LE PAPE DOIT RESTER A ROME
des nations, le jour où le Pape s'éloignerait de ses murs en secouant la poussière de ses pieds. Les Romains le savent, et nul intérêt ne leur ferait sacrifier les traditions de gloire, de grandeur morale, d'action civilisatrice, de royauté universelle, que leur a faites la chaire apostolique. S'ils veulent détrôner le prince, ils veulent aussi ardemment affermir le Souverain- Pontife. La majesté du peuple romain est si indivisiblement liée au prestige de cette souveraineté spirituelle, qu'après avoir dépouillé la papauté de toute puissance matérielle, ils auront à cœur de la grandir aux yeux du monde en Tenlourant de leur vénération.
Oui, nous en sommes convaincu, soit que Rome devienne le centre d'une grande nation, soît que, restée la capitale d'un petit État, elle fasse partie d'une confédération italienne, la papauté sera également respectée et indépendante dans son Vatican. Quel gage plus sûr d'une protection réelle que ce sentiment profond du peuple de Rome qui se sait solidaire des destinées du trône pontifical? Désarmé, le Pape, dans la ville éternelle, n'est plus seulement l'hôte du peuple romain, il est l'hôte de l'humanité : double responsabilité pour la nation qui lui donne asile, double garantie qui rend cet asile inviolable et sacré.
Mais nous savons qu'il est des personnes à qui ces assurances ne suffisent pas. Si certaines que soient les dispositions du peuple de Rome envers la papauté, leur sollicitude ne sera pas satisfaite, tant que l'invio-