LES PAPES MODÉRATEURS
les forces vives du pays, et de pacifier ces malheureuses provinces en vue d'une fusion nationale de tous les intérêts légitimes?
Les papes ne demandent pas mieux que de remplir cette mission conciliatrice, pourvu que ce soit en dehors de tout but national. Nous en avons vu un mémorable exemple dans l'œuvre de Honorius m essayant de pacifier la haute Italie en 1226 et renouvelant la ligue lombarde. Cette influence modératrice est même un des plus sûrs moyens dont ils se servent pour entraver la marche de la révolution nationale. Toujours préoccupés, non de la cause italienne, mais de leur établissement temporel ou de leur pontificat suprême, ils ne profitent de l'interrègne que pour substituer leur dictature négative à celle de l'empereur.
Ce qui leur importe, c'est de se maintenir dans une sorte de statu quo où jamais la victoire d'un parti ne soit l'anéantissement ou l'absorption du parti opposé. Quel danger n'eût-ce pas été pour les projets ambitieux de la cour romaine si, au milieu de ses révolutions, l'Italie, comme les autres nattions, eût été abandonnée à la pente naturelle de ses destinées ! L'histoire ne nous Ta déjà que trop prouvé, la politique constante des papes a été d'empêcher que les luttes sociales de la péninsule ne devinssent un travail d'enfantement national.
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