ELBE
» I **. Home , par ses souvenirs , par ce qu'elle est déjà et par sa position, pourrail aspirer à redevenir encore la capitale de cette belle contrée, lille se trouverait à cent trente lieues de tous les points de la frontière des Alpes où l'Italie peut être attaquée par la France ou l'Allemagne; elleseraità cent lieues desextrémitésméridionalesduroyaume de Naples et des cotes de la Sicile, un peu moins de celles de la Sardaigne.
Paris, la capitale de la France, est à soixante lieues de ses frontières du nord (i^, à quarante lieues de la Manche, à cent lieues du îiolfe de Gascogne, à cent cinquante lieues de la Méditerranée. La malsaineté de l'air, l'infertilité de ses environs, le manqiie d'un grand port et d'une rade à portée, seraient les grands défauts de Rome prise pour capitale.
»a®. Si l'Italie finissait avec les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, c'est-à-dire si elle ne comprenait que la vallée du Pô etn'avait point de presqu'île, alors Milan serait sa capitale naturelle; encore serait-ce un grand défaut que cette ville ne pût avoir la ligne du Pô pour se défendre contre les invasions de l'Allemagne. Mais, dans l'agglomération du peuple italien , Milan ne saurait devenir sa capii aie, étant trop rapprochée des frontières de l'invasion, et trop éloignée des autres extrémités exposées aux débarquemens.
» 3°. Dans ce dernier cas, Bologne serait infiniment préférable, parce que, dans le cas de l'invasion, les frontières forcées, elle aurait encore pour défense la ligne du Pô, et que sa position géographique, sescanaux,la mettent en communication immédiate ou prompte avec le Pô, Livourne, Gênes, Civita-
fi) Napoléon mesure tar la carte, avec le compas , à vol d'oiseau et nns tenir cpmptc des sinuositcs des routes. *■
Ai- V
ao
Yecchia , les postes de la Romagne , Ancône et Venise, et qu'elle est beaucoup plus rapprochée des côtes de Naples.
n^"*. Si ritalie finissait au royaume de Naples, et que la partie du royaume de Naples et de la Sicile put venir remplir le vide qui la sépare de la Corse, alors seulement Florence pourrait prétendre à être la capitale de lltàlie, parce qu'elle se trouverait dans une position centrale. »
Maintenant sur quel point de l'Italie allais-je me diriger d'îibord? Force m'était de renoncer à la marche que suit religieusement chaque honnête tou^ riste dans son pèlerinage : Ghambéry, Turin, Gênes, etc., et la légende consacrée. Pas moyen de m'abattre de la cime des Alpes sur le royaume sardinois , à la manière d'un aigle, ou d'un lourd gentleman^ qui a eu soin pendant un mois d'apprendre par cœur à Paris les trois mots qui composent pour lui
le fond de la langue italienne : Came^ riere, pranzo^ stanza. D'ailleurs cela
m'eut ennuyé fort , pour arriver à des mœurs vraiment italiennes, de passer par la filière des mœurs franco-prouinciales de la Savoie , et par celles semianglaises de Turin.
Commencerais-je par Naples? c'était bien déduisant. La rue de Tolède se déroulait devant moi avec ses brillans magasins de fruits et de fleurs, les jolies petites boutiques ambulantes de ses limonadiers, ses cabriolets d'une forme si singulière, ses lazzaroni, etc. Mais, d'un autre côté, les antiquités classiques de Pompéï et d'Herculannvfi avaient quelque chose de solennel qui m'effrayait un peu pour un
début. C'était du latin qu'il m'eut fallu relire et non de l'italien. Et puis, j'avouerai qu'en véritable Parisien je sacrifie parfois à la mode. La toge romaine, l'autel et la patère antiques avaient perdu de leur crédit dans le public. Le moyen^âge^ avec sa robe fourrée, son chaperon, sa chaussure à longue pointe, sa face barbue et son poignard font fureur. Suivons la mode, et commençons par une de ces belles républiques italiennes du moyen-âge. Que le val del'Amo reçoive mon premier salut ; honneur à la patrie des Médicis et de Benvenuto Cellini!
Le lendemain une felouque me reçut en compagnie des thons que j'avais vu pêcher la veille. Une quinzaine de pauls fut le prix convenu pour mon passage à Livourne. Le sirocco soufflait de l'arrière et nous donnait bon espoir de faire en six heures ce trajet d'environ soixante milles. Par malheur la mer vint à se courroucer et le vent à changer ; et ce ne fut qi^'après vingt heures que nous atteignîmes notre destination.
Que toutes ces plages du Siennois et de la Toscane sont désertes et tristes! Les eaux de la mer sont jetées au loin dans les tempêtes, et les algues poussées en avant sur le rivage se corrompent et s'exhalent en vapeurs empestées. 11 y a des bois maigres et rares dans quelques parties ; des marais dans la plupart. On ne voit que : peu d'habitations entre Piombino et Livourne, et pas un seul village proche de la mer. Ce n'est que très-avant % dans les terres qu'on en remarque enfin ' deux ou trois qui ont l'air misérable.
t^9 wm
^ik.:-
loilc, cinq coupons Je quelques de drap, plusieurs douz«iines de mises, bas, mouchoirs, pilcls d nclle, déroulés, amoncelés sur h moîle, la lahle, les Lras du c;mji jusque sur les jambes de mon c lencc. Que faire? 11 n'î me restai capilultT; je sortis du combat ]irictaire de quelques babioles de dont en rérilé je «avais nul bi et qui ne servirent qua lirossii ba^ajie, déjà assez embarrassant, que fort modeste.
Je dois convenir que, malcré I< que mon vendeurne manqua ceri ment pas de faire, je n'ai jama dans aucun de nos bazars, des pn semblables à un aussi bas pris Angleterre même, et en fabrique, aurais, j'en suis certain, paye clièr : ce qui s'explique ]>arles ci bremens fréquens de marchai qui ont lieu dans les maisons de mission de Livourne.
Messieurs les juifs sont en nombre dans la ville. On en c< jusqu'à vingt mille sur la popu entière, qui est de soixante. J avi tendu vanter leur svnauoirue c la ]>!us belle qui fut au monde^ m'empressai delà visiter. Elle es au-dessous de sa réputation; c'c carré long, dont les deux côtés < des extrémités sont entourés d'ui tique. Au-dessus règne une ti l^rillée et réservée aux femme; hommes se tiennent en bas sous 1 tique et dans le reste du temp J'entends (gratter timidement h ma sont assis, comme dans les é<*Iis porte. J'étais à celte époque un voya- tholiques et protestantes, et ils cî f^eur novice, ])lciu de criideur et de entre eux ainsi que les catholique confiance; le mot entrez s'échappe de rais h Téiilise. Tout le monde c mes lèvres ; aussitôt l'un de mes douze vait le chapeau sur la tête comn: bourn-aux de la rue, il avait nom Bourse. 11 y avait un {:rand luxe d Alalalhias, 8*insinue dans ma retraite, mjje en bougies. Au milieu s'éleva En un clin d'ceil voilà trois pièces do chaire carrée oii le rabbin, les é\
vus dans l'atelier d'un sculpteur, lis tic?nnent beaucoup, pouric dessin, des cxccUcns ouvrajics d^* Rubens j les t<>tcs ont une belle expression de vive douleur arcompnfinéc de résjiïnation. La tcle du n'*i:re surtout m'a semblé parfaite.
Si jadis la chrélicnté molesta les débris delà race lléliraïque aux quatre coins du i;lobe, certes les juifs «le Livourne ]î0uvcnt se flatter d'avoir pns sur ma personne une belle revanche des mauvais procédés de nos ]>ères. Je n'oublierai de ma vie les insinuations, obsessions, tribulations, persécutions qu'il me fallut sid;ir de la i)art de leurs marc!:ands ambulans pendant le court trajet du port à l'hôtel, où un matelot me conduisit. Une douzaine de ces fiiiurcs ne cessa de s'agiter et de bruire autour demoi : Son excellence (la politesse italienne ne concè^le pas moins aux ninours-pro|)res ), son excellence no refusera pas fies tissus magnifiques ?
Un autre nj'ofi'rait des foulards; celuici faisait sonner à mon oreille une montre à répétition ; celui-là alongeait ou refoulait avec coquetterie les tubes d'un binocle. Et tout cela était véritable atii^Iais; on le donnait pour rien. Heureuse Angleterre! la terre entière est un marché poîir tes innombr<ihles ])mduils. Retranché enfin derrière une porte de chambre, je commençais à res- ]>irer; étendu sur le canapé, j'appelais de mes vœux l'heure du souper à la table d'hôte ; je me croyais sauvé : vain espoir!
LlVOtlUKE. »3
cooverics il^anC gmàitc pièce d'étoile, Toscane nrait dès iort^-tcmpé dernncé
cbnnUit de Thébreu avec une toîy assez belle. L'assemblée entière répon« dnit t cela ressembbiît beaucoup ^ notre plnin-cbant. M. Valciy, qui se trouvait h Livourne iLins les grandes cbaleurs, vil aux mains du rabbin un Ions: évcn- Ui'il vert , semblable à celui de nos vieilles marquises de comédie; éventail dont il faisait un frc(|ucntet bru}'ant usa^e. Les juifs de Livourne sont, comme ceux de presque tous les pays, des commerrans fort riclies pour la plupart. Plus des trois quarts des propriétés foncières leur appartiennent; on s*en aperçoit de reste à la cherté lies loj-ers. Leurs femmes, parmi lesquelles il y en a de fort jolies, rappellent beaucoup les Espaf^noles pour le genre de beauté. Les hommes se r isliniruent par leur intelligence et leur amour pour les lumières. L'enseignement mutuel a été introduit dans leurs écoles de pauvres.
Lorsque le grand-duc Léopold rendit cet éditliiiéral qui assimilait en Toscane tous les propriétaires, dc(|uelque pays et «!c quelque religionqu'ilsfussent, aux mêmes honneurs, il arriva une chose nsscz siniiulière. Un juif respectable fut nommé, h la pluralité des voix , magistrat municipal de Livourne ; les prêtres lui refusèrent la place que pa tli:;nitélui donnait dans les cérémonies religieuses, et ils adressèrent des re-
ff. • montrances au souverain. Mais celui-ci décida que la présence d'un homme
• . vertueux , qui en jugeant les hommes représentait en quelque sorte la Divinité sur la terre, ne profanait point le culte qu'on lui rend. Il fut prononcé que le privilège contesté ne pouvant être un objet de scandale, le juge en • ^jouirait comme d'un droit personnel,
^ miiis sans être obligé d'assister h ces
\ cérémonies. En tolémnce religieuse, la if
la France.
Le tableau suivant, tracé par le prë« sident Desbrosses, reste encore ce qu'on a dit de mieux au sujet de Livourne :
«Figurez-vous une pelile ville de poche, toute neuve, jolie à mettre dans une tabatière. Elle débute aux yeux des voyageurs par des fortifications, construites et entretenues avec une propreté charmanle ; elles sont de briques ainsi que la ville entière. Lesfossés, revêtus de m(}me, sont rem pli s de l'eau de mer. On entre par une rue la rue et longue lirée au cordeau, h laquelle aboutissent deux portes. Les juifs demeurent dans le quartier de la ville qui est à gauche, moins agréable que celui de la droite, où l'on a creusé des canaux pleins de l'eau de la mer, comme h.
Venise, et bordés de quais de part et d'au Ire.
» La grande rue est inlerrompue par une place carrée fort vaste, terminée d'un bout a la principale église catholique, i7 Duomo, Celte église, peu remarquable pour l'Italie, a meilleure mine que bien des cathédrales de ma connaissance, ne fut-ce que par son riche plafond peint et doré, et par ses marbres de brèche violclle(i).
» La plupart des maisons de la ville étaient d'abord peintes à fresque, ce qui devait faire un fort joli eflet; mais le voisinage de la mer, ennemie naturelle de toutes peintures, les a presque entièrement eilàcées.
» Chaque nation a rexercicè de sa religion. Je ne vous parle ni de la syna,::ogue,ni de l'église des Arméniens, qui n'a rien de singulier que des inscriptions de tombes écrites de façon
(0 On appelle bièche «n agrégat pierreux^ forme de fragnicns qai ont niift origine com« miine avec la pierre qni In vnit.
a4 L*ITALIK.
qu'il faudrait être pis que démon pour .bien entendues. Tout y paratt pris en les lire; mais Téglise cprecque a quel- f^rand et mis dans Tordre le plus conque chose dans sa forme qui mérite de venable à l'objet. Ces détails, et ceux s'arrêter. Le chœur est entièrement se- des lois de la police que ion y doit paré et fermé, on ne le voit qua tra- dbserver, sont curieux. On y trouve divers les jalousies. La nef est faite, verses sortes de magasins sous voûtes
non comme celle de nos églises, mais précisément comme un chapitre de moines^ sans autel , chapelles ni autres ornemens quelconques^ que quelques méchantes peintures h la grecque et une tribune dans le haut. »
La seule rectification à faire h ces détails est dans raccroissemcnt énorme de la population, accroissement que favorise labandon fait aux particuliers du terrain des fortiiications et dautres emplacemens des environs. Livourne est appelée, dit-on, à égaler Florence en étendue ; mais il y aura toujours bien loin d'une ville que M. Valéry ])roclame avec raison la plus inf/octe de toute l'Italie, malj^rc sa prospérité matérielle et sa civilisation anglaise ou américaine, à cette Florence si riche en nobles souvenirs, et en monumens splendides.
J'allais oublier une amélioration de la plus haute importance. Livourne , privée d'eau potable, en était réduite à se servir de citernes. Le t^ouvernement s est déterminé récemment à y conduire une source d'eau trcs-bortne, éloignée de douze milles et provenant des montagnes de Colognola , par le moyen d'un aqueduc.
Pour ceux qui ont encore foi »a la . ,,|&0|tiagion de la peste, et le nombre en't^t grand, malgré la division dopfnions ,quî commence h s'élever h ce sujet |*armi des médecins notables, le lazaret est un monument à visiter.
Il est impossible de n être pas frappé de l'intelligence qui a présidé à cette construction. Le lieu est commode, les bâtimens sont vastes, les distributions
pour les marchandises les |)lus précieuses : celles à odeur séparées de celles qui n'en ont pas; les plus sidincs toujours à part : celles d'aucune cargaison ne se confondent avec celles d'une autre; les étrangers également séparés des marchandises et les uns des autres. Tout est prévu, jusqu'il des prisons , des cachots pour les différentes classes et les dilTérens états. Les lo^emens «les ofBciers,desadministraleurs sont beaux et commodes. De grandes ci ternes fournisseut Teau au moyen d'une pompe placée au milieu de la cour. Un canal de navii^ation sert à voiturer les niarchandises à la ville.
L'entrepôt général des huiles excita aussi mon admiration. Alîn d'épargner l'entrelien de la quantité de tonneaux qu'il faudrait pour les conserver, on a fait un magasin d'une grandeur prodigieuse, dans lequel on a soni:é à la solidité et à l'utilité plus qu\à la de*coration. Les voûtes en sont basses; on a pratiqué dans toute leur étendue des caves, ou pour mieux dire de petites cuves de quatre pieds en carré , de maçonnerie , doublées d'arJoise , et que l'on fermeàclef; on les remplit d'huile, et elle s'y conserve parfaitement. Lç^"^' marchanfis, moyennant une modique rétribution , y serrent leurs huiles , et ne les en retirent que pour les vendre, , Le corail est le principal objet de.^* briration à Livourne : cette matiëi^ tire des côtes de 'la Sardaigne eCW^ Corse , et surtout' des environ^ de zcrte, sur la côte d'Afrique. On'«i étonné de la quantité de mains par lÉh>^quelles il faut que les grains de corail ^
merre du Levant. Il eut Jcs-lors Tbabileté,quoiqu engagé vis-à-visdela cour de Rome à fournir à Tordre de Saint- Élienne d s galères pour la course contre les Turcs, de se faire comprendre comme allié de l'Autriche dans le traité que l'empereur Léopold I*'.
conclut, en 1664, avec la Porte-Oltoniane. Un firman de 1668 autorisa les sujets toscans à naviguer librement sous le pavillon impérial et avec passe-ports de l'empire, et à commercer dans tous les états du grand-seigneur.
Mais le système de neutralité que les grands-ducs s'appliquèrent à faire respecter en tous temps et par toutes les nations, fut la véritable source de la prospérité de Livoume. Les marines des nations en guerre contractèrent peu h peu l'habitude de son port, et les habitans profitèrent du bon marché qui se présente toujours dans la vente des prises. Il est vrai que le gouvernement eut souvent beaucoup à faire à discuter ensuite avec la nation qui se prétendait lésée.
En 1 65 1 , par exemple , nous voyons une flotte anglaise attaquer dans le port une flotte hollandaise, et le canon de la place agir au secours de celle-ci, ce qui constitua le grand-duc en une position très-difficile vis-a-vis Cromwel. En 1671, une escadre française tente de brûler des vaisseaux hollandais; de là de nouveaux débats. Ce fut pour en prévenir d'autres par la suite que Côme III, cédant aux insinuations faites par la France, proposa aux nations, alors en guerre, un traité qui appliquerait aux circonstances de la localité les principes les plus essentiels de la neutralité, et en assu* rerait l'exécution la plus rigoureuse.
TroÎ5 la base té dan5 tière m port, 1 vaient le dép avaien propo p«igne obtinr ces £:o gné de la grar.
n'était de la g mais,!
dans le la base tifiée:
de la ( 1725, pereui Philip sion di naires de la ' de Loi contin' du po dorain:
respect Depuiî pleine
Je U' mentio; se reco y mang pas fré< terranéque ini mets de de Cant
mt
tlVOUBNE.
Lé due Alexandre de Médicis la Ot fortifier en i537, ^^ ^^ bâtir ce qu'on appelle Actuellement Fortezza-Fecchiuy que Ton a augmentée dans In suite. Il y fit placer ses armes avec cette inscription : Un solo signore, un a sala legge , un seul seigneur, une seule loi; ce qui annonçait la nouvelle domination des souverains de la Toscane.
Le crrand<-duc Came I"'. en fit un port fninc, y attira beaucoup de Grecs, et accorda des privilèges considérables k ceux qui viendraient s'y établir. Il augmenta la ville , construisit dans l'ancienne forteresse un beau puits, et fit élever le fanal que l'on voit sur le côté en mer , à quelque distance nu delà du môle qui forme aujourd'bui le port. Son projet était de lier à la Terre -Ferme la jetée où il a établi son (anal , et d'enclaver par conséquent un bien plus grand espace d'eau. Le travail étnit immense et de l'exécution la plus difCcile; Ferdinand P'., son fils , après avoir employé quelque temps tous les bras de la Toscane h lutter contre les obstacles , laissa le fanal isolé au loin , et , resserrant le bassin du ]>ort projelé, construisit le môle actuel. C'est déjà un assez bel ouvrage ; le président Desbrosses, jirélend qu'on a entassé là plus de rochers que n'en lança jarcaisBriarcc. Certes, Ferdinand I*'. a Gra^rné aussi lc«ntimemcnt cpi'aucun souverain la statue chargée de nous représenter son image. Je regrette seulement, non pour lart, mais par amour pour la justice, qu'au lieu «les quatre esclaves qui l'entourent, on . ie nous ait pas donné les statues des quatre plus savans ingénieurs qui dirigèrent ces utUes travaux.
Tout cela ne pouvait manquer d'attirer en ce lieu de nouvciiux babitans. En outre, les circonstances où se trouvait l'Europe poussaient de toutes parts
à des émigrations vers la Tyr naissante. Les juifs, vivement persécutés, et chassés des immenses contrées régies par le sceptre espagnol , imploraient un asile où ils pussent vivre en paix , sous un réu^ime légal oiTrant quelque stabilité. Des guerres civiles désolaient la Franc:*, et irrand nombre de familles, amies du repos, réalisaient leurs biens et alhiient chercher nnc autre patrie. La population corse, qui maudissait le joug génois, tonrniiit parfois ses repinls sur Livonrne, et plus qu aucune antre fournit h la nouvelle ville des hal)ilans cl des citoyens.
Aestait à assainir In ramjïngne d'alentour, j)rosque déserte cl trcs-ni.nécngeuse. La culture seule pouvait y parvenir. Cônie II crut trouver les colons qui lui étaient nécessaires ])armi les dernières familles mores, ces anciens conquérans de TEspairnc, dont Philippe 111 achevait de purger le sol national. Tout donnait à espérer que, sous une administration plus douée que celle espai;noIe, l'âpreté du caractère africain viendrait à s'adoucir; par malheur il n'en fut pas ainsi , les nouveaux hôtes se monlrèrenl intraitables, et il fallut promptement les remharquer. On se résij^na à attendre du temps une amélioration qui ne pouvait manquer d'arriver, des que les commcrçans citadins auraient fait fortune, et que les capitaux seraient en assez grande abondance pour s'offrir d'euxmêmes à r«iirricuUure.
Ferdinand 1*'. eut l'heureuse idée d établir, entre les sujets du czar de Moscovie et les marchands toscans , une réciprocité de commerce libre qui fut fort avantageuse à ces derniers.
A Florence, les arfs de la laine et de la soie (les citoyens de Florence se par- ^geaient en ditférens arts), ne voyaient de prospérité'possible que dans le com.
merre du Levant. Il eut Jùs-lors l'habileté, quoiqu'eng^é vis-à-vis de la cour de Rome à fournir à Tordre de Saint- Etienne d s galères pour la course contre les Turcs, de se faire comprendre comme allié de TAutriche dans le traité que l'empereur Léopold P'.
conclut, en 1664, avec la Porte-Oltoniane. Un firman de 1668 autorisa les sujets toscans à navij^uer librement sous le pavillon impérial et avec passe-ports de lempire, et à commercer dans tous les états du grand-seigneur.
Mais le système de neutralité que les grands-ducs s'appliquèrent à faire respecter en tous temps et par toutes les nations, fut la véritable source de la prospérité de LiVoume. Les marines des nations en guerre contractèrent peu h peu Tliabitude de son port, et les babitans profitèrent du bon marché qui se présente toujours dans la vente des prises. Il est vrai que le gouvernement eut souvent beaucoup à faire à discuter ensuite avec la nation qui se prétendait lésée.
En 1 65 1 , par exemple , nous voyons une flotte anglaise attaquer dans le port une flotte hollandaise, et le canon de la place agir au secours de celle-ci, ce qui constitua le grand-duc en une position très-diiljcile vis-à-vis Cromwel. En i6yi, une escadre française tente de brûler des vaisseaux hollandais; de là de nouveaux débats. Ce fut pour en prévenir d'autres par la suite que Côme III, cédant aux insinuations faites par la France, proposa aux nations, alors en guerre, un traité qui appliquerait aux circonstances de la loccilité les principes les plus esseûtiels de la neutralité, et en assu* rerait Texécutioa la plus rigoureuse.
Trois articles principaux en furent la base, qui prévenaient toute hostili* té dans le port et en deçà de la fraiirtière maritime. Une fois entrés dans le port, les b&timens de guerre n'en de»
vaient sortir qu'un certain temps après le départ des vaisseaux ennemis qu'ils avaient pu y rencontrer. Ces artides, proposés aux consuls de France, d'E^ pagne, d'Angleterre et de Hollande, obtinrent la ratification de chacun de ces gouvernemens, et le traité fut signé définitivement en octobre 1691, à la grande joie de la Toscane. Le traité n'était que temporaire et expirait à la fia de la guerre qui alors agitait l'Europe, mais, l'habitude une fois prise, il fit loi dans les guerres q ui suivirent, et devint la base de la franchise de Livoume, ratifiée: à Londres en 1 7 1 8, lors du traité de la quadruple alliance; à Vienne en 17^5, dans la convention entre l'empereur Charles VI et le roi d'Espagne Philippe V, relativement à la succession de Toscane; et dans les préliminaires de 1735, qui réglèrent la cession de la Toscane en faveur de la maison de Lorraine. Dans la dernière guerre continentcile, la liberté et la franchise du port de Livoume, tombé sous la domination française, cessèrent d'être respectées par les flottes ennemies.
Depuis 181 5, l'ancien traité a repris sa pleine et ancienne vigueur.
Je ne quitterai pas Livoume sans mentionner un avantage par lequel elle se recommande aux gastronomes. On y mange des huîtres, et ce qui n'est pas fréquent sur les côtes de la Méditerranée, des huttres bonnes, quoique inférieures à celles que les gourmets de Paris reçoivent d'Ostende et de Cancale.
iss;
se,
Lite
ba-
me
voi-
nivé
:;ime
iclie
• am-
nime
r. Le
4ue;
c les
deux
loique
tique;
l'S bois
myrtes
lelaso*
l>prjs de
ieille un
us ouï ra-
^aloD. En-
.se est une
atro-al'Ma»
. « 11 fut un
;c', où la mer
, saint Pierre
, une tempête
.CT à cette place.
lus tard un pape
licLsla suite, ainsi
lilcs que le lecteur
iiiagincr. Deux jours
liant un auteur italien,
église datait au plus de
^mc siècle, comme 1 ut-
e de peintures que l'on
e naguères. Elles repré-
ite des papes , en remon-
tant de Je an XIV, qui vivait en 96g , jusqu'à saint Pierre. Aujourd'bui cette légende curieuse a disparu sous un blancbissage à la chaux, et on distingue à peine les lettres de quelques noms.
Le souvenir que l'on garde le plus loDg-temps, lorsqu'on a visité Pisc, est celui delix Piazza'del'Duomo \,Pl. 111;.
On voit h gauche le Bajjlistcrc , ensui le le mur de marbre blanc du Catupo^San^ to, le Dôme ou la cathédrale et la 7uur penchée. C est une chose très-remarquable et peut-être unique dans le monde, que cette réunion des quatre plus beaux édîGces de la ville sur une seule place, sans qu aucun deux soit masqué par quelques constructions particulières. Us se font mutuellement valoir, et leur ensemble est d*une harmonie parfaite. M. de Yaler^^ prétend que l'on se croirait dans quelque quartier désert d'une grande cité de rOricn t. Tous sont, de la tête aux pieds, revêtus en marbre blanc, et se détachent sur une pelouse verdoyante. Mon œil, accounimé à la pierre noirâtre des monumciis français, se refusait à croire h tant de magnificence , j'eus renfanlillaire de ^'avancer assez près pour m'en assurer par le tact. Je me rappelai le mot de Desbrosses , qui prétend qu'à Pi se le marbre est aussi commun que Teau, encore fait-il observer qu'il parlait ainsi un jour de grande averse.
Le Cawpo-Santo fut le premier lieu où je courus d'abord ; on n'a pas si souvent l'occasion de faire pèlerinaL:e en terre sainte. Figurez-vous (PI. IV) un grand cloi tre carré long qui renferme un préau, tout de terre apportée de Jér usa-
3o LMÏ
lein , et prise au mont Calvaire par Tarcljcvéque Ub.'ildo Lanfranchi, compagnon d'armes de Richard Cœur-de-Lion.
Le préau a 45o pieds de longueur ; il est découvert et divisé en trois parties ; la couche de terre sainte a une épaisseur de 9 pieds ; on assure que les corps y étaient consumés en vingt -quatre heures, actuellement elle a perdu sa vertu dissolvante : peut être les sels alcalins, dont cette terrcavait étéimprégnée, sont-ils en partie évaporés. Une foule d'Allemand vinrent mourir à Pise dans la guerre de i^ 33 ; quelques années après le fossoyeur, c|ui tivait fait sur leurs corps l'expérience de la Terre- Sainte , s'exprimait ainsi à un voyageur : « Laterra logbrav^agli con le loro grosse pancie , in termine di duoi gior-^ ni, La terre Jes mangeait eiix et leurs gros ses panses : c'était l'ajfaire de deux jours. »
Le cloître est d'architecture gothique, et composé de soixanle-ricux arcades d'une rare éléirancc; elles sont de marbre Liane ainsi que le pavé.
L'archevêque Ubaldo conçut l'idée de ce monument, le plus extraordinaire certainement de ceux que possède Pise. Commencé dix - huit ans après, sous la direction de Giovanni Pisano, il ne fut achevé qu'en 1283.
Les statues au-dessus de la porte principale sont de cet artisle , elles occupent une espèce de temple, et le statuaire s'est représenté lui-même agenouillé devant la Madone. Les tombeaux , placés sous les arcades, sont pour la plupart de marbre , et les urnes funéraires, trouvées à Volterra, sont d albâtre. On remarque le tombeau de Béalrix, mère de celte célèbre comtesse Matilde, dernière héritière des comtes de Toscane, et dont le testament fut si favorable a la cour de Rome. Le bas-relief dont il est orné repré-