L'ESPRIT SOCIAL DE L'ÉVAISGILE SACRIFIÉ
respi'it de révolte, il faut compléter le système; il faut faire encore mieux que les Hildebrand et les Innocent m ; au lieu d'affaiblir le représentant suprême de la puissance temporelle, l'Empereur, en éternisant la querelle du sacerdoce et de TEmpire, on armera plus que jamais cette main puissante.
Ne lui disputons plus la suprématie, disent les chefs du sacerdoce. Pourvu qu'il soit le prolecteur de Tunité visible de l'Église, et qu il se montre impitoyable envers quiconque voudrait y porter atteinte, mettons le Christ à ses pieds, c'est-à-dire livrons-lui Tesprit social du christianisme ; pour endormir les peuples enchaînés, laissons-leur en pâture leurs pratiques les plus superstitieuses, matérialisons de plus en plus le culte, réduisons la vie du chrétien au respect aveugle de la forme, et celle du citoyen à Tadoration passive de l'autorité publique que nous incarnerons dans la personne du monarque...
Nous n'exagérons rien. Certes, il est inutile de le dire, nous ne prétendons pas que ce raisonnement se soit formulé aussi nettement et aussi crûment dans l'esprit des chefs de l'Église ; mais leur conduite en est l'expression exacte. C'est pour assurer leur pouvoir temporel, garantie prétendue indispensable de l'indépendance du saint-sicge, qu'ils ont livré l'Italie à Charles-Quint; c'est pour sauver l'unité de la foi qu'ils croient nécessaire de livrer aux princes delà terre l'cs-r prit vivant de l'Évangile. ■