‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 137 sur 184 · POLITIQUE DE LA PAPAUTÉ PENDANT JA PREMIÈRE MOITIE DU TREIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE LA PAPAUTÉ PENDANT JA PREMIÈRE MOITIE DU TREIZIÈME SIÈCLE

Cette période d'un demi-siède fut Tune des plus glorieuses pour lesaint-siége, si-la gloire du sacerdoce chrétien se mesure, non aux vrate services rendus à la causé des peuples et de la civilisation mais à la valeur personnelle des pontifes et aux intentions qui inspirèrent leur politique. 'r

Quatre papes doués de facultés exceptionnelles, aussi éminents par leur science et leur activité prodigieuse que par leurs vertus, remplirent le monde du bruit de leur lutte opiniâtre avec l'Empire, dictêreàt des lofe à toute l'Europe, armèrent partout le bras des princes cohtre l'hérésie, et furent souvent, entre les plus puissants monarques, les arbitres de leurs querelles. Héri-

LES GRANDS PAPES THÉOCttATES, 391

tiers des vastes desseins de Grégoire VII, Innocent III, Ilonorius M, Grégoire IX, Innocent IV, tout en variant les moyens suivant les circonstances, marchèrent à leur but avec une énergie imperturbable qui finit par triompher des efforts non moins persévérants d'un Empereur digne de leur tenir tête.

Certes, des caractères ainsi trempés étaient bien faits pour asseoir sur des fondements indestructibles l'édifice théocratique du moine Hildebrand, si celte conception gigantesque n'eût été un rêve insensé prétendant diriger le mouvement du monde en cens inverse de Pesprit libéral du christianisme. Cet esprit de domination du clergé dans l'ordre politique, après avoir subjugué un moment les princes et les nations par la crainte des foudres spirituelles, eut pour effet inévitable de soulever contre le pontificat romain la conscience humaine qui avait soif de liberté.

La réaction devait être aussi extrême que les prétentions des papes théocrates avaient été exagérées» Non-seulement ces moyens redoutables, l'interdit des royaumes, l'excommunication et la déposition des princes, deviendront des armes dérisoires dans les mains débiles de leurs successeurs, mais la papauté amoindrie et dépouillée de son antique prestige cessera d'exercer sur les sociétés cette influence morale qui la fit, pendant des siècles, la gardienne vépéifée de tous les droits et l'initiatrice de tous les progrès.

Aussi, ne pouvons-nous partager le sentiment des panégyristes de ces papes illustres. Il y eut de la

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