‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 86 sur 184 · LE PODESTAT · texte numérisé non relu

LE PODESTAT

divers qui composaient la commune continuait en quelque sorte la phase révolutionnaire, le magistrat nouveau devait être un dictateur.

La force des choses conduisit ainsi à réunir tous les pouvoirs dans les mains d'un seul homme en état de dominer tous les partis. Ce chef nouveau et pour ainsi dire omnipotent, ce fut le podestat.

Afin que l'arbitrage supérieur qu'il avait à exercer pût être impartial, ce magistrat devait être, avonsnous dit, étranger aux deux partis rivaux. Mais ou trouver ce personnage, impassible comme la loi et à l'abri des influences environnantes? Pris dans la cité, au milieu même des intérêts antagonistes, comment eût-il pu se dégager de toute préférence et de toute passion ?

On fut obligé, pour assurer l'indépendance, la force, en même temps que l'autorité morale de cette magistrature, d'aller chercher le podestat en dehors de la cité. Ce fut parmi les citoyens illustres des autres villes italiennes que chaque république dût choisir son nouveau chef. L'usage de ce choix externe se généralisa bientôt. La ville qui voulait avoir un podestat s'adressait à une cité amie ; celle-ci déléguait un de ses citoyens qui allait momentanément remplir cette haute et suprême mission.

Chef unique, le podestat exerçait à lui seul toutes les fonctions judiciaires et politiques des consuls. Ces derniers étaient réduits à l'état de simples conseillers, avec les titres de prieurs, d'anciens ou de recteurs.

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