‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 162 sur 184 · VAINE ET HYPOCRITE EXCUSE · texte numérisé non relu

VAINE ET HYPOCRITE EXCUSE

fanatisme le plus violent, même quand il assouvit sa fureur homicide, prétend rester fidèle au principe : que l'Église a horreur du sang.

Vaine et hypocrite excuse. On a beau conserver en principe la distinction des deux pouvoirs ; l'alliance qu'ils font dans les moyens d'exécution rétablit entre eux la solidarité des actes et leur fait une responsabilité commune devant la conscience humaine et devant Dieu.

Oui, en faisant le bras séculier l'exécuteur de ses sentences, le prêtre viole la loi évangélique qui lui défend de verser le sang humain; preuve évidente que ces alliances entre les pouvoirs de la terre et l'autorité religieuse sont entièrement contraires à l'esprit du christianisme. « Quand, dit l'abbé Fleury, le pape Innocent III écrivait au roi Philippe-Auguste d'employer ses armes contre les Albigeois, et quand il faisait prêcher en France la croisade contre eux, étaitce rejeter les exécutions sanglantes?... J'avoue, ajoutet-il, que je ne puis accorder la conduite des ecclésiastiques du treizième siècle avec celle des saints du quatrième. Quand je vois les évêques et les abbés de Citeaux à la tête de ces armées qui faisaient si grand carnage des hérétiques, comme à la prise de Béziers ; quand je vois l'abbé de Cîteaux désirer la mort des hérétiques de Minerbe, quoiqu'il n'osât les y condamner ouvertement, parce qu'il était moine et prêtre ; et les croisés brûler ces malheureux avec grande joie, comme dit le moine de Vaux-Sernay en plusieurs en-

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