L'EXALTATION PERFIDE DU PEUPLE
individu ou dans un pouvoir déterminé, se substitue le dogme de l'autorité progressive du peuple, interprète collectif, perpétuel, de la loi de Dieu. » Le pouvoir, ainsi inspiré et omnipotent, exprime sa volonté politique par la Constituante; il exprime sa foi religieuse par le Concile. Constituante et concile, double expression d'une pensée unique ; loi civile et loi religieuse, double et suprême manifestation de Tautorité sociale une et indivisible *.
C'est la démocratie cessant d'être chrétienne pour se faire païenne. Il est vrai qu'au lieu de mettre cette souveraineté sociale dans les mains d'un homme ou d'un&caste, on la met dans les mains de tout le peuple, et c'est ce qui peut rendre cette doctrine séduisante aux yeux des multitudes abusées. Mais, prince ou peuple, proclamer son omnipotence sur les choses de la conscience, ce n'en est pas moins commettre un attentat contre le droit le plus sacré de Thomme, Finviolabilité de sa foi.
Le vrai droit social est menacé dans l'exaltation perfide du peuple, au moment où il va recevoir sa consécration définitive et suprême, comme il fut menacé dans la personne du Christ au moment où il faisait sa première apparition dans le monde.
Le tentateur dit au Christ ; « Livre-moi les âmes, et la terre t'appartient. » Et le Christ détourna sa tôle divine de cet empire où se meuvent les choses péris-
* V. ïjâ Pape au dix-neuvième siêdej par J. Mazzini, triumvir de la république romaine, p. 21 et suiv.