PIÉMONT ET GÊNES
Le mille vaut une demi-lieue de France. Le ras, 591 millimètres ou i pied 10 pouces. La palme , 248 millimètres ou 9 pouces. La liç're , 1 2 onces.
La /iVre de Gènes, gros poids , une livre de
France.
La lii^re , poids léger, 10 onces 7.
Les nouvelles monnaies sont conformes à
celles de France.
aOTAUME X.OBIBARDO - TEMmEN.
La brasse de Milan , 5g^ millimètres ou i pied dix pouces.
lo L'ITA
I^ hrn%»p. de Ve,ni»r. , GG6 millimètm ou
J^ li^reflr. Milan, grcHfioidft, i livre Qonces. La liyrc dr. Milan , jk/kJ» léger, lo onces {^. Lfl /iV/vr //r» ycninc, grcw [K)i(U, contient
|irr%cl*î i(î oncTH fmnçniM».
La //rn? //<? yinnine , poid* léger, g onces. 1^ /iVr#f aufrirhirnna , 87 centimes.
J>A /iVn* ilalit'.nni* (ou lira ), comme le franc. La livrr niir.ienne de Milan , 76 centimes. I^ Mflf/uin 1 1 francA, 83 centimes.
LIE
Qnand il est midi k Paris , il est à Rome midi 40 minutes 3o secoDdes : le soleil aTinçant d'environ 4 minâtes par deg^ré de longitude.
A Rome, et dans qaelqnes parties de l'Italie, on compte encore les hcares à partir da coacher du soleil; c'est alors la première heure, et les antres se comptent jusqu'à 24. Cet usage se perd tous les jours.
Tableau des distances entre les princi" pales ^filles d Italie et jusquCà Pans, en lieues de France.
ITnuteurs , au-dessus du nii^cau tle la mer, dcn montagnes et tics principaux lieux fie V Italie vt delà Suisse,
Mont-lllunc 4^'<>™^^'^>*
Mont-nmr 47^
Yun|(-Vrau 4^^
Grand-SAÎiit-Rrmard, au passage. . a4()i
Saint -(tothard tel 9076
Mont-Ccnis id uottG
Simplon tW aoo5
Col-dr-Tcnde i7;)5
fiina 3i37
Pic du Midi, Sicile utpr»
Wsuve 1 198
Turin u3o
Milan ii8
Milan, d6me, an*dcssu$ du pave, . 109
Parme. . • <>3
Rome,leTihre 3i
Rome,Capitole 4^
Rome, coupole de Saint-Pierre . . i3*i
Bologne lii
Bologm», tour des Asinelli au-dessus du pavé 107
tfôngùude au mcridi^n d^ Paris , et lati^ rude des prin-cipalrs %-illcs tf Italie,
Milan 6^p 5im 4S^^c. 28m-
Gènes ^ ^T 44 ^^
Fbnsnce. . . 8 S5 43 46
Rome. .... 20 9 41 53
Kaples. . . . Il 5Î 40 5o
Païenne. ... 1 3 • .^ •
Paris à Dijon TClienei.
Dijon à Gcnèye 49
Genève à Milan 96
Milan à Plaisance i5
Plaisance à Parme 17 -f
Parme à Modène 9 ^
Modènc à Bologne 6
Bologne à Florence a8 J
Florence à Sienne.. . , ^ 18
Sienne à Rome 60
Rome à Terracine 3i
Terracine à Napfes ai t
Naplesà ReggioenCalabre,enTÎron. 120
Naples à Palerme, par mer 70
Paris à Lyon. . 118
Lyon à Chambéry. a8
Chambéry à Turin 76
Turin à Gènes 48
Gènes à Florence , par la Speiia. . 80
Gènes à Livoume par mer 35
Florence à Lirourne a6
Turin à Milan 33
Turin à Alexandrie a5 |
Alexandrie à Plaisance a5
Milan à Venise 4^ t
Venise à Ferrare a5
FerTAre à In^locne 9
Rtilocnc à AncAne 3a4
Anr«\ne a Folicno a3
Folicno à Rome ^o^
Rome àCivita-Vecchia 18
:r.*jf'
TOSCANE
ILE D'ELBE
Il ja environ deux ans, je me trouvais à Tile d'EUbe, dans la petite ville de Porto-Ferrajo. Par égard pour le public, je passe sous silence les motifs qui m araient amené là; je devrais à l'histoire et à moi-même de les donner, si, comme Na»poléon, j'y fusse venu en souverain à la suite d'un traité avec les monarques de la sainte-alliance; mais j'étais débarqué tout-à-fait bourgeoisement d'une modeste felouque portant quatre hommes d'équipage. Peut-être venais-je de Corse, peut-être arrivais-je d'Espagne ou d'Alger. La seule chose que jepuisse vous dire, est que jeme préparais à un voyage d'Italie.
J'étais déjà sur les états du grandduc de Toscane, caries traités de i8i5 lui assurent la possession de l'île entière et de ses dépendances. Les cartes de Danville désignent l'Ile d'Elbe sous le nom à'Ilwa. Possédée dans les temps plus reculés par une colonie grecque, elle tomba, avec rEtrurie,au pouvoir des Romains. Ses mines de fer avaient dès lors une erande célébrité. Elles furent d'un grand secours lorsqu'après la défaite de la Trebbia , il devint urgent de renouveler le matériel d'une armée à opposer à Annibal.
Virgile leur a consacré une mention {jEneid., lib. lo, v. 172) :
ast Ilva trecentoSf
Jnsuia inexhaustis Chalybum generosa metaUii*
Ilya, <{ai des zDétanz est la mine féconde , Uya , qui poor ceinture a Tempire de l'onde , Y joint trois cents gaerriers exercés aux combats.
(Trad. de DelilU,)'
On ne retrouve plus de mention de l'île d'Elbe jusqu'au onzième siècle, où on la voit figurer dansles dépendances de la république de Pise. Vers 1290 les Génois en dépossédèrent les Pi sans et la cédèrent aux Lucquois, moyennant une redevance annuelle de 8,5oo livres. Peu après, cependant, les Pisans en firent de nouveau la conquête; et, pour s'assurer la fidélité des habitans, ils leur accordèrent de nombreux privilèges. A l'époque où Pi se fut vendue au duc de Milan par Gherardo d'Appiano, ce dernier se réserva la seigneurie de Piombino, etparmi d'autres possessions celle de Ttle d'Elbe. Plus tard nous voyons CosmeP'., duc de Toscane, offrir à Charles-Quint des sommes considérables pour la cession des états de Piombino et de cette île, et n'obtenir que la seule villede Porto-Ferrajo, encore fut-ce sous la condition de la fortifier et de la défendre contre les Français, avec qui l'empereur était en guerre. L'architecte Belluzi de Saint- Marin fut chargé du travail. On y ajouta beaucoup après lui , et Napoléon , pendant ses dix mois de souveraineté , y fit faire encore des améliorations.
La rade de Porto-Ferrajo est grande et belle, le port petit, mais sûr. La ville est peuplée de 2,000 , 3 à 4oo personnes , non compris la garnison , qui est de 4 à 5oo hommes. La montée qui y conduit, pratiquée dans le roc^ est très-rapide. Le bas des coteaux est
Il L'ITALIE.
assez biea cultivé; c'est la meilleure ou se contentait de prendre la terre
partie de l'île, qui n'est qu'un groupe et les parties aisées à rompre ; aujour-
de montagnes. d'bui on fait le contraire.
n s'y fait uu petit via passable , La pécbedu ibon , qui se pratique
blanc eu plus grande partie, dont on thn? le Thonaire du golfe de Porto-
exporte les trois quarts, iiu contmire Ferr.ijo, donne aussi un produit îm-
du grain, dont on ne récolte pas pour portant, et le spectacle m'en a beau-
le qu^rt de la coosommatiou. H y a coup diverti. Voici la disposition des
quelques oliviers, quelques pâturages, très-peu de fourrage sec. La viande se tire de la Toscane : on voit un petit Dombre de bœufs pour le labourage,
cboses, d'après l'babitude de ce poisson qui entre toujours dans le golfe par le côté gaucbe. La drague, qui est un filet de cordes à grandes mail-
des chèvres et des brebis. On trouve les, prenddececûtégnucheen entrant,
quelques perdrix rouges, peu délié- et s'étend en forme de haie sur une
Très, moins encore de lapins, pradi- ligne courbe à plusieurs centaines de
gieusement de myrtes , d'autres jolis toises en avant dans le golfe; la partie
arbrisseaux , et des plantes Irès-odori- supérieure toujours très au-dessus de
férantes. L'tle donne du bois à brûler l'eau, mais l'inférieure atteignant le
au delà de son usage; on en exporte fond. Elle reste tendue environ trois
beaucoup pour Gènes. Il n'y a que mois de suite, dont juin et juillet font
très-peu de plages; celle qui est au partie. A sou extrémité sont quatre
fond du golfe de Porto-Ferrajo est chambres successives qui commuui-
très-marécageuse, on y a fait des quent de l'une à l'autre. Lorsque le
salines qui soot d'un grand pro- thon arrive, souvent par bandes et à
duit. la queue les uns des autres, il necber-
L'Oe a quelques fontaines de bonne cbe ni à vaincre la résistance qu'il
eau, mais ne possède qu'une seule pe- trouve, ni à rebrousser; mais il dévie
tite rivière qui passe dans le voisinage dans lu direction du filet tant qu'il
de Rhy le plus considérable des qua- arrive à la première chambre, d'où il
tre ou cinq villages entre lesquels se ne peut sortir que pour entrer dans
répartit le reste de la population, la seconde, et ainsi de suite. On le
évaluée à environ 8,000 âmes. Les ba- laisse s'amasser ainsi quatre ou cinq
bilans de Rio sont presque tous oc- jours. Veut-on faire la pèche; à l'aide
cupés à l'exploitation d'une mine de de bateaux on tend un filet a. l'extré-,
fer qui forme la principale richesse mité delà quatrième chambre, et on
elboise, et que les géologues s'accor- ouvre à celle extrémité une porte qui :
dent à regarder comme l'une des plus communique avec le filet. Si l'on veut
curieuses par ses accidens, l'une des juger de la quantité de thons qui sont
plus riches et du meilleur fer. Cette entrés dans les chambres, et si l'agi-
mine, dans quelques parties, a la du- talion de l'eau cmpi}che de les voir,
reté du fer même, autant de poids, on la calme eu jetant dessusdc l'huile,
beaucoup de brillant; elle est sulfu- Si le poisson est trop lent à passer
reuse et quelquefois vivement colorée, de la chambre
Comme' dans l'exploitai ion ancienne en jetant
on n'avait pas l'usage de la poudre , Au momi
et que la matière était très-abondante, l'eau-, des liommcs armés de longuet
sson est trop lent a passer nbre dans le filet, ou le hâte J : de la terre derrière lui. | ment où l'oa lire le filet de j|
il L'ITALIE.
posait d'un ou deux plaU , et se ter- tenant d'artillerie n'avait point perdu
minait par une tasse de café. Le déjeuner fini, il se recouchait pour une couple d'heures. Il restait ensuite jusqu'au soir dans son cabinet, recevant les étrangers, expédiant des affaires^ donnant des audiences, préparant des travaux , et peut-être méditant déjà ces belles proclamations par lesquelles il salua la France à son retour.
Dans la soirée il allait, accompagné de Bertrand ou de Drouot, prendrelair à San-Martino ou à Lougone, sans suite et toujours en voiture. 11 dînait à huit heures, et jamais seul. Il plaçait à côté de lui les personnes de distinction ; mais la place d'en face restait toujours vide. Il goûtait de plusieurs plats avec une rapidité extrême, et se les faisant passer sans la moindre interruption. 11 terminait par un coup ou deux de vin de France. Le Chambertin était son vin favori. L'apparition du café était le signal pour se lever de table. Une demi-heure au plus suffisait pour le repas. S*il y avait des dames, il leur faisait les honneurs.
Dans ses momens de belle humeur il étendait cette faveur à tout le monde.
D'autres fois il restait pensif, sans ouvrir la bouche, et personne alors ne lui adressait la parole. Apres dîner on passait dans le petit jardin derrière le châtciu, et Ion restait à causer jusqu'à la nuit. Il se retirait à onze heures , mais sa mère ou sa sœur Pauline ( on se rappelle qu'elles vinrent passer quelque temps auprès de lui) restaient jusqu'à ce que tout le monde eût quitté. Le dimanche à midi il assistait régulièrement à une messe, où toutes les autorités de l'tle ne manquaient pas de se trouver, et qui se disait au château. Elle était suivie d'un lever où il adressait la parole à chacun en passant en revue le cercle entier. L'ancien lieu-
les us monarchiques contractés aux Tuileries.
A son arrivée dans l'île il était on ne peut plus impopulaire parmi les indigènes, qui jusqu'alors avaient eu peu à se louer de la France ; son adresse et sa libéralité triomphèrent bientôt de cette répugnance. Son premier soin fut de réformer et d'améliorer , d'ordonner des routes et de faire bâtir. En quelques semaines un théâtre fut construit, où les Elbois purent trouver à se délasser le soir ; une vieille é£:lise fut transformée en une vaste caserne ; une chaussée carrossable fut exécutée à travers la ville et conduisit à l'extrémité de l'tle ; d'autres furent tracées conduisfint à plusieurs points importans. Cinq mille hommes furent constamment employés , à six paoli par jour , à ces diflérens travaux. Le bon efiet en fut promptement senti par les habitans, qui auparavant peut-être l'eussent à peine pu croire possible. L'influence des étrangers empressés à venir admirer l'homme qui avait long-temps fait les destinées de l'Europe, jeta dans le pays une certaine masse de capitaux.
Ces honnêtes insulaires crurent recevoir une nouvelle existence ; et pour la première fois probablement s'imaginèrent que leur imperceptible rocher occupait une place importante sur le globe. Parmi les voyageurs anglais seulement , on compte en neuf mois 867 présentations.
En visitant un endroit où il se plaisait, dans sa pose favorite, les bras croisés sur la poitrine, à venir contempler la mer, je me rappelai l'ode sublime que M. de Lamartine devait adresser plus tard au captif d'Hudson Lowe. Le monarque elbois étaitil en effet autre chose qu'un captif?
ILE D'ELBE
Elbe n'était que l'avant «scàne de lélène.
bas cependant de ce sublime faite, ocber désert jeté par la tempête , es ennemis déchirer ton manteau ; rt, ce seul dien qn adora ton audace » ;miére larenr t'accorda cet espace Entre le trône et le tombeau.
i m'aurait donné d'y sonder ta pensée i le souvenir de ta grandeur passée omme un remords t'assaillir loin du bruit, les bras croisés sur ta large poitrine , front chauTe et nu que la pensée incline liorreur passait comme la nuit !
m pasteur, debout, sur la riye profonde i ombre de loin se promener sur Tonde , snve orageux suivre en flottant le cours ; sommet désert de ta grandeur suprême , mbre du passé tu te cherchais toi-même ; *a rappelais tes anciens jours.
ôent devant toi comme des flots sublimes ril voit sur les mers étinceler les cimes , iille écoutait leur bruit harmonieux ; reflet de gloire éclairant ton visage , flot t'apportait une brillante image Nie tu suivais long-temps des yeux.
l'ai jamais lu sans altendrissee passage suivant du Mémorial ;-Gases. « Napoléon nous disait pendant son séjour à Tile d'Elbe vait conservé les couleurs tricoi ) , son pavillon était demeuré emier delà Méditerranée. Il était 3, disait-il, pour les Barbares- », qui d ordinaire faisaient des ens aux capitaines, en ajou-
qu'ils acquittaient la dette de cou.
e crand- maréchal nous disait
quelques bâtimens réunis de
> nation étant venus mouiller à d'Elbe, y avaient donné beau-
> d'inquiétude. On avait in teri ces gens-là sur leur intention , ni par leur demander nettement
avaient quelque projet hostile ; vaient répondu : Contre le grand
Napoléon I ahl jamais. Nous ne faisons pas la guerre à Dien.
s Quand le paviUon de Ttle d'Elbe entrait dans un des ports de la Méditerranée, Livourne eicepté, il y était reçu avec de vives acclamations; c'était la patrie qui semblait revenir.
» Tout est gradation dans ce monde^ concluait l'empereur. L'île d'Elbe, trouvée si mauvaise il y a un an, est un lieu de délices comparée à Sainte-Hélène. Quant à Sainte-Hélène, elle peut défier tous les regrets à venir. »
Comme je l'ai déjà dit, je me préparais à un voyage dans lltalie. L'tle d'Elbe était une sorte d'avant -poste, tm point de station préliminaire d'où je planais en quelque sorte sur la péninsule entière. Ma pensée l'embrassait dans son ensemble. Alors me revint en mémoire un travail que Napoléon dicta im jour à Las-Cases.
« La lecture d'Arcole a réveillé les idées de l'empereur sur ce qu'il appelait le beau théâtre de l'Italie. Il nous a commandé de le suivre au salon et nous y a dicté durant plusieurs heures. Il avait fait étendre son immense carte d'Italie qui couvrait la plus grande partie du salon, et, couché dessus , il la parcourait à quatre pâtes , un compas et un crayon rouge à la n^ain, comparant les distances à l'aide d'une longue ficelle, dont l'un de nous tenait une des extrémités. « C'est comme cela, me disait-il, riant de la posture où je le voyais, qu'il faut toiser im ])ays pour en prendre une idée juste et faire un bon plan de campagne. »
» Ce qu'il a dicté peut servir de base à un très-beau morceau de géographie politique sur l'Italie ; le voici :
» L'Italie est une des plus belles par-
lies de l'Europe, c'est une presqu'île environnée à l'ouest , au sud et à l'est, par la Méditerranée et TAdriatique.
Elle est bornée du côté du continent par la chaîne des Alpes , montagnes les plus hautes de l'Europe , d'où descendent les rivières qui forment la vallée du Pô et se jettent dans l'Adriatique.
Cette chaîne la sépare de la Suisse, de l'Allemagne et de la France. Elle forme un demi-cercle depuis le nord-ouest jusqu'au nord-est. Ce demi-cercle peut être considéré comme décrit de Parme pris pour centre; son extrémité de gauche passe sur Temboucliuredu Var, son milieu sur le Saint-Gothard, et son extrémité droite sur Tembouchure du Lisonzo. Voilà les bornes naturelles du continent de Tltalie.
» En dedans de ces limites se trouventles bailliages suisses, la Valleline, une partie du Tyrol, pays tous sur le penchant des Alpes, vers Tltalie, qui en font ainsi géographiquement partie, bien qu'ils ne lui appartiennent pas poli tiquement. C'est une espèce de compensation pour le duché de Savoie, partie politique de l'Italie, bien quelle lui soit géographiquement tout-à-fait étrangère, puisqu'elle est au delà des Alpes, et que toutes ses eaux déversent dans le Rhâne.
» Du côté de lest, Mont-Falcone , le comté de Gorice et une partie de ristrie, ont toujours fiiit partie de 11talie, bien qu'en dehors de notre demicercle. Il est vrai qu'une autre limite naturelle serait encore de suivre la chaîne des Alpes de la Camiole, qui prend au-dessous d'Idria, et arrive jusqu'à Fiume.
» La Dalmatie> les bouches du Cattaro, soumises à la république de Venise depuis plusieurs siècles, ont toujours été considérées comme faisant partie de l'Italie, mais géographique-
ment elles appartiennent à llllyrie.
Il en est d elles comme de la Savoie.
» Les deux grandes îles de Sicile et de Sardaigne font aussi partie de 11talie.
» Lltalie à l'ouest est séparée de la France parle Var, les monts Vise, Genèvre, Cénis, Saint-Bernard et Simplon. Elle est séparée au nord de la Suisse par le Simplon et le Sainl-Gotliard; enfin leBrenner, le col de Tarvis et le Lisonzo, la séparent des états héréditaires de la maison d'Autriche.
» L'Italie confine avec la Provence et le Dauphiné, provinces de France.
Elle confine.ivec le Tyrol, la Carinthie, la Camiole etl'Istrie, provinces d'Autriche.
» La France communique avec l'Italie en passant le Var aux environs de Nice; de là on gagne Gènes et Florence, parle chemin de la Corniche, et Turin par le col du Tende. La France communique encore avec lltalie par les cols des monts Genèvre, Cénis et du petit Saint-Bernard.
» La Suisse communique avec l'Italie parles cols du grand Saint-Bernard, du Simplon et du Saint^Gothard.
» L'Allemagne communique par les cols du Brenner, de Tarvis, et parles divers débouchés du Lisonzo.
» Le Saint-Golhard est le col le plus élevé des Alpes. A partir de ce col, les autres vont toujours en baissant; ainsi le Saint-Gothard est plus haut que le Brenner; celui-ci que les montagnes de Cadore ; les montagnes de Cadore que le col de Tarvis et les montagnes de Camiole. De l'autre côté le Saint- Gothard est plus haut que le Simplon ; le Simplon plushaut que le Saint-Bernard ; le Saint-Bernard plus haut que leMont-Cénis; leMont-Cénis que le col de Tende. Depuiscdui-ci , les Alpes continuent à baisser et finissent enfin
,. -ff.
ILE D'ELBE
aux montagnes Saint-Jacques , près de Savone, où commencent les Apennins.
Alors la chaîne de TApennin se relève toujours en augmentant par un mouvement inverse. Elle longe toute la prescju île jusqu'à lextrémité du royaume de Naples. Les Apennins sont des montagnes du second ordre. Une partie deleurs eaux se rendent dansle Pô ; le reste coule 4ans l'Adriatique et la Aléditerranée.
B De l'emboucbure du Var à celle du Lisonzo, diamètre de la demi-circonférence, il y a cent vingt-cinq lieues de vingt-cinq degrés, ce qui donne à la demi-circonférence des Alpes , si elle était régulière ,cent quatre-vingt ; mais à cause des sinuosités on en compte plus de deux cent trente ; ainsi tous les points des Alpes sont éloignés de Parme de cinquante à soixante lieues.
» Depuis Parme jusqu'à Rome il y a quatre vingts lieues, et depuis Aome jusqu a l'extrémité de la Basilicate, où remonte le golfe de Tarente, quatrevingt-quinze lieues; et jusqu'à Reggio, extrémité de la botte, cent vingt lieues; ainsi depuis le Saint-Gothard jusqu'à Ri^gio il y a deux cent cinquante lieues.
» Les cinquante lieues du nord jusqu'à Parme pourront être regardées comme continentales; les deux cents autres formeront la presqu'île qui commencera à la hauteur de Parme, et aura dans toute son étendue environ quarante ou cinquante lieues de large; car de Livourne à Rimini il y a cinquante lieues ; de Teracine à Termoli quarante lieues ; de Naples à Manfredonia quarante lieues ; de Monteleone à Brendisi, soixante lieues.
m De Reggio à Naples la carte de poste marque cent soixante-dix lieues, de Naples à Rome soixante lieues, ce qui fait deux cent trente; dje Rome à
Parme quatre-vingt-douze lieues ; de Parme au Saint-Gotbard cent lieues, ce qui ferait de Sciint-Gothard à Reggio quatre cent vingt-deux lieues de poste.
Enenôtantun dixième, il resterait trois cent quatre-vingts lieues; nous n'en avons compté que deux cent cinquante ; différence, cent trente, ou un tiers, entre la distance astronomique et les grandes routes qui sont obligées de suivre les contours des montagnes , et de passer par les grandes villes , et dans le calcul desquelles on est forcé de considérer les pentes et les difficultés des chemins, comme aussi les privilèges que demandent les localités et qu'établissent les maîtres de postes.
» La partie de l'Italie contenue dans le demi-cercle a cinq mille lieues carrées. A partir du diamètre de ce demicercle, l'Italie se prolonge en forme de botte qui, ayant deux cents lieues de longueur et quarante à cinquante lieues de largeur, donne depuis Parme jusqu'au golfe de Tarente huit mille lieues carrées; la Sicile avec la Sardaigne, deux mille lieues carrées : total , quinze mille lieues carrées. Ainsi, près des deux tiers de l'Italie sont répartis sur une ligne prolongée, environnée de tous côtés des mers Méditerranée et Adriatique.
» Cette singulière configuration a incontestablement contribué aux destinées de ce beau pays. Si la presqu'île, au lieu de quarante à cinquante lieues de large, avait eu quatre-vingt-dix ou cent lieues, et avait été moins longue de moitié, le point central aurait été plus rapproché de toutes les extrémités; les intérêts seraient devenus plus communs ; la nation, répandue sur de pi us peti tes distances, aurai t eu plus d'uniformité, elle aurait lutté avec plus d'avantage contre les actes qui tendaient à la morceler, et la force dad-
L'ITALIEL
hérence. <jui a ccii5*Lt3-î i Ar.ic:cTTe, la France et lE^ji^nr. azinic a^i «or Ilulie
» Le* c'tcs de U r.'ric-e <ii: Otnc?
sont de cinq'^n'.ê !:e-e*; !> i'îf.T;ille a cnTirond-:uxceE.t rir.^^^z.ift ..t ir^ .e côtes de cL«j*{ue c' :■:. La l>i5c - liep-j^î RciT-io à Tarente \\ ja ie!:. à 'len:
lieues, ce qui fe.j:: ?-\ :tz.i c:-«T-ii::c lieues pour le Ltior^I de li per^ju-le italique. Les c'ie? e 1 eU: de Denise jusqLi I FiL.n::ii; :i.: tren:^ lit-es celles de Li Sicile «leux cezt ci^'^j^iite lieues: la Sardai-ne d-:-\ cents heues; ritalie a donc ld Ltiorul de *:nze a douze cents lieues, c e*t-j-dire ê^aJ a celui des îles britùnniq ces, qui est^ussi de douze cents lieue?, et presque le double de celui de îa France, qui ntst que de sept cents lieues.
■ Les villes «le >;ce. «ie Grces* de Livoume, toutes les petites villes sur les cotes des deux rivières de Grnes, sont très-peu pi ces. La population de Naples el i.îe toutes les vàlîes du rovaume, celle dAncône et de toutes les petites villes de la Roma^rno. enfin celle de Venise, celle Jcs c'-tes .le Sardai::ne,d. Ca^îi.iri, e: en Siciie celle de Palerme, Syracuse, forment une p-v pulation niarilimed un. :rande importance.
■ Les rades Je A'cE'.imi.îia, de Vado.
de Gtnes, de la Spt.:i.i, de Porto- Fernijo. du Lolte de Naples, de Tarente« d Aucune, de A enise: celles de la Sicile, celles de Tlslrie, de la Dalmatie • <Ie Ra^zuse . des bouc lies du Cattaro. appartiennent toutes à l'Italie
» Si toutes ces parties eussent été réunies en un seul crand état, il eût été une des puissances maritimes du premier or !re. Les chanvres de la vallée du Pô, les bois de T Apennin, ceux delTstrie, les fiers de l'île dXlbe*
du BrcscÛB. £3crcissaiQC es akond^nce UjQt ce ^jul cr nécessaire pour îe ELiier-.^î d'one rramle sanzie. • j^ncs, P:*:. V-:E-5*»- -Hit tcê les DrensLièrcs p!.;:ïS.^nc<s> surr^zLts de l Eiiirope dans
>LIul:e. bAtt.e de ir*KS oMés par la =it:r- n \2 de tni-ntieres de terre qu'a f-r-i près de z\ centiLc^ze* - c est iiM*in5 que le "ir.'s de5tr':'C':êresdeL* Fraxïce: e' enore *^z ïtou' «cm î: -elle ceiendue r^r les l^rr^êres les pi a* l'x^es qui pu:ss.rnt re>jii5ser les c^t 1*705.
> Llialie. avant dtx-«ept a dix -huit inill:*:*as de population, compris ses
deux grandes iles. r«?'.irrait lacilement
avoir une année de deux cent mille Locimes. Dins l'état actuel de 5-?n azricuiture. ei!e se f'j: di£:ileznent procuré les chevaux nécessaires: inais dans le moven-4-;e eile en proiiuxsait beauc»?up. et SI cette nation eût toujours été militaire , elle eût 03ntinué la culture des chevaux.
m La bravoure des troupes italiennes re peut être mise tn doute â aucune épo^|iie. Il suât de nommer Rome et tous les coniotlieri du moycn-JLie. et de nos jo-JLrs les trouves de la répub!iq;o cisalpine ojl du rr-vâume dltalie, etc.. etc.
» A;^;'e!ee par sa position et l'étendue de ses c.'ies a être la dominatrice de la Mé«.lilerranée. lltaiie n'aurait à craindre d'i:.vas:on eue p.ir les Alpes, plus faciles a défendre i{ue toute autre frontière de 1 Europe. Lno vingtaine de places fortes, grandes el petites, suffiraient pour intercepter tous les dê- Louchés des Alpes.
» Tant que Tltalie a été livrée à ellemcme« et que l'intluence de l'AlIema- £:ne el delà France n'a été qi: auxiliaire et na pas du toat maîtrisé rilalie,elle s'est divisée en trois masses qui sont les divisions céogn|^qu€S naturelles.
ILE D' Au nord , la vallée du Pâ comt tous les pays qui versent leurs ms le Pô. Ils sont sur un même , et peuvent communiquer entre 'est la Belgique c( la Hollande ilie, et Venise est Amsterdam, iprennent le Piémont , la Lom- , les l%ations et la république lise.
Au milieu de la péninsule , d'un Toscane, et les états du pape à de l'Apennin ; c'est la vallée de il du Tibre. De l'autre , tous les tués à l'est de l'Apennin, entre e du Pô et la frontière napoliin totalité, ils comprennent le luché de Toscane, les états de et la république de Lucques.
Elnfin, au midi, le royaume de , qui a toujours fait une division phique et politique distincte.
DS cette définition, la Romagne ire partie de l'Italie du nord, ue c'est une plaine qui continue le du Pô.
s toute cette grande population^ ant la même religion, jouissant ent des douceurs d'un climat npéré, ayant le même langage, e littérature, doit s'influencer quement, et finir par s'aggloomme l'ont fait les divers royauitanniques, les diverses proie l'Espagne, celles delà France,
le feront peut-être un jour e rAIlema£inc. Les parties ita-
ont eu et ont encore plus de conmiunes entr'elles que n'en
toutes celles-là.
amais ce grand événement avait uelle serait la capitale? l'Italie, configuration, n'a pas dé ville e. Serait-ce Rome, Milan, Bo- )u Florence? Gênes ni Venise raient y prétendre; elles sont X extrémités.