‹ L'ItalieChapitre 120 sur 196 · LE CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

LE CONCILE DE TRENTE

Cette politique de réaction et d'intolérance ne devint que trop manifeste par les actes du concile de Trente et par les flots de sang qui furent répandus dans toute l'Europe au nom de la foi compromise et de la société menacée.

Au point de vue purement religieux, la mission des Pères du concile était de la plus haute importance, et ils la remplirent comme on devait Tattendre d'une assemblée œcuménique. Presque tous les points de la doctrine avaient été attaqués ; il s'agissait de fixer une fois de plus le sens de la tradition catholique. Dans cet ordre de la foi^ le concile ne pouvait faillir; nous n'avons qu'à nous incliner devant la sagesse de ses oracles.

Il s'agissait encore d'opérer dans les mœurs du clergé et dans la discipline intérieure de TÉglise une réforme devenue urgente. Le concile, à cet égard, fit de grands efforts, et ces efforts ne furent point sans résultat. On remarqua, dans les années qui suivirent, une amélioration dans la conduite des grands dignitaires de l'Église, et la chaire pontificale cessa d'être souillée par les scandales qui l'avaient déshonorée pendant des siècles.

Mais les Pères de Trente ne comprirent rien à ce qu'il

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y avait de légitime dans le côté politique du grand mouvement qui agitait le monde chrétien. Ils ne surent pas y voir une tentative héroïque pour dégager du droit encore obscur de la société moderne le principe de l'inviolabilité de la conscience. Us prirent pour une révolte contre Dieu ce qui n'était qu'une protestation contre le despotisme et l'arbitraire des pouvoirs humains, contre les privilèges de caste, contre les usurpations politiques du clergé.

Ainsi abusés sur le sens de la grande question qui troublait les âmes, ils crurent servir la cause de Dieu en engageant une lutte suprême contre tout esprit de révolution, qu'il attaquât Tordre religieux ou qu'il attaquât l'ordre social. Armer, comme aux plus mauvais jours, le bras séculier contre les novateurs et les hérétiques, c'était jeter un défi à l'esprit libéral des temps modernes.

Faut-il s'étonner qu'abusés à leur tour, les amis de* la liberté aient enveloppé dans une réprobation commune la main qui tenait le glaive et le prêtre qui lui ordonnait de frapper?

Le même sentiment qui inspira les Pères du concile de Trente fit élever au trône pontifical, sous le nom de Paul IV, un prêtre qui avait rempli à Rome les fonctions de grand inquisiteur et qui, une fois chef de TEglise, rivalisa avec Philippe II d'Espagne de cruauté contre les hérétiques.

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