‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 132 sur 184 · LA LUTTE EST SANS ISSUE · texte numérisé non relu

LA LUTTE EST SANS ISSUE

médiable, si chacune de ses révolutions aboutit a un avortement, il ne suffit donc pas d'alléguer l'opposition irréconciliable des deux éléments du conflit. Il y a une autre cause, et cette cause ne tient nullement à l'essence des deux termes opposés.

Si, en Italie, les luttes s'éternisent, si le problème est sans solution possible, c'est que les deux idées ou plutôt les deux illusions de la papauté universelle et du saint-empire sont mêlées au débat et le dominent. M. Ferrari comprend très-bien que là est le nœud de , la question quand il dit qu'en supposant même qu'à un moment donné, l'un des partis rivaux étant anéanti, l'autre restât seul, « la dualité reparaîtrait plus forte, plus brillante qu'auparavant, non pas à cause de celte nécessité vulgaire qui donne des réactions à toutes les révolutions, mais parce que les guelfes admettent l'empire, les gibelins admettent i'Église. »

Il reste donc au-dessus du débat quelque chose que les deux adversaires admettent également et qui survit toujours, et ce quelque chose est cette dualité même qui a engendré la lutte et qui la perpétue. Toujours en effet le guelfe se retrouve dans le gibelin, et toujours le gibelin dans leguelfe ; l'Italie est tout à la fois guelfe et gibeline, « elle demande aux guelfes le progrès, la vie, la mobilité, l'égalité, la démocratie ; aux gibelins l'intelligence, la consistance, le génie, l'inspiration, la liberté1. »

1 Ferrari, t. II, p. 410.

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