TRIOMPHE DES GUELFES
Mais l'œuvre la plus importante du parti guelfe ne fut pas dans cette révolution politique. Il osa faire ce dont T histoire n'offre nul autre exemple, se donner, au sein de la république, une organisation à part, un gouvernement officiel et une magistrature spécialement destinée aux Guelfes. Ceux-ci, conseillés par le pape, avaient commencé par confisquer les biens des Gibelins qui s'étaient éloignés à l'approche de Charles. lis purent ainsi indemniser ceux des Guelfes qui avaient souffert des dernières proscriptions; le reste des biens confisqués servit à former une caisse commune, administrée par trois chefs ou capitaines du parti, et dont la destination était d'assurer à ce parti des ressources permanentes.
Chose inouïe ! cette institution qui créait une sorte de souveraineté à côté de la souveraineté sociale, se maintint pendant plus de deux siècles. « Ce gouvernement de parti, dit Sismondi, toujours prêt au combat, toujours régulier et toujours riche, eut sur le sort de la république, jusqu'à sa fin, l'influence la plus marquée. »
Une fois maîtres de Florence, les Guelfes se hâtèrent d'étendre leur domination sur toute la Toscane, et déclarèrent la guerre aux villes de Pise et de Sienne qui avaient donné asile aux Gibelins. Charles d'Anjou, nommé par le pape vicaire impérial en Toscane, accourut pour achever et faire tourner à son profit la victoire du parti guelfe.