‹ L'ItalieChapitre 107 sur 196 · CARACTÈRE DE LA DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE LA DEUXIÈME PÉRIODE

elle-même, comme abandonnée des hommes et de Dieu. , . ,. .

Les plus belles intelligencefs n'ont pas échappé à l'erreur commune ; elles ont eu des lueurs, mais jamais la vue distincte des vérités qui devaient dissiper la fatale confusion et sauver Tltalie. Les plus grands patriotes, à leur insu, creusaient ainsi de leurs propres mains Tabîme où allait sombrer l'indépendance de leur pays et la liberté du monde. Tous ont cru qu'il fallait élre Guelfe ou Gibelin, se figurant que les deux termes s'excluaient Tun l'autre, ne comprenant pas qu'au fond chacun avait sa raison d'être dans la revendication d'un élément également légitime de la nature humaine, et que la question était de les concilier, en dégageant, soit dans la doctrine guelfe, soit dans la doctrine gibeline, l'or pur de Talliagequi l'obscurcissait.

Pourtant au milieu de leurs chimériques théories, ils avaient le vague instinct que ce dualisme inévitable cachait un problème complexe dont la solution aurait tout pacifié. Et c'est ce qui fait leurs hésitations, leur passage d'un parti à l'autre, leur ardeur à se lancer dans une voie, pour revenir bientôt sur leurs pas parce qu'ils l'ont trouvée sans issue ; c'est ce qui fait de leurs œuvres et de leur vie publique un drame à deux faces, plein de grandeur et plein de défaillances, l'espoir en vue d'un idéal qu'ils entrevoient, le découragement en face de la réalité ; c'est ce qui fait que, ne sachant où trouver un point d'appui pour asseoir sur des bases

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