LE PHÊTRG ET LE PRINCE
C'est pourquoi le pouvoir religieux et le pouvoir politique pensèrent que ce n'était pas trop de leur double autorité pour comprimer ce double élément de révolte ; le prêtre et le prince frappaient à la fois et au même titre le rebelle, l'un dans sa conscience, l'autre dans son corps; car être rebelle envers TÉglise c'était Têlre envers l'État, et être rebelle envers l'État, c'était l'être envers TÉglise.
Le prince, consacré par l'Église, à cause de son rôle de protecteur de la foi, devint, lui aussi, l'oint du Seigneur, un second représentant de Dieu sur la terre. On inventa à son usage, sous le nom de droit divin, un nouveau droit royal, une sorte de divinisation de la personne du monarque, qui n'a rien de commun avec le principe de saint Paul, qu'il faut obéir aux pouvoirs établis ; ce qui n'implique ni une préférence pour une forme de gouvernement, ni la négation du droit qu'ont les peuples de changer quand ils le jugent bon leur constitution politique.
Quoi qu'il en soit de cette question, que nous n'avons pas à traiter ici, sous cette alliance du clergé et des pouvoirs de droit divin, les hommes ont subi pendant des siècles le plus effroyable despotisme.
Cependant, comme il était de l'essence de l'autorité spirituelle de l'Église de ne pus se laisser absorber