AGRIGENTE
fiien qu'il ne soit pas achevé, on ▼oit pourtant avec (juelle magnificence ilavaitétéconstruit.Lesautres temples sont entourés de murs ou de porti<]ues, celui-ci réunit Tun et l'autre genre.
Des colonnes sont engagées dans l'épaisseur des murs; elles sont déforme semi - circulaire ; la partie qui entre dans le mur est carréKé Ellei ont vingt pieds de tour à l'extérieur, et la profondeur des cannelures est telle , qu'elles peuvent contenir le corps d'un bomme, le diamètre intérieur est de douze pieds. Les portiques sont d'une largeur et d'une grandeur prodigieuses.
Sur la partie antérieure, sont représentés les combats des géans , morceau de sculpture remarquable par sa dimension et l'élégance du travail. Du côté de l'occident , on voit la guerre de Troie , où chaque héros est reconnaissable à ses traits , et aux caractères propres à ses actions. » (Diod. 1. xm.)
Ce passage de l'historien de '^Sicile prouve que de son temps le temple existait encore ; depuis il a été ravagé parles Barbares.DuvivantdeFazello, en 1 4oi , trois géans encore sur pied avaient fait donner à ce monument le nom de Palais des géans. On dit que le roi Martin punit de mort le magistrat de Girgenti dont l'incurie avait laissé écrouler ces colosses. Les habitans en avaient placé la représentation dans le blason de leurs villes avec cette devise : Signât Agrigentum mirabilis aula gigantiwn. Houël, Denon, le marquis Haus, Carelli , Cokerell, Kenze , Hittorf et tant d'autres ont exercé leur imagination pour retrouver la vraie place de ces figures. Je penche pour l'opinion de ceux qui les ont adossées aux pilastres intérieurs qui formaient les portiques si admirés de Diodore. La description de cet écrivain a fait voir que ce temple est du genre pseudopé«
riptère, c'est-à-dire, qu'il est environné d'un faux péristyle , il est en totalité un tiers plus grand que l'église de la Madeleine à Paris. On compte sur le segment de cercle qui forme la partie extérieure des colonnes, onzecanndores qui ont vingt-trois pouces d'ouyorture à la base. Le fronton du pronaos s'é^ levait sur six colonnes; il y en avaitsept au prosaïkon, la septième, manquant dans la face antériewe, laissait libre l'entrée du temple. Douze autres ' étaient placées de chaque côté.Iiesbai^V reliefs dont parle Diodore ornaient' probablement la frise latérale des portiques. Des cariatides étaient placées alternativement avec des atlas ou perses , comme on voudra les appeler. Ces figures avaient vingt-quatre pieds de haut environ ; l'architecte les avait probablement exhaussées sur des piédestaux , afin qu'elles pussent soutenir l'architrave, puisque les pilastres n'avaient pas moins de soixante pieds.
Un artiste a réuni des fragmens d'un de ces colosses de manière à composer le dessin (PI. io4)<
On voit d'après ces détails , que c'est avec raison que Polybe, 1. 9^ ch. 5, compare ce majestueux édifice aux plus beaux temples de la Grèce. D'autres ruines gisent encore sur l'emplacement de l'antique Agrigente : ce sont les débris des temples de Castor et Pollûx et deVulcain. Des fragmens de murailles, de portes , de tombeaux , d'hippodromes, sont enfouis sous la végétation, et ressemblent plutôt à des carrières abandonnées, qu'à des vestiges de constructions détruites*
Les habitans de Girgenti conservent le goût pour les arts et les vertus hospitalières de leurs ancêtres. Plusieurs possèdent de beaux antiques trouvés dans le sol de l'ancienne ville. La cathédrale renferme un sarcophage pré-
ïluie d'Hippolvlc C6l nu d'Atlnni*. Ji: ijHiUai CïfçiâltavK aulifs voyageurs Oui ret;rel, ui^is i« teiu|i« me |}f«ail, c la mon de Méléagie fallait ['srlir.
▼ OKOAN BX XACAinmaX, SCIACCA, 1,-IZ.K J17I,IA, SELIKCVTSi HAEBAILA, MAaSALA, 8XOESTX,
botui la<
ivre la route ilirecle «le UQ ciftmiu vers le oord
n ucQX lieues environ ilrouveune plaine deq d'éleudue qui s'abaisse Ua vallon peu profona la •1 côté. Des collines calcaires it de l'autre. On y remarque >i bources dont les eaux sont
de qu 5 gouttes d'huile
.« aaisoD des i s, «„ „ tdlen
la pfc.
L'eau Qiaouu. ^
composé el ce n'est liientôt plus qu un vaste bourbier. De distance en distance on voit SLrf;irdesjelsd'eau ou de boue.
La sécheresse arrivc-l-e!le, alors une croule se forme sur toute l'étendue, comme si le lac était i:e]é, puis cette superficie se crevasse, el de toute part, mais surtout du centre, on voit de petits courans d'air souterrain élever cette écorce terreuse, quelquefois jusqu'à deux pieds de haut, puis elle se rompt et les frai^mcns en sont jetés çà et là à l'en tour du soupirail que lair vient de s'ouvrir. Alors la boue s'écbappe de cette ouverture, qui peut avoir quatre pitdsde tour, et s'épandsur les parois comme la lave d'un volcan; car, en ellèt,ce ]iliéuoinène est un volcan où l'air et l'eau produisent les cfléts du feu. Souvent la croûte résiste quelque temps aux clforls de l'air; alors le
fiuide s'accumule, flnil par rompre ton I enveloppe et fait entendre une fortt | '^'''onation. Si la pluie a été trop aix»inte pour que la croûte ne puisse u ner, ce petit lac est daos un élal >ul]itioii continue. L'eau a une u* veur salée et l'on y voit surnager de gouttes d'huUe de pétrole qui répandent une forle odeur. Lorsque le dettechcment est parfait, on trouve sur le sol une grande quantité de Bel muriate déposé par ]es eaux. Si l'on prête une bougie aux courons d'air , il flamme à l'instant. Il est incoDablequeles Macalubbi, mot arabe qui veut 'lire bouleverser, sont leslorrens de boue dont parle Platon dans son Pbédon. En ellet, il arrixe quelquefois que ce phénomène se développe avec une violence terrible et tOul-à-raitan.ilai:ueàceux queprésctilo l'Etna pendant ses éruptions. On piirle encore dans le pays d'un de ces débordemens qui eutlieu en 1777.
Jusqu'à Sciacca, à quarante niillef de là, la route est assez semblable h celle que j'avais parcourue quelques jours auparavant en venant de Biscarii ellelon^^elebord delà mer. Nous visitâmes en courant les ruines de Minoa.
Héraclea, qui n'ont de beau que leurs vieux souvenirs. iVous vîmes aussi des habitations de Troglodiles assez communes dans le sud de la Sicile; mais tout-à-l'ait abandonnées aujourd'hui.
Sciacca est bâtie sur les ruines des au-
SGlAËCi; HE JULIA.
cieui Tiieroias «^îniinti» , ff| aUriboés {loar cft ébtf ft ctMÊUUi
à Dédale ; sa posîtioa lur Ifç versant du mont SaD-Ca]ogero est très-pittoresque.
Nous vîmes dans cette ville plusieurs maisons renversées par un tremblement de terre qui agita la Sicile du 28 juin au a juillet i83i; c'est à la suite de ce phénomène que surgit la petite tie de JuUa, dans la mer de Sicile, entre Pantellaria et les bancs de Sciacca. Ce volcan sous-mario, qui a tout-à-fait disparu, fut aperçu pour la première fois le 8 juillet i83i par le brigantin sicilien // Gustav^o ; plusieurs autres bàtimens Siciliens le revirent pendant l'éruption. Le viceamiral anglais Hotham y envoya un petit bâtiment, qui le 18 juillet détermina sa hauteur à quatre-vingts pieds, et sa circonférence à trois quarts de mille anglais. A cette époque cette petite ile était circulaire et présentait une échaocrure, par laquelle la mer communiquait dans le cirque intérieur.
Le capitaine Suby de Mendiol la vit de loin le 3 août; elle paraissait assez basse, et il en sortait une fumée trèsconsidérable. M. Hoiimann a publié à ce sujet un article intéressant dans les jouruaux allemands. M. de Humboldt en a rendu compte à 1 académie des sciences y et nous lui empruntons les détails suivans :
s avatcnl;
lieu du sud^ropest »u nordresi, c'es^Ai!ire dsoi une direction paraUèb à celle qu'affecte la ligne des ir<4eit|ii. de cette contrée. On n'a vu.iortir aucnn feu pendant rapparitiondes prmsièn»
terres de NerUa, premier nom doon/é à cette tle , mais le feu s'est montré quelque temps après. Ce volcan a fmt saillie sur le brâc même de ITeritii dont la position était bien détenoinée sur les cartes , et particulièrement snr celle du capitaine Smith. Comme les sondes s'y trouvent marquées, on voit qu'un changement considérable a mi lieu au fond de la mer, par suite de cet événement. Aujourd'hui en effet, dans le voisinage de l'tle, on trouve le fond à environ quatre-vingts brasses « tandis qu auparavant , il n'y avait que quinze à vingt brasses sur toutes ces parties où l'on fesait une pécbe assez active de corail. Lorsque M. Hoffinann a visité J^ferita, il a trouvé dans les io«chers dont elle est formée beaucoup do pyrozène et presque pas d'ampbiboloi alors le volcan n'avait guèr^ qwe qne-* rante-huit pieds de hauteur, anjour* d'hui il en a de cent cinquante à deux cents. •
On connatt Texactitude des obseiv valions de M. de Humboldt; si done on les trouve peu, ou pour mieuz difie, nullement en accord avec cdles que
« L'île de Pantellaria a souffert an- ^ nous allons reproduire, il faut rattri*
ciepnement des tremblemens de terre très-considérables; mais depuis 1740, elle avait été exempte de secousses jusqu'en 1816, où elle fut agitée de mouvemens ressentis également sur les côtes opposées de la Sicile. Trois jours avant l'irruption du volcan, le même phénomène s'est reproduit, et un physicien qui observait en Sicile la direction des mouvemens, à l'aide d'un instrument très-précis, inventé
huer seulement aux changemens sur* venus depuis le rapport du aavaot prussien.
Un de nos géoI(^ues les |dus ds^ tingués» M. Constant Prévost, porfit de Toulon le 16 septembre i83f , pour aller reconnaître la nouvelle lie, il s'em* barqua sur le brick la Flèche, capi* taine Lapierre. Le a6 au matin il se trouvait à la hauteur des côtei occidentales de la Sicile : qi^^ques Imêxgê
L'ITA
après h piala «ne terre qui bc
présent l'aspect de deux pi-
tons réuDi! unecôlebassc. M. Constant Prévosi, étant monté lui-même à la bune pour observer, remarqua une fumée btancbe qui s'élevait de la partie comprise entre les deux bauteurs.Une odeur sulfureuse plus analogue à celle du lignite pjriteoi en combustion qu'à l'hjdrogène sulfureux , se faisait sentir, quoiqu'on fut encore à huit milles du volcau, qui apparaissait sous la forme d'une masse noire solide dont les borda étaient escarpés excepté d'un côté, d'où la vapeur s'échappait à la surface de la mer, à environ quarante pieds de distance. Les rochers paraissaient de nature basaltique, serpentine «l porphyrique-
Le temps était contraire, et là lame très-forte ne permettait pas de mettre une embarcation à la mer; le aS au matin la Flèche put approcher à deux milles de la nouvelle terre; alors on vit facilement la vapeur s'élever de la mer, el d'une cavilé du côté du sud. n;jns cette situation la sonde donnait de quarante à cinquante brasses,
M. Groulerdj, élève de première classe, s'étant mis à la nai^e avec deux marins de la Flèche, parvint à yagner le rivage. Il reconnut que l'île élait recouverte de matière meuble et pulvérulente, telle que cendres, raiiillî et scories; l'eau, même à unecertaine dtst.ince du bord, était moins amère que d'ordinaire ; elle avait un i;oùt acide prononcé, sa couleur était d'un vert jaunâtre , sa température de 2 1 à si" C. Une fumée noire s'élevait constamment du cratère central dont les orles étaient jiarsemécs d'eflloresccnces blanches. Il était bordé de scories enduites de fer oxidé et rempli d'une eau roussâtrc ou jaune-orangé, bouillante, et couverte d'une épaisse écume qui
formait un lac de coït qualrt-rïn^ pieds de diamètre.
Le 29, à dix heures, le temps pemût d'elïectucr le débarquement. M. Constant Prévost put faire le tour de riia malgré les émanations vaporeuses qui rendaient la marchefort pénible soron sol qui donnait de 81 à 85° c. de chaleur. Il trouva que la circonférence de l'tle était de sept cents mètres et la hauteur de soixante-dix. Il recueillit des échantillons des diflérens produits volcaniques et deux bouteilles de l'eau du cratère , dont la chaleur s'élevait de 95 à 98" c. Une observation attentive de la structure de l'Ile lui fit prévoii sa prochaine disparition , suite certaine des éboulemens et des efTorts des vagues qui devaient la transformer gd un bas fond. L'événement ne tarda pas cl confirmer cette prévision.
Pendant que M. Constant explorait ce volcan, M. Joinville, peintre attaché à l'expédition , en dessinait les diren aspects, et le capitaine Lapierre observait il tord (le la Fitclie. Cet officier reconnut que l'île n'était pas située sur le banc de Nérita, comme on l'avaii pensé jusqu'alors; mais bien sur un fond de cinq à sept cents pieds d'eau. 11 devenait donc important pour la sûreté de la navigation , de ne pas coufondre. Aussi crut-on nécessaire de donner à cette nouvelle formation volcanique le nom d'île Juli.i. Ce nom, en rapport avec l'époque de son apparition, a l'avantage d'offrir une réunion de consonnances agréables et sonores.
et en outre, élant com}>ris égalemenl parlesFrançais, les Anglais et IcsiMliens, on peut croire qu'il sera facilement adopté.
De Sciacca, nous fîmes une course aux ctuvcs que renferme la montagne, et nous nous rendîmes à ScUnunlv. A peine a-t-on passé le Corba ou Carahi,
SELINUNTE, MAZZARA, MARSALA.
l'aocien fleure Alicus, la campagne n'est plus qu'un désert jusqu'aux temples , si Ton peut donner ce nom aux amas confus de débris qui se trouvent entre THypsa et le Selinus. L'ache ( sélinon en grec ) , répandue en abondance sur ces rives , a fait donner au fleuve et à la ville le nom que ces vestiges conservent encore. Hérodote , dans son sixième livre ^ nous a conservé l'histoire des premiers âges de cette république. La rivalité qui existait entre ses babitans et ceux d'Ëgeste fut cause de la ruine des deux cités, qui devinrent les victimes des étrangers appelés à leur défense. Sélinunte fut ravagée * par Annibal. Plus tard elle fut rebâtie et s'éleva à un degré de splendeur qu'elle n'avait pas atteint d abord ; mais 9 Tan de Rome st68 , les Carthaginois s'en emparèrent de nouveau et transférèrent les babitans à Lilybée.
Au neuvième siècle , elle fut ruinée par les Sarrasins, qui y débarquèrent le i5 avril 827. Ils tuèrent tous les babitans et donnèrent à la ville,' qu'ils repeuplèrent , le nom de Beldel Bragbit , qui signifie « terra délie pulci , terre des puces» , nom que quelques cabanes conservent encore aujourd'hui ajuste titre. Les dévastations des hommes et les ravages du temps n'auraient pu seuls transformer ces édifices en montagnes de débris, si les tremblemens de terre ne les eussent ébranlés jusques dans leurs fondemens,et n'eussent bouleversé tous les membres d'architecture. Leur repré* sentation offre plutôt la ressemblance d'un amas de fragmens assemblés à plaisir par le dessinateur, pour composer un frontispice, qu'aux vestiges d'un temple (PI. io4)* Les sables de la mer qui s'amoncellent sur le rivage semblent se disputer la destruction des ruines de cette malheureuse ville. Ses membres épars sont répandus au mi- N.
lieu de marais 4ont les miasmes pestilentiels écartent le voyageur.
Peux Anglais , MM. William Barris et Samuel Angell , ont découvert, il y a quelques années, au milieu de ces décombres, des fragmens.de métope du tympan du temple de Jupiter Agorius. Ils sont ornés de basreliefs plus remarquables par leur antiquité que par le fini de la sculpture, que l'on prétend antérieure à celle des Grecs.
La crainte du mauvais air nous fit quitter Sélinunte. Nous nous rendîmes à Mazzara par Gastelvetrano. L'église, la Collegiata, renferme une belle star tue de Gagini. On compte à Mazzara huit mille babitans , qui vivent dans l'aisance que leur procure le commerce.
Je n'y vis dlntéressant que les sarcophages antiques de la cathédrale et le musée Grignano, assez riche. J'envoyai mes mulets m'attendre à Trapani et je louai une speronara qui devait m'y conduire , à la condition de me descendre à Marsala, l'ancienne Lilybée, où j'avais l'intention de passer quelques heures. Cette ville tire son nom de deux mots arabes qui signifient ^port de Dieu » . C'est une des nombreuses villes bâties dans cette tle par les Sarrasins , qui valent mieux que leur réputation , si l'on en juge par les édifices et les lumières dont ils ont couvert la Sicile quand toute l'Europe croulissait dans l'ignorance du moyen âge.
L'an de Rome 548 , Scipion partit de ce port pour aller assiéger Carthage.
Marsala , agrandie par les Normands , fut ravagée par Charles-Quint. Un groupe colossal représentant deux lions acharnés sur un taureau , est le seul reste d'antiquité que j'y ai vu.
L'Anglais Thomas à Becket est le patron de cette ville. Il est assez extraor^ diBaire que les Siciliens, si riches en
nploi I iluils MtUll eooc A
Jea I
leol ilê cbereb«r *i loin l.iiss«ot même .tu voyns:eut le toin de eur. Je remis Us lettres chargé pour dei néf^o- •heh d'une importunte vignobles dunl fes [>ro- !Bt en Angleterre une latageuM avec Ita vius
M pour Ti'apani , autre
■ci, >ux pieds du.noat
iir le teiQplc de Vénus j'oo f:
ment détruit, et CDU
lias à celui de Paphoi
lit munir de coussins. L^debon est (mrioU: de peintures et de dorures, <|U donnent à ce vébifule un aspect onginat , il est supporté par ^. forts brMcardsqui posenCsardeux oâ trois mt^ lels, dont un est pUcé derrière et deux deVant. Il sernit difficile pour les damoê d'y moBler sans l'aide d'une ebaiie; cependant-, en donnant la main , ainsi que
jues ; elles |i
autrefois les QomsdcProbaotia, K^^usa et Sflcra; les deux dernières sont dé~ leodues par des l'ortiâcations, ainsi <|ue le port et la ville de Tr^ipani. On prétend que la forme courbée du rivage la iit appeler en i:rec Urepaiwn qui sijfnifîe une faux. Lecorail, les marbres, les vins, les buiJes et la m'ont paru les principaux objets ucjiporlation. J'y attendis înipuliemment mon attirail de voyage, ref^rettant beaucoup les momens que j'aurais utilement employés ailleurs.
Oq se plaint trop des falii;ues et des privations que l'on éprouve en Sicile.
Le*; roules, il est vrai , y sont assez peu commodes : une seule lij^ne, celle de Palernie à Messine, et c'est la moins intéressante, est parcourue par une dili^'ence; mais on remplace facilement les voilures pur la titliga « la litière * (PI. lofi). Elle est composée d'une caisse longue et étroite semblable à nos anciens vis-à-vis, deux |>ersonnes y tiennent à l'aise en se plaçant en face l'une de l'autre. L'intérieur n'est pas fort élégant ; plusieurs conducteurs
uand ou place sa dnine en selle, on leur évite la difficulté : d'ailleurs les conducteurs , toujours Irèsiplaisans , olFrenl leurs genoui ime un appui solide au pied des Rireuses. Toutes ne peuvent pas Su iiporler facîlemen t ce mode de trans- >rt, les unes se plaignent des aaur ^a qu'occasionne d'abord le mouv^ nt d'oscillation, mais on s'y fût ntAt ; cbez d'autres personnes, il nri doit seulement nn assoupissement, homme monté sur un raulel chargé bagages, ouvre la marche, tandis M autre mitii pied, arméd'unloiu{ bâton ferré, dirige les mulets et ïe tient presque toujours près de la porti^ pour recevoir les ordres du voyageur; car le bruit continuel de sonnettes dont les harnais sont garnis, l'ei» pécherait d'enlendre s'il s'éloignait. Les guides, véritables mntlres Jacques, sont tour à tour valets de c'iambre, cicéroni et cuisiniers. Ils remjilissent ces emplois avec adresse : quelques-uns parlent anglais. Les voyageurs timorés adjoignaient autrefois h leurs guides un ou deux campieri , arcliers, qui veillent .1 la sûreté des routes de la Sicile , mais celle précaution est devenue inutile aujourd'hui. Tout l'attirail, dont je viens de parler coûte environ un louis par jour. 11 est inutile de se charger d'une batterie de cuisine, comme j'ai vu des Anglais le faire; quoique les repas d'aubergenesoient plus les 5tcif)!te
SEGESTE.
» d'Horace , oa peut cependant y i. Il est plus utile de se pourvoir raps de lit et de couvertures, et Qcer bravement à tous les l'mfnenta qui font des bagages d'un geur une ambulance de vivandière.
ifin je dis adieu à Trapani, c'était imancbe, le plus beau jour delà ine pour voyager. Les villages 8(mt es , les paysans daus leurs atours essent sur la place publique, ils nt plus courbés contre la terre ; les voyez face à face , et pendant ^vous regardent avec étonnement, f voyageur expérimenté, vous les z en revue. Les femmes surtout >lu8 proprettes, plus pimpantes;
des eayiroBS de Trapani ne uent pas d'élégance (PI. io5).
iix-huit milles à l'orient, en suiine route aussi commode que les lelles d'Angleterre , on trouve Co" mi, fondation des Arabes. Ce 4infi leur langue veut dire « forted'Eupbème » . Il existe en Sicile 1 douze villes ou villages dont les
commencent par Calât, Calata Ita , ce sont autant de souvenirs 38 Sarrasins y ont laissés. Guil- I de Porcelet , gentilhomme pro- I , commandait cette place, lors issacre des Vêpres Siciliennes. Il n salut à sa modération et à sa réion d'équité. Philippe de Scalamouverneur du val de Noto , mérita i'étre épargné. A une lieue envisur le Colle Barbaro, s'élève le e d'Ëgeste. Les Romains supers- K firent précéder ce nom d'un S , éloigner l'idée affligeante que pré-* t le mot Egestas « pauvreté » • istoire , qui vit de désastres , 3 dans les annales d'Ëgeste de
tristes et nombreux alimens ; l'origine de cette ville , comme celle de tant d'autres, est toute fabuleuse.
Aceste ou Egeste , son fondateur, n»t quit en Sicile d'une jeune Troyenne , que le fleuve Crymis avait séduite, en prenaot la forme d'un beau chien. La richesse des campagnes fixa une partie des compagnons d'Enée. La nouvelle république devint rapidement une des plus florissantes de l'tle. Une querelle à l'occasion d'une petite portion de teiv ritoire que lui disputait Sélinunte , devint l'origine des hostilités cruelles dont l'issue fut la ruine des deux états , toujours disposés à appeler à leur secours les Carthaginois ou les Grecs. Un sujet semblable, quelques prairies sur lea bords du Mazarum , avaient allumé la guerre entre les Egestains et ceux de Lilybée ; mais plus sages cette fois^ iU avaient terminé leurs différens par une paix que Diodore rapporte à la troi* sième année de la Si"* olympiade. Les discordes avec les Sélinontins forcèrent Égeste de s'allier àLéontium^ d^ goûté de la domination de Syracuse.
Ils envoyèrent des ambassadeurs à Athènes pour demander du secours , promettant des sommes énormes.
Les protecteurs voulurent d'abord s'assurer des richesses d'Ëgeste ; ils envoyèrent à cet efiet des députés qui trouvèrent dans le temple de Vénus Erycine une immense quantité d'urnes sacrées»
et profanes , en or et en argent , et d* plus, un nombre presque égal d'autres^ vases précieux prêtés aux Égestain»
parles populations voisines. A l'arrivée de l'armée des Athéniens, Nycias reçut une avance de trente talens ( vingt mille francs de notre monnaie). Aidé de la cavalerie d'Ëgeste , il ravagea Hycare^ ville du voisinage. La vente des habitans produisit cent vingt talens y la célèbre Laïs était du nombre*
Ue n'avait qac doazc *aiis au» ■ transportée à Corin-
tbe), ai e à plusieurs auteurs
qu'elle £t: u ;cque; sa beauté est trop célèbre pour qu'il soit nécessaire d'en parler. Pictores , dit Atbénée , CorinlAo vcniebant ut eju$ mammas pectusque in sud arte imitarentur.
La défaite de Njciaa plaça Ej^este sous le joug de Sélinunte ; mais elle implora la protection des Carthaginois.
Annibal, l'ancien petit-fils d'Amilcar, vaincu à Hymére, rassembla cinq mille combattans, et détruisit Sélinunle , après buit jours d'assaut. Egestequise croyait devenuelibre, fut soumise àCarthage jusqu'à la première guerre punique. De vains eQbrts pour conquérir son alTraucbisscment, attirèrent sur elle le cbdtiment de ses maîtres. Les Africains rasèrent la ville et transportèrent h Carthage les plus précieuses dépouilles. Plus tard elle releva ses murailles; LeplioDs, général de Denis , qui l'assiégea , fut forcé dans son Ciimp, et contraint d'abandonner la place. Rome devait protéger une ennemie de Cartbage; un vaste et ri-
; prc-
cbe territoire, et la liberté ])li ciiiuse encore, lui fut concédé par le sénat. Celte ville eut le coumge de refuser à Agatocles l'arirent que ce tyran exigeait : sa vengeance fut terrible. Les citoyens les plus opulens furent mis à la torture, les bourreaux brisaient les os lies femmes, leur arracbaîent les seins. Les plus pauvres furent éson^és et leurs filles et leurs enfans veodus en Italie. Un seul jour sulEt pour anéantirla malheureuse Egeste : et pour que ce souvenir du châtiment fût duraiile, le tyran défendit aux babitans de la nommer autrement que DicépoUs, - iavilleduCbiliment. »
L bcrhe rouvre ses mines : un petit théâtre et un temple sorties seuls mo-
numena épargnés- Sur une colline isolée, au milieu d'un plateau a^este, bordée de hautes montagnes , s'élè« solitaire le temple de Gérés (PI. io4vl.e toit seul a disparu, tout le reste est intact. Six colonnessurcbaquefaceet quatorze surles côtés, en répétantcelles des angles, posent sur un stylobale et supporteot une architrave surmontée d'une frise garnie de triglyphes et de métopes presque carrés. Celles des frontons sont ornées de fieurons , les autres sont nues, ainsi que les tympans. Les colonnes ont trente pieds de haut, nos compris un dé qui les élève de denx pieds et demi, elles ont près de sii pieds de diamètre. Lesassises des collonnes sont inhales et l'entrecolonnement varie quelquefois d'un pied, ce qui , cependant, ne nuit pas à l'eurythmie de l'édifice. Elles sont lisses on, pour mieux dire , n'ont pas été cannelées ; car on observe tout à l'entour une portion de pierre réservée pour les cannelures. Le ravalement de ce temple n'avaitpas encore été commencé quand il fut abandonné, comme l'indiquent les parties ménagées pour faciliter le transport des pierres de taille sans endommager les arêtes. L'usage des anciens de revêtir de stuc leurs constructions de pierres calcaires, explique l'inégalité des tambours des colonnes. Cen'est pas la seule irrégularité de cet édiGcequi me semble d'ailleurs s'éloigner de la pureté du beau temps de l'architecture grecque. On n'a trouvé aucune trace de Cella , aussi plusieurs archéologues ont-ils pensé que ce monument était ouvert de tous côtés. Dans les environs de Ségeste, coulent le Scamandre et le Simoïs, deux ruisseaux à sec nommés ainsi par les Troyens qui vinrent habiter celle ville , en mémoire des bords qu'ils .avaient dû fuir. A droite du Simoïs, ou plutôt du (leuve San-Bartolo.
BALBAMB.
meo,etlla petite TîUad'Alcamo 9 fin^ ^ MNu «nfloMOit lei apparaicai
dée en 8a8 par Al Kanuita, chef d'oM grande Tille, de Païenne qaè
sarrasin. Ses mlirs crénelés, ses tourif je brûlais de reroin Aussi le lende«
ses édifices mauresques, lai oonserreni main je partis sans retard, traTcrsar
le caractère de son origine. Déjà nous Montréal sans m'y arrêter , et j'ar-
apercevons quelques casins, de riches rirai à Païenne assez à temps pour y
villas , de jolies maisons de campagne dincr.
VA&SBrMS.
Sur la câte septenlrionale de la Si-' cile, entre les monts Pellegrûoro et Ga« talfamo , une plaine raste et féconde s'étend vers la mer en pente insensible. Une enceinte demi -circulaire formée par une suite de montagnes, dont les crêtes sourcilleuses et arides sont dé^ coupées comme les créneaux d'une for* leresse du moyen Age que le temps an*^ rait entamée, protège cette tallée con* treles vents brftlans du miâi. Le platane indigène, le ficus opuntia, Taloes, le palmier, donnent au paysage une pliy-' sionomie ana1o<^ue à celle de l'Afrique , sa plus proche voisine. Une in&iité de ruisseaux l'arrosent et répandent la fraîcheur et la fertilité dans mille vergers, dans mille bosquets d'orangers, de myrtes, de cédrats et de lauriers roses dont les parfums se mêlent dans les airs. C'est au milieu de cette corbeille de fruits et de fleurs , au milieu de cette amrêa concha , de cette « conque d'or » que s'élève Palerme la fortunée « Pa^ lermo foUoe » . Les anciens représentaient le génie de Panorme assis dans une coquille, pour exprimer l'heureuse situation de cette ville. On voit sur ^^ Bsédailles des épis , des grappes de rainn , la corne d'abondance et d'autres emblèmes de la fertilité de son territoire qui inspira souvent à Gallias , a Diodore et à Hérodote les épithètes de
vaste jardin, lieu ravissant, heureux rivagie.
On a beaucoup disputé sur rétymologie de P«anormos , et Ton peut dire avec Horace : adhuc $ub judice lis est « la cause est encore à juger » . On a mis tour à tour à contribution le chatdéen , le grec ou le phénicien. Tantôt ce mot voulait dire tout port, tantôt rade profonde , port de toutes les nations, tout jardin, refuge de tous, tout voir, vue tout autour, que sais-jel Enfin M. Lefebvre de Yilkibrune se fâcha tout rouge contre ceux qui n'é* crivaient pas Panhorme avec une h , Comme Cluvier, et prétendit que ce nom venait de deux mots puniques, pan-'horm^ qui signifient, dit-if, rupeê cingens « enceinte de rochers • . Que la terre lui soit plus légère que sa dissertation sur cette enceinte de rochers. Et' vous , messieurs les déchiqueteurs de mots , continuez vos doctes investiga-tions,je ne doute pas qu'avant peu vous ne donniez une cinquantaine de nouvelles significations; mais permets, tez-nous de ne pas prendre parti dans vos graves querelles si utiles au progrès de la science.
Non nostrum inter vos tanUf compOMtS li( Un si grave procès mériU d'aatr«f jagst.
La ville de Panhorme occupait au-
efois UD< Le presqu'île comprise
itre deu\ uida ae mer servant de port, ae les alluviODS et les trcmblemens de :rre oDtfait disparai tre depuis le tjtia- >HiJ:nie siècle. Dans celui qui se trouait k l'ouest de la ville, se déchargeait Orèlhe. Ce ruisseau, car. Lien que t» poètes en aient fait le roi des fleu- «■ de Sicile , ce n'est qu'un modeste uisseau, a quitté son ancien lit courert ujoard'hui de constructions , et cotde J'est de Païenne en face de l'ancienne fgapolis. Les Grecs avaient donné ce lom à un quartier de Panhorme pour e distinguer de la vieille ville Paleotoîis , celle que le port entourait et lont nous avons parlé d'abord. Thncylide rapporte que dans le premier liède qui suivit la fondation de Rome, ors de TarriTée des colonies grecques m Sicile, les Phéniciens, qui occupaient tontes les câtea , se retirèrent lans Panhorme, Solaothe et Motjes , rilles de la partie occidentale de ï'tle. Leur alliance avec les Elyens , peuple du voisinage, et la facilité de se rendre de ces ports à la métropole, leuravaient fait préférer ces établissemens.
Plus tard Panhorme , sous la dominalion des Carthaiiinois, c'est-à-dire jusqu'à Van de Rome.f^ii' 'Icvint Ircs-importante. C'était, suivant Polyhe, la plus florissante des colonies puniques en Sicile. Cependant, lourmcuLés par celle inquiélude IndomplaLIc qui fut «le tout temps un tics traits les plus saillans du caraclère de la nation, les Panliormi tains eurent recours à Pyrrhus pour les aider à s'aflrancliir du jouij des Africains. Le roi d'Epire vint mettre le siège devant la ville , la prit d'assaut, se rendit maître des fortifications élevées par les Carthaginois sur le mont Erecla, nommé ]ilus lard le PelicgriiiOyÇl les refoula dans Liljhéc.
Pyrrhus ne jouit que deux ans du sou-
verain pouvoir dont il s'était einçîré.
Il fut forcé d'abandonner sa conqutte aux Carthaginois. Ceux-ci furent chisses de la Sicile par les consuls Aulus Âttilius et Cneius Cornélius, lors de la première guerre punique. Van de Rome 602. Diodore rapporte que le port de Panhorme était si Taste k celle époqae, que deux cent cinquante vais* seaux romains purent y jeter l'ancre.
Asdnibal étant débarqué pour réparer les pertes de Carthage, passa l'Orèthe et obtint quelques succès, jusqu'à oe que s'étant approché des murailles de Panhorme il fut complètement batto par le consul Metellus , et laissa «ur le champ de bataille vingt mille hommes et soixante éléphans tombés dans les pièges tendus par le vainqueur. Longtemps après ce désastre , Amilcar conduisit en Sicile mie Botte de cinq cents * vaisseanx et vint camper à six cent vingt-cinq pas des murailles de Panhorme , sous le moQt Erecta , garda cette position pendant trois ans et causait des pertes considérables aux Ro-
Mais la victoire remportée près de , l'île d'Eguse, par le consul Lulalius, .-iyant mis fin à la première guerre punique, Panhorme resta au pouvoir de Rome. Elle partagea avec constance la bonne ou la mauvaise fortune «le l.i république, et devint sous les em]>ereurs une des principales colonie?. Quoique tributairedes Romains, P.mhorme réparait par son industrie el la fertilité de ses campagnes les maux que i la domination des étrangers lui av.iil ■ causes, lorsi[ueles prodigieuses inva- 1 sions des barbares qui du nord se précipitaient sur l'empire romain eApî- ' rant, comme des nuées de vautours sur 1 un cadavre, la replongèrent dans de I nouveaux malheurs. Les Vandales, les Hérules, les Visigoths, ravirent à Pan-
PALERME
Sag
et à la Sicile ce qui ayaitéchappé récédens dominateurs. Genséric it souvent victime de ses cruelles itions. Les vieillards , les fems enfans mêmes, tombaient sous re des barbares ou bien étaient ( de fers, et même, pour arra* ce triste pays des tributs qu'il ivait plus payer, le vainqueur it de raser les villes, et souvent uivait la menace. Le fer et le feu Qt pas les seuls moyens employés liner la Sicile; les sages lois qui sdent furent abolies et remplaar les coutumes barbares des s du Nord, et la civilisation fut e sous les mœurs dépravées K>ldatesque grossière. De là , dit »e, la dépopulation de cette ile.
lia quœ est in SiciUd infrequen^ ^pendant la domination des bar* ut trop courte pour corrompre : des arts et des lettres.
s le règne brillant de Justilempire d'Orient sortit enfin engourdissement. En 55a, Bélionduisit une armée sous les murs terme occupée par les Goths.
dans Procope , que ce général , ; la diJËculté de s'en rendre mair terre, fit entrer sa flotte dans t, et ayant remarqué que les it les antennes de ses vaisseaux aient les murailles , il y fit étaes espèces de hunes d'où les s firent pleuvoir sur la ville des de traits , et forcèrent les Goths donner la place.
»uis cette époque jusqu'en 827 la fit partie de l'empire d'Orient. Le \ cette tie fut peut-être encore plus ureux sous les empereurs chréju'il n'avait été sous les Goths et mdales. Ces princes, sans cesse »ie aux querelles domestiques ou loses qui, pendant si long-temps,
ensanglantèrent l'autel et le trône, l'abandonnaient souvent à d'avides pré> teurs ou à de lâches eunuques, toujours prompts à usurper, dans ces couirs corrompues, les honneurs et les richesses. Mais peut-être cette cupidité sauva-t-elle Païenne d'une ruine totale ; car souvent elle racheta son salut au prix de l'or.
Telle était la situation de toute là Sicile en 827, lorsque le trattre Euphème y appela les Sarrasins. Pe^»
dant le temps de la domination ichÉ empereurs d'Orient, qui dujra près de trois cent cinquante ans , les arts et les lettres qui avaient tout-à-fait disparu de lltalie s'étaient réfugiée en Sicile. Malgré les calamités des temps, à la fin du sixième siècle , c'était , au dire de saint Grégoire-le-Grand, le seul endroit du monde où l'on parlât communément le grec et le latin dans toute leur pureté. Quelques génies l'illustraient encore : ainsi Pascal, évêque de Païenne, présida en 5o3 le célèbre concile qui se tint à Kome pour juger les difierens du pontife Symmaque et de l'anti-pape Laurentius ; Théophile de Sicile écrivait la description de sa patrie, ouvrage estimé de nos jours. Alors florissaient Elphide de Messine, sœur du pape Symmaque, poète grecque et latine, inventeur du mètre heptasyllabe employé dans les chants sacrés ; Maximien, évêque de Syracuse, ami de saint Grégoire; Epiphène, diacre deCatane, qui prononça le célèbre discours d'ouverture du concile de Nicée en 787 ; Sergius de Sciacca , moine de saint Basile auteur d'un poëme grec estimé ; Pierre de Sicile, l'historien de l'hérésie des Manichéens; Artémius poète grec distingué et tant d'autres qui abandonnèrent leur patrie à l'arrivée des Sarrasins. Doit-on s'étonner qu'à cette époque Féiat éôclésiastiqu»
33o L'IT^
fût plu» éclairé (jue les autres? Au milieu des lourmentes poUUcfUes, les reli){ieus, reoferméa daps les aniles s;icré» comme dnns des ports de aalul, pouTiiieot seuls IrnTailIer à la culture de l'esprit humaio. On est redevable aux moiocs de Sicile de ta conservation lie plusieurs frai^meos précieux de Dion Cassius, de DeDystl'Halyca masse, de Polybe, du commentaire d'Âratus sur l'astronomie, el nomLrt' d'autres ouvrages.
Cette lie avait alors une si grande influence, qu'en moinà d'un siècle , de 6j9 à 768, elle donna sis papes au monde chrétien. Les empereurs grecs entretiurentàPalermel«goiit des arts :
souvent ils y envoyèrent des architectes et d'autres artistes de Constanticople, oïl les arts jouissaient encore de quelque estime. Bélisaire fît élever des q^lises dans cette ville, à Messine et à Syracuse; et saint Gréi^oire, dont la mère était Sicilienne, suivit cet exemple et fonda, pendant sa prétiire, plusieurs riches monasières. Les marbres, les porphyres, les pierres précieuses, les sculptures, les mosaïques et l'or y brillaient de toute part.
Avant que les Pisans, les Génois et les Vénitiens fussent sortis de leurs ports, Palcrmc et Syracuse lit.-iient déjii mai tresses des mers d'Orient, el c'est au commeree, ]>lutôt qu'à la fertilité de son territoire, que la Sicile était redevable (le ses immenses richesses. Les éj^Iises de Milan, deR^ivenne, y possédiiienl des revenus exorbîtans; ceux du patrimoine de saint Pierre , dans cette île, ne moot;iiunt ]ias à moins de quatre cent mille francs de notre monnaie, somme énorme pour celte épo- (jue, et quelauirmenlation des denrées élèverait anjouril'iaii h ]ilusieurs millions. Narsès, Cassiodore, Théodoric, Iluflin et Charlemagoe qui visitèrent
la Sicile du sixième au comnicoffliiail du neuvième siècle, furent émcntil»
de son opulence. Cet empereur, dentour de la terre sainte en 8io,seli»
Tant de passage h Palerme, y tint m les fonts baptismaux le préteur jm qui commandait la Sicile, et bien (\W Charles revînt de l'Asie alors si somptueuse, il fut étonné des produits ia arts et des manufactures, et du luit qu'on déploya dans cette circonstance.
C'est surtout de l'invasion des Ar> bes que dite la prépondérance de Vtlerme sur les autres villes de la Sicile. Cette place ayant été choisie par le émirs pour le siège de leur gouveTMmcnt, devint plutôt une ville arabe que chrétienne. ■ 11 nie semble en J entrant, dit le moine Tbéodose, tjai toualesmahométansdu inonde s'y sent rassemblés, tant est grande la population , le luxe des habillemens et la magnificence des édifices. »
On ne peut nier U puissante influence qu'a dû exercer sur les sciences les arts elles mœurs des Palermilains celte nation, bien plus éclairée qu'on ne le croit fénOralemcnt. Les palais de Cuba et de la Zisa aux environs de Palcrme, d'autres édifices qui subsistent encore et plusieurs villes , ainsi que nous avons eu occasion de le remarquer dans ce voyai;c, témoignent assez du de;;r<: de perfection où les artistes arabes étaient parvenu?.
La conquête lies ^Normands fui moins favorable aux arts. Cependant ces rudes gentilshommes sortis de leurs grossiers manoirs ne lurent |>as insensibles aux nombreuses merveille; qui les eiivironnaieal. La rcli|;ion leur prescrivait d'élever des temples, ils y employèrent les artistes arabes restés dans le pays. C'est à eux que nous devons celle magnifique cathédrale de Palerme cl lant d'autres monumens.
PALERME
)epuis la fondation de la dynastie de naisop de Hauteyille rhistoire de erme est étroitement liée à celle de icile. Quelquefois Messinelui a dis* 6 le titre de capitale, mais elle est jours restée de fait : « Gaput regni, aa aedes et corona régis , » jusqu'à énement de Charles III de Bourbon rône des Deuz^^Siciles.
loujs esquisserons en quelques pa^ le tableau des principales vicissi- 30 dont fut victime cette contrée :
I commencerons notre récit au mo* t où une poignée de Normands, ac^ Hit à Salerne par Guimar, prince ice lombarde, parvinrent h chasser îarraainsde la Sicile, et à délivrer r toujours leurs bienfaiteurs du odieux des infidèles.
Bs habitans de Salerne, pénétrés itr?ice que les braves Normands lient de leur rendre, étaient di3* 3 k les retenir en Italie ; mais les int résolus à retourner dans leur i«, ils les comblèrent de présens, ue de ces trésors excita la cupidité lUrs compatriotes ; une partie d enux s'embarqua pour la Sicile, dans oir d'y trouver la fortune. Ranulffit le chef de cette première expén. U rendit plusieurs services imins aux princes tant grecs que lards, et obtint d'eux la permisde fortifier Averse , petite ville de impanie. Tel fut le premier asile N^ormands : nous les verrons bienl'élaneer de cet asile modeste sur :s les contrées environnantes, et çr un vaste royaume aux dépens Sicile et même de l'Italie.
3rès Ranulphe , vinrent les fils de ;rède de Hauteville , dont la gloire aire laissa bien loin derrière eux de leurs compatriotes. La valeur irmées invincibles qu'ils fournist toujours y et l'eiiroi qu'ils répan- N.
daient parmi les babitans efféminés d^ l'Italie y contraignaient les petits sou^ verainsdont les dissensions troublaient cette contrée, à solliciter leur alliance et à se les attacher par des flatteries et des caresses. Maniasses, généralissime des foit)e8 grecques, rechercha leur secours dans son invasion de la Sicile i qui était alors entre les mains des 3ar# rasins. Avec leur aide , il remporta wm victoire complète sur les Mupulmanlf et il aurait sans doute achevé li^ cM* quête de Ttle , sjï avait pu-réprime^ la perfidie et la varice comi^une à sa na* tion. Tandis que les Normands étaient activement occupés à la poursuite de ;l'ennemi en déroute, les Grecs s'occupèrent à faire du butin ; ils le divisé* rent entre eux sans vouloir en résçr*ver la moindre partie aux étrangers qui avaient partagé les hasards de cette guerre.
Les Normands leur députèrent Ar-* douin pour leur représenter l'injustice d'une pareille conduite ; mais cet infortuné messager fut accueilli par les traitemens les plus ignominieux. Après 1 avoir battu de verges en le promenant autour de leur camp , les Grecs le m* voyèrent couvert de sang à ses compa-^ trlotes. Au récit de cette aventure, les Normands poussèrent des cris de vengeance ; ils voulaient à l'instant même se précipiter sur les Grecs ; mais Ar?douin , dont le vif ressentiment dédaignait des représailles ordinaires , comprima la violence de leur couroux. Il exposa ses projets, à son tour, aux chefs de l'armée; et, d'après ses conseils, elle repassa secrètement le détroit de Messine. Les Normands n'eurent pas plutôt abordé la Cal abre , qu'ils attaquèrent les villes et les cités principales des provinces impériales. Afin de suivre leur plan de guerre avec plus âor^ç fit de régnlariié , ils él^ren^ un
i premiers cbefs tirent i ihnrde-, mais en-
luite ils se placèrent sous le commanlementde Guillaume Fier-Ji-Braa (Bras ïeFer), latDédes Sis de Tancrède.
Après la mort de GuiUaume, ils 'urent successivement gouvernés par les frères Dreux et Onfroj, qui agran- Sireot coflsidërablemeDt le cercle des possessions normandes. Mais leçn'anâ fondateur de cette dynastie fut Robert, ^atrième fils de Tancrède, et sur- Dommé Guiscard ou Wiscard , à cause de sa pénétration et de sa finesse. Ses conquêtes furent très-rapides et conduites avec la plus grande sagacité. Ses talens, comme administrateur, n'étaient pas inférieurs à son courage dans la guerre.
Le pnpeNicolas II, désirant prouver qu'il avait quelque droit à disposer de la Pouille, accorda à Robert Guiscard ( io5g } l'investiture perpétuelle de cette contrée, avec le litre de duc. A la Pouille il joi|init encore In Sicile, dans lecasoù Robert parviendrai ta s'en rendre maître. Ces deux souverains avaient besoin du secours l'un de l'autre pour résister à la puissance des empereurs d'Orient, et il n'est pas étonnant de les voir assurer les liens de leur amitié mutuelle par des concessions réciproques.
Robert ne pouvait pas prévoir les conséquences fatales que cette alliance aurait par bt suite. Il promit donc obéissance et Iiommn^e à l'évoque de
ïn une corpora- toniberenlreles mains des NornaJs,
sans quil eût eu moyen de s'opjŒt à leur usurpation ou de l'autoriseri»
lement.
Appuyé par la sanction du pape, Robert, aidé de Roger, leplusjeimcilt ses frères, envahit la Sicile, enchiasa les Sarrasins , et quelque tsnpi après acheva la conquête de toutlt pays, appelé aujourd'hui royaunuJc lia pies.
Hélène, fille de Robert, maricei Constantin, fils de l'empereur Midid Duras VII, avait été renvoyée par Ni»
phorellI,et son mari fut renfermé dant un couvent. Celle querelle de famiilt avec l'empereur de Cous tan linople ouvrit un nouveau théâtre à l'espiil ambitieux de Guiscard. Après de non»hreuses victoires, il parvint à pénctrer dans le cœur de la Grèce , et déjà il menaçait le trdne des césan d'Orient d'une destruction prochaine, lorsqu'il fut rappelé soudainement en Tl.-iHe jiar des, dangers que courait le pape son allié. Robert, accourut à Rome, chassa l'empereur Henri I\ .
qui avait réduit le pape à la dernière extrémité, et, après avoir prévenu le retour de calamilés pareilles , il reprit l'exécution de son projet favori, la
Rome,
quoiquU neut pas 1 intention
de remplir sa promesse plus Ion; temps que ne rexij;crail l'état de ses altJiires. Nicolas , de son côté , ne trouvait pas d'inconvéoiens à accorder à Robert l'investiture de pays qui n'avaient jamais appartenu au Saint- Siège , et qui auraient pu d'ailleurs
réduction de la Grèce. Mais à l'i
poque
où ses eutrepriscs étaient entourées de plus de jiloire, il fut subitement arrêté dans sa noble carrière par unf
Roi;cr, fils <!c sa seconde femme.
soutenu par son oncle Ro^cr, comte de Sicile, prît en main les rt^ncs du pouvoir, malgré les récl.imations de
Roemond , son frèr
, qui.
scnt.int pas en état de résister, accepl.i les conditions qui lui furent imposées.
Mais bientùt après, une occasion de vengeance se présenta, et Bocmond, qui n'avait fait que dévorer en secret
PALEKME.
^épit prêt à éclater au premier mo* t favorable , la saisit avec empres- 3nt.
a ville d'Amalfi , profitant des msions qui s'étaient élevées pares [Normands , tenta de recouvrer ancienne indépendance; elle fut stie aussitôt par les forces réunies trois princes , Roger , Boemond et er leur oncle. Tandis qu'ils étaient mble au siège de cette ville , Pierre lite y vint prêcher la première ade. Armé des bénédictions du r, brûlant de zèle , il était pénétré ette onction religieuse, de cette e persuasive éloquence qui séduit lommes les plus éclairés dans les es de la plus haute civilisation.
lie puissance ne devait pas avoir areil prédicateur à une époque de arie ! Sa voix était accueillie avec sur : ses prédictions rencontraient out des âmes crédules ; sa bannière entourée de milliers de partisans, oemond, soit qu'il fût entraîné par lissance de Pierre , ou que les croi • ;s eussent éveillé son enthousiasme fieux ; soit plutôt qu'il fût mu par ésir de se venger , seconda les produ prédicateur éloquent , et , à la de la fleur de l'armée , fit voile r la Palestine, laissant son frère m onde devant les murs d' Amalfi , ; une escorte à peine suffisante pour vrer leur retraite.
L Koger succéda bientôt son fils llaume qui mourut sans enfans.
ites les possessions des Normands s les Deux-Siciles appartinrent s à son cousin Roger , fils du prer comte de Sicile dont nous avons lé plus haut.
le prince, dédaignant le titre de duc, il jugea au-dessous de l'état brillant les affaires, revêtit celui de roi. Le le^ alarmé des progrès rapides des
Normands, et, .appréhendant quelque obstacle de leur part à ses projets d agrandissement , appela à son secours l'empereur Lothaire, pour venir mettre des bornes à un pouvoir qui , si on ne lui opposait une puissante barrière, compromettrait l'indépendance de l'Italie.
Lothaire , à la tête d'une armée formidable , entra dans le nouveau royaume des Normands, et détruisit tout sur son passage. Roger, pendant ce temps4à,.se retirait avec prudence pour rassembler «es forces ipilitaireff.
La furie des agresseurs s'amortit tout à coup ; rinaction et les maladies les décimèrent. Le roi Roger à son tour chassa devant lui Lothaire son ennemi , reprit ville par ville toutes ses possessions, expulsa les Allemands du royaume, et fit même prisonnier le pape Innocent II, qu'il contraignit alors à reconnaître son titre de roi et même à lui donner l'investiture.
Roger détruisit à cette époque la dernière ombre de liberté qui existât encore dans quelques villes maritimes de l'Italie : il fît une invasion en Afrique , s'empara de Tunis, et opéra avec succès une descente en Grèce.
Malgré ces avantages , il ne borna pas son ambition à la gloire militaire ; il était attentif à Tadministration intérieure de son royaume , et , à sa mort , il laissa chaque province dans un état si prospère, qu'à juger des événemens avec la vue d'un mortel , il pouvait se flatter avec raison d'avoir établi son trône sur des bases désormais inébranlables. Les résultats fâcheux de la négligence de son successeur démontrent combien les projets des hommes sont trompeurs , et avec quelle facilité un mauvais gouvernement peut en quelques momens renverser les plans les mieux combinés.
né, quui
uitlauroe, Cls de ..imment infortujuiétê par les cn- . du dehors. Son indolence le mit sous la tutelle de ministres avises et corromiiu» ; cependaol , lorsque les attaques étrangères réveillaient l'activité secrtte qui était en h
voyait renaître dans sa personne
l'csfiril belliqueux de ses ancêtres, 8t il repoussait toutes les agressions avec le cout-ii^'e d'un Guiscard.
Dans une certaine circonstance, le pape et l'empereur le pressèrent vivesncat, mais il déjoua tous leurs projets. S'il avait eu .tutant de succès d/ms J'ailminisLrritiori de son royaume que dans lesrapports extérieurs, son rèj^ne «urait un tout autre caractère que celui dont il est empreint dans les chroniques de Sicile. lVL»jone,son favori, ^uverna le peuple avec tint de despotisme et d'oppression , qu'il contraignit les barons à conspirer contre lui.
Ils assassinèrent le ministre, emprisonnèrent le monarque, et mirent Ja ronronne sur la tête de son jeune fils. Mais cet infortuné ayant éLé tué, le îoura^e des relielles fui abattu, et [Guillaume reconquit sa couronne , irùlant d'assouvir sa venireance dans le lan^ des conspirateurs. 11 passa tran- [uilJement le reste de ses jours sur le rône : mais la paix dont il jouissait ne )ut dissiper le noir cliagrin auquel il tait toujours en jiroie. Accablé sous a poids de ses infortunes, malade 'ambition , sans amis , et incapale de quelque occupation louable , il rriva à la longue à un tel de^ré d'apahic, qu'il défendit expressément à eux qui l'enlouraienl de l'instruire e rien qui pût troubler son repos, e résultat d'une nonclialaucc aussi [in:jcrcitse fut que sous son rèi;nc b oliicitrs de la coiiruDue exetccreuL
avec impunité les abus delà pIttKUdaleuse tyrannie. GuillaumeoCttiHl au tombeau, détesté de tous 1«^ de bien , et flétri par chacun d« »»
jets du surnom de mauvais.
Le« premières année» du r^iie4 sonriIsGuilIaumefurent troublées f»
les discordes des arnnils vass-ioiJeli couronne; mail lorsqu'il lut sorû ^ premières anoées de la vi< , toutctit' dissensions cessèrent : une adrauuttration douce, prudente et juste, ne inuni6ceace vraiment royale poivii i;ens d'éf lise , lui procura le prédM surnom de Boo. Aiosi il eÛàça fi».
rieusement la UcbequesoD pèreamM imprimée à son nom. La preuTeb plus frappante que l'on puisse dooH.
des titres qu'il avait à cette honortUi épithète, est le désir exprimé parla babitansde In Sicile, dans touteslfon contestations ultérieures avec Irwi aouv«uins,que les aHàires fussent nises sur le même pied, etlea loisobiS' vées avecla même impartialité quim jours du rèi:ne du bon roi Ouillaunt Ce prince n'ayant pas de <lescen<laEt directs , et voulant prévenir une çuerrt civile, donna Constance, fille po=lhume du roi Roger , en mariage i Henri de Souabe roi des Romaias :
quelque temps après il mourut, li régna vinpt-trois ans dans une jiaii et une tranquillité tellement profondes, que les bistoriens, qui se complaisent ordinairement dans le récu des scènes d'horreur et de sonc, d< nous ont transmis aucune des particularités des dis dernières années Je sa vie ; car, ainsi <|ue le dit Montaigne : « Les bons :ii5torieDs fuicul comme eau dormante et mer morU.
des narralions calmes , pour retjaigner les séditions, les guerres, où ils sareol que nous les apjielons.»
Après la mort de Guillaume le Bon,
PALERME
successeurs qu'il avait désignes ; absens , les Siciliens , malgré la urée, appelèrent au tràne Tan- ) comte de Lecce , fils naturel de ar, frère atné de Guillaume P'.:
"ègne fut orageux et court ; néan- 8 les Allemands auraient sans î été complètement chassés de la e, si Tancrède, qui était un ;e aussi vaillant que bon , eût vécu
long-temps pour se consolider on trône encore chancelant. La mr excessive qu'il ressentit de la
d'un fils chéri et accompli , sur 1 il avait fondé toutes les espé- 8 de sa joie et de son bonheur fu-
conduisit au tombeau ce tenère, et détruisit d'un seul coup lances de prospérité de cette fa-
lillaume III , son autre fils , était jetme pour résister au pouvoir de i devenu empereur, et appuyé icours des barons toujours chan- (. L'infortuné jeune homme fut S de se livrer lui-même à la dism de son rival , qui , sans obser- S8 promesses , le priva de la liber- 3 la vue et de la virilité (i i94)* nri YI , monstre de cruauté , enindistinctement à la mort tous les 'ens de Tancrède , sans même ;ner les traîtres qui avaient déles étendards de Guillaume pour (indre aux troupes impériales, ireur brutale alla même jusinsulter au corps de Tancrède livra aux oiseaux de proie. La Siit dévastée, les églisesfurent pilleurs richesses transportées dans outrées étrangères, et les rues ées du sang des plus illustres cis. Mais les Siciliens croyant dé-»
ir que l'empereur se proposait srminer toute la race normande , rent aux armes; la révolte fut
générale. A la tête des conjurés on voyait Constance elle-même , incapable de supporter plus long-temps l'inhumanité de son époux. Henri fut chassé de rtle et forcé de souscrire aux conditions du traité le plus humiliant. H ne survécut pas long-temps à cette dis*, grâce. L'impératrice mourut aussi peu de temps après lui , en laissant la couronne à Frédéric^ son fils unique ^ encore en bas âge ( iiQ?).
Une minorité orageuse suivit la mort • de l'impératrice Constance ; mais grâce aux soins du pape Innocent III , qui gouverna le royaume en qualité de régent et de tuteur du jeune prince, les états de Frédéric furent entièrement conservés. Par l'influence de son excellent tuteur, il obtint le diadème impé* rial dès qu'il eut atteint l'Age nécessaire pour le porter. Mais cette cordiale amitié, qui dans le principe unit le pape et Frédéric, ne fut pas de lon-^ gue durée. L'animosité qui exista plus tard entre ces deux princes fut d'autant plus violente , qu'ils avaient eu d'abord l'un pour l'autre un plus vif attachement. Pendant une longue suite d'années, ils se persécutèrent tous deux avec un acharnement constant* Ces boa* tilités occupèrent une grande partie de la vie de l'empereur, et furent une sour* ce de dissensions et de troubles qu'il lé* gua à la Sicile , et qui plus tard amenèrent la ruine de la maison de Souabe dans cette contrée.
Dans l'espoir d'apaiser le pontife, Frédéric s'embarqua pour guerroyer en terre sainte ; mais à peine eut-il mis le pied en Palestine , qu il apprit que Grégoire IX avait àégagé plusieurs barons de l'empire du serment d'obéissance, et qu'il envahissait le royaume de Naples. A cette nouvelle , Frédéric se hâte de conclure la paix avec les in-' fidèles et retourne en Italie. Accablé
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Dés que U nart de l'caipcrcar bil («■■a*, U p*pe rsaontcU »«• att»-
ipiM.rtiifaint IrniTiir Inrrjr»
'W^■^^f •. *— *« f ■— 4»»» mhitc de Confad.fl* «l bériti» de Frédénc, déj«M le«e h« pRi^cU du paatifc. Caand pépriwa In (mnHaa* , «"eoipan de Naptei «t exerça les phugnodetcroiotta «Mitre •«« adrenaires. Son rigae œdura que<{iulr«ant, et la sort cat aoMÎ ailribaée par les éoiTaiiu ecdénut»qiic« à Uanfred, mu ennemi nor-
Conradin, SU uniijoe de Conrad, était en Allenavoe au marnent de la mort de ton père -, le pape l'eupara de son roratime ; mai* le pontife en fut rhas*« par Alanfred , régent pour ion nerea. Le bruit te répandit que Coeradinétaitmorl, et Mainfrojr prit alors itt rênes du eouTemement en son propre nom. Le pape reconnaissant la supériorité des talens militaires de Mainfmy , et voyant que ses anathémes avaient peu de pouvoir sur un prince qui afTichait la fil us grande inerédulité, prit une aulre méliiode, et oifrit la couronne de Sicile à tout prince qui parviendrait â chasser de ce royaumo tusurpaleur excommunié qui foccapait dann ce moment.
Le premier qui fut ju|;é capable de réaliser l'exécution dece plan, fut CUar* lesd'Anjou, fràre de Louis IX ^siiint Louis), roi de France. Il accepta l'olire, soit qu'il y fàt excité par son
chote ds I fortuné Cfl et enfin di ne resta pw Charles fl joug si iv dont IIkm étaient dci quéraoft,^ qucs, le^ dard de U Il j avai rempli de i cilier les Procida, e l'Ile de ce I port de Pé feome. Da de cliBSMf quérans é^ Sicile, Pro avec le» gi poaveau ei
PALBAME.
sile à Pierre d'Aragon 'qui y avait verturea à Pierre :
[ues droits par sa femme. D'aiU , oo aurait recours, en cas de Q, à Paléologue, empereur dii tantinople, et au pontife Nicolas, i'appui n'était pas douteux. Il lire dans les historiens anciens, Fazellius, par exemple, la ré« StaiUédes démarches multipliées, négociations habiles de Procida s^âtsurer les secours de ces deux «s. Il efimja Fempereur Paléolo^ m lui faisant eroire que les Franarmaient contre sa puissance, quille de ce côté, il revenait dans e apprendre aux conjurés le s de ses entreprises, lorsqu'en in il apprend de la bouche de ues natdots pisans que Nicolas, fa romain, était mort dans uii fe sur mer , et qu'il avait été rempar Martin lY, tout dévoué à usa des Français. Cette nouvelle »use d'abord quelque crainte ; bientôt, reprenant courage, il mit sa route, et aborde à Tra* Là , il confie aux grands de l'état ;vet de tous les projets qu'il avait usés. Pendant ce temps, le roi e, pour éloigner les soupçons des • princes de la ohrétienté sur Iq lUe but de son armement , équipe lotte, et proclame hautement le t d'une guerre sacrée. Cet arme»
prenant toutefois une extension onsidérable, le pontife Martin in* Pierre à lui en déclarer les motifs . Pierre répondit qu'il no man«> sit pas de les faire oQnnattre dans mien, et comme l'envoyé du pape tait auprès de Pierre : « Dites à ï maître, répondit le roi iinpa«é, que je brûlerais ma tunique, et lecouait avee violence , si elle était leîtié dans mea secrets. «
» Je vous of&f mon appui, lui mandait^l, si toud vous proposez de guerroyer contre Jet Sarrasioft — Je n'ai point encore ré* solu cette expédition , répondit Pierr^^ car je manque des secours d'argent né^ cessaires pour l'entreprendre. » Charles lui envoya , au récit des historiena français , vingt mille écus d'or, loi pro« mettant une somme bien plus considé»^ rahle encore si la guerre sacrée devait^ avoir effectivement lieu, Tandi» qiui Pierre organisait ainsi une levée dti^ boucliers, Jean Procida se rendit a^ près des habitana de Palerme, de Mae* sinç et ^09 chefs de la Sicile, Il r^la r avec eux le plan d'un oomplot à'niff cution périlleuse, mais pleine dt.:
gloire^ disaiti^il. Il s'agissait dexten» miner en un temps toMs les Françaii' qui «e trouvaient alors en Sicile. Tow eoniantirent à prendre part k octtt conjuration. Il fut convenu dW oom* man accord que le jour de Pâques, ant premiers tinteniens des cloche* de jéî près, tous le« Français, sansdifitùw^ tion de rang> d'ége ni de sexe^aoïv raient mas^crés. Après s'âtre evhortia mutuellement à la prompte et ooura»»
geuse exécution do leur projet, lit conjurés se séparèrent, et Procida «f mit à parcourir les bourgs et les villspi^. ges afin d'exciter les Sicilien» à la bain^ du nom français, Qn prétend même que pour remplir ce râle de manière k n'éveiller aucun soupçon, il feignis une grande difficulté de parler, et et servit d'un roseau creux dont il appUm quait une extrémité à sa bouche et l'autre à l'oreille des pas^ns , auxquoly il faisait ainifi parvenir la qonnaissançf de see prcgets et de l'époque préçiw de l'exécution du complott
L'an l'iSa, le troisième jour d'avril « le signal du massacre des
)i€i Ghailes fit k dessein dea ou*- « dmaé dam Pflenaa p»r ]fi$ doejbcf
qui sonDDii !■ La Sicile tout
entière parut ! ulever en un seul moment contre ennemi sans dé-
6ance : on vit le» relipeux franciscains et dominicains prendre part h cette formidable insurrection. En vain quelques malheureux s'étaient enfuis vers Tin rocher inaccessible nommé Spirlingue, croyant y trouver leur salut. On les laissa mourir de faim. Les enfans furent écrasés contre les pierres des édifices : des monceaux de cadavres étaient entassés dans les temples. Enfin dans l'espace de deux heures huit mille Françjiis furent massacrés.
Quelques historiens rapportent diftéremmeA les circonstances qui ont IcCDmpagné celte horrible boucherie.
Hs prétendent que des kabitans de Palerme se trouvant réunis au nombre de six cents environ dans l'église du Saint-Esprit, avec leurs femmes et leurs enfans, curent beaucoup à souffrir des insultes des soldats français.
L'un d'eux s étant oublié au pulut l'outrager publiquement une femme loblcd'e la villtr, c^cila tellement liulignation des I^ilcrmitains quils le a]>idérenl. Ce inctirLte fut pour eux e signal d'excès plus çrands encore; :n quelques inslans un esprit nrdcut le rébellion s'empara de tous les cœurs :t éclata avec une fureur subite.
Quoi qu'il en soit, après le massacre, onsacré dans l'iiisloiie sous le nom le Vè|>rcs siciliennes, quatre armées urcnt formées par les babitans pour X puiser les Franraisde tous les autres loinls de la Sicile, L'une d'elles se mit n marche vers Calaln/tmi , où vivait n Français nommé le chevalier Ouillume Porcelet. Cét.iit un homme iste et universellement estimé. 11 dut I vieil sa lionne réputation. Le :.'Ouerneurdu Val-de-JNotofutaussi épiirné : ce sont les seuls qui échappèrent
ALIK.
au désastre sans exemple qnifaDdit sur leurs compatriotes.
Les insurgés oITrircnt la courowà Pierre d'Aragon. Une longue gu«t fut le résultat de toutes ces calaslnphes. Charles, depuis cette époque, n'éprouva que des malheurs et fiait par mourir de chagrin.
A sa mort, son fils aîné était prisonnier; lorsqu'il eut recouvré la liberté, il fit quelques tentatives inutitff pour chasser les Aragonais delà Sicile, conclut la paix avec eux ; et canuse il était naturellement bon et roodért, il employa tous ses soins à la proîpérité de son royaume de Naples (iSogj.
Son second fils Robert lui succéda, quoique Charles Martel, roi de Hoogric, qui était l'atné, et que !a moit avait enlevé avant son père, eût laisse des cnfiins. Charibert, roi de Hongrie, £ls de Charles Marlcl, réclama ses droits, ctlesdeux parties intéressée:
dans cette querelle se soumirent d'un
:ord à i'achitra
i pape.
Un décret du ])OnLife confirma Robert dans la ])osscssion du trùnc. On i'^iccusa d avoir empoisonné son frère pour s'assurer la couronne.
Son règne fut Ion- et paisible , malgré les tentatives des ennemis du dehors ; mais, dans le cercle de ses intérêts domestiques , sa vie n'ofire qu'une suite d'infortunes. Ayant perdu son fils unique, et voulant éviter les troubles qu'aurait pu faire naître sa succession, il donna Jeanne I"'. sa petitefille, et héritière du royaume, à André de Hongrie, prince sans talent, avec lequel la pauvre princesse ne pouvait manquer d'être malheureuse.
Les infortunes que Robert prévoiait accablèrent sa constitution dtjii attaquée et bAtèrent sa mort (i343].
Aniiré se montra tellement insupportable à la reine et au peuple,
PALEAME. 339
qa'ane conspiration contre »es jours aux mécontens de la Hongrie qjoi
s'ourdit en peu de temps. Il fut assassiné à Averse. Les historiens modernes prétendent que sa femine n'esl pas étrangère à ce meurtre.
Le veuvage de Jeanne fut court.
Louis de Tarente, du sang royal, prince doué des plus brillantes qualités , fut son second mari. Bientôt après tous deux furent obligés de fuir devant le roi de Hongrie, mattre de Naples, et qui, pour venger la mort de son frère, avait envoyé à la mort plusieurs grands personnages du royaume de Sicile. Le conquérant fut heureusement rappelé en Hongrie par des dissensions intestines , et Jeanne put repasser en Italie. Son troisième mari fut Jacques d'Aragon, et le quatrième Othon de Brunswick.
Cette princesse étant avancée en âge , et ayant perdu tout espoir d'avoir des enfans , désigna pour son héritier Charles de Duras son cousin. Ce prince, qui suspectait les projets d'Othon , et redoutait l'inconstance de la reine; d'ailleurs , impatient d'être en possession de la couronne, rassembla une armée, attaqua Naples,prit la reine et la fit , dit-on , mettre à mort (1 38a )• Lorsque Charles avait envahi les élats de Jeanne , cette princesse était sans généraux expérimentés. Aussi à cette époque avait-elle appelé à son secours, et adopté Louis d'Anjou , fils de Jean, roi de France ; mais il arriva trop tard
avaient conçu le projet de désigner Marie , le seul enfant de son ancien ami et protecteur le roi Louis. Il écouta leurs propositions ^ se rendit en Hongrie où il fut proclamé roi. Mais peu de temps après, le parti de la reine, re» venu de sa stupeur et de sa consternation , l'assassina dans son palais (i386). Le royaume de Naples échut alors en partage à son jeune fils Ladislas pendant la minorité duquel lés troubles furent continuels. Lorsqu'il fut en âge de gouverner , il trouva les partisans du duc d'Anjou maîtres des trois quarts du royaume ; et , poui^JU retirer de leurs mains ^ il eut béaolp'de tout son courage et de tout son bonhenr.
Depuis ce temps , il joua un grand r^e dans les troubles delltalie, fit la loi à Rome , à un grand nombre de petits souverains, et aspiramémeàla conquête de la Hongrie.
. Le pape,alarméde tant de prospérité, appela contre ce prince, Louis II d'Anjou, qui battit Ladislas à Geparano.
S'il avait su profiter d'une pareille victoire, il aurait pu ruiner sans retour le parti de son adversaire ; mais s'étant reposé au lieu de poursuivre les ennemis défaits f il leur donna le temps de se reconnaître et de réunir des forces trop supérieures pour qu'il pût leur résister. Ladi&las, délivré de cette manière de ses ennemis étrangers et domestiques , s'abandonne aux plaisirs ,
pour être d'aucun secours à sa bien- " et finit ses jours dans les excès de la faitrice. Cependant il s'assura des pos- plus avilissante débauche ( i4ï4)* sessions qu'elle avait en France, et Jeanne, sa sœur unique, femme dissans doute il serait parvenu à conquérir solue , et la plus corrompue de toutes le royaume de Naples sans la mort qui . les princesses qui aient existé depuis ▼int interrompre sa carrière. ^ Messaline , lui succéda : nulle vertu ne
Charles de Duras, qui demeurait balançait ses vices. Sans cesse livrée à ainsi paisible possesseur de ce royau- ses désirs et aux favoris qui les sern était cependant pas satisfait de vaient , sa vie fut une longue suite de heureux sort; il prêtai t l'oreille'" débauches, de malheurs et de troubles. N.
me son
H^^^^^K LITALIB.
Ferdinand Vnf , cl dans ces derniers clécoréede statues, dcfonL-tinnedautemps celui de Ferdinand I". Ayant été entraîné dans la coalition européenDecontrclarépublitiue tran^aiEe,!!
lui expulsé de ses domaines en deçà du pbare, en i8oa, et contraint de se retirer en Sicile jusqd'en iâi4i où il revint à Naples reprendre possession du Bceptrede ses aïeàx. François I"., son Sis, lui surcéda eni8.j5; il laissais couronne à Ferdinand II , son 61s , aujourd'hui régnant. Ce prince est monté Bur le trône le 8 octobre i83o.
Nous nous sommes étendus sur quelques passaj^es des annales de la Sicile ; t'Lislnire contemporaine est un sujet ficedevintdepuislexpulsiondesSar
dans le stjle de U naissance italienne. XJue de ces hea rues, ouvrage du vice-roi Macheda^ lut donna son nom, s'appelle aiisa Strada naova; elle s'étend del'ouesti Test : l'autre, plus belle, porte le nom de Cassaro.
Lorsque les émirs se fixèrent s Pk lenne, ils clioisirent pour dcmeureim TÎeui château situé à l 'ex trémité onntaledela ville, sur une bâuteur qu'ils fiH^ tirèrent, et 1 ai donnèrent le nom àtCeijaer, motarabequîsigniûeciladelIe.Dt là le nom de rue qui y conduit. Cet ti-
Bcubrcux. Telle que l'arche sainte, le profane n'y doit toucher. Je me hâte donc de passer à la description ile Palerme ; les monumens n'en veulent pas i la vérité.
A l'extrémité occidentale de Pa-
sins le séjour des rois de Sicile. Robert ' Guiscard et le comte Roger l'enlourè- I rent de nouvelles murailles. Roger I".. ( roi de Sicile, y éleva une église à sainl | Pierre , sur l'emplacement qu'on nom- ] mail en arabe loaria, c'est-à-dire, J
terme , se trouve le nouveau port, ou^ ile préau, endroit destiné aux danses d \ rertducôtéduIevant.Enyentrant,on aux diverti ssemens. Il j fît constniire | aussi deux tours, l'une nommée /a Pj-
ju«ii,renferniail Icsjo^'.TUx et letresir de la couronne; l'autre, qu'on appeUJl la Grcca, servait de prison publique.
Mesure fort imprudente , puisque dans les temps de trouble la popubce ne manquait jamais d'assiéger le p.v lais pour délivrerles prisonniers. Guillaume I, jaloux d'éclipser la maimitlccnre du roi son père, reconstruisait de fond en comble cette royal e demeure, lorsque la mort le força de laisser à son fils la gloire de terminer le Palazzo nuoi'0[PI. ;o8).
Ce palais construit en larges pierres de taille , avec un soin remar- .quable, resplendissait à l'intérieur de marbre, de porphyre, de dorures et de mosaïques. Dans les rèijnes suivant, le ra]irice des souverains et les injures des temps occasionèrent de grands changemens : si bien qu'aujourd'hui <
I gauche la citadelle de Caslcl-à- Marc, à droite le môle, jetOc île cinq ;ciU cinquante toises environ, terminée parunetouroLi s'élève un fanal. Un cbi- .eau placé à l'autre extrémité, défendà a fois cctt;,' con!(lruction et le port. ^e rivage est couvert à droite et à gaulic d'édifices et de magasins pour le crvice de la marine. Pins loin, vcrslc cvant, la plagedécrit une courbe agréajIo bordée de riches palais, de promeladcs et de villas délicieuses dont l'aslect riant contraste admirablement vcc les rochers sauvages et les lii;nes èvèrcs du mont Pcllcgrino ( PI. 107).
A]irès avoir joui du ravissant specicte de la marine, je commençai mes ourses dans la ville. Deux principales ucs la traversent dans toute son tendue; leurs axes se coupent en tigles droits prcscju'au centre et foricnt une place octogone, régulière, et
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