‹ L'ItalieChapitre 160 sur 196 · LA DERRIÈRE TENTATION · texte numérisé non relu

LA DERRIÈRE TENTATION

Lltalie ne sortira- t-elle du sépulcre que pour être victime d'une illusion nouvelle et plus fatale ? Ses an* ciennes chimères sacrifiaient la liberté en fait dans le pacte de Charlemagne, mais sauvaient au moins le principe en maintenant la distinction des deux puissances ; rillusion nouvelle sacrifierait la liberté dans son principe même en faisant rétrograder la science sociale jusqu'aux théories païennes qui ne connurent que les cultes nationaux, et n'eurent rien de commun avec les idées modernes sur la liberté.

Ce n'est pas la première fois que ce conseil de constituer en dehors de l'Église une religion nationale a été donné à l'Italie. Longtemps avant les manifestations de ce genre qui se sont produites dans ces derniers temps, des voix plus autorisées auprès des Italiens leur avaient tenu le même langage. Un des hommes qui ont le plus fait depuis trente ans pour préparer la délivrance de l'Italie est tombé dans cette erreur capitale : Mazzini, en effet, voyant que tout le mal est venu de la lutte entre le principe guelfe et le principe gibelin, au lieu de comprendre que la solution est de les concilier dans la liberté, a cru plus sûr de supprimeras deux termes. Il répudie le principe de la séparation du temporel et du spirituel.

La séparation pour lui est le dualisme, et il veut l'unité des forces sociales dans le principe de la souveraineté populaire. « L'esprit de Dieu, dit-il, descend aujourd'hui sur les multitudes. » « Au dogme de l'autorité absolue, immuable, concentrée en un seul

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