LE PRÊTRE ET LE PRINCE
par l*autori1é politique du prince, il en résulta une lulle terrible et sans issue entre les deux pouvoirs, toujours d'accord quand il s'agissait d'opprimer les consciences, toujours en hostilité pour défendre leur indépendance respective. G*est cette lutte que nous avons suivie en Italie sous le nom de querelle du sacerdoce et de Tempire, et que nous retrouverions dans rhistoire de tous les peuples de l'Europe, avec des nuances diverses, mais avec les mêmes caractères au fond.
Cette lutte, inconnue à Tantiquité, parce que chez elle rélément religieux ne se distinguait pas de Tordre politique, cette lutte où deux forces également redoutables frappaient alternativement les peuples comme deux fléaux battent Tépi sur Taire, a couvert TEurope de sang... Et pourtant, c'était d'elle que devait sortir la liberté du monde.
Nous l'avons assez souvent répété, au point de vue du vrai droit chrétien, l'Église nouvelle ne devait pas refaire une religion de TÉtat, encore moins essayer de dominer par le régime théocratique sur les sociétés temporelles. Le pacte de Charlemagne est donc illogique en soi, antichrétien, et il a dû produire des conséquences désastreuses. Si cette union des deux puissances s'explique par l'ignorance des temps et Terreur universelle d'un monde encore païen dans ses mœurs et dans sa manière de concevoir Tordre social, il ne faut pas moins déclarer faux et funeste le principe sur lequel elle repose.