‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 124 sur 184 · LE PODESTAT IMPUISSANT · texte numérisé non relu

LE PODESTAT IMPUISSANT

dire chargé, le lendemain d'une révolution sociale, de ouer le rôle de modérateur entre les anciens et les nouveaux citoyens mis un moment sous le niveau de la loi commune, il devenait un non-sens entre deux factions irréconciliables. Aussi son prestige disparaîtil peu à peu ; son pouvoir dictatorial s'émoussc; chaque parti le brave et reste armé pour la lutte.

Toutes les précautions qui ont été prises pour garantir l'impartialité et l'autorité de ce magistrat ne peuvent arrêter sa chute. C'est en vain qu'on le prend hors de la cité ; c'est en vain que, dans plusieurs villes, pour satisfaire à la fois les grandes familles rivales, on partage entre elles l'élection à cette fonction tant convoitée. Le podestat doit tomber parce qu'il n'a plus de raison d'être.

Il ne reste plus dans le personnage du podestat que \ejuge, mais le juge déconsidéré, impuissant; il n'est plus qu'un modérateur inutile entre Jes deux partis. Cette digue rompue, les citoyens et les concitoyens se trouvent en présence avec leurs vieilles rancunes et les nouvelles haines accumulées, et la lutte recommence avec cent fois plus d'acharnement; la guerre civile est en permanence entre deux factions bien Iran* chées qui s'écrasent ou s'exilent en masse, après chaque victoire alternative.

Ce n'est plus aujourd'hui la guerre de la ville contre la campagne féodalei comme à l'époque où les nobles occupaient leurs châteaux. La lutte, toujours au fond lutte sociale* est transportée tout entière dans la cité

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