‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 161 sur 184 · CONTRASTE ACCUSATEUR · texte numérisé non relu

CONTRASTE ACCUSATEUR

plus onéreux qu'utile d'y contraindre au lieu d'instruire ; » c'est ce même grand évêque écrivant au comte Marcellin « que les souffrances des serviteurs de Dieu seraient déshonorées par le sang de leurs ennemis. »

D'autre part, c'est Arnaud de Brescia livré aux flammes par les ordres du pape Adrien ; ce sont des évêques de France laissant brûler vifs des malheureux découverts à Orléans et convaincus par eux d'hérésie en présence du roi Robert ; c'est le clergé et le patriarche de Constantinople condamnant eux-mêmes au feu les Manichéens; c'est Innocent III ordonnant les croisades contre les païens de Livonie et contre les Albigeois, décernant les plus grandes peines contre le comte de' Toulouse; enfin, c'est ce même pape fondant l'inquisition !

Entre les premiers prêchant aux princes la douceur et la clémence, et les seconds les poussant aux exécutions sanglantes, où reconnaît-on les apôtres de Jésus-Christ?

Nous savons qu'on prétend dégager la responsabilité du prêtre à la faveur de cette distinction qui le constitue simplement juge de l'hérésie, laissant au bras séculier le soin delà vindicte temporelle; nous savons que le concile de Lalran, sous Alexandre III, reconnaît que l'Église rejette les exécutions sanglantes, tout en admettant que les lois des princes chrétiens lui viennent en aide pour réprimer les hérétiques ; nous savons enfin que, grâce à cette distinction dérisoire, le

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