‹ L'ItalieChapitre 56 sur 56 · II · texte numérisé non relu

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PALB&ME.

st plui qu'uQé masse ihfortaie et nti^ens d^^urts dudolMÛ^e siècle. Le armonie. Le marquis de.lSglieoa, . .çcitnie Rogè|r en jeta les fondemens en oi de Sicile, éleva la fiiçade qui iiag. Il en poussa }és travaux avec le la mer. Don Juan de^Vega, sous ..'tant d'^rdë;^ , que trois ans après ils Lte d'embellir Taspeet de la viUe;. \ étaient complètement achevés.. On y aolir la tour jffo^iieï dont le çotiite; parvient par un es^flier de marbre avait flanqué un des côtés. Le

SantonStéfand fît décorer là principale de peiiitureiil^présen- ; couronnement de Pierre d'Arade médaillons ornés de sujets s à rhistoire de Sicile, et des pordes vice^^rois qui ^gouvernèrent lie depuis 1488. On y conserve ux célèbres béliers de bronze is à Syracuse. La porta nuoîHi droite du spectateur) , arc de )be érigé à Charles V , à Tocca* le ses victoires en Afrique, est « à un angle du palais. Ce moit ayant été endommagé par Li :, fut reconstruit en 1 668 : àFan^e é, s elèvela statue dePhilippe III.

deux parties les plus in têtes du palais royal de Palerme issurément la chapelle et Tobdire fondé par le prince de lanico ^ un des derniers vice-rois :ile. Il fit bâtir, en 1790, deux séparées par une terrasse ; Tune nt le cercle , l'autre l'instrument issages construit par Aamsden , i direction du célèbre Piazzi, qui idit exprès à Londres. On sait »us le ministère de Pitt des memu parlement d'Angleterre s'op- !nt vigoureusement à l'exporla^^ le ce précieux ouvrage. C'est à de cesinstrumens que le I'^ jan- 801 Piazzi vit pour la première i planète de Cérès, et fit les vertes qui le placèrent au rang erschell et des Arago.

chapelle royale (PI. 109), paroisse nies les personnes qui habitent lis, est un des plus précieux mo-

bUnc de o0nstructii^; plus moderne.

Une riche^ porte de fidrônze, d'une belle architecture, y domo^e. entrée» Le fronton, déoorÂde moM^ues prâ^euses et de jtèinturjés du seiiiième siècle , annDnc^e la richesse de l'intérijgar du t^- .ple. Il est fie forme presque carréoet divisé en trois nefs par 'des arcs en ogive qui posent sur des colonnes antiques I d^ marbre, de granit ou de porphyre ; car elles différent par la matière et parleurs proportions. Ce sont autant de débris de divers édifices de la ville antique» Le bas des murailles est revêtu de marbré blanc et de porphyre, et tout autour règne une riche frise de pierres dures. Guillaume le Mauvais fit embellir la partie Supérieure de riches mosaïques dans le goÂt byzantin , représentant de» passages de l'Ancien et du Nouveau-Testament. Ces ouvrages,. quoique très4aibles sous le rapport du dessin et de la composition, sont empreints d'un certain 'caractère symbolique que l'on chercherait vainement dans les productions des temps plus modernes. L'éclat des couleurs , l'or répandu à profusion, la raideur même des figures , qui sont plutôt des types conventionnels que des représen tations fidèles de la nature^ tout cela inspire à l'âme un sentiment de respect bien favorable au développement des idées religieuses.

Le plafond est composé de poutres fort élégamment sculptées et recouvertes de dorures éclatantes , de riches peintures , de rosaces et de caissons dans lesquels on remarque des inscriptions en langue arabe disposées

Ti

PALERME

de Roger , premier roi, de Sicile , ceux de lempereur Henri VI, de Constance de Hauteville , son épouse , de Frédéric II de Hoenstanfen, leur fils, si digne du nom de grand, de l'impératrice Constance d'Aragon qu'il épousa en 1209^ et de grand nombre de princes et d'archevêques. Ces derniers occupent l'église souterraine dédiée à tous les saints. Des statues de Gagini , principaux ornemens de la tribune, la méridienne tracée par le savant Piazzi et le ricbe tabernacle de lapis-lazuli dans la chapelle du Saint- Sacrement, m'ont paru les objets les plus précieux de l'église principale.

J'ai déjà dit queles plus grande.s beautés du temple étaient à l'extérieur. La façade méridionale (PI. 1 10] est surtout remarquable parla richesse et la bonne entente de son architecture. Un vaste parvis , entouré de balustrades et décoré de statues d'une pauvre exécution, sépare ce monument de la rue du CaS" saro. L'entrée de l'église s'ouvre sous un porche élégant composé de trois arceaux en ogive savamment combinés , surmontés d'une frise et d'un tympan enrichis de bas-reliefs d'un bon style et de quatre statues de marbre qui ne manquent pas d'un certain mérite.

L'édifice est de forme oblongue et flan-

catesse telle que Ton croirait plutôt avoir sous les yeux l'œuvre d^un orfèvre que d'un sculpteur. L'on est stupéfait d'une si grande profusion d'ornemens qui ne produit ni confusion ni lourdeur , et l'on a peine à se rendre compte de la richesse et de la solidité, de labondance et de la variété, de la légèreté et de la grâce , de l'originalité et de l'élégance qui régnent dans toute cette composition architectonique : si bien que la vue et Tàme sont à la fois occupées sans fatigue et diversifiées sans confusion. Mais il ne faut pas chercher dans cet édifice le grandiose de l'art égyptien, nil'ingénue simplicité des Grecs, ni la no|>le8se élégante des Romains, mais un goût plus pompeux, plus fastueux que pur, et plutôt oriental qu'italien^ ou grec.

Comme dans tous les ouvrages des époques de transition qui participent à la fois du goût qui s'éteint et de celui qui va nattre, on reconnaît ici le style des Sarrasins mêlé à celui des artistes du Nord. Aussi peut-on avec raison donner à cette architecture le nom d'arabo-normande.

Lorsque je sortis de la cathédrale, il pouvait être cinq heures après midi : c'est l'instant de la journée où les Palermitains, ayant achevé la sieste et

que de quatre tours élevées terminées fait leur seconde toilette, sortent, les

en aiguille. Toute cette construction est composée de pierres carrées jointes sans ciment, quoique leur dimension nedépasse pas vingt pouces , ce qui me parait sans exemple ou du moins fort rare.

Un nombre infini de colonnes de

uns pour leurs aflaires et les autres, c'est le plus grand nombre, pour leurs plaisirs. Encore habitué au silence et à la solitude des villes de la province, je fus frappé de la quantité de voitures et de l'immense population qui remplissaient le Cassaro. Il est vrai que

différentes matières, toutes précieuses, , l'approche de la fête de sainte Rosalie ,

et un luxe bien entendu d'orncmens décorent cet édifice, terminé par un couronnement crénelé qui contril^ue à lui donner im caractère tout particulier. Le fini des détails est d'une déli-

si tumultueusement célébrée à Palerme , avait attiré un grand nombre d'étrangers; mais néanmoins, je me. souviens que la première fois que je vis cette ville , en venant de Naples ,

je fus presqu'aussi étonné de cette af- d'teil de la promenade, cultiva^ flaence , quoique je fusse habitué à la ques jardine!» et rfonner la pitnl foule immense qui inonde la rue de des lourterellesctdcblaEicbescOMiA Tolède et Cliiaja au moment de la pro- recluses comme elles. menade. Des grilles dorées les défenfai

La capitale de la Sicile compte contre les rc2T>rds des curieoi , qm cent soixante-dix mille h.iliilans, res- souvent pur leurs indiecrétionsiMbii serrés dans une surface tout au plus intcnlire pour quelque temps OM 4é-:ale au huitième de Paris. On peut vertisscmens bien innocens. s'imai^iner combien cette population La Pljinclie m représente bb i

doit être hruyaOle et confuse, aussi tes balcons : la vue est priie da Tuf» ne s'entend-on pas dans les rues pria- d'une petite rue qui oomtnuotfil» cip*les. L'encombrement de la voie Cassnro.

publique résulte surtout de ce que Je crois que I'od a des idée* ta | les trottoirs sont Occupés par des gens fausses sur l'iotérieur dts nioiUiAêlG! de métier tnivaillant en |)lpin air, de Elles Jamais peut-être les rèf;ki suivant l'usage du Levant. Il faut que n'ont^-elles été si stHclement obKila position Liéographique de la Si- vces, c'est du moins ce que m'ont Jj cile soit bien favorable à l'adoption des des personnes bien instruites. On pn mœurs orientales, ou que l'influence tend qu'elles expient aujourd'hui lov des Mahométaos ait été bien grande amour pour les plaisirs un peu tra| autrefois, puisque plus de sept siècles mondains qu'elles se permett^entsu après leur expulsion , on s'aperroit en- irefois. On parle de collations recba «ondes tracesdeleurséjour.Les rues chées, de concerts , de fêtes briUaate de Palerme avec leurs enseii^nes écla- ou les clrançers étaient admis ; mai tailles , }a pliysioaomic africiiincdc ses l'iuJiscrétioji des invités nysuat éveil l'attention des supérieurs, on mit ui terme à ces diverti ssemens. Je cnio bien que mes compatriotes n'aient éi pour une bonne part dans ces intem péranccs de langue, et pur cooséquei cause de la vie toute cénobilique qi a succédé h ces temps de plaisir.

Jeprofitni du restede la journée pou

africaine de ses babitans , les nombreux marchands de sorbets , de cédrats , de limons , de dates, de pastèques, des fruits du cactus, les fontaines à cl)aque pas, les canlastorie, espèces de rapsodes à la manière des conteurs arabes dont certes ils tirent leurori|jine, entiu jusqu'aux lialcons des couvens qui, semblables

aux harems, occupent le comble des visiter le couvent des capucins pi ('dilîces,donnenLàcel[evilleun aspect dans une situation ravissante, à ui touL-à-f"ail oriental. petite lieue de Palerme. Cet ancien s

La plupart des terrasses des palais jour d'Antoine de Padoue est de la pli " ' ' ' sini|iIicilé;on

[lisons du Cassaro sont louées à des communautés do femmes, souvent fort éloii;néL'S de la. A certaines heures du jour les religieuses, et leurs élèves s'y rendent par des galeries ])ratiquées sous les rues et les ]»l.iccs , et qui souvent passcnl au-dc5S')US des édjiiccs. KUes vicnueul jouir du coup-

un certain desordre qui, sans cire u ellét de l'art, n'en est que ])liis |)i(to resque. Les jardins, ma! tenus, on to'.Lslesciiarmesdcla nature éch(Vfk( Les lauriers, ks cédrats, les mvrlcs Ic-i jaiuiins s ciilrcmêlcJiL coufuséiueu et ibrment des berceaux louli'us rafraî

CN

chii par des couraDS d'eao vive qui •"épaiicbent librement çà et là.

Je regrettai que l'heure avancée ne mepenntt pasdereater plus long-temps dans cetaailedespremiersclirétieDSjet je nie fis coodaÎTe aux catacombes que j'étaisTeouToir. Uo vaste souterraindu conventfPI. iia)ar«çu cette destioation. On j parvient par un escalier obscur. Ton tes les moraillessontgamiesde niches occop^ei par des cadavres deuécbés dont la peau et les muscles contrac- Us par 1« temps et collés sur les os produisent des jeux de pbysiooomie borriUet.L'unparalt en proie à des doi> leurs atroces, l'autre accablé d'un sommeil a^îté, celui-ci temble rire et celuilà d'one colère afireose. Souvent ces corps, miJ retenus, s'aiTaisseot, secoor^ bent et prennent cent postures grotea* qaes et ropoossantes. "rous sont habilles , les rdigieux sont rangés dans des espèces de f^uéritcs, les séculiers dans dc« cctcumIs dont les couvercles s'ouvrent à volonté.

Le deuxième jour de novembre , les &unilles qui tiennent k honneur de reposer dans ces cryptes viennent visiter leurs morts , chercher dans ces phjr rionasiies décharnées quelques reS- IM dM traita qui leur furent cfacTs , et choisir I« lien de leor dernier séjour. Ces momies m'ont paru mieux conter- .Vèetqnecdles que j'avais vues à Rome «C^ Naples, et bien plut XKnnbïftus^t 4Mtifrilc9;dc;^Ui liâtir^SwiVblVVfM 4 AbnidNis^ Je jo'aurdia :ptt.«hiotiûr m JBffmfcfdufr faviOrabl^.pour les vrisih 4Mti{fO-,JQHrétait pTÈ^df â|)tr,l«foIei(|^ IjhthtWt ,. Itln wit i» vtTSiVWs ies, ^Tmi» i(li^irtntfl^'vQ¥tfl*q»i elqjiâflrajww M&«r|>>M0M>ca|bM^Mén« ds. lOfcei^ qiÀ

PàLBRKI. S47

crus entendre retentir h nim âme ces paroles funèbres :

M«iiiento homo tfia pulri* «i et in p nlvere

Homme

Q pouMore.tu cetoDineni n:

n et qne pou-

J'avais fait une .provision suffisante de mélancolie. Je m'y laisse aller volontiers au retour, mais en voyage c'est ce que je redoute le plbsapris les douaniers, l'Anglais M^>erba et le Français bavard. Aussi , pour chasser mes idées noires , je revins à pied à Palerme. Un clair de lune magnifique , l'aspect du pays si riant et le faruit de la folle Palerme^ toute p«^, IDute brillante, tonte rive commwuns jeune lilte qui court au bal, me rendirent bientôt ma gaieté.

Oam'avait beaucoup parlé del'église 'dt Santa~Maria alla Câtena{P]. 11^); les peintres m'en disaient grand bien , les architectes tout le mal possible , c'était une grande raison pour la visiter. Ce nom lui vient de ce que , placée à l'entrée de l'ancien port, on attachait à ime de ses murailles la chaîne énorme qui servait ï en fermei: la.pwee. D'autres prétendent que sousleni Martin, vers le commencement à,u. quinzième siècle, au moment où l'on conduisait au supplice trois malfaiteurs, un orage des plus violeos vint à éclater ; ces malhe|irfiliï,d'«cl«pi»eçt, se rcfugicpl dpns p^.pçl4i,orfltw**'^*''^ inviolable bât^ *«tt«( éipDque, sifr l'emplaccmeçl ,4?

l'imifc deS^ota-.Maria alla Cat,çna.

.Çtias»p»,pnr^afain:f*ils quillèrent ^^^ fetf?i^ ÇtseJaissèrentapprébeitdçf:d| PQiiveau, Ia^(X9gcs , ils cépondireiii ^S^eiwlfinLlfinuillaMiircdeQicufeut-

j»'-fi;tiwl>«,hi9lttôt:,U)wt',eTttifK-: jenif ?*^i^,«pp*r,u.j, prf^ii, brisé leurs ch;iin«s

en grai i bonorer la

toute sa coui ipe à l>i chapelle, pour inte-Vierge. Bientôt le modeste oïd ire fut transformé en riche église t donné à des religieux tbéatins.

En »74-*> '^^^ ordre employa des somntes énormes en prétendus emhellissemenB de mauvais goût en peinture et dorure , qui la surchargent plutôt que de l'orner. Le portique est composé de huit colonnes de dilFérentes sortes de marhrcs, elles supportenl cinq arceaux, savoir ; deux au '"' flancs et trois sur la fac-ide, cel milieu plus grand que les autres. ^ atrium ou porche est éiev soubassement où conduit u.

double , orné d'une balustraat pilastres , composés de trois { superposés, garnissent les angl"- &çade et s'élèvent au-dessus d'u qui la couronne. La grande esi

supportée par des colonnes de ' mtiquG, de granit d'Egypte, de serpcn-

rendit asstz d'ombre. Des bassins noraÙMOt

(le

port

<Ic

d'autres marbres précieux. Mais si les ])eintrcs ont raison de trouver cette éiiiise pittoresque , les architeetes n'ont pas tort de s'élever contre le manque d'ensemble et surtout le mauvais goût de la foule des prétendus artistes cju'on y a employés. Près de Santa-Maria alla Catena estla statue dePbilippeV. La description des églises et des autres curiosités de Palerme demanderait un ouvrage spécial, et certes la matière ne m.inqucrait pas à qui voudrait remplir plusieurs volumes. On me permettra, à moi qui n'ai que quelques pages, d'indiquer sommairement les plus remarquables. La terrasse de la 3/rtn>(n et le jardin public, qui porte le même nom , sont les promenades favorites; les orangers et les citronniers , trop jeunes encore , n'y répandent pas

des plantes aquatiques, des viiitrw ouvertes contiennent des oiseaux fnvés dont le ramsige égaie les promeneurs. Le jardin botanique est toa avec le plus grand soîo; le moniUDcat qui s'élève au milieu est un pastiche

d'architecture messidore.

]>assait

pour grecque en France l'aoX de la république. Il est dans le style de ta me des Colonnes et de la barrière de U Cbopinelte. M. Dufouruy a donné i ~ ilerme une bien mauvaise idée it tre goût dans l'art de bâtir. Les irtes verront avec plus d'intérêt li alaine du Préteur, au milieu de \t ace du Sénat, les églises de V^jilo custode, de Saint-Josepb, àt ^livella, de Saint-Tile et surtout lie de Saint-Simon ou de la Marto- Da; l'architecture de cette dernière Lune heureuse combinaison des sty- I grec du bas-empire , arabe et normd. On y admire une ricbeite surprenante de marbres précieux, et d'ailieursquel est leFrançais quinela visitera pas s'il sait que souS ses voûtes, en 1 if)3 , se réunit la noblesse sicilienne pour prêter serment à Pierre d'Aragon de terminer cette terrible révolution , dont le signal avait été donné par la cloche des vêpres si tristement célèbres ?

Le palais de Butera -Wilding est le plus bel édifice particulier de Palerme ; ses magnifiques nppartemens meublés avec un lune ot uhc reciierche dignes d'un souverain , fees vastes pro-

lades

qui

ivalisent

ment avec la Marina. La villa Wildin^ enrichie de tout ce que l'opulence échiiréc peut rassembler, est un jardin anglais dessiné avec goût, où les productions des climats les plus éloi^és sont étonnées de se trouver réunies et ae reproduisent sur le même sol à oiel

PALEllWE.

Elle CQn

«oprK-eckil'.irti

Le.

découvert. Là le gangarou de la Non- immobutlf Telle- Hollande et l'ibis d'Egypte par- * "

courent les mêmes allées , et l'ananas du Brésil croit à l'ombre du pin d'Ecosse. Le palais de la Zisa, construction arabe bien conservée , est vis-à-TÎs la villa Wilding. Le médecin et le philosophe ne doivent pas manquer de -visiter rétablissement formé par M. Pi-

aani pour le traitement des maladies dirai i«s de laisser courir son imagjflamentales. Les gens de l'art, en le pla- t'Oû, mais seulement ^ue le paurfiç çant au premier rang des institutions prince PaJaj;onia poussa si loin sa pasde ce genre, ne font que lui rendre *'on !'«"'' ^«s monstruosités, que ^ femme étant enceinte, il suppli^i^ 1^ ciel de la faire accoucher d'un monstre.

uutom.lclr,ul ., n (le cliQval pkce iiiic tilc Iminliî de longs rrins, déplnniea on delaU^; Fiiu un baitt dcfaniDû ïu.WÏn ^i(luptâeB<b J S'allonge et sç replie en seiçejft Hn;iuei^i. i „ HoBACS, Jipani aux Fiions. Trad.dcDàiv

Enfin, pour éviter l'embarras dç décrire ces conceptions fiévreuses et .eç donner une idée au lecteur, je pe 1{Ù

justice.

J'avais l'intention de quitter la Sicile aussîtât après les fêtes de sainte Rosalie : quelques jours me restaient encore, j'en profitai pour visiter les environs de Palerme. Je commençai par la charmante vallée des CoUi , abritée du vent du nord parle monte Pellegrino. La Favorita, résidence royale bâtie dans le goût chinois, s'élève sur le penchant de la montagne. Je l'ai trouvée bien au-dessous des louanges emphatiques des Palermitains.La villa du prince de Belmonte se distingue parmi

Il ne fut guère moins exfigéré dan'ss^ raanie pour les cornes, il lui en fal)|iif; à tous prix , il les faisait ramasser partout, les payait ou poids de l'or. Sl^ caves, ses galeries, ses cours, ses galons, ses greniers, sa cbambrc à cqj^cher, salle à manger, chapelle, boudoir, enfin tout en était encombré. Ta/mente^ ine.dieait un vieiin, serviteur,, ypifet^ che mirwalo I à Palermo non si vedot'onoplUcùine! , ,.,[•■

Les princes do Butera, Valguarnei^,, les nombreuses maisons de plai'sance Trabif( La Cattolica et d'autres s^répandues dans cette vallée, et rivalise gneare siciliens possèdent à la Bnga^fj^ avec les casins ou plutôt les palais de des villas dont le bon gpùt fait un ç(^ la Bagaria, joli village à l'orient de trastebien frappant avecIepalaisdp^Ç Palerme, devenu célèbre par le goût nous venons de p.orler. ■ ,^.^

dépravé qui présida à la décoration du ■ Onpeut recommander ausaraalei^;? palais du prince Palagonia, dont la de points de vue le couvent de Salntetéte fêlée inventa plus de monstres que Marie de Jésus à une petite lieue de ,^j^ l'Arioste,lc Dante ou Milton n'en ima- ville, l'ancien monastère de Saint^ ginèrent. Il faudrait être triplement Martin, le musée, la bibliothèq,i*e.j cuirassé contre le dégoût qu'inspirent l'eficali« d'albâtre et les autres |rices sottes compositions pour décrire chesses qu'il renferme. Les agropocépalais tel qu'il existait du temps du mes parcourent avec intérêt la valleç prince fondateur. Qu'on se figure un ' " '" " '

vaste édifice rempli de plusieurs taines de statues monstrueuses, moitié homme, moitié poisson, quadrupède oa oiseau , tous produits d'une imagination déréglée qui rappelle ces vers :

de Boccadifalco, charmante résideq^iç où le dernier roi François I". s'ocçiipai t d'agriculture avant son ayénefi^ejif au Irône. . ^ . .

JVon loin de là at Montréal ou Morréah, que j'avais réservée pour

U Bible i i'uucripUOD porte U 4llf de 11&7.

L« premier objcl qui ùufft b rue m cotmat <]«ns l'église, «M «1 ÎBunense buile dn Cbnst ipti occnpi une Tasle atche auMlessus de l'aoU dars:eiit maMii*. Cet ouvrage en a»

ufque HIT uD fcMid dW produit a

OUe petite eat oméed'tui poirlte âéçml. ■

ville , siéfx d'un arcbevéché, est âoi- par des coloonea de marbrr. Oc txkt

goce(ledeui.licue&auplii£dePiilernm. pOTte«debraBKe,ouTTm;iei!eBiMMBi

Une bcUe roate, bordée de bancs de dePiw, repraeDteot de* piwirti fc

maibres . de rontaines et de IrOtloirs ,

trarerse des cîamps et des «ergcra

rirns et fertiles. A pea près à moitié

ehemin onapefçoit /a tofre délia Cttba,

ancien paUisdca énurs, babilé paries

premicf^ rtns nonnands et tntBsformé

depnis en cjnartier de caralerie.

On parrient an TDOnastère par ue

montfc rendue Faeile par des travaux efiet imposant. Les vens énomeft ma

qui coûtèrent mille onces d*ork hirebe^ blent lire dans voire Âme . et vous Tgu

véqae Testa. Cette pieuse fondation croyei face à face avec le Tr4»-Haal

renwnlc au uHiea dn rS^e de Gail- L'incendie qui ravagea celle e^ise a

laume II. La SAle-Vierge lui avant idii a un peueDdonuaagéc«pr«cian

apparu en ipDii^e, lui âécoovritdtitr^ tiavail. Dix.-liuit n.-i|^iË«{uesooloii0ci

BOT et lui oraoona d'élever sor l'eBifA*- de ^aail parlaient l'éfltae «a tm

cément d'une ancienne forteresse de* nefs et soutiennent le* ares «n o^ve

?tfaures , une ^lîse (font dle-mtoie qui portent la couverluie. Leschapi-

traça le plan. Le dévot nKMarqne se têtus , tirés de monumcus antiques

hlla'de remplir les wlontés d« la Hère ne sont pas loujonrs eu rapport avo

dclKcti,fltjelereBii74lM'^<>*x'cBiaife les fûts. Huit aunt d'ordre connUuen,

de V&ïlisé que Ton voit aujourd'hui, t le» volutes sont remplacées par da

adjoiirnil un monastère de béDcdictins cornes d'abondance , ce qui poumii

et obtint do pape Ale-tandre fTI la faire cnnre qn'ils vieiuMal d'un an-

L d'un é\-éc1ié dont te tltnlaiM cien temple dédié à Cérès. \4t pa-

lit toujours ^tre choisi parmi tea vé est

m pose

de

fils de saint Benoit. L'abbé du célèbre -en marbre de couleur, et à/t %g>tt*

rouvent de la C.'H'a prés de SalenM, -d'bommea, d'animaux ou à» p*nT**t

stir lu demande du roi, en vm^ cent Les murs sont décorés, ctMnme la cba-

iiinjnes de son ordre, en accusant d'un pelle du palais roj'al, de nuuiKedan

Ion bien piteux la perversité des temps Vk bas et de mosaïques dans U p^rtK

qui ne lui permettait pas d'en raïsen- supérieure. Le cboeur est revéta~d<

Mer un plus ^mnd nombre pour celte porphyre et de otarbre. On coBScm

colonie. dam celU ^li«e lM.fi^4ff».^Ç?î#-

Ln catfifdralc eîc Montrent {Pi. n3) Jaume le Wauyaig, TW|fyffHff f ^jiffl^fl''

est I.ien dii;nc de la magnificence de sarcopbqge da }KH;pbjf^,efii^fpfi;);^;^C

r.uill.iumt le Bon. Le nom de i'jp- six «olonn« qui ^if |«wtfij^ ^pfl,.fLi^

cliittrie ne nous est pas parvenu. Il dan«Ug♦ûLdpiep♦c^.Ufr>|a^^]^y^^^^

t-Êt poàsibie, à en juger par le gtvle aussi reposff «biu cç^, 1(9^^^^

de la construction , que ce s'il un de avait élevé««, tîa«, ipp^^fît ^W^ff*

(is .-Il listes arabes que les vainqueurs utarbre bl^ç.lui (mX ç^i^ç^en^^;;^)

s:,i-fiu n tenir en Sicile par ia crainte près de quatre siè^içs ^Tif^, ftWAi

"u p.irics présens, L'cHlrécduteoi|de pat l'jirç^çtÉqfieJPf^ijiff l^^ç^p^^ ,

PALERME

abbaye contiguë à l'église est d'une ;sseen rapport avec la magnificence 3 monument. Le cloître est tout-àdans le goût mauresque, on se ait plutôt dans une cour de l'Al- )ra ou sous les portiques d'un pales califes , que dans un séjour de 3ites. De riches colonnes accoui soutiennent les arceaux d'un galbe nt qui règne autour d'un jardin et embaumé (PI. 1 13).

immer les bénédictins, c'est rap-

à la fois l'amour de la science et irts, et le souvenir des services LS à l'esprit humain par les Mabilles Galmet et les Montfaucon.Les :tions formées par les pères de réal, la bibliothèque surtout et édailler sont bien dignes de la ation de leur ordre. Us s'énorissent avec raison de posséder le i œuvre de Pietro Novello, dit )rréalèse et surnommé le Raphaël cile. Ce tableau, principal ome-

du grand escalier, représente Benoît donnant la bénédiction à ciume le Bon. L'artiste s'y est peint son père et sa fille , héritière de lens.

itait tard lorsque je me disposai à naer à Païenne ; le noble bénëdicui m'avait accompagné dans ma à son couvent m'offrit Thospita- »our la nuit. Je l'acceptai avec r, charmé de jouir du lever du qui , de cet endroit , devait être able. Non-seulement je fus tromns mon attente, car il plut une e partie de la nuit et de la ma- : mais, ce qui est pis encore, je li de me trouver sans logement à etour à Palerme. Depuis quelques l'affluence des étrangers était telle 18 arrivans avaient la plus grande du monde à se loger. En descende voiture je vis soos le vesti* ^

bule de mon hôtel mes malles et tout mon attirail de voyage ; je m'informai de ce qui avait pu provoquer ce déménagement , on me répondit qu'un Anglais arrivé dans la nuit s'était emparé de l'unique chambre que j'occupais , et sans façon aucune, avait remplacé mes bagages par les siens. Je lui rendis la pareille, et je m'attendis à sa visite.

Eu effet, bientôt je le vis entrer chez moi , me faire ses excuses et me dire qu'il avait cru que l'hôte , en assurant avoir loué la chambre, tâchait seulement de lui en imposer afin d'en exiger davantage. Nous nous mimes à causer. Il se rendait à Malte, et ne savait, disait-il, quel parti prendre pour la traversée, n'ayant pu trouver de bâtiment chargé pour cette destination. Il ajoutait qu'il serait charmé de rencontrer un compagnon de voyage pour partager la dépense d'une tar»

tanne qu'on fréterait. C'était précisé ment l'occasion que je cherchais depuis mon arrivée. Je lui dis que volontiers je serais de la partie, et les deux hommes qui, un quart-d'heure avant, se souhaitaient aux cent diables, se quittèrent en se donnant la main. Le soir mon Anglais avait terminé le marché pour soixante onces d'or. J'en devais payer quarante , ayant le droit de garder la tartanne à mes ordres pendant mon séjour à Malte , et de revenir à Palerme. Mon compagnon restait à la cité Valette , où il était employé du gouvernement en qualité de médecin. Le départ fut fixé le lendemain du dernier jour des fêtes de sainte Rosalie.

J'ai souvent eu occasion de parler du monte Pellegrino, célèbre par la retraite d'Amilcar Barcas , et plus encore par celle de la patrone de Palerme. La fête de cette sainte est l'époque de l'année qu'il faut choisir pour

PALERME

est vraiment é:ncrveillc de tout cet éclat obtenu p«nr de si petits moyens.

La journée se termine par un feu d'artifice tiré à la Marina et par l'illumination des deux grandes rues , ce qiii produit un coup d'opîl unique , de la place octogone d'où l'on embrasse toute l'étendue de Palerme.

Le lendemain , à six heures de l'après-midi, a lieu la course des clie- Taux. barberi , libres , tous parés de robans et de panaches. Rien n'est beau comme l'émulation qui les anime, les eâbrts et les ruses qu'ils emploient poair se devancer . Neuf J leu res son nen t, et lis cbar, qui la veille était resté tfil j>alâis, retourne au rivage, tout resplendissant d'illuminations qui se jouent sur les dorures et lui donnent lin aspect de féerie. Le troisième jour, nouvelle course, nouvelle illumination et feux d'artifice pendant tout le reste des fêtes. Le quatrième, les places et toutes les éfslises sont brillantes de bougies, plus de douze mille étincellent dans la cathédrale en gir«andoles, en VL uîrlandes et en dessins de mille sortes. Rien ne peut rendre l'effet prodigieux de ces lumières. Je ne puis y comparer queniluminalion du théâtre de Saint- Cbarles à ^l'aples, les jours de grand sala ou celle de Siiint-Pierre de Rome. Le lenriemain au soir toute la ville parait en feu et retentit des symphonies des orchestres en plein vent, placés de distance en distance. A dix heures, les portes de la cathédrale s'ouvrent et laissent sortir une innom-* brable procession. Les confréries, les corporations, se groupent autour de leurs saints protecteurs, représentés par des statues dorées, revélues d*étoîTe^i hrillîintes on l'argent, lor, les pierrps ;)rérieuses, étincellent en rama* ges. Cpt.le foule de s.iinls dorés s'écouio : une châsse d'argent s'avance ,

ro sont 1rs reliques de sainte Rosalie. Oîi ! rVst alors cju'il faut voir l'enthousiasme, d'abord retenu impatiem* meiiL comme le coursier qui naguère frappait du pied le pavé du Cassaro , l'enthousiasme s'aocrott, éclate et gronde. Ce sont des transports, des cris, des tonnerres de hurlemens qui couvrent le bruit des orchestres et àssour^ diraient un cydope

Les saints passée, la foule se dissipe , le latnpio/1 s'éteint en fumant, et il ne reste (les cin([ fêtes que- le souvenir, qui deviendra bientôt pont les Paiera mitains le sujet des conversations de toute l'année.

Rien ne me retenait plus en Sicile, ou i>oup^rler avep plps d'exactitude, le temps me pressait trop pour que j'y fisse un plus long séjour. Nous devions partir immé^liatement après les fêtes , mais noi; marins fatigués nous )l- mandèrent un jour de réjdt qui nîe leur fut accordé qu'à regret par mon impatient compagnon de voyagé.

Je fis mes adieux à Palerme par une dernière visite au palais d'Orléans (PI. ii4 bis). Cette gravure est une fidèle réduction d'un charmant souvenir de notre ami M. Joinville*, son joli tableau ne peut manquer d'attirer 1 attention des connaisseurs.

Le x'j de juillet nous mîmes à la voile par un vent du sud assez violent qui contraria notre marche et nous poussa droit sur Ustica^ petite île à quarante milles au nord de Palerme. Elle a pour base un gisement volcanique recouvert d'une couche de terre végétale mêlée de détritus, produits des éruptions de cet ancien volcan , qui rendent le sol très-fertile. La petite ville de Sauta- Maria , bâtie en 1 700, n'offre rien d intéressant, si ce n'est ses fortifications élevées pour la dcfeudre contre les descentes des corsaires barbaresques. Le

•îft

HALTE

Pour épargner au lecteur le lourd ennui de cette traversée, dont quelques bons dîners arrosés de Tin de Marsala furent les seuls événemens dignes de souvenir, je le conduirai sans retard sous les bastions de la cité Valette (PL 1 1 5) , sans même nous arrêter à Pantaleria , l'antique Cossyra , petite île moins grande que Paris et peuplée de trois mille cinq cents habitans, qui vivent, dans la crainte de Dieu et des deys de Tunis , du produit de leurs vignes et de leurs champs de cotonniers. Et s'il a la patience de parcourir ces pages , en attendant que les préposés du port aient vérifié notre police de charge, je rappellerai à ses souvenirs les points les plus importans de l'histoire de Malte.

Les tles de Malte et de Goze furent connues des anciens sous les noms de M elita et de Gaulos , et sont souvent mentionnées dans les écrits qui nous sont parvenus. Depuis Homère , plus de cinq cents auteurs ont composé des ouvrages spéciaux sur cet archipel dont la circonférence totale est tout au plus de vingt lieues. Les Phéniciens paraissent avoir possédé l'ile de Malte dès les temps les plus reculés, ainsi que le prouve ce passage de Thucydide : « Les Phéniciens occupaient presque toutes les côtes de la Sicile et en outre, pour les intérêts de leur commerce, les aiutres petites tles adjacentes ; » on lit aussi dans Diodore : « Dans la mer au sud de la Sicile sont trois petites lies qui chacune ont une ville et mi port qui offre aux vaisseaux battus par la

tempête un abri sûr. La principale se nomme Melita , c'est unis colonie des Phéniciens qui , lorsqu'ils naviguaient pour leur commerce jusqu'àl'Océan occidental , relâchaient dans cette ile attirés par la bontédupo^t» .La troisième tle, dont il est ici question, est Cumin, qui forme avec les rochers de Cuminetto et de Folfona l'archipel de Malte.

Plus tard, les Carthaginois, leurs descendans et leurs rivaux , attirés par les mêmes avantages que ces ports offraient, s'en emparèrent et y laissèrent plusieurs monumens puniques ; ces tles éprouvèrent le sort de la Sicile , furent soumises aux Romains, et, à la chute de l'empire, passèrent sous la puissance des Sarrasins.

En 1 089 , Malte et les autres tles voisines furent conquises par Roger, comte de Sicile , sur le roi de Tunis* En 1 53o , cette tle faisait partie de la monarchie espagnole , lorsq^e Charles- Quint la céda aux chevaliers de Rhodes. Depuis , ces religieux ont pris le titre de chevaliers de Malte.

Comme à dater de cette > époque les annales de Ttle sont intimement liées à l'histoire si intéressante de l'ordre de Jérusalem , on me permettra de jeter un coup d'œil rétrospectif sur les vicissitudes de cette religion. ,

En 1048 , lorsque TEujrope enflammée d'un, saint zèle se déversait sur l'Asie et venait expier, sur les dalles . du saint Sépulcre, les crimes, oommis à "^ huit cents lieuSs de là , des gentishommes d'Amalfi, émus de compassion pour les mauvais traitemems dont les

^ ir

infi^ ibJaîeôt les uèlerins

9 pèli

tiltrrer i relations que leur com-

merce prortirail auprès du soud:in

d'I'vg^pie , et obtinrent lo permission dcbàtir, près du tombeaudu Christ, un hospice où les Chrétiens pussent se remettre de leurs fatigues: ils y construisirent une chikpelle sous le nom

j>ro- vœux et des autres devoirs qn'ib

de Saint-Jean-l'AumAnier. L'établissement subsista des auroftnes qu'on recueillait en llalie et ailleurs. Bientôt on se trouva en état de hâtir un second hospice pour les femmes ; lels furent les faibles commenccmens de l'ordre de Saint- Jean -de- Jérusalem, (jui devint plus tard le boulevart de la chrétienté et dont les bases, minées de nos jours par l'incrédulité, devaient s'écrouler sous le souffle de riionmie du siècle.

Le nombrp des hospitnliers s'accrut considémblement vers le commencemenldu douzième siècle; un Français, nommé Gérard, qui était !x la tête de CPlIe sainte institution, leur proposa (le prendre un habit rcliirit-ux ; il leur doni);i des rèi^lts simples .jiii tendaient toutes â l'ultlilé des pauvres et des pèlerins reçus dans les hospices ; le pape confirma ces statuts.

Raymond , d'une illustre maison de Daupliiné, sirccé'la à Oéranl ; son zèle ne se Imrna pas aii\ soins qui avaii-nt occupé son prédécesseur. Les pèlerins couraient les plus irrands risques sur les chemins infestés île briijands, et souvent n'arrivaient à l'hospice que dépouillés et maltraités. Raymond , se trouvant à la itte d'un gnind noral)re d'hospitaliers , résolut de marcher contre les infidèles, et de puri:er les chemins des bandits , sans néanmoins que ces nouvelles fonctions dispensassent les reli^eux de leurs

taicnt imposés. La plupart des hos|)di tiers étaientd'ancieDS croises restés liai le pays; ils acceptèrent avec joie la pn position (le leur chef et quittera volontiers une vie sédentaire pour r prcnilre leurs habitudes guerrière:

Raymond les divisa en trois classes. I première comprenait les nobles etcei qui étaient capables de porter les arrae les prêtres composaient la seconde remplissaient leurs fonctions nrdini res ; la troisième était formée des frèn aervans, qui devaient s'occuper di emplois auxquels les chevaliers les af pelleraient.

L'ordre était déjà assez oombreu sous Riiymond, pour être aussi pal tai;é en huit nations qu'où appell langues. A chacune d'elles est alfeclé une des grandes charges de l'ordn Raymond fut le premier grand-maltn Les revenus, produits des libéralité des souverains de l'Europe ^ étaies partagés en deux parts ; la premiïn était appliquée aux dépenses nécessitées par les m.-itades, I.i seconde aui frais de la i;uerre.

Les biens de la religion étaient administrts par des olliciers nommé commandeurs du litre de leur commission, coinineniiamus vobis, etc. Ceu\ci étaient surveillés par des prieurs qui visitaient les commandeurs ; les baillis étnienl des commandeurs suhalterne-s qui prenaient à hait les comniandtries et les réi;iss;iicnl. On ne doit cependant p:is les confondre avoc les grands baillis (jui étaient supérieurs aux coiumandcurs eux-mtuies , et ne rclevaieui C[ue du grand-maître.

« L'histoire de Malte, dit le sayanl d'Anquetil , est remplie de hauts fai»

d'armes, tant généraux que parlicu-

MALTE

liers. Quant h ce qui s'est passé dans riniérieur de cet ordre, rivalités, jalousie de a^ouvemement , ruse pour se supplanter, malgré la franchise militaire dont se targuent les chevaliers, ce sont de véritables intrigues de cloître, qui ne méritent d'être rapportées, qu'autant qu'elles ont produit quelqu'événcment remarquable et influé sur la constitution de l'ordre.

Gilbert Assalis , quatrième grandmaître anglais, employa les armes «le l'ordre en faveur du roi d'Anjxleterre , dans une guerre qui n'était pas guerre sainte , et fut obligé de se démettre. La première possession de l'ordre est le château de Margat, sur les confins de la Palestine. Ils s'y retirèrent après la prise de Jérusalem par Saladin , et y fixèrent leur principale résidence jusqu'en 1 192. Ils en acquirent une plus assurée dans la ville d'Acre, dpnt la prise fut en grande partie leur ouvrage. On leur donna le nom de chevaliers de Saint^ean-^'Acre .

Alphonse de Portugal , onzième grand -maître, voulut réformer le luxe et d'autres désordres qui s'étaient introduits; et ne réussit pas dans son entreprise. Il abdiqua en 1207 ; mais il n'en fut pas moins, dit - on , empoisonné.

L'anarchie se mi t dans l'ordre. Les hospitaliers et les templiers, autre ordre militaire dont on parlera , se battirent; mais la nécessité de tenir tt^teaux Sarrasins les réunit, et rétablit la règle chez les hospitaliers. Alors les biens affluèrent dans l'ordre de la part des princes contens de ses services dans la Palestine, et les privilèges honorifiques de la part des souverains pontifes. Le seizième grand-maître étendit les domaines en Palestine, et y fortifia plusieurs châteaux qui devinrent le point d'appui des chrétiens dans la Palestine. Les Sarrasins n'en prirent

jamais aucun, qu'en passant snr les cadavres sanglansdes chevaliers qui les défendaient. Ils s'y faisaient tous tuer.

Après la prise d'Acre par les infidèles, à la fin du douzième siècle ^ Jean de Villiers , Français, vîngt-etunième grand-mnître , se retira avec son ordre dans l'île de Chypre. On offrit aux chevaliers des retraites en Italie et ailleurs ; mais ils ne voulurent pas s'éloigner de la Terre-Sainte, où ils comptaient toujours rentrer. En attendant, ils armèrent des bâtimens pour convoyer des pèlerins qui allaient visiter le«î s.?ints lieux. Ils revenaient avec des prises considérables faites sur les corsaires infidèles qui croisaient pour enlever les pèlerins. Ainsi commença la course qui fut dans ce temps la prin* cipale ressource des chevaliers, parce que plusieurs princes, les regardant comme inutiles depuis la perte de la TerrerSainte, avaient arrêté leurs revenus dans leurs royaumes. Aussi les chevaliers murmuraient-ils quand lears grands-maîtres n'étaient pas assez ar* dens pour ce genre de guerre trèslucratif.

En 1 3o8 , Foulquet de Vîllaret , Français , vingt - quatrième grandmaître, obtint, par l'estime qu'on avait pour lui , de grands secours des princes chrétiens , tira son ordre de l'Ile de Chypre, dont le roi le tenait en sujé* tion, et l'établit dans l'tle de Rhodes, dont il fit la conquête. Us en prirent le nom de Chevaliers de Bhades. Les petites îles qui environnaient Rhodes formaient comme un royaume, rendu pins puissant par les débris des richesses des templiers , dont ViUeret eut l'adresse de s'appliquer une partie. Il vécut trop en souverain, et se donna des airs de puissance absoloe. L'ordre le déposa. Le pape le rétablit. Après s'être procuré l'honneur de

MALTE. 359

d'Egypte. Les Sarrasins et les Turcs Cependant quelques chevaliers, émus

trouvaient toujours les chevaliers prêts k les combattre dans toutes les expéditions qu'ils voulaient entreprendre.

L'opinîÂlreté des agressions et des résistances fit concevoir, dès 142^8, aux Musulmans, le dessein de prendre Rhodes, et lie chasser de leurs mers ces entieniis embarrassans. Les tentatives de ce projet se réalisèrent en i48o, sous Pierre d'Aubusson, trente -huitième grand-mattre.

Le f^rsind-visir P.iléologuc , renégat l^rec de la maison impériale, fut chargé du sîége^ j)ar Mahomet, conquérant de Constantinople. Il descendit à terre avec une grande armée munie de tout €« qui était nécessaire pour une opération aussi importante. Le renégat n'épargna ni le sang de ses soldats , ni •es trésors, ni les trahisons. Il voulut faire empoisonner ou assassiner le l^mod-vmattre , et peu s'en fallut qu'il ne réussit. Il chercha à gagner les habi tans par des promesses et à les effrayer par des menaces. Les assauts se suc-* cédaient rapidement, mais toujours •ans succès par la valeur inébranlable des chevaliers, et la bravoure des soldats amenés par eux de toutes les parties de l'Europe, et invincibles sous de tels chefs. Il essaya d'engager le grand-mattre à une capitulation, en lui remontrant le triste état de la place, que les murailles étaient rasées, les tours abattues , les fossés comblés. « La

• ville, répondit l'intrépide d'Aubus-

• son, est assez forte tant quelle sera 9 défendue par les chevaliers. Nous 9 n'avons tous qu'un même cœur, un m même esprit, pour unique objets la 9 défense de la foi, Thonneur et la » gloire de notre ordre. Des hommes 9 qui ne craignent point la mort sont 9 plus forts que les murailles et les 9 bastions. »

de la peinture faite pas l'envoyé de Paléologuedes horreurs commises dans une ville prise d'assaut, le pillage, le meurtre, Tincendie, le déshonneur des femmes et des filles , inclinaient à traiter. D'Aubusson, instruit de ses dispositions, les fait venir, et, comme s'ils n'eussent plus été ses frères, il leur dit : « Messieurs , si quelqu'un de vous ne » se trouve pas en sûreté dans la place, » le port n'est pas si étroitement blo-* » que fTue je ne trouve moyen de vous h en faire sortir; 0 et après une courte pause , avec un air d'autorité et d'indignation , « mais si vous voulez de- » meurer avec nous, qu'on ne parle » jamais de composition , ou je vous » ferai tous mourir. » Ces paroles foudroyantes couvrirent ces chevaliers de honte et de confusion. Ils se jetèrent k ses pieds, et lui promirent d'expier par ' leur sang ce mouvement de faiblesse. Il leur donnait l'exemple. Le poste le plus périlleux était toujours le sien. Levisir chargea douze de ses plus braves soldats de pénétrer jusqu'au grand-mattre dans un assaut, et de le débarrasser de ce redoutable adversaire. Ils lui portèrent cinq coups qui ne furent pas mortels. Son sang qui coulait anima les chevaliers. Ils précipitèrent les Turcs du rempart, les poursuivirent jusque dans le camp , d'où ils regagnèrent leurs vaisseaux en tumulte, et dans une déroute complète.

La réputation d'Aubusson a reçu une tache par la conduite qu'il tint à l'égard de Zizim. Ce prince chercha à Rhodes un asile contre la mauvaise volonté de l'empereur Bajazet, son frère.

Il fut ])icn reçu. Le grand-maître prit toutes les précautions pour le mettre à l'abri du poignard, du poison et des autres embûches que son frère lui tendait; mais il prêta l'oreille aux offres

il 11 monarque ottoman, et ,

1 ne somme coosidéraLle et

c lages pour l'ordre, il con-

»L. ^c rendre gefllier du prince ,

floi I auraitpuse servir pour iillumer 1 lerre civile cliez les Turcs. Zizim

a ^it hautement de ce vil marché ;

m 1 n'était pas à la Gn de ses peines. L' ne demanda aussi à l'avoir entre se ias pour le biende la chrétienté, d 1, et pour tenir les Turcs en res-

pi lotre la parole donnée à Bajazct

di r toujours l'infortuné prince ,

p< lequel il payait une grosse pensio l'Âubusson le livra, sans intéré 'On ; mais pourquoi fut-il nom-

me car dignité si peu propre à

un guer omme lui? A quel titre

obtint-il tant de faveurs pour son ordre, entre autres la réunion de ceux du Snint-Sépulcre et de Saint-Lazare , ù celui de Saint-Jean? Il fut dans le principe cause de la mort du prince musulman qu'Alexandre VI, pour une somme de trois cent mille ducats^ fit, dit-on, empoisonner. H est cependant plus vraisemltlaljle que ce crime fut commis par le sultan. La plupart des Iiistoricns assurent ce fiiit, et les Turcs eux-mêmes l'attribuent à leur souverain.

La brave défense de d'Aulmsson ne ralentit pas le désir qu'avaient les Turcs de s'emparer de Hhodcs. Soliman, leur empereur, fil connaître ouvertement qu'il était déterminé à s'attacher à cette conquête. L'ordre lui ojiposa Villiers-dc-rilc-Adani, Français, quarante-deuxième grand-maître, élu en iSai. Il s'occupa sans rclûche des préparatifs nécessaires pour repousser l'invasion qui le menaçait. Après des invitations amicales, Soliman envoya sommation au grand-maître de lui abandonner l'île. Il lui promcltait en ce cas toutes sortes de bons Iraile-

mcns etdefaTCDrs.«Mai8sivons«ii

■ ferez paspromptetnent .^ nosonln * disait-il , vons serez tous passés |

■ le fil de notre redoutable épée, et

■ tours et les murailles des bastiooi

■ Khodes seront réduits à la hiuti

■ del'herbequicroitauxpicdsdetou

■ ces fortifications- » Ce cartel fut; puyé par une forte armée. Aussi après son débarquement, elle a mença ses travaux con tre la pla mais les soldats , vigouretisement poussés à plusieurs assavts, se déo ragèrent.

Soliman, instruit des murmun accourt lui-même , débarque à la l de quinze mille hommes choisis, place sur un tribunal élevé , et ordoi que toutes les troupes, sans amn paraissent devant lui. Il les fait en ronner de son escorte. Après de i reproches , faits avec des regards l< ribles , et d'un ton altéré par la colèi k un signal convenu, les quinze ni hommes tirent leurs sabre.*, et les lii nent suspendus sur la tête des eo paWes. Les généraux se jettent à ; pieds, le supplient de pardonner: to implorent à grands cris sa miséricort Le sultan se laisse apaiser, a A vol n prière, dit-il, je suspends la pui B tion des coupables ; qu'ils aille B chercher leur grâce dans les baslioi n et sur les boulevarls des ennemis.

L'assaut, après celte scène, fut te rible , et fut suivi d'autres auss.i aclia nés. Cependant Soliman aurait bii pu n'être pas plus heureux dans s( entreprise que Mahomet, s'il nés' tait ]ias trouvé un traître dans la vill dans le conseil même, enfin le chai celier de l'ordre, qui lui donnait av de tout ce qui se passait, et lui dicta les mesures qu'il devait prendre. 1 jalousie seule, le dépit de n'avoir pi été élu grand-maîlrc, poussa ce rel

Malte.

gieux à cette perfidie. A la vérité il fut découvert et puni ; mais ayant été chargé des approvisionnemens de vivres, et de munitions de guerre, la ville, par sa trahison infAme^ se trouva dans un état de dénûment qui hâta sa reddition.

La capitulation , aussi avantageuse que pouvait l'espérer une ville réduite aux dernières extrémités, fut observée fidèlement. Soliman traita le grandmattre avec égards et distinction. Vil* liers, accablé de chagrins, n'en veilla pas moins à la sûreté de ceux qui abandonnaient l'île. Outre les chevaliers , plus de quatre mille habitans suivirent la fortune de l'ordre. Le grand-mattre s'embarqua le dernier, après avoir donné Tordre à ceux qui s'écartaient de le rejoindre à Candie. Quand tout le monde fut à peu près réuni , il partit pour l'Italie, et s'arrêta en chemin à Messine. Son arrivée avait été annoncée publiquement ; toute la ville se trouva sur le rivage. Au milieu du pavillon ordinaire de la religion il avait arboré une bannière sur laquelle était représentée la Sainte-Vierge , tenant son fils mort entre ses bras , avec cette légende : Afflictis spes ultima rébus ; ma dernière ressource dans [ajffliction.

Tout le monde avait les yeux attachés sur ce vénérable vieillard. Le vice-roi lui offrit, de la part de l'empereur Gharles-Quint , la ville et le port de Messine, pour entrepôt de sa flotte.

L'archevêque^ les grands, les nobles, le peuple, par une triste et muette admiration , lui témoignèrent la part qu'ils prenaient à sa situation.

On le conduisit au palais , dans un morne silence. Le regret d'avoir été obligé de remettre entre les mains des infidèles une tie où ses prédécesseurs avaient régné avec tant de gloire pendant près de deux cents ans, se mani-

festait dans toutesses actions, dans tous ses discours, et jusque dans ses regards; mais sa douleur notait rien à sa vigilance, n prodiguait ses soins aux malades et aux blessés, et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. Quand sa colonie se fut un peu rétablie, il se remit en mer, débarqua dans le golfe de Baies, et alla voir ce qu'il pouvait espérer du pape. Il ne tira d'Adrien VI que des promesses , et serait resté dans letat le plus embarrassant si la mort n'eût enlevé ce pape, peu affecté des maux de Tordre. U fut remplacé par Jules de Médicis, qui avait été lui-même religieux de Malte.

Le premier service que ce pape rendit à Tordre fut une bulle, ifui défendit aux religieux de s'en séparer; par-là il empêcha la dissolution, qui paraissait inévitable.

U leur fixa ensuite pour séjour Viterbe, place de Tétat ecclésiastique, en attendant qu'on eût trouvé quelque lieu plus convenable. Après beaucoup de négociations , dans lesquelles le désintéressement de Charles -Quint ne brille pas , il leur céda Tile de Malte, à la condition onéreuse de se charger de la défense de la ville de Tripoli , qui exigeait une forte garnison et une grande dépense. Ne pouvant trouver mieux , le grand-mattre accéda à de pareilles propositions. L'ordre prit possession de Tile en 1 53o , et en a tiré le nom de Chei^aliers de Malte, qu'ils portent encore aujourd'hui. Villiersde-TIle-Adam s'appliqua à fortifier Tile , qu'on trouva sans défense. Il mourut dans un Age très-avancé. On grava sur son tombeau : Cest ici que repose la vertu victorieuse de la for" tune.

Les précautions prises parTIle-Adam, pour fortifier la nouvelle demeure de Tordre , servirent à faire échouer une

nÎMi ric Snliman. Piqtié cî[>alemplaceTneDt qtiÏBTaît étstaWirctflnilu*cnrB.iifci,tlont Ire de sa ^loirr, bitit tmevilleappo* ■le son nom, la cilé V.ilett«. Le cmvent et b résidence descheTalienjW clé traiis|>ortée ; comme il oe fallait p» laisier languir l'ouvrage, quai>dVtr- ^ent in:iD(|ii3Ît oa payait avec oK monnaie de cuivre tju'oa repreoaiKt donnant lu valeur première, lorsqn 1 aru;eul revenait. Oo y lisait i A'on m,

il veu. :er lei raert en prenant

RbecUb iinuaient it lc« inftRler. il doMU re k ëinsn B.isin, qu'il enwoyti i^cr Tri(>oli , de détruire en paiM I nid de pirates i mais quand Sinan vui min pied k terre, et qu'il eut considéré al tenliremetil la litunliondu cliAtcim Saint-An^^e et »es boidevart).

il dit n un cortnire, qui le pressait de seil fidct , le taôtal n'y fait rieci c'tu former son attaque t ■ Vois-tu ce cbi- la confiance.

■ teau? Cerlaineroent Vaific ne pouvait

• jamais choisir, pour placer son nid,

■ une pointe de rocher plus escar|iéc:

■ il faudrait avoir des ailes comme lui a pour y venir, et toutes les forces du devaient ji

■ monde nr pourraient jamais l'y for-

• cer. ■ Cependant, pour oe pas déao- Miger entièrement ce corsaire, qui était fort puissiint, Sinao rav;it;ea l'ile, et mit le siège devant la capitale. Ln bonne contenance îles assiégés le força de se retirer.

Soliman fit encore contre l'ordre, rn i5G!î, koiin Jean de Lavaletle, qunr.inle-septième grand-maître, une tentiilive qui a été l'attaque la plus im-

pfirl.inte qi

Un Iiomme qui in

particulier les év

lit dai

SMIJI^.

i imprévus elliisarresqui peuvent avoir Heu dans un siéire, ne pourrait rien inventer de plus extraordinaire que ceux qii'a tracés la plume de l'historien de Malte. On ne peut montrer plus de fernielé, de bravoure, d'activité, que le ^rand-maître et ses cbevaJiers. Lavalette fut hlessé sur la brèche : (juand on voulut le faire retirer, il ré[iondtt ; ' Puis-jeà soixante-onze ans linirplus » glorieusement qu'avec mes frères ? • Re|ioussé5avec la dernière opiniâtreté, les Turcs se retirèrent sans doute pour ne plus reparaître sur cette terre imbihéedeleurBang. Lavaletle, surlcpriu-

La religion conclut aveclesTurcf,»

i7a4< uix^ trêve de vingt nns, àchupt d'entre renouvelée li les parties eotoiK venaient Pendant sa duréa, les MalUu .dans les étals du fsrai)^ seigneur, des mêmes privilèges queict Français. On slipula rechange et li prix des esclaves. Le sultan oe pouvûl secourir les Barliaresques , et le Inilt devait être nul dès qu'un princo dw tien aurait guerre avec la Porte. •

Depuis long-temps l'ordre deSaisfr Jean-de-Jérusalem.alIaibli parla perU lie SIS communderies d'Anj;lelerre fl d'Allemagne, ne pouvait faire face ani dé|)enscs (|ue nécessitaient le lu:te det grands oflicicrs et les abus introduils d:ius le gouvernement. Déjà son Irélorsque l'assemblée

nationale décréta la suppression df l'ordre, elTL unit aux domaines deléut les biens qu'il possédait en France Ce dernier événement mit le comble à sa détresse. Il vécut queii|uc tem|)i d'emprunt ; mais celle ressource manqua bientôt. Le grand-maître, Emmanuel de Rolwn, crut alors apporter un remède efficace ii la situation difficile où se trouvait 1 ordre, en le plar.-int sous la protection de Paul 1"., empereur de Russie. Ce souverain promit en ellct des sommes très-considérables qui deviiicnl rétablir les linanccs du gouvernement, eu échange

MALTE

rquM diêtiActives des croix de ean-de-Jërusaletn^ qui luifurent ieten grande pompe,aiDsi quauY ssde la famille impériale. Déjà 6 payement de trois cent mille lilait être effectué par la Russie; des chevaliers se ranimait; leur aattre, Homspech, s apprêtait à la marine, quand les volontés ance anéantirent soudainement *e célèbre, etlexpulsèrent d'une ; Ja possession faisait sa force, parte, chargé du commandei l'expédition destinée h la con* BTÉgypte, reçut du directoire ie s'emparer de Malte au nom {publique. Malgré le pacifique des plénipotentiaires du con- Hastadt, les chevaliers pré* t ces desseins; et déjà Tfle é mise en état de défense; les maltaises furent armées au de sept mille hommes; les posibués par le grand-maître entre s militaires de Tordre. Toutes ires nécessaires pour soutenir s furent prises avec un grand i. Mais ces préparatifs ne pu* me retarder de quelques jours léte de Malte.

juin 1798, les vigies des forts ent la première division de la ii devait transporter en Egypte ueur de lltalie; le g, les Franarquèrent à la cale de la Made- ; trois jours plus tard ils enm maîtres dans la capitale. De ordre célèbre de Saint-Jean-dem cessa de régner à Malte; une tration provisoire fut établie, résidence du commandeur Ran- > chevaliers reçurent Tordre de

ile,etlegrand-mattre lui-même >réparatifs de départ. Horasnbarqua dans la nuit du 1 7 au n'emportant avec lui, de toutes

•es richesses, qu'un morceau de la vraie croix, le bras de saint Jean, donné par Bajazet à d'Aubusson, et une image de la Sainte-Vierge de Pliilerme. Cependant la capitulation, signée par Bonaparte, ganm lissai ta la religion une rente annuelle de trois cent mille francs, et des sommes considércibles en échange de ses propriétés. Les soldats et les matelots passèrent sur la flotte française, et les chevaliers se dispersèrent en Europe avec la jouissance d'une modique pension que leur assura la république. Ainsi fut éteint un ordre dont la valeur avait souvent lutté contre toutes les forces de Tempire ottoman, et qui, par les services éminens qu'il rendit à la chrétienté, compta long-temps dans la balance européenne.

En vain quelques chevaliers tournèrent encore leurs regards vers Tempereur de Russie; en vain Paul P'. accepta, le 29 novembre 1 798, les insignes des grands- mai très de Saint-Jean-de- Jérusalem : la religion n'existait pluS| son ombre seule avait pu survivre à la conquête de Malte par la France.

Paul qui se flattait d'un vain espoir d'en restituer l'éclat dans l'intérêt de sa propre grandeur, eut un instant le dessein de reprendre Malle. Elle devenait entre les main^ des Français une position militaire importante , que leurs ennemis ne pouvaient céder de plein gré. Mais une rupture avec l'An* gleterre, qui devait concourir à cette conquête, contraignit Paul à abandonner son entreprise. L'amiral Nelson se chargea de réaliser plus tard ces projets , avec le concours d'une flotte portugaise, commandée par le marquis de Nirza.

Le général Vaubois, gouverneur de Malte, n'avait sous ses ordres que quatre mille hommes que Bonaparte lui avait laissés. Avec des forces aussi

MALTE

iDs. Il les fit arrêter à l'instant les interroger sur des manœuvres il ignorait encore le but. Gugliel- [ui ne put les justifier, fut con-

d'avouer sa perfidie. Ainsi les 3 mille Français, renfermés dans âtale de Malte , avaient non-seut à se défendre contre les forces nées des escadres anglaise, naine et portugaise, mais encore i des trahisons ourdies au sein t de la ville !

)endant le jour était arrivé où le ^e de la garnison ne pouvait suflutter contre un ennemi terrible, line, dont la fureur allait sans croissante. Les flottes qui te- ; la mer, et les travaux entrepris s assiégeans pour assurer les réi du blocus, empêchaient toues convois partis de Toulon d'ark Malte; rarement la vigilance iglais était mise en défaut; aussi, ; mois de mai 1 799, les objets de omation étaient-ils Revenus d'une presque incroyable. Le porc frais déjà trois francs quarante centi-

livre, le fromage trois francs, alades ne pouvaient parvenir à ;urer une poule à moins de vingt- *ancs, et malgré le prix exorbiue l'on mettait à ces denrées, il Dcore très-difficile d en trouver. A lorrible détresse se joignit, pour tt de malheur, un nouveau fléau, rtalité se répandit parmi les sol- 3t les hôpitaux militaires compbientôt six cents malades, qui, part attaqués du scorbut, mouavec une efirayante rapidité, général Vaubois déploya dans circonstance l'activité la plus d'éloges et la sollicitude la plus lelle. Sans cesse dans les hôpipour prévenir ou réformer les inspecter la boulangerie , visiter

les malades ; rien de ce qui pouvait leur apporter quelque soulagement ne fut négligé par lui. Une boisson préparée avec de la dréche, qui était abondante , devint un remède excellent. Le général Vaubois fit également fabriquer à la même époque une nouvelle espèce de monnaie avec différens métaux pour faire face aux dépenses de la garnison. Au milieu de toutes ces souffrances, quoiqueles assiégés fussent affaiblis de cinq cents hommes emportés par la maladie, quoique la population fût réduite de quarante mille âmes à treize mille par les émigrations des habitans , la disette des vivres s^accroissait néanmoins avec une incroyable rapidité. Dans le mois de septembre 1 799 , une poule valait jusqu'à soixante francs, et l'on payait un œuf quatrevingts centimes. La livre de sucre ne coûtait pas moins de vingt-deux francs, et celle de café vingt-six.

Des prix aussi élevés peuvent donner la mesure de toutes les privations que devaient endurer la garnison française et les habitans restés dans la métropole. Il est impossible d'imaginer combien ces malheureux recherchaient les alimens les plus rcbutans, la cbair d'âne et celle du mulet. Cependant la constance des soldats les soutint encore durant une année dans une place qui paraissait devoir se rendre au premier jour et ne fut vaincue que par la nécessité. Tous les efforts furent tentés pour prolonger la durée de la défense dans l'espoir d'un secours qui ne put jamais arriver. Enfin l'argent manqua totalement dans le trésor; les soldats se trouvèrent subitement réduits à la demi-solde, et les administrations cessèrent d'être payées. Bientôt les militaires ne purent toucher aucune espèce de paye : les distributions de vins et d'eau-de-vie furent également sus-

pendues. De temps CD temps togCDcral mettre à Ix mer ie GmUaumc TcIL,!'» Vaubois faisait néanmoias remettre mir;<I portugais eut occasioQ dejo^ aux officiers et nux solduts de* par lui-m^mc des tlisposilion* W gratifications afin de souleuir leur roïiptes 'le ia giirnisoii. 11 'lemandatl consUnoe. Malgré ces faiLlcs stcours, obtint une conférence avec le (;éDcnl tes Français, dont le courage semblait Vaubois, ijui K- reçut an fort Manoel, grandir avec la misère , étaieiU réduits entoure de tous les officiers de 1 cUlh vivre en partie des légumes cjue leur major. L'amirjil se relir.iit après une ikintiaieat les jardins ([ue la nécessité courte entrevue, d»its laquelle furest leur avait fait cultiver dans les foiiiB- seulement écljiui^ées quelt^ucs pbnuci cations de la ville. Quelcjuefois le dé- insiE^niniintes. Au momeut oit il s'cmcourngement s'emparait d'eux; mais bar({uait pour ?e rendre ii sa flotte, il aussitÂl les succès de leurs compa- entendit crier de tous cftiés : f'ivtia iriotesdans une autre partie du monde répuIiUtjue) point de capitulatioitlMvt ranimaient leur énergie , et tous brû- manifestation aussi éclatante de l'opilai«nt de partager au moins 1 éclat de nion des soldats le convuioqmt mu leurs victoires parunedéfeosebéroïque. peine de l'inutilité des néjzociationsict, Tantde constance semblait enSn de- de couccrt .ivec l'amiral Nelson, d re- TOiroblemruDe récompense L;lurieuse. doubla de rifiueur dans l'observatioa Un grand convoi se prépaniil à Tou- du blocus, afin de contraindre les ailonj plusieurs bâtimens de i;uerre de- sièges à se rendre. Les troupes detem vaientrescortcridejour en jouril était étaient trop faibles pour tenter un asplus impatiemment attendu dans la saut. Aussi les amin>ux alliés préféplace, et déjà cbacun se livrait à l'es- raient-ils continuer patiemment u pérance de le voir paraitrc , quand on blocus, qui tôt ou lard devait amener apprit que les Auijbis linMitiiL inlcr- la reddilioii de i. " ccpté. A peine le jjéiiérai Vaubois des babilans devenaitr cul-il eu connaissance de ce funeste évc- alFreux. Ils élaient rédi nemcnt, qu'il désespéra secouru d'une manière ef

. Les ofâciers de terre et de mer furent assemblés pour délibérer sur ce qui restait à faire. Le résultat de ce conseil fut à peu près nul. On résolut seulement dai-mcr/e Guillaume 7rU, et de) expédier en France avec les bouclics inutiles et les malades pour soulager la î^arnison. Il devait aussi réclamer une dernière fois les secours du gouvernement.

Cependant les assiégcans n'.ivaient point cessé d'envojer des parlemen- encore plus de vivacité au sein lic taires dans la place sous dillérens prétextes; leurs sommations furent toujours accueillies avec la niènic fermeté. Tandis qu'on se disposait à

■. lin elTet, l'étal quejour plus -S à sept mille cinq cents. Ce fut alors que le général Vaubois permit de repieodre l'us-iLt des cloches, défendu depuis la conspiration de Gu^liclnio, dans laquelle elles dcvaical servir de signal. Ou ne pourrait jiiiai:iner l.i joie, l'enlbousiasmc que celte décision jiroduisit chez ki Slallais. On vojait ces malbeiireui, appelés par leur son dans les égiiscî, se piécijiilcr avec une ferveur qui ésalîiil leur misère, et, cbosenon moiiif remarquable h la même époque, leur goût ]iour les pliiisirs semblait i)uisir

détresse. Les comédiens .avaient quille Malte, chassés par la famine. Aussiti)t une troupe d'amateurs fut ori:anisée , et les représentations furent sui-

MALTE

vies avec une ardeur iDcroyable. On se portait avec une avidité éirale , soit aux spectacles, soit aux temples. C'est presque toujours dans la détresse que le peuple recherche avec plus d'empressement leclat des réjouissances publiques : mais , hélas ! leur luxe et leur pompe ne sont trop souvent que le manteau d*un jour jeté sur les haillons de la misère^ qui le lendemain reparaissent plus hideux l Le Guillaume Tell sortit du port, au coucher du soleil , sous les ordres du contre-amiral Decrès. Mais ni lobscurité delanuit^ ni le silence qui s'observait abord, ne purent le soustraire & la vigilance des postes avancés du Goradin et de la Marse. Des signaux partaient en même temps de ces deux positions ennemies, et le Guillaume Tell^ après un combat où toute la valeur de la vieille marine française brilla avec un nouvel éclat, fut contraint de céder à la force et au nombre. Toute espérance de secours fut désormais ravie aux assiégés, et il fallut songer à se rendre. Déjà les hommes n avaient plus pour nourriture qu'une livre et demie de pain par jour. Les femmes en recevaient une seulement; les enfans de trois ans jusqu'à douze trois quarts de livre, et ceux audessous de trois ans une demi-livre.

Une bombarde , partie de Toulon depuis vingt-quatre jours, arriva heureusement à Malte à la fin de juin 1800 , chargée de vin, d'eau-de-vie, de légumes et de lard , et aida les assiégés à supporter leur misère pendant quelque temps encore. A cette époque , les poules avaient entièrement disparu , ainsi que les chiens et les chats, les ânes , les mulets et les chevaux. Il restait encore des rats dont la valeur était exorbitante. On en a vendu jusqu'à trois francs. Ce dernier secours consommé, il ne fut plus possible de N.

résister à la rigueur d'une pareille disette, et d'attendre les résultats que promettait la bombarde nouvellement arrivée. Aussi, après les premiers momens donnés à la joie que répandit dans l'ile la nouvelle du changement politique survenu en France, après la proclamation du gouvernement consulaire , qui fut accueillie avec enthousiasme par la garnison, le général Vaubois proposa la reddition de l'île de Malte aux Anglais. Les conditions honorables qu'il y mit furent acceptées ; Tamiral Nelson prit possession de l'île au nom de son gouvernement , et deux jours après l'entrée de l'ennemi dans la place , les Français l'évacuèrent entièrement. Mal te est restée depuis cette époque au pouvoir de l'Angleterre , et maintenant que le commerce duLevant a cessé d'être l'apanage exclusif de la marine britannique, les habitans de cette île ne trouvent plus d'alimens à leur activité et à leur industrie. Le fort de La Valette n'est plus qu'un lieu de repos pour les navires. Aussi la pauvreté est-elle grande à Malte, malgré les moyens d'existence que la garnison anglaise peut fournir encore aux habitans : ils se hâtent d'émigrer dès qu'ils en trouvent l'occasion. La plupart se rendent en Afrique où leur langue, qui approche beaucoup de celle des Arabes , leur procure de grands avantages. Ils échappent ainsi à la misère qui règne à Malte , où souvent la population manque des choses les plus nécessaires à la vie.

Les Anulais ont importé à Malte cet esprit d'ordre et de sage liberté qui caractérise leur nation : pas de ces lenteurs, de ces petites taquineries qui attendent toujours le voyageur sur le continent à son passaire d'une frontière ou au port de son arrivée. La cérémonie de notre débarquement sefTectua

MALTE

Laifalette renferme une bibliothèque publique , où Ton trouve quelques antiquités ; elle a aussi un hôpital , fondé parles religieux de Saint-Jean, qui, suivant une coutume usitée jusqu'au seizième siècle parmi le clergé, joignaient des connaissances médicales à Tétude du sacerdoce, et offraient aux malades le baume spirituel et les secours temporels. Depuis que cette pieuse institution a disparu, Thôpital est tombé entre les mains des laïques, dont le zèle est, dit-on, moins vif, et la charité moins ardente que ceux des anciens infirmiers religiçûz.

Les principales villa des grands^ maîtres étaient celles du Boschetto et.

de Saint- Antoine. La première , flanquée de tours aux quatre angles, a l'apparence d'un château fort. L'architecture de cet édifice se ressent, comme on le voit , des occupations belliqueuses des fondateurs. Il est inhabité maintenant, ce qui lui donne une physionomie triste et mélancolique.

Cependant, à l'occasion de quelques fêtes , et durant les beaux jours de 1 été , les paysans viennent y danser et rendre aux environs un peu de vie et de gaieté. Dans la vallée que domine le château , s étend un joli bosquet d'orangers, dont l'ombrage abrite les plaisirs des habitans. Leur ailluence est si grande dans certaines circonstances^ et leur goût pour les fêtes célébrées daus cet endroit est si vif, que les Maltaises, en se mariant, exigent, dit-on , de leurs fiancés une promesse écrite de les conduire ponctuellement aux fêtes annuelles du Boschetto et de Saint-Grégoire, célébrées au casai de»

Zeitun , à quelque distance de la cité Valette. Cette coutume se retrouve aussi en Italie, où le culte et les pratiques extérieures de la religion ont une si puissante influence sur Timaginalion des habitans.

L'aspect des campagnes autour des villes et des villages de Malte est poudreux ; on aperçoit çà et là quelques bouquets de verdure. La terre légère qui compose le sol de l'Ile produit une poussière si épaisse qu'il est absolument impossible de se promener à pied ou de monter à cheval. Pour obvier à cet inconvénient , on se sert de petites voitures couvertes (PI. 1 1 8 ) , traînées par un seul mulet, sous la conduite d'un muletier qui va constamment à pied, et cela pendant des journées entières du plus fatigant voyage ; puisqu'ils sont plus que personne exposés à la poussière et aux rayofis solaires réfléchis de toutes parts par les roches blanches de l'île.

Cette couleur est généralement celle de toutes les pierres qu'on emploie pour bâtir, ce qui contribue, ainsi que la rareté des chevaux et des voitures dans l'intérieur des villes, à donner aux rues un grand air de propreté. La diversité infinie de formes et d'aspect que présentent les maisons; les balcons pittoresques où les Maltaises viennent s'asseoir et prendre le frais ; dans les rues le costume noir des habitans, surtout des femmes, ordinairement revêtues du faldet, ou grand voile en taffetas noir, qui contraste avec 1 éclat et la blancheur des édifices environnans ; les souvenirs qui surgissent en présence de quelques-uns de ces édifices; les canons, les draperies, les vaisseaux, les nègres, les Africains, les Turcs, les turbans, les cimetères, les cuirasses, brillant au milieu des croix de Malte qui les dominent encore de toute leur puissance historique, tout cet ensemble e:ialte l'imagination.

Quand les chevaliers de Saint-Jean prirent possession de Malte, elle comptait à peine dix mille âmes. Depuis, sa population s estélevéejusqu'à cent trente mille , en comprenant Tile de Gozzo.

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CECIL H, GREEN IIBRARY

STANFORD UNIVERSITY LIBRARIES

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