LE PROBLÈME RÉSOLU
En même temps, plus la séparation se complétera dans les régions du pouvoir, plus, dans les mœurs, s'opérera Taccord des deux grandes forces qui gouvernent les sociétés, Télément humain et l'élément divin ; là est tout le secret du problème qui agite l'Europe et particulièrement Tltalie depuis la première alliance de l'Église avec les gouvernements. Tant que ce problème a été posé entre les deux pouvoirs, entre le pape et Tempereur, il a été insoluble. L'antinomie, pour parler le langage de la philosophie moderne, n'existait pas au fond entre les deux termes ; elle prenait naissance au moment où Ton incarnait l'élément humain dans le prince, l'élément divin dans le pontife, le prince et le pontife unissant leurs pouvoirs pour créer despotiquement l'ordre social. Elle cesse donc quand l'Ëtat déclare son incompétence religieuse, et que l'Église ne lait plus appel au bras séculier.
Alors la querelle du sacerdoce et de Tempire n'a plus d'objet; les guelfes et les gibelins, étonnés de s'être si longtemps combattus pour une chimère, se reconnaissent citoyens d'une même nation, membres égaux et libres d'une même famille chrétienne. L'Italie n*est plus cette arène confuse où les peuples, divisés en di ux camps, s'entr'égorgent pour savoir laquelle