ROLE EXCEPTIONNEL DE ROME
même pas se douter qu'elle seule manquait à ce mouvement, qu'elle seule eût pu centraliser les forces de la péninsule et donner à toutes les aspirations un but national.
La papauté temporelle, nous l'avons dit vingt fois, eut soin de la détourner de ce rôle. Bien loin de tenir Rome au niveau des progrès qui s'accomplissaient autour d'elle afin de la préparer à devenir, selon sa destination naturelle, la capitale de l'Italie, elle s'attacha toujours à retarder dans son sein la marche de la révolution sociale. Pour rester à tout jamais la ville cléricale par excellence, Rome devait s'interdire les transformations politiques qui s'opéraient partout ailleurs.
C'est là, c'est sur son propre terrain, que doit se juger la politique de la cour pontificale. Hors des limites de ses États, elle peut, surtout quand elle se trouve en face de son éternel rival, l'empereur, seconder le mouvement progressif des républiques italiennes. A Rome, on ne la voit jamais prendre ces allures révolutionnaires. Ainsi, pendant que les papes se font, avec éclat, les protecteurs des communes soulevées contre l'empire, qu'ils envoient toute une légion de missionnaires agiter les peuples au nom de la liberté et proclamer le droit du podestat niveleur, ils s'efforcent d'imposer de plus en plus aux Romains les formes du gouvernement absolu.
Mais comme ce peuple indomptable, à défaut du pouvoir* en veut au moins le simulacre, il ne se lasse