URBAIN IV ET CHARLES D'ANJOU
saint -siège, c'était un roi, le roi des Deux-Siciles.
Il faut voir à quelles conditions Urbain IV entend l'intervention de Charles d'Anjou ; il faut voir quelles précautions, il prend pour assurer sa suzeraineté sur les Deux-Siciles et son droit de réversibilité au trône en cas de vacance; et aussi ses prétentions sur des provinces qu'il veut détacher du royaume pour les incorporer dans ses États temporels. « Charles d'Anjou recevait en fief du saint-siége, pour lui et ses descendants directs, à la condition de l'hommage et d'un tribut annuel de huit mille onces d'or, le royaume de là et de çà du Phare; il s'engageait à entretenir trois cents cavaliers pour le service de l'Église, à ne jamais réunir à ce royaume la couronne impériale, la Lombardie ou la Toscane, et à conserver toutes les immunités du clergé. Le saint-siége se réservait, outre le territoire de Bénévent, la terre de Labour, plus une partie de la principauté ultérieure et citérieurc, Gaëte, Fondi, Capoue, Sora, A versa, Mont-Cassin, Saint-Germain, Acerra, Nola, Avellino, Naples et les îles. »
Rien, on le voit, n'était changé dans la politique des papes ; ils se posaient vis-à-vis du roi comme ils s'étaient posés vis-à-vis de l'empereur, en aggravant . même la situation ; car le prestige de l'empire mettait quelquefois un frein à l'audace des papes, et le traité de Worms avait tracé des limites qui maintenaient un peu l'équilibre entre les deux camps.