‹ L'ItalieChapitre 29 sur 196 · LE MAL PRESQUE INCURABLE · texte numérisé non relu

LE MAL PRESQUE INCURABLE

Ainsi, le mal était si grand, qu'il était devenu presque incurable. Ces cardinaux corrompus et avides pouvaienl-ils songer à se réformer eux-mêmes et à réformer le clergé? Eux qui fermaient les yeux aux désordres effroyables qui régnaient dans tout le corps sacerdotal et qui étaient sourds aux avertissements qui leur venaient de tous les points de l'Europe, allaient-ils se courber sous la main réparatrice d'un pontife sorti d'une émeute? Ils résistèrent donc avec une opiniâtreté satanique, et, pendant un demi-siècle que dura le grand schisme, de tels scandales furent étalés par les deux cours rivales, que le monde chrétien, qu'on eût dit abandonné de Dieu, ne savait plus où trouver le chef de l'Église.

Faut-il s'étonner que les consciences se sentissent ébranlées dans leur foi? Les divisions du sacré collège achevaient ce qu'avait trop bien commencé le spectacle des ignominies de la cour d'Avignon. Tous les États étaient révoltés de la cupidité des prélats et de leurs mœurs abominables. Des symptômes alarmants se manifestaient de toute part. Déjà quelques novateurs avaient eu l'audace de diriger leurs protestations non-seulement contre les abus, mais contre la doctrine du prêtre qui les commettait. En Angleterre, Wiclef, après avoir demandé la suppression de la dîme et le dépouillement temporel du clergé, finit par attaquer directement le pape et l'appela Antéchrist.

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