INTÉRÊT ANTINÀTIONÀL DES DEUX PUISSANCES
On le voit, comme toujours, l'empire et la papauté dominent la lutte et F éternisent : les deux partis ennemis se mettent sous la protection respective des deux puissances qui ont un égal intérêt à empêcher le triomphe définitif, soit des citoyens, soit des anciens châtelains incorporés dans la commune.
Le clergé ici n'est si ardent à soutenir la bourgeoisie que parce que l'empereur appuie le parti de la noblesse. Il le peut du reste sans danger pour les possessions territoriales du Saint-Siège. Pourvu que les chefs des cités républicaines ne se donnent pas la main en vue d'une organisation nationale, le clergé a tout profit à agir au sein des communes en sens inverse du parti impérial. Il y trouve le double avantage d'y contrebalancer l'influence de l'éternel rival, l'empereur, et d'entretenir dans la péninsule les divisions qui doivent l'empêcher d'être une nation.
Sur ce dernier point, l'intérêt de l'empire est le même que celui de la papauté. Au fond, les deux puissances savent très-bien qu'elles se servent mutuellement en intervenant sous des drapeaux opposés dans les querelles italiennes ; c'est le meilleur moyen de rendre impossible la victoire définitive d'aucun parti. Et comme chacune des deux puissances représente également, suivant le point de vue auquel ou se place, soit la révolution, soit la contre-révolution, on ne doit