‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 98 sur 184 · LA PAPAUTÉ FAVORISE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LA PAPAUTÉ FAVORISE LA RÉVOLUTION

que jour la ville voit tomber quelque château autour d'elle ou dans l'intérieur de ses murs ; les actes de soumission des gentilshommes se multiplient ; bientôt le rayonnement des villes républicaines s'étendra sur toutes les propriétés rurales qui les avoisinent, et Modène, Parme, Plaisance, Heggio, Bologne, Milan, etc. , pourront communiquer librement de Tune à l'autre.

La part active que prit le clergé à ce mouvement lui rendit le prestige et le crédit que lui avait fait perdre la révolution des consuls. Les rôles étaient intervertis. Les consuls, favorisés par le parti de l'empire, avaient détrôné l'évéque dans le gouvernement de la commune; voici maintenant l'évéque l'allié du podestat, et au besoin devenant podestat lui-même.

C'est ainsi que Tannée 1192 l'évéque de Bologne, Gérard de Scannabecchi, fut élevé à cette magistrature suprême ; et les historiens du temps rapportent que, par sa sagesse et son esprit de conciliation, il sut, pendant quelque temps, contenir tous les partis et mériter les sympathies générales. Mais son zèle pour les intérêts du peuple fut la cause de sa perte. La noblesse comprit que c'en était fait de ce qui lui restait d'autorité, si elle laissait le pouvoir politique dans les mains de ce clergé niveleur ; elle s'insurgea contre 1 evêque Gérard et parvint à le chasser de la ville.

Cet échec n'empêcha point le clergé de poursuivre son œuvre démocratique. Partout il continua de favoriser le podestat dans sa lutte contre l'aristocratie que soutenaient les agents de l'empereur.

Page 1