‹ L'ItalieChapitre 41 sur 56 · LES · texte numérisé non relu

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soD Voyage en Italie, trop court, sans doute , pour les beautés que renferme la plus belle des péninsules.

• En sortant de Fondi j'ai salué le premier verger d'orangers ; ces beaux arbres étaient aussi chargés de fruits mûrs que pourraient l'être les pommiers les plus féconds de la Normandie. Je trace ce peu de mots à Gafite, sur un balcon , à quatre heures du soir, par un soleil superbe , ayant en vue la pleine mer. Ici mourut Cicéron dans cette patrie,commeille dit lui-même, qu'il avait sauvée : Moriar in patrid sœpi servatâ. Ctcéron fut tué par un homme qu'il avait jadis défendu ; jo»

gratitude dont l'histoire fourmille. Antoine reçut au Forum la tête et les mains de Cicéron ; il donna une coït- , ronne d'or et une somme de deux cent mille livres & l'assassin ; ce n'était pa^ le prix de la chose : la tête fut clouée à II tribune publique entre les deux mains de l'orateur. Sous Néron on louait beaucoup Gicéron , on n'en parla pas sous Auguste. Du temps de Néron le crime s'était perfectionné -, les vieux assassinats du divin Auguste étaient des vétilles, des essais, presque de l'innocence au milieu des forfaits nouveaux. D'ailleurs on était déjà loin de la liberté; on ne savait plus ce que c'était : les esclaves qui assistaient aux aux du cirque, allaient -ils prendre eu pour les rêveries des Gâtons et des Brutus? Les rbéteiurs pouvaient donc, en toute sûreté de servitude , louer le paysan d'Arpinum. Néron lui-même aurait été homme à débiter des harangues sur l'excellence de la liberté : et si le peuple romain se fût endormi pendant ces harangues, comme il est à croire, son maitre, selon sa coiitume, l'eût fait réveiller à coups de biton pour le forcer d'applaudir. • Nous allons passer, dis^je à met

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compagnonakde voyage, devant le tombeau qu'élevèrent au Démoathènes des Aoiiiaiiis ses ;iilrîinchis , de leurs maioa reconnu issa a tes et pîeaw^s t nous nous levâmes à ces mots , et colnine les chevaux avaient été remis à notre voiture, nous partîmes et saluâmes ce monument de douleur et de déchirante amertume. Hermunn frémit en le contemplant, et quant à sa sœur sou doux re.an! se teignit de la pâle langueur de la mélancolie (i).

Nous avions vu Casilium avant que d'arriver à Mola. Elle osa résister à Annibal , tout vainqueur qu'il était, à son retour de Cannes, prit parti pour César, et fut fortifiée par Antoine; plus loin nous vîmes Sinuessa fondée siir les ruines de Sinope , cité grecque dont parle Strabon ; Mola nous rappela "Samos, et tandis que Gaëta, fière du nom de ta nourrice d'Enée , nous moatrail son port creusé par le sage Antonin , la tombe de Munatius Plancus et la prétenilue tour de Roland, qui domine celle du connétable de Bourbon , nous poursuivîmes notre chemin, et arrivâmes dans Suessa, antique cité desArrunces, peuple étrusque, mêlé jadis, en ces lieux, aux Samnjtes et aux Latins.

Au-delà de Suessa, nouvelle émption , nouvelle surprise ! nous vîmes te Garigliano, autrefois le Liris ; et faisant trêve à l'antiquité pour l'actualité, qui, si elle est moins inspiratrice, est toujours éminemment utile, nous passons ce fleuve sur un pont de fer, le premier dont la nouvelle civilisation ait doté le théâtre de ce que l'antique avait de plus éclatant. Regardez, mes (1) D'après de récentes conjectarei , dit M, Valéry, le tombeau de Cicéron ne serait pas le tnoDament en ruine appelé rorre di Cicérone, ce serait le vaite mausolée dont les débris *e trouvent an pied du mont Acerbara , Tisà-TiE la tonr; à droite de la voie Appienuc.

amis , dis-je à mes deUX con^ ronlemplez ret horizon, il tS des ruines solennelles de Wsi cilé tellement vieille quelooi encore l'origine. Et cepend nombrables aqueducs sont a bout sur son territoire ; un tbi am|ibi(hêâtre se mêlent h se!

et l'un des plus grands som Rome plane, te! qu'un ^ii; fnnLôtiie, S'irses murailles. Ci niarius, au retour des ruines tbai;e, repoussa le fer du Cii voyé pour le frapper, et fui mourir des mains d'OpitniuK dans ces sentimeos et aveceea sions que nous ■ arrlTâme* à bientôt à Fondi.

S'il est un spectacle faitpoo le voyageur, c'est celui que 1 incessamment le paupériane précisément aux lieux où la i par ime éternelle fécondilé, n de le condamner; et pourtant, i comme à Itri , ces repoussans t sont incessamment sous les je essaim de mendions se ruent s et nous importunent de leurs ) souvent hypocrites. Ici c'est m qui , couverte de haillons am manière à exciter vivement not passion, tient appendus à sa mellesdeuxenfaasquî, s'ilan'y pas trouvé du lait , n'auraient p bonpoint qui est empreint sur 1 gures. Là, un père, bien moins il qu'il n'est paresseux , suit cette en bottant, et tient deux aot fans par lesmains, qui sontlo si d'être aussi misérables qu'il de le dire. Enfin , une foule < faux malheureux, ment sur des bée nous entourent ""^ laissions derr campagnes

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à Mercure, et d'un autre érigé aux Muses , sont les restes de la grandeur de Fondi , joints aux hautes tours de son château, qui sont de la plus noble construction gothique. Un lac , aux eaux noires comme celles du Cocyte , achève ce tableau , dans lequel contrastent deschamps couverts d'oliviers, d'orangers et de tous les genres decactus.

Qui croirait , dis-je à mes amis , que les souvenirs les plus barbares du moyen âge se groupent ici à ceux des Âusooes et des Aninces dont nous foulons les héroïques cendres? Hariadan, surnommé Barherousse, féroce bassah du Grand-Turc, assiégea Fondi, pour s'emparer de Julie de Gonzague, jeune comtesse dont le nom révèle la noblesse, fameuse au i4*- siècle. Ce barbare voulait en faire présenta Sa Hautesse. Julie était belle et sensible, cl Te ciel ne permit pas ce rapt infAroe. Quoique surprise dans ta nuit et lorsqu'elle contiait au dieu discret des songes les rêves de sa jeuoe et belle vie, elle s'éveilla au bruit delà rumeur publique, saula à bas de son lit, et par une fenêtre elle parvint à échapper aux farouches ravisseurs qui voulaient en faire une odalisque. Le ciel protège la beauté, dis-je en m'adreslui et de Mécène, revêtu de sant à Elise qui m'écoutait avec effroi, :te et précédé de valets portant surtout quand aux grâces elle joint nsoirs. Les ruines d'un temple l'innocence !

es vœux pour qu'une bonne m , une sa^e police anéantisjour la plus choquante et la nge anomalie.

anz pieds des monts Gécuhes, dn n'était pas moins célèbre

d'Horace que le Massique et le, et frontière du royaume s, Y antique Fonda est citée

ce que l'antiquité compte de istre parmi ses géographes et riens. République des Ausoiple aborigène qui donna son

plus belle contrée de ta p&talique, elle brilla long- temps lante et fut tellement consir les Romains que, malgré la

de Priverne, sa voisine,

elle participa , ses citoyens tiedroitde suffrage dans Rome àveur qu'elle dut à l'éloquence I Yalerius Flaccus, qui les fit dre dans la tribu émilienne ; hue de sa gloire sous Auguste, toire devint , après les guerres le partage , comme tant d'auî vétérans. La voie Appieone 'se tout entière, et c'est dans I qu'Horace, passant pour se Brindes, vit le vaniteux préifidius Luscus , venir au -de-

l SICILE , LES ILES ÉOLIENNES, L'ILE D'ELBE,

.A SABDAI6NE, MALTE, L'ILE DE GâLTPSO, mvo.

B'aPrÈs LBf INSPIHATIOIfS, LU HBCBBRCHBS IT LB8 TBATADZ

>B MM. LE TicoMTE DE CHATEAUBRIAND, de LAMARTINE, RAOUL-ROGHETTE,

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