‹ L'ItalieChapitre 151 sur 196 · EFFETS DE LA DOMINATIOS ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA DOMINATIOS ESPAGNOLE

gées en déserts, et le brigandage se répandant comme une lèpre sur ces provinces désolées!

Mais toutes ces calamités n'eussent été rien encore si la domination espagnole n'eût atteint le caractère même des Italiens dans ce qui les avait faits si grands dans le passé. C'est peu de tuer les corps ; mais dégrader lésâmes! Quelle immense responsabilité pour les chefs de l'Église. Et aujourd'hui que la victime de leur déplorable système fait d'héroïques efforts pour reprendre possession d'elle-même, par quels prodiges de dévouement ne devraient-ils pas racheter l'iniquité des siècles !

Cependant, quelques signes précurseurs du réveil de rilalie apparurent dans le cours du dix-huitième siècle. Depuis Textinction de la dynastie espagnole avec Charles II, les provinces italiennes avaient repris quelque espérance; les princes eux-mêmes, effrayés du degré d'abaissement où étaient tombés leurs États, furent les premiers à prendre l'initiative de quelques réformes, les Bourbons à Naples et les Habsbourg en Lombardie et en Toscane.

En même temps, le mouvement philosophique et littéraire de la France, sans pénétrer jusqu'aux masses, avait son contre-coup dans la partie éclairée des po-

piilations italiennes ; le sentiment de la patrie se réveillait avec le besoin de la liberté. Enfin, ces généreux inslincts firent explosion dans les écrits exaltés d'un poète illustre. L'Italie tressaillit à l'énergique appel d'Alfieri.

Quand la révolution française éclata, il se trouvait donc dans chaque province italienne une portion intelligente disposée à lui faire écho. Mais bientôt un funeste concours de circonstances donna à ce mouvement une direction doublement fausse, en séparant la cause de l'Italie de celle de l'Église et de celle de la France.

La plupart des patriotes italiens jugeaient Toeuvie spiriluelledu saint-siége avec les préjugés du dix-huitième siècle. Ils se figuraient ne pouvoir arracher leur pays à rinfluence cléricale, qu'en ébranlant le principe même de ses antiques croyances. Sans doute ilsn'osaient pas, devantritalie orthodoxe, attaquer ouvertement l'Église romaine, mais ils tâchaient d'habituer peu à peu les Italiens à placer le grand intérêt de leur vie publique en dehors de l'idéal qui avait élé le but vague mais invariable de toutes les générations antérieures. C'était méconnaître les vraies traditions de l'Italie, et par là compromettre gravement la cause nationale.

D'autre part, la désaffection et les défiances des patriotes envers la France ne furent pas moins funestes à l'œuvre de la rédemption. Si d'abord les Italiens avaient salué avec enthousiasme la révolution française comme le signal de l'affranchissement universel et de

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