‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 167 sur 184 · URBAIN IV ET CHARLES. D'ASJOU · texte numérisé non relu

URBAIN IV ET CHARLES. D'ASJOU

Urbain IV eût été infidèle à la politique constante de la cour romaine s'il eût laissé Manfred consolider son pouvoir et faire de l'Italie une nation. D'ailleurs, ce prince était soupçonné d'incrédulité ou au moins d'hérésie ; il appartenait de plus à cette famille des Hohenslauffen à laquelle les prédécesseurs d'Urbain IV avaient voué une haine implacable : triple motif pour que le pape entreprit de déposséder son rival.

Mais, dans l'état présent des forces de la papauté, il se sentait réduit à l'impuissance. 11 fallait donc, selon les précédents nombreux du gouvernement pontifical, faire appel à l'étranger. Qu'importe pour l'Italie cosmopolite des papes de quel point de l'horizon viendra le chef chargé de l'asservir ! Pourvu que le nouveau prince soit l'instrument docile du saint-siége, qu'il laisse intact le domaine de saint Pierre et qu'il reconnaisse la suzeraineté du souverain pontife sur toutes les provinces italiennes; le droit national n'a rien à prétendre.

Ainsi Urbain IV, trop faible personnellement pour essayer d'enlever la Sicile à Manfred, offre ce royaume au frère de saint Louis, Charles d'Anjou, époux de Béa tri x, comtesse de Provence. Il espère dominer plus facilement sur l'Italie au moyen d'un prince qui lui devra une couronne, que par l'empereur, son rival par le prestige de son litre et de sa grandeur. Le pape profitait de l'interrègne de l'empire pour recommencer la tentative de Grégoire VU ; au lieu de l'empereur se faisant le bras séculier et le serviteur du

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