent jamais : les propriétaires citadins et les paysans non propriétaires. Quelques uns des bourgeois des nombreuses villes des fertiles vallées de la Toscane possèdent jusqu'à cent métairies ; un trèsgrand nombre en ont dix, vingt, trente, etc., elCé
Mais nous touchons à Florence.
Lucius Sylla le dictateur, qui traça sa première enceinte , savait fort bien ce qu'il faisait en choisissant cette situation. Peu de villes jouissent de plus d'avantages; malgré des chaleurs souvent très - grandes , Tair y
gigantesques efiorts de la civilisation *est constamuient sain, des eaux limdatent du mojen-ége! Voilà qui dé- pides descendent de l'Apennin, et la
pose en faveur des répubiicpies de cette époque, bien plus haut que les ^lises et les palais de marbre.
Croiriez-vous qu'au milieu de ces awrveilles de l'industrie humaine , dans ces élégantes demeures .tapissées de pampres et décorées dejfleurs, i^abrite Qoe population presqueepbérsUe. Entres dans ces habitations, vous y tron-^ verez presque toujours une absence t$*
magnificence des citoyens florentins les a employées dans le moyen-àge à orner et rafraîchir la ville par des fontaines somptueuses. Vous avez vu quelle riche campagne nous attendait dans le val d'Aino inférieur ; du côté des Apennins s'élève un amphithéâtre de collines riantes, sur lesquelles on recueille l'huile la plus exquise et les vins les plus recherchés de lllalie. Plus
loin.Ies hautes montagnes, couyertes de d'autre part , on n y voit aucune vastes forêts de châtaigniers, oQrent
aussi leur trihut pour la nourriture du pauvre» sans exiger d'autre travail que celui de recueillir les fruits qu'elles portent chaque année. L'Arno qui pendant les grandes chaleurs abandonne presque son lit, le remplit de nouveau durant la saison des pluies, etouvreau commerce et à la navigation une communication prompte et facile avec Pise et avec la mer.
Salut Firenze la bella^ Florence la ville des fleurs, qui semhle reposer, comme l'a dit M. Delécluze, sur un coussin de verdure; toi qui jadis eus pour armes un lys blanc sur un champ de roses, et qui le changeas pour un lys rouge !
Ce qui frappe surtout en entrant dans la ville, c'est l'aspect des palais des anciennes familles, masses carrées, pesantes , inébranlables , dont la force fait le principal ornement : ce sont d'épaisses murailles, des portes élevées au-dessus du sol, et auxquelles il faut toujours monter en venant delà rue ; de larges anneaux de fer ou de bronze , où l'on plaçciit les cierges dans les illuminations publiques, et auxquels on suspendait aussi les drapeaux d'un parti ( i ] :
( I ) On a disserté beaucoup pour laToir à quoi pouvaient servir ces anneaux. M. Berlinj^hieri , Siennois et président de racadémie de cette viUe, donne l'explication suivante qui me paraît la plus simple et la plus raisonnable:
Lors de la construction de ces palais , la noblesse de Toscane, et surtout de Florence , était riche et puissante Elle n'allait point en voiture mais à cheval , accompagnée d'une (grande suite de cavaliers. Les anneaux que Ton remarque encore aux murs de quelques grands et vieux palais servaient alors à attacher les chevaux des nobles et de leur suite lorsqu'ils allaient se visiter.
Qaant aux bras de fer placés aux fenêtres et aux crampons mis en haot. lespremiers, selon l'opinion d'un savant florentin . Lnigi Bigoli, but tou- . jours servifCt servent encore à attacher des torches
nade, aucun péristyle, aucun, où l'architecture prétende à la gri à la l^èreté* A Taspect de Floi je m'écriai, comme M. de Sismon reconnaît la ville des nobles , Il de la force individuelle, la ville pouvoir public était faible quelqi mais où chaque homme était mal seigneur dans sa maison.
Pour rendre l'idée plus sen j'emprunte à des lettres que M.
cluze.a publiées, en i8a3, stur lie , la description suivante du Strozzi :
« Figurez-vous un énorme bAti dont l'ensemble a , au moins à la forme d'un cube. Le soubassi est en pierres saillantes sépara de larges refends ; et de distance c tance de grands anneaux de fer, c avec beaucoup d*art , sont attai des colliers de même métal, dai quels on mettait des torches arde certaines occasions. Ce soubasseï très-élevé, est surmonté de deux < construits en pierres simples, si quels des fenêtres cintrées, m^ petit nombre, se dessinent ave mâle élégance. Un large et riche blement devait couronner ce n ment, mais il n'y en a qu'une p< de placée. Deux grandes portes trées aussi , s'ouvrent, l'une au li Tautre au couchant. Placé à l'u ces entrées, on voit l'intérieur d lais, au milieu duquel régnent ui tique et une cour dallée pour ret les eaux de la pluie. La largeur cour, relativement h la liauteur d nument, est petite, ce qui don
les jours d'illumination : les malsont me en sont également pourvues. Les crampo employés à pendre des étoffes légères en i toile ou en paille pour garantir les appar des rayons du soleil.
yi/nvu Fanla»* Jt UriUmJ
FLO<K>rOS.
l'omlire et répand une teinte de gravita dans les portiques , flont les murs sont cbargés d'écUBsone de six h sept pieib de haut, où sont peintes des armoiries. Toutes les boiseries, toutes les portes, sont massives et sculptées en bois qui a conservé sa couleur naturelle. !1 y a dans tout ret ensemble quelque cliose de grand, desërienx, qui frappe l'imagination , et contraste singulièrement avec les mœurs actuelles. Songez à l'elfet que peut produire, souscc portique silencieux et grave, une jolie petite calèche bien légère , qui alteod la maltresse de ia maison pour la conduire h la promenade, d
Dans le treiaiètne siècle, de turbulente mémoire, chaque demeure ^tait couronnée d'une forte tour k créneaux ; outre cela , dans quatre ou cinq places principales , les nobles de tout un quartier se concertaient pour élever des espèces de fortiQcatioDS mobiles, qu'ils appelaient ierrflg/i- c'étaient ou des barricades ou des chevaux de frise , KW9B lesqods on Cannait en pai^ tie one nu , et deniire lesquels on se défendait. Aujoturdlmi on marche sans crûnte eoDune sans obstacle dans ces mes, nrétoeade larges dalles, tellement Uen Jointes qu'on peut comparer ce paré an carrelage le plus parfait.
Je ne conçois pas oonuoent les chevaux j tiennent , ils y vont cependant aussi vite qi^aiDeim et sans glisser.
Je me rappelle m'élre beaucoup diverti à voir plusieurs personnes rassemblées devant une de co vieilles demeures, et penchées vers un petit ^iebet d'ud pied de haut à peine.
tàpps* flnk dbaeû Aait fore^ de se fortifier chei Sa , et Tonlait cependant , tirer parti de soi revenu. Les propri^ tairea de vignes', par gdite marcfaanc^ de Tin , fermaient soigneusement leur porte, et praliqatient de petites ouver* tures aux muraiSes pour débiter leura marchandises. Là défiance était tdle^ que les guichets, ne peuvent pas Inia^ scr passer une bouteille d^oi^, et une porte épaisse se réferme aussilAt.
SurIapIaceduGt«id-Duc{P1.7et8i, on peut faire un tonrs complet d'histoire florentine. 'i>a Palaxxo-F'eechio [PI. 7 ) est la forteresse que le pouvoir démocratique se casùtmisitjapràs avoir, dans la révolution de ia5o, humilia l'orgueil des nobles. En mène temps que, par une ordonnance, il contraignit les nobles h baisser leurs tours , il voulut ^en élever; one i. lui-même qui n'eût point de rivales.' Sons la Loggia^ loge ou galerie (les arcades noircies, k droite du palîûs) , les magistrats s'assemblaient pour traiter les aSiaires à l'abri de l'inclémence de l'air, mais toujours exposés aux regards et à l'observation du peuple , devant lequel .
touteslesquestionsimportantes étaient débattues. Derrière la loge on découvre le commencement des Vjffiài^ les offices, cette galerie si -riche, construitepar les Médicis lorsqu'ils se furent emparés du pou'Toir absdlu. 11 n'est pas jusqu'au centre vide de la place qui nerappelle un souvenir, celui de l'aristo^ cratie vaincue. Là était^ avant nbo, le palaisdes Uberti, que le peuple alors rasa jusque dans ses fondemens, décrétant que ,1e sol resterait l'nocci^^
Elles attendaient qu'une main leur pour perpétuer [infamie des traîtres. passât on flacon en verre bhnc garni L'on^doit à un respect religieux pour de jonc, et que l'on oommeJÉawo.* cedécretde voir le JPo/arro-Z'eccAio chacun à son tour recevait le vin «t construit à l'un des angles et non dans donnait le prix par la petiU^TjDl^^e centre de la place. Ce^'b&timeat ture. 'Cet usage remonte Jl l'andiar^ carré, d'une architecture téirère, sans
ooloimeB , eft t constroit de grosses pier^ avait lai^gement , res saillantes. Il a deux étages qui supportent un attique en saillie, sunnonté de créneaux et terminé en terrasse.
Dans des niches pratiquées sous la saillie de Tattique , on a peint des armoiries qui font un effet assez pittoresque. Au-dessus de la plate-forme s'âève une tour très-haute, dite délia ^iicca, d'une construction très-légère, et chef-d'ceuTre d'architecture gothique t cette tour a son point d'appui éur des espèces de cons les qui font une saillie extrême, de sorte qu'on peut dire presque à la lettre qu'elle est construite dans l'air.
En 1298, Arnolfo di Lapo a donné les dessins de cette antique fabrique ; dnq siècles ont passé sur elle sans même endommager ses portes noires et pesantes ; et, si l'on en juge d'après leur apparence, un laps de temps aussi considérable peut encore s'écouler et les laisser intactes. Au devant d'elles sont de chaque câté le David gigantesque de Michel-Ange, puissant ouvrage de sa jeunesse , et l'Hercule colossal , terrassant Cacus , de Baccio Bandinelli.
Il y a, à propos de ce David, une vieille histoire d*uo gonfalonier Soderini, qui aurait pu fournir à notre Potier le type du bourgmestre de Saardam. 11 fut le seul qui trouva quelques fautes dans l'ouvrage. Le nez surtout lui parut trop gros. Michel- Ange, qui pourtant n'était pas plaisant de sa nature , imagina de retoucher son œuvre devant le ma{:^strat.
Seulement il eut soin, avant de monter sur l'échafaud, de cacher dans sa main de la poussière de marbre, qu'il laissa ensuite tomber, après avoir fait semblant de frapper du ciseau le nez condamné.
Soderini, enchanté, cria pour lors à l'artiste : F^ous lui auez donné la vie. Il
rite cette épigrirnÙBC delWÀtBTd :
t La nuitque mourut Pierre Soderini , son âme se présenta à la porte de Fenfer . Lors Pluton : Pauure sùtte, toi en enfer ! ua dans les limbes a^^ec les bambins» »
Voici une seconde anecdote qui offre plus d'intérêt. Dans une journée de guerre civile, oà le Palazzo-Vecchio servit de forteresse k un parti , pierres, marbres , meubles pesans furent lancés de la plate-forme sur les assaillans. Un banc massif tomba sur le bras du David, et le brisa en trois morceaux. Par bonheur deux jeunes admirateurs de Michel- Ange eurent le cou* rage de se glisser au milieu des soldats et du peuple qui combattaient encore, et d'emporter les précieux fragmeûs.
Quand le calme fut rétabli, ils les réunirent et les rétablirent dans la perfeo» tion où on les voit maintenant. Ces jeunes gens étaient: Vasari, depuis l'élève, l'ami et le biographe de Michel-Ange ; fl le peintre Salviati.
L'Hercule m'a rappelé la plaisante altercation qui eut lieu devant le grandduc entre son auteur et le caustique Cellini. « Ton Hercule, disait ce dernier, a-t-il une tête d'homme, de lion, ou de bœuf? Logerait-on sous son crâne la cervelle d'un moineau? Ses deux épaules ressemblent aux paniers d'un Ane, le dos à un sac de pommes de pin, etc., etc.» Bandinelli, envié à cause de sa faveur auprès du prince, peu estimé à cause de son caractère égoïste et sordide, furieux de la centaine de sonnets décochés Contre son œuvre, invoqua le secours de la police, et eut assez de crédit pour riposter à quelques-uns par la prison. Heureux temps pour les arts, où une opposition de cette nature avait une telle importance! Du reste, Michel-Ange, moins
sérère que Gdlini, dëcLirai, dît*oD, roonâe. Il ^t fAcheux qu'il n'ait que
dans l*Hercule plusieurs partie» admirables, notammeut rattache du col.
La vaste salle du conseil, exécutée par Cronaca, rappelle les mœurs et les habitudes de l'ancienne république.
Mille citoyens y délibéraient sur les aOaiies publiques. Ils formaient un conseil d'état peq>étuel, tandis que la première magistrature était de deux mois.
L'endroit de la tour appelé la Bar-»
heria et non VAlberghettino , comme le fait observer M. de Valéry, est demeuré célèbre par l'emprisonDement de Cdme de Médicis à la suite d*un mouvement populaire. De là, raconte Machiavel , il entendait le peuple as* semblé sur la place demander sa mort; delà il partit pour un exil qui servit à sa fortune. La Barbena est aujourd'hui bien déchue de sa destinée politique. Une partie sert de bûcher , l'autre est un cabinet réservé pour le service des gens de la garde-robe du ^nd-duc.
Sur les battans de la porte de la salle dite d'audience , on remarque avec plaisir les portraits de Pétrarque et du Dante.
Une autre pièce, espèce de gardemeuble, offrait il y a peu d années, et peut-être offre encore, une réunion de portraits assez bizarres. A côté de plusieurs personnages de la f mille Médicis, figuraient un Louis XIY et un portrait de Napoléon, laissés par lui à l'Ile d'Elbe.
La Loggia dei lanzi^ loge des lansquenets (nom que Ton donnait alors aux soldats allemands), «linsi appelée parce qu'elle était voisine de leur caserne, est un ouvrage dOrgagna, en date de i335. C'est le plus bel ornement de la place du Grand-Duc, et on peut le dire, le premier portique du
trois arcades, et que Came I*'. n'ait pu exécuter le conseil donné par Michel- Ange, dele continuer dans tout le lour de la place.
On peut appeler ces arcades les anciens rostres deFlorence^d'où le peuple, convoqué au son du beffroi de la tour du palais vieux, était harangué. Là s'instalait le gonfalonier, là les généraux recevaient le bâton du commandement et les insignes de chevalier; là se promulgaient les décrets du gouvernement. Plus tard cette loge devint un dais magnifique pour les souverains dans certaines solennités. Je l'ai vue décorée, ou plutôt salie, par des draperies et du clinquant, servir au tirage d'une loterie. Pour l'ordinaire, elle sert dabri pendant le jour et quelquefois la nuit à des portefaix.
Sous cette loge vous regretterez que Donatcllo n'ait point donné à sa Judith plus de noblesse et d'abandon.
En 149^9 une révolution enleva cette statue du palais de Pierre Médicis, et l'apporta à cette place. EUle devint une allégorie et un monument public de la délivrance de Florence. On inscrivit au bas ces mots redoutables :
Exempluni salutis publicœ dues po^ suére i495. Emblème fie la patrie r/é" //V/V'C, posé par le peuple. A leur retour^ les Médicis crurent devoir ménagerie préjugé populaire, et laissèrent la statue en place, sans môme toucher à l'inscription.
Le groupe de l'enlèvement d'une Sabine passe pour une des plus belles œuvres de Jean de Bologne. Puissance de Tart, qui, par le mérite de la seule exécution, ptirvicntà rendre imposante une véritable scène de cabaret, comme l'appelle M. de Valéry : un mari jeté parterre, dont un soldat emporte la femme !
En regardant le Peraée^ qm porte la tête de Médute et foule aux piede ton cadaTre^ belle statue à laquelle voua reprocherez peut-être quelque aflèctaition, rappelez-vous qu'un des élèves de Cellini lui servît de modèle. « JTai pris pour modèle ce jeime garçon, raoonte-t*il, car nous n'avons point d'au^ très livres pour apprendre l'art, que celui de la nature. » La Méduse est le portrait de sa servante, la belle Dorothée. Demandez aux artistes de notre nation dans quelle mansarde de Paris ils rencontreraient de tels modèles !
L'histoire de la fonte du Persée est j dans les mémoires de Benvenuto, un épisode trop délicieux pour que je me refuse le plaisir d'en traduire ici quelques passages.
Mille contrariétés se sont suivies dans les travaux préliminaires : c'est le feu qui prend à la baraque, levant et la pluie qui refroidissent la fournaise Enfin tout se répare et le métal chaufTe. Cellini, épuisé de fatigue et dévoré par une fièvre brûlante, est obligé d'aller se mettre au lit, avant que le temps soit venu d'ouvrir le conduit par lequel la fusion s'élancera dans le moule.
c Aussitôt que je fus au lit, j'ordonnai à mes servantes de porter à boire et à manger à tous les gens de mon atelier, et je leur dis : Demain je ne serai plus en vie. Celle qui conduisait toute ma maison , nommée Mona Fiore da Casteldel Rio , la plus brave femme et la plus attachée qui fut jamais, me soignait de son mieux. Tout en me reprochant de manquer de courage , elle qui avait bon cœur, me voir si malade et si accablé , lui tirait des larmes, et elle avait soin de se détourner pour pleurer. Tandis que j'étais en proie à ce supplice, entre un homme tortu , il semblait une S majuscule, avec une
voix piteuse et lamentaUe, ce
celle des gens qui avertissent les
danmés que l'heure est renne <
recommander à Dieu. « Benvei
me dit»il , votre ouvrage est perd
il n'y a plus de remède au moi
A cette nouvelle je jette un cri, <
eut entendu du troisième ciel ; j
précipite à bas du lit, je saute su
Tétemens, je m'habille, non sani
tribuer force coups de pied et de ]
aux servantes et aux autres qui i
chaient à m'aider. Je criais en z
mentant : Ah ! traîtres ! ah ! env
c'est une trahison ! Mais de par
je le saurai. Avant que je meui
laisserai an monde une preuv
ce que je suis , et une preuve ca]
d'en épouvanter plus d'un. Hj
enfin, je vais, la tête perdue, à
atelier. Je vois ces gens épouvai
stupéfaits, eux que j'avais quitt
si bonne disposition. Je comn
ainsi : « Or çà , écoutez-moi , et pui
vous n'avez pas voulu, ou que
n'avez pas su suivre ce que j'ai
obéissez maintenant que me voici
même à mon ouvrage ; et que pa
ne s'avise de répliquer : il s'agit i
secours et non de conseils. » Sur
un certain mattre Alessandro Lasf
me répondit : «Voyez, Benvenuto,
voulez entreprendre une chose ce
les règles de l'art et qui est tout-à*
impossible. » Là-dessus je me re(
nai furieux, et prêt à faire un mai:
coup ; mais lui et tous les autres
crièrent à la fois : « Allons, comman
nous vous aiderons dans tout ce
vous ferez, tant que nous aurons so
dévie. » Je pense qu'ils me dirent ce;
rôles d'amitié, parce qu'ils s'attenda
à me voir bientôt tomber mort. J'î
tout d'abord visiter le fourneau. Je
que le métal s'était entièrement <
gulé, avait formé ce qu'on appclh
à deux manœuvres que tout d'un coup mon moule s'em-