‹ L'ItalieChapitre 165 sur 196 · LES PEUPLES FONT CE QU'ILS PEUVENT · texte numérisé non relu

LES PEUPLES FONT CE QU'ILS PEUVENT

royale ; et nul n'a plus vivement déploré que nous ce fatal concours de circonstances qui a fait échouer en 1849 la tentative delà constituante romaine : les divisions des Italiens, leurs préventions injustes et perfidement exploitées contre la France quand ils pouvaient en attendre un concours loyal et sympathique, enfin Texpédition de Tarmée française après Téleclion du 10 décembre.

Mais est-ce bien le moment d'attaquer l'entreprise actuelle des Italiens, et ce qui était possible en 1849 à côté de la France républicaine, Tétait-il en 1859? Les peuples font ce qu'ils peuvent, et nous honorons les patriotes italiens d'avoir sacrifié au salut de leur pays leurs sentiments les plus intimes. Manin, Garibaldi, Gioberti lui-même auraient préféré toute autre combinaison que celle de l'unification royale ; mais ils savaient aussi qu'en refusant le possible pour caresser un idéal, on s'expose à ajourner indéfiniment la réalisation de son rêve.

Cela ne signifie pas, Dieu nous garde d'un pareil blasphème, que le fait accompli ou Taberration momentanée d'un peuple consacre et sanctifie un régime quelconque et commande notre adhésion. Tout dépend de la légitimité du but à atteindre et de l'honnêteté du point de départ... Mais, nous n'avons pas à traiter ici un pareil sujet. Qu'il nous suffise de dire qu'en Italie nous eussions été avec l'héroïque Garibaldi, même quand il portait la bannière royale, et que partout ailleurs, si profonde et invincible que fût notre

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