‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 170 sur 184 · TRIOMPHE DES GUELFES · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DES GUELFES

Rome, il se fit nommer pour dix ans seigneur de Florence.

Cependant, quelque inquiétude que causât au saintsiége l'ambition démesurée de Charles, le but principal était atteint : l'intervention de ce prince avait relevé partout le parti guelfe; les cités lombardes, même les cités gibelines, avaient dû ouvrir leurs portes aux proscrits; mais ce fut surtout à Florence que les Guelfes surent profiter de la victoire et se fortifier pour l'avenir. Les Gibelins, à la faveur d'une trêve, étaient rentrés tout récemment dans cette ville; à l'arrivée d'une troupe de chevaliers envoyés par Charles d'Anjou, ils s'exilèrent d'eux-mêmes et se réfugièrent à Pise et à Sienne1.

Les Guelfes, maîtres de la situation, réorganisèrent lès pouvoirs publics en faisant une plus large part à l'élément démocratique ; ils subordonnèrent la seigneurie à quatre conseils qui devaient être consultés successivement : le conseil du peuple composé de cent citoyens ; la credenza de quatre-vingts ; le conseil du podestat de quatre-vingt-dix, et le conseil général de trois cents. Les Gibelins et les nobles étaient exclus des deux premiers conseils. Ces divers conseils étant renouvelés tous les ans par l'élection, l'opinion populaire ne cessait d'en diriger l'esprit et les tendances ; ce qui forçait le gouvernement à marcher dans une voie démocratique.

1 Sismondi, t. II, p. 447.

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