ALEXANDRE IV ET MANFRED
g 1" — Alexandre IV, Urbain IV, Clément IV.
Fidèle à cette politique, le pape Alexandre ÏV intervint dans la guerre des deux sectes, non point pour essayer de tirer de ce conflit une solution nationale, mais pour équilibrer les forces des deux partis et neutraliser leur action ; intervention doublement funeste, car bien loin d'amortir le choc des armées ennemies en les pondérant, elle alimentait et renouvelait incessamment la lutte en appuyant alternativement chaque parti prêt à succomber. Le pouvoir prétendu modérateur de la papauté entretenait ainsi l'acharnement de ces guerres fratricides, sans profit ni pour l'Italie ni pour l'influence réelle du saint-siége.
Dans le, nord de THalie, Alexandre IV, voyant les Gibelins à peu près maîtres de la situation, vint indirectement en aide au parti opposé. Le redoutable chef des Gibelins, Eccelino de Romano, ne rêvait rien moins que la conquête de toute la Péninsule; ses prétentions jointes aux atrocités qu'il commettait chaque jour soulevèrent contre lui toutes les villes de la haute Italie. Il fut écrasé par le parti guelfe.
Mais les Gibelins ne tardèrent pas à prendre leur revanche dans le royaume de Naples. Alexandre IV y fut entièrement défait par Manfred, fils de Frédéric II. Manfred, maître des Deux-Siciles, s'efforça de relever le parti gibelin dans toute l'Italie. A, son