LES GRANDS HOMMES ITALIENS
conditë^la dénaturent au point de la faire prendre pour une œuvre de ténèbres ?
Quand on suit Thistoire des déchirements de rÉgli^e^ on voit toujours que la révolte est d'autant plus violente que le corps sacerdotal est plus corrompu. Pour ne rappeler que le douzième siècle, au moment où nous allons parler de Dante, quand eut lieu le terrible soulèvement des Albigeois, les désordres de la. cour pontificale et de presque toutes les églises étaient effroyables : « L'intrigue, dit le père Xacordaire^ fait tomber la crosse épiscopale ou abbatiale en des mains qu une intention pure n'a point bénies : le monde a le plaisir de voir ses favoris gouverner rÉglise de Dieu et changer le joug aimable de Jésus-Christ en , une domination séculière. Les cloîtres retentissent de Taboiement des chiens de meute, du hennissement des chevaux.,. Voilà Tétat misérable où une ambition sacrilège avait réduit un trop grand nombre d'églises et de monastères d'Occident à la fin du douzième siècle ; et en bien des lieux où le mal n'était pas si profond, il était grand encore. »
Faut-il s'étonner que, chez un grand nombre, l'indignation ait été jusqu'à la révolte, et le désir de réformer jusqu'à la volonté de détruire?
Les réformateurs italiens, mieux guidés par leurs instincts et soutenus par les traditions nationales, ne tombèrent point dans ces excès. Tout en déplorant les abus et cherchant à les extirper, ils ne cessaient pas d'être orthodoxes. Ils comprenaient que rompre
l'unité, c'était rendre les réformes stériles, c'était compromettre toute la civilisation. Tout chez eux fut subordonné à cette idée, même leur patriotisme. Pour eux, ritalie, c'était Tempire du monde. La révolution sociale, ils la concevaient aussi au point de vue d'une grande unification des intérêts, des forces, des aspirations de rhumanité. L'art, la science, à leurs yeux, devaient tendre au même but.
Leur erreur fut de tout confondre dans une même organisation autocratique, théocratie ou saint-empire, même quand ils croyaient distinguer et garantir réciproquement dans leur système l'élément religieux et l'élément laïque. Guelfes ou Gibelins, ils sacrifiaient sans s'en rendre compte la liberté, ou dans le citoyen ou dans Thomme, en même temps qu'ils sacrifiaient leur patrie. Tels furent ces hommes étonnants, mêlés aux divisions de leur pays, portant le drapeau d'une secte, prenant part aux guerres civiles, et cependant embrassant dans leur esprit la synthèse confuse, mais sublime, des plus hautes destinées de l'humanité.
g !•'. — Dante.
Nul plus que Dante n'a exprimé à un éminent degré le génie et la haute mission de la race latine. C'est pourquoi cette grande figure s'élève comme un astre immense entre le moyen âge dont elle résume les traits sévères et Tltalie nouvelle, l'Italie de la renais-
DANTE. i9S
sance, dont elle annonce et illumine les incomparables splendeurs.
Deux choses dominent toutes ses théories: l"" l'idée de Tunité : Dante est un esprit essentiellement synthétique ; 2"" la distinction de Tordre religieux et de l'ordre politique.
Concevant deux sociétés, il les conçoit chacune universelle. Du monde religieux il ne fait qu'une société spirituelle, TÉglise, ayant à sa tête un seul chef, le pape. Du monde politique il fait également une grande famille, embrassant l'humanité tout entière, ayant un seul chef au sommet, l'empereur.
Ces deux chefs, indépendants l'un de l'autre dans leur domaine respectif, il les unit dans un commun intérêt, afin d'accomplir par l'accord des deux puissances l'œuvre sociale du christianisme. Par là, il rentre dans le pacte de Charlemagne ; aucun Italien n'a su se placer en dehors de cette alliance. Par là aussi, il voit se dresser devant lui l'inévitable débat du sacerdoce et de l'empire : dans celte alliance, dans cette œuvre commune, la suprématie appartiendra-telle au pape? appartiendra-t-elle à l'empereur? Dante sera-t-il guelfe? sera-t-il gibelin?
, La famille de Dante était guelfe. Naturellement il se trouva jeté dans ce parti. Mais ce serait faire injure a ce grand esprit que d'attribuer au hasard de sa naissance le motif qui le retint longtemps sous ce drapeau ; aussi bien que ce serait calomnier sa mémoire que d'attribuer à un sentiment de vengeance
194 DàSTfi.
son passage dans un autre camp. Des considérations de la plus haute portée, et qui révèlent au fond une grande unité de vue, dictèrent à Dante sa conduite.
C'est ici qu'il faut saisir sa pensée intime, si l'on veut comprendre la vie et les ouvrages de ce grand homme et faire cesser les apparentes contradictions.
Dante était démocrate dans l'acception la plus haute et la plus large ; aujourd'hui on dirait socialiste; nous ne nous tromperons pas en disant démocrate chrétien. Il voulait toutes les applications sociales de la loi évangélique. Logicien puissant, il attaque sous toutes les formes les inégalités et les privilèges du régime féodal; il condamne l'hérédité aristocratique des fonctions, comme étant la négation du principe de l'unité de la race humaine et la violation du dogme chrétien. L'hérédité des biens ne trouve même pas grâce devant lui*. Par ce côté il était guelfe.
En même temps, Dante avait en lui le sentiment de la liberté au plus haut degré, la conscience des droits de la société laïque; il ne pouvait admettre les prétentions théocratiques du clergé sur le citoyen. Le prince, dans Tordre temporel, était, d'après lui, absolument indépendant du pouvoir religieux, et le sou-
/ * F. Ozanam, DarUCf p. 355, et Boîssard, Dante révolutionnaire et êoeialûtey p. 77.
verain poniire n -avait pas le droit de délier les sujets du serment de fidélité *. Par là il était gibelin.
Or il était tout simple que Dante, mêlé aux luttes intestines de sa ville natale, où c'était surtout la question sociale qui se débattait, fût d'instinct avec le parti populaire, lequel, on le sait, était, particulièrement à Florence, le parti guelfe. La théocratie guelfe, tout en ambitionnant de dominer le monde, se préoc^ cupait des grands problèmes sociaux, et donnait l'impulsion à tout le mouvement démocratique de Tllalie au moyen âge. Elle voulait être maîtresse des sociétés humaines ; mais il semblait que ce fût pour les diriger dans la voie des progrès sociaux, et pour tirer des principes chrétiens toutes les conséquences pratiques qui en découlent.
Il y avait de la grandeur dans celte conception gigantesque, et Ton comprend que, par ce côté, elle ait séduit à un moment donné de leur vie tous les grands hommes italiens.
Ce furent donc les sentiments intimes du poète philosophe plus encore que ses alliances de famille qui firent inscrire son nom, comme guelfe et comme plébéien, dans les archives de Florence^ qui le poussèrent contre les gibelins d^Arezzo, à'ia bataille de Campaldino, où il combattit au premier rang de la cavalerie, et qui, pendant une période de sept ou huit années, lui firent accepter le rôle d'ambassadeur de
* Ozanam, Dante^ p. 355.
\m DAMTE.
Florence près les villes de Sienne, de Pérouse, de Venise et de Naples, et enfin près la cour pontificale deBonifaceVIIP.
Tels étaient les précédents du poëte démocrate, lorsque eut lieu l'invasion de Charles de Valois. Ce prince, instrument du parti aristocratique de Florence et de Sicile, se rendit aux instances de Boniface VIII qui le nomma vicaire impérial de Lombardie, seigneur d'Ancône, comte deRomagne, capitaine du patrimoine de Saint-Pierre, pacificateur de la Toscane. Son entrée à Florence fut le signal des plus effroyables désordres. Les Noirs y excités à la fois par leurs propres passions et par les ressentiments du prince français et du pape envers les Blancs qui avaient fait opposition à leurs projets, se déchaînèrent avec fureur contre les personnes et les biens de leurs adversaires.
Les Blmics furent expulsés en masse. Le père de Pétrarque et Dante lui-même se trouvèrent au nombre des proscrits. Jamais le poëte ne devait revoir sa patrie! « Il est exilé, et par qui? par le même Boniface VIII qui, la veille, le jour même*, le flattait, le caressait, le vendait ; par le pape qu'il a jusqu'à ce jour défendu au point de vue politique comme au point de vue religieux'^. i>
* V. Ozanam, p. 349.
2 Dante remplissait en ce moment auprès du pape les fonctions d'ambassadeur de la république de Florence.
3 Erl. Quinet; Révol. d'Italie, t. I, p. 101.
ni
Le pape, qu'on le remarque, abandonnait ainsi les traditions de la cour romaine, faisait alliance avec les Noirs ou gibelins de Florence, avec le parti aristocratique, antipopulaire. Dans ces conditions, lorsque Dante quittait le camp de la papauté, était-ce lui qui désertait son drapeau? Il faut ajouter que c'est à la même époque que se rapportent les incroyables démonstrations de Boniface VIII dont les prétentions théocratiques égalaient au moins celles de Grégoire VII : enivré par le spectacle des deux cent mille chrétiens qui accoururent de toutes les parties du monde pour assister au grand jubilé de Tan 1300, il se montra dans les rues de Rome* revêtu des insignes de l'autorité impériale et faisant porter devant lui l'épée, le sceptre et le globe, attributs des deux puissances et de la domination universelle.
II y avait bien là de quoi brouiller les idées de Dante et provoquer sa légitime indignation : la papauté se faisant, non pas gibeline comme on l'a dit, ce qui n aurait aucun sens, mais la complice de l'invasion étrangère ; le chef de TÉglise répudiant Tœuvre sociale du Christ, au moment même où plus que jamais il veut étendre son omnipotence sur Tordre temporel ! n'était-ce pas la plus monstrueuse des révolutions?
Quelle place pouvaient avoir désormais dans ce parti
, * V. ci-dessus, t. I, p. 316 et 517.
guelfe les esprits indépendants et les patriotes, qui n*y trouvaient ni le respect des droits de la société laïque, ni Tancienne protection donnée aux progrès sociaux, ni la défense de la patrie italienne? Le pape devenait ainsi, dans le domaine de la politique, le représentant de la vieille société contre la nouvelle, l'allié du parti aristocratique et rétrograde.
Alors Dante aperçut le côté libéral de la doctrine gibeline ; il y vit la protestation de la société politique contre Tesprit d'usurpation de Tautorité religieuse dans le domaine temporel. Il comprend surtout l'importance de la distinction et de l'indépendance respective des deux pouvoirs, quand il voit l'abus que fait un pape de son intervention dans les affaires de la politique humaine, au détriment des libertés de son pays.
A partir de ce moment, Danle appartient invariablement au camp gibelin. Et, selon la pente de son esprit, dès qu'il prend parti pour la société laïque contre les prétentions théocratiques du clergé, il conçoit cette société laïque universelle, embrassant sous l'autorité suzeraine d'un même chef les divers groupes nationaux. « Fidèle à ses principes, il considérait dans la personne de l'empereur le chef de la famille humaine, non d'un peuple isolé ; le roi des Romains^ rois eux-mêmes du monde ; par conséquent le protecteur naturel de l'Italie*. »
* Ozanam, Dantâf p. 357. .
Bientôt la papauté déserte la péninsule et transporte en France la chaire apostolique ; le parti guelfe, autrefois le parti national, perdant son chef traditionnel, devient l'instrument de Robert de Naples. Les gibelins, dispersés par suite des triomphes de leurs ennemis, se ressouvinrent de leur ancien patron, Tempe* reur. On était en Tannée 1310; il y avait plus d'un demi-siède que le César allemand n'avait franchi les Alpes.
Dante, qui, nous Tavons dit, ne concevait pas TItalie en dehors du saint-empire, était doublement impatient de voir arriver Tempereur, depuis la désertion du souverain pontife. Il l'appelait comme le libérateur de sa patrie, il le suppliait de venir « visiter ce jardin de Tempire désolé par la guerre, de mettre un terme au veuvage de cette noble épouse qui nuit et jour pleurait son abandon. » Et lorsqu'enfin le jeune Henri VII apparut aux yeux ravis des Italiens, escorté cette fois des légats du pape Clément Y, le grand poète se fit l'écho de l'enthousiasme général et des espérances de son parti *. C'est à cette occasion qu'il pu^ blia son fameux livre de Monârchia, où est exposée sa doctrine gibeline sur Tuniversalité du saint-empire et la toute-puissance de son chef.
• « Console-toi, dit-il, Italie, console-toi parce que ton époux, qui est la joie du siècle et la gloire de ton peuple, se hâte de Tenir à tes noces ^ essuie tes larmes, ô la plus belle des belles 1 et vous tous qui pleurez, réjouissez-TOus parce que votre salut est proche ! Pardonnez, pardonnez, mes bien-aimës, vous tous qui avez souffert ii^'ustement tvèc moil» (Quinet, Révol d:italie, 1. 1, p. 129.)
SeO DANTE
Il faut se hâter de dire que^ dans le camp gibelin comme dans le camp guelfe, Dante, au fond, défendit toujours la même cause. En passant au parti impérial, quand il crut que là désormais il servirait mieux les intérêts de la société laïque et les intérêts de Tltalie, il resta fidèle aux principes qu'il avait professés dans la première phase de sa vie, c'est-à-dire qu'il resta démocrate en politique et orthodoxe en religion.
C'est surtout dans ses ouvrages en prose, composés la plupart pendant son exil, le livre de Monardiia^ le Corwito, qu'il invoque le principe de l'égalité entre tous les membres de la famille humaine, et qu'il attaque avec une logique et une vigueur qu'on n'a ja* mais dépassées les privilèges de la société féodale. Et si, comme tous les Italiens de son temps, il mit le sceptre politique dans les mains d'un monarque universel, il sut garder la dignité et Tindépendance du démocrate toscan et donner un but élevé à la mission civilisatrice du chef de l'empire.
« Sa doctrine n'est point celle des publicistes serviles; la monarchie, telle qu'il l'entend, n'est pas le despotisme d'un chef militaire, représentant suprême du système féodal, réunissant dans son domaine les contrées autrefois conquises par le glaive germanique; c'est une souveraineté paisible, civilisatrice, universelle : instituée dans l'intérêt de tous, elle conserve la
liberté de chacun ; elle redresse les inégalités qui tendraient à détruire le niveau général ; enfin elle ne prétend aucun droit sur le for intérieur des consciences, ni sur la constitution intérieure de l'Église^ »
Quant à son orthodoxie, elle nous parait incontestable. Quelques efforts qu'aient faits les ennemis de l'Église pour lui enlever ce grand homme, * nous ne
* Ozanam, p. 554.
* Jamais débat aussi animé ne s'est élevé autour d'une tombe. Déjà Bayle consacre de longues pages à résumer les immenses travaux qui avaient éié faits avant lui, soit pour établir l'hétérodoxie de Dante, soit pour prouver son orthodoxie. Depuis, la querelle s'est renouvelée de plus belle, et la critique plus ingénieuse a essayé de recomposer l'œuvre du poète philosophe en présentant chaque texte comme un voile symbolique destiné à déguiser la pensée secrète du réformateur; habile fantasmagorie propre à faire illusion aux lecteurs prévenus et superficiels. Cette création fantastique d'un Dante mystérieux, et qu'aucun de ses contemporains n'aurait reconnu sous ce déguisement, a reçu sa formule la plus vive et la plus complète sous la plume de M. Aroux. C'est la première fois (ju'un catholique répudie le grand poète. Hais le secret de cet anathème tardif n'est-il pas trop manifeste? Dés que les catholiques rétrogrades ont été forcés de reconnaître dans le Dante un révolutionnaire et un socialiste, ils se sont empressés d'en faire un hérétique. N'est-ce pas la même tactique vis-à-vis des catholiques modernes, qui ont l'audacieuse prétention d'aimer par-dessus tout la liberté et de s'associer avec ardeur au mouvement social de leui' siècle? N'importe-t-il pas de montrer qu'aimer la liberté et le progrès et être hérétique, c'est tout un? Ainsi a fait M. Aroux en proclamant à la fois Dante révolutionnaire, socialiste et hérétique. Révolutionnaire et socialiste, oui; mais hérétique, non. Ce dernier point a été mis hors de doute par M. Ozanam dans son beau li\Te sur Dante, et par son disciple M. Ferjus Boissard. Après cette victorieuse défense du grand Florentin, il faut bien que l'école des catholiques féodaux prenne son parti de cette vérité historique, qu'à toutes les époques, depuis le Christ, il y a eu des hommes qui, tout en restant fidèles à l'unité de la foi, ont aspiré à l'avènement du règne social de l'È- Tangile.
202 DAWTE.
voyons pas dans ses œuvres la moindre trace d'une déviation doctrinale. Tout gibelin qu'il est, il reste fidèlement attachée la chaire apostolique ; s'il attaque avec véhémence les vices de la cour romaine et flagelle la personne des papes ses contemporains, que fait-il autre chose que ce que firent les saints les plus illustres^ saint Bernard, saint Thomas de Caniorbéry et tant d'autres ? *
Cela ne l'empêchait pas de confesser en toute occasion sa foi profonde et naïve, et d'appeler de tous ses vœux le retour à Rome des papes exilés à Avignon. Quoi de plus frappant que sa lettre aux cardinaux italiens, quand il fallut donner un successeur à Clément V? On y lit ces paroles remarquables: «Pour nous, il n'est pas moins douloureux de pleurer Rome déserte et veuve que de voir la plaie lamentable des hérésies *. »
Est-ce là le langage d'un ennemi des papes et d'un hérétique ?
Du reste, ce qui est certain, c'est que ses œuvres, bien loin d'être suspectes au clergé romain, ont reçu dans toutes les églises d'Italie une sorte de consécration traditionnelle. Si son livre de MonarcUa^ qui attaquait ouvertement les prétentions théocratiques des
* F. Ozanam, p. 331.
* F. cette lettre dans le livre de M. Boîssard, p. 116.
papes sur le temporel des États, ne put échapper à rindex, jamais ses doctrines religieuses ne reçurent l'ombre d'un blâme. M. Quinet lui-même, qui est au nombre de ceux qui ne croient pas à Torthodoxie de Dante, est obligé de faire cet aveu : « Malgré ses alliances avec l'hérésie, la Comédie divine échappe aux bûchers du moyen-âge, et la mémoire de son auteur est honorée par le clergé lui*mème. Son portrait est suspendu dans les cathédrales, son poème commenté en face de Tautel^ »
Nous persistons à penser que, dans cette pieuse et constante adoption de Fœuvre du poêle philosophe, il y a autre chose que a le respect des arts naturel aux Italiens. »
En résumé: Tamour instinctif de lltalie, quoique vague dans son objet* et le sentiment démocratique, firent Dante guelfe.
L'amour de la liberté, la conscience des droits de la société laïque, en même temps que l'ambition mal comprise pour sa patrie italienne, le firent gibelin.
Les contradictions apparentes, qui abondent dans aes œuvres, s'expliquent clairement quand on sait distinguer les sentiments et les vues qui se rapportent à deux (Nrdres de préoccupations très-diverses. Impartial, ami de la vérité avant tout, il attaque ce qui lui parait mauvais et chez les Blancs et chez les Noirs^ et chez les Guelfes et chez les Gibelins. Toujours indépen-
* Ed. Quinet, RévoL d^IiêUe, t. T, p. 108