OBJECTION DES FÉDÉRALISTES
rindépendance de son Église de réternelle violation du droil souverain et imprescriptible d'une nation* Quand vous placez la personne du pape sous la garde d'une armée étrangère, cette armée fùl-elle l'armée française, mettez en avant les étroits calculs de la politique humaine, mais cessez d'invoquer Dieu. Le Dieu de toute justice sera avec vous quand vous conflerez magnanimement le chef de TEglise à la loyauté du peuple italien.
Il faut bien que nous disions un mot d'une objection qui est faite, non-seulement par les catholiques, mais par des publicistes d'écoles très-diverses * : ce n'est pas du peuple italien qu'on se défle, et contre ses violences qu'on veut mettre en garde la personne du souverain pontife ; c'est le gouvernement présentement adopté par l'Italie qu'on tient pour un obstacle à la bonne solution du problème ; on ne peut admettre la présence simultanée à Rome de ces deux personnages, le roi et le pape, la majesté pompeuse et armée du monarque devant éclipser l'humilité de Tapôtre, le prestige moral du chef de l'Église universelle devant faire ombrage au chef de la nation italienne; supposer
* V. les dernières brochures de M. Eug. Pelletan el de M. Pi'Oudhon, et les réponses de M. Anatole de la Forge.
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cette majesté et celte sainteté se coudoyant dans les rues de la ville éternelle, c'est, dit-on, rêver l'impossible.
La controverse, à ce sujet, est engagée depuis que le roi de Piémont s'est transformé en roi d'Italie ; et on a compliqué cette question de celle non moins grave de l'unité et de la fédération.
Pour nous, ces deux questions sont entièrement indépendantes l'une de l'autre. Qu'il entre ou non dans le génie et les traditions des peuples italiens de se fonder en une nation homogène ou de rester divisés en un certain nombre de provinces unies par un lien fédéral, en ce qui touche le siège de la^papaulé à Rome, la question est absolument la méme\
Que Rome soit la capitale d'un grand royaume, ou d'une république une et indivisible, ou d'une république fédérative, nous ne voulons pas que le pape y possède le moindre droit politique, la moindre souveraineté temporelle. Et nous avons la conviction profonde que, dans tous les cas, le droit international, et surtout la conscience universelle, suffiraient pour garantir l'indépendance du saint-siège.
Avons-nous besoin de dire quel serait le gouvernement de notre choix, si nous étions le maître des destinées italiennes? Oui certes, à tous les points de vue, nous aimerions mieux voir le pape, ainsi désarmé, à côté d'un pouvoir républicain que d'une personne
* V. ci-dessus, l. I, p. 117 et suiv.