INTÉRÊT ANTJNATIONAL DES DEUX PUISSANCES
point s'étonner de les voir, suivant l'occasion, changer respectivement de rôle et de drapeau.
En ce qui touche l'empereur, si les titres des duchés et des comtés tiennent à l'empire, les titres juridiques des communes y tiennent également; car si d'une part les duchés et les comtés sont de création impériale sur les débris de l'ancien royaume des Lombards, les communes, d'autre part, se sont émancipées du joug des évêques, elles ont fait leur révolution consulaire sous la protection de l'empire représentant les droits de la société laïque en face de l'Église. Les deux adversaires, placés tous deux également sous la protection du droit impérial, ne peuvent donc espérer de s'anéantir l'un l'autre. L'empereur interviendra toujours pour relever le plus faible prêt à succomber.
L'Église, de son côté, par ses principes sociaux essentiellement démocratiques et émancipateurs, est la protectrice naturelle des communes libres. Mais, par ses intérêts temporels qui résultent de la donation, elle est la protectrice forcée des privilèges féodaux qui subsistent encore. Elle ne peut arrêter l'essor des communes libres sans mentir à sa mission capitale et universelle ; elle ne peut comprimer les résistances des comtes possesseurs de la terre et de la force matérielle sans compromettre son pouvoir temporel.
Ainsi, la logique de la politique papale, aussi bien que la logique de la politique impériale, est l'éternel obstacle qui, sous le voile d'une double protection, retarde le mouvement social au sein des communes*
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Comme l'Église et l'empire sont toujours fatalement poussés dans deux camps opposés, ainsi que deux termes contradictoires qui cherchent le point de conciliation sans pouvoir le trouver, cette intervention en sens inverse des deux puissances rivales, on ne saurait assez le répéter, a pour inévitable résultat de stériliser chaque révolution en rendant toute solutien impossible. « On avance, dit M. Ferrari, au milieu d'un combat affreux, par des victoires imperceptibles ; chaque parti résiste toujours par l'impossibilité de subir une défaite. »