‹ L'ItalieChapitre 102 sur 196 · LA DERNIÈRE IMMOLATION · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE IMMOLATION

ment à ses lieutenants les quelques places dont ceuxci s'étaient emparés. Et chacun n'eut plus qu'à subir les conditions du vainqueur.

Clément VII et François P, aussi perfides et aussi ingrats Tun que l'autre envers leurs alliés, les sacrifièrent tous sans pitié.

La réconciliation de l'empereur et du pape fut signée à Barcelone le 20 juin 1529. Celle de l'empereur et du roi à Cambrai, par le fameux traité des dames, le 5 août 1529.

Clément VII promettait à Charles-Quint la couronne impériale et lui accordait l'investiture du royaume de Naples. En échange, Charles Quint s'engageait à faire restituer au saint siège Ravenne et Cervia par les Vénitiens, Modène, Reggio et Rubiera par le duc de Ferrare, et à faire rentrer Florence sous le pouvoir des Médicis.

François r', au scandale de toute l'Europe, n'éleva pas la voix en faveur des deux plus fidèles alliées de la France, Venise et Florence* I

Toutes les villes furent traitées par Charles avec modération. Si Venise fut dépouillée au profit du saintsiège, elle fut du moins comprise dans Tamnistie générale accordée par l'empereur.

Florence seule fut exceptée, afin de satisfaire les ressentiments du pape. L'illustre cité avait profité de la chute de Rome pour secouer le joug des Médicis et

* K. Sismondi, t. X, p. 73 et suiv. •

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se reconstituer en république. Clément Vil ne se contenta point de rétablir sa famille ; il voulut que sa vengeance fût éclatante. Après s'être fait ouvrir les portes de Florence à l'aide d'une promesse mensongère de liberté et d'amnistie, il viole le traité, casse la seigneurie, désarme le peuple et supprime le nom même de république ; puis, par ses ordres, plus de cent cinquante citoyens sont exilés, plusieurs sont mis à mort après avoir subi d'horribles tortures.

C est à Bologne qu'eut lieu le couronnement de Charles-Quint, le 22 février 1530 pour la couronne de Lombardie, et le 24 mars pour la couronne impériale.

« Dès cette époque, Charles-Quint fut le plus puissant des empereurs qui, depuis plusieurs siècles, eussent gouverné l'Italie. Successivement il fit rentrer sous son obéissance Milan et Naples. Pendant toute sa vie, il exerça une influence immédiate sur la Toscane par le rétablissement des Médicis à Florence. Les autres pays se lièrent avec lui ou entrèrent en accommodement. Outre les conquêtes et les droits de l'empire, il contint sous son autorité, avec les forces de l'Espagne et de TAllemagne, l'Italie depuis la Méditerranée jusqu'aux Alpes*. »

A partir de ce moment, l'Italie cesse d'exister*.

* Ranke, t. I, p. 106.

* « Au midi, les deux royaumes de Sicile et de Naples reconnaissaient la souveraineté immédiate de Charles-Quint. L'État de l'Églisequi venait ensuite, avec ses petits princes feudataires, avait été tellementjdompté

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« L'histoire de l'Italie devrait se terminer aveu le seizième siècle; le reste est Tinscription tumulaire. Ces annales finiraient comme elles ont commencé : une chronique, un nnot pour un siècle, puis le silence jusqu'au réveil. ».....^ « à quoi bon ces' longs récits d'hommes qui n'ont plus rien à raconter? Il ne reste que l'enflure du mort. Quand je lis dans le Vénitien' Nani tant de récits emphatiques du néant, je pense malgré moi aux cadavres gonflés que j*ai vus sur les

fresques d'Orcagna, dans le Campo-Santo.* »

par les Tictoires de Tarmée impériale, que le pape aTait perdu toute confiance en ses propres forces et toute idée de résistance. La Toscane, envahie par les armées de Charles, allait être convertie en principauté feudataire de l'empire. Les duc9 de Ferrare, de Mantoue, de Milan, de Savoie, et le marquis de Montferrat, n'existaient que sous le bon plaisir de l'empereur, et, dans les derniers mois," ils venaient de resserrer toutes leurs chaînes. La république d6 fiâmes,- Jihre seulement dans l'enceinte de ses murs, s'était, pour ses relations extérieures, complètement assujettie à la politique espagnole. Celle de Venise avait échappé en tremblant aiux dangers qui la menaçaient. Mais elle sentait son épuisement ; elle calculait sa faiblesse mieux que ne faisaient ses voisins, et elle se prescrivait déjà cette conduite timide et précautionneuse par laquelle elle sauva son existence pendant plus de trois siècles encore, en renonçant à l'influence qu'elle avait jusqu'alors exercée en Europe. D'une extrémité jusqu'à l'autre de l'Italie, le pouvoir de l'empereur était illimité. » (Sismondi, t. X, p. 88 et 89.) * Ed. Quinet, les Révol, d'Italie,: i. U, pu 476. . .

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